Sidkéong Tulku Namgyal (1879 - ) est le chef spirituel, ainsi que, pour une brève période en 1914, du au , le maharaja et le chogyal du Sikkim.

Biographie Il est le fils aîné et héritier de maharaja Sri Panch sir Thutob Namgyal, et étudie au à Darjeeling, et à Pembroke College (Oxford). Polyglotte, il apprend le chinois, l'anglais, le hindi, le lepcha, le népalais et le tibétain.

Il est reconnu comme la réincarnation de son oncle, Sidkéong Namgyal, l'abbé du monastère de PhodongMahendra P. Lama, Sikkim: society, polity, economy, environment. Sidkéong Tulku Namgyal reconstruit le monastèreKuldip Singh Gulia, Mountains of the God.

Après ses études à Oxford, il retourne au Sikkim où il est étroitement associé à l'administration du pays. Il lutte contre les intérêts acquis et tente d'unifier les bouddhistes par la rénovation des monastères et de leurs rôlesH. G. Joshi, Sikkim: past and present, Mittal Publications, 2004, , p. 110.

Lorsque Alexandra David-Néel est invitée à l'abbaye royale du Sikkim, elle rencontre Sidkéong Tulku Namgyal, alors Maharaj Kumar (prince héritier). Elle est devenue pour Sidkéong la « confidente et sœur spirituelle »Middleton, Ruth (1989). Alexandra David-Neel. Boston, Shambhala. ., peut-être son amanteFoster, Barbara and Michael. The Secret Lives of Alexandra David-Neel - A Biography of the Explorer of Tibet and Its Forbidden Practices. ; American edition under the title Forbidden Journey - The Life of Alexandra David-Neel, . This book is based on extensive interviews with David Neel's secretary at Digne and reading her letters to her husband, now published.

Sidkéong, alors chef spirituel du Sikkim est envoyé par son père, le maharaja du Sikkim, à la rencontre d'Alexandra David-Néel, prévenu de son arrivée en par le résident britannique à Gangtok. Lors de cette première rencontre, l'entente entre eux est immédiate : Sidkéong, avide de réformes, écoute les conseils d'Alexandra David-Néel, et avant de repartir à ses occupations, il lui laisse Lama Kazi Dawa Samdup, un interprète et professeur tibétainJean Chalon, Le Lumineux Destin d'Alexandra David-Néel, Librairie académique Perrin, 1985, , p. 195. Par la suite, Sidkéong confie à Alexandra David-Néel que son père souhaite qu'il renonce au trône à la faveur de son demi-frèreJean Chalon, , p. 199.

Alors qu'elle est en compagnie de Lachen Gomchen Rinpoché, Alexandra David-Néel retrouve à Lachen le Sidkéong en tournée d'inspection. Ces trois personnalités du bouddhisme ainsi réunies réfléchissent et travaillent à la réforme et à la propagation du bouddhisme, comme le déclarera le GomchenJean Chalon, , p. 201. Sidkéong organise pour Alexandra David-Néel une expédition d'une semaine dans le Haut-Sikkim, à 5000 mètres d'altitude débutée le Jean Chalon, , p. 202.

Il existe une communication épistolière entre Sidkéong et Alexandra David-Néel. Ainsi, dans une lettre de Sidkéong écrite à Gangtok le , il la remercie pour la méthode de méditation qu'elle lui a envoyé. Le , il l'accompagne jusqu'à Darjeeling où ils visitent ensemble un monastère, alors qu'elle s’apprête a regagner CalcuttaJean Chalon, , p. 205-206. Dans une autre lettre, Sidkéong informe Alexandra David-Néel qu'en , il a pu rejoindre la franc-maçonnerie à Calcutta où il a été reçu compagnon muni d'une lettre d'introduction du gouverneur du Bengale, un lien supplémentaire entre eux. Il lui fait part de sa joie d'avoir pu se joindre à cette sociétéJean Chalon, , p. 224-225.

Alors que son père est sur le point de mourir, Sidkéong appelle Alexandra David-Néel à l'aide, et lui demande ses conseils pour entreprendre la reforme du bouddhisme qu'il souhaite entreprendre au Sikkim quand il accèdera au pouvoirJean Chalon, , p. 225.

Revenant à Gangtok en passant par Darjeeling et Siliguri, Alexandra David-Néel est reçue comme un personnage officiel, avec haie d'honneur, par Sidkéong le Jean Chalon, , p. 228.

Le , il lui offre une robe de lama en cadeau pour le Nouvel An, et se fait photographier ainsi vêtu, un bonnet jaune complétant l'ensembleJean Chalon, , p. 229.

Le , le maharaja meurt, et Sidkéong lui succède. La campagne de réforme religieuse peut débuter, Kali Koumar, un moine du bouddhisme du Sud est appelé à y participer, ainsi que , qui vit alors en Birmanie. C'est de ce même pays que vient , avec qui Alexandra David-Néel est en correspondance, et que doit épouser Sidkéong, Alexandra David-Néel devenant de fait la conseillère conjugale du maharajaJean Chalon, , p. 230-231.

Alors qu'elle se trouve au monastère de Phodong dont Sidkéong est l'abbé, Alexandra David-Néel affirme entendre une voix qui lui annonce que les réformes échouerontJean Chalon, , p. 235.

Le , quittant la caverne du Sikkim où elle est allée retrouver le Gomchen, Alexandra est accueillie au monastère de Lachen par SidkéongJean Chalon, , p. 242. Un mois plus tard, elle apprend la mort subite de Sidkéong, une nouvelle qui l'affecte et laisse penser à un empoisonnementJean Chalon, , p. 243.

Peu avant son décès, le dalaï-lama demande à Khyenrab Norbu, alors médecin au monastère de Drépung, de se rendre au Sikkim pour y soigner Sidkéong Tulku Namgyal. Khyenrab Norbu se basant sur des calculs astrologiques annonce que le souverain sera mort avant son arrivée, mais le dalaï-lama lui enjoint de se hâter. En chemin, à Nakartsé, il apprend la mort du roiTenzin Choedrak et Gilles Van Grasdorff, Le Palais des Arcs-en-ciel, ed. Albin-Michel, 1998, , p. 90.

À la suite d'une attaque de jaunisse, Sidkéong Tulku Namgyal est mort d'insuffisance cardiaque, le , à l'âge de 35 ans, dans des circonstances suspectesPatrick French, Younghusband: the last great imperial adventurerEarle Rice, Alexandra David-Neel: Explorer at the Roof of the World, Infobase Publishing, 2004, , p. 51. Son frère cadet, Tashi Namgyal, lui a succédé.

Palden Thondup Namgyal est ensuite reconnu comme le chef réincarné de PhodongLawrence Epstein, Richard Sherburne, Reflections on Tibetan culture: essays in memory of Turrell V. Wylie, E. Mellen Press, 1990; , p. 61.

Titres 1879-1899: Prince Sidkeong Tulku Namgyal 1899-1911: Maharajkumar Sri Panch Sidkeong Tulku Namgyal 1911-1913: Maharajkumar Sri Panch Sidkeong Tulku Namgyal, KCIE 1913-1914: Lieutenant Maharajkumar Sri Panch Sidkeong Tulku Namgyal, KCIE 1914: Lieutenant Son Altesse Sri Panch Sikeong Tulku Namgyal, Maharaja Chogyal du Sikkim, KCIE

Honneurs Médaille de Delhi Durbar-1903 Médaille de Delhi Durbar-1911 Ordre de l'Empire des Indes (CIE)-1911

Voir aussi Monastère de Phodong

Références

Liens externes

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