Thomas Antoine de Mauduit du Plessis, aussi appelé Mauduit-Duplessis, né le à Hennebont, mort en mars 1791, est un officier français qui s'illustre pendant la guerre d'Indépendance américaine.

Plus tard colonel du régiment du Port-au-Prince à Haïti, il y réprime sévèrement l'insurrection des Noirs, refuse d'appliquer les décrets de la Révolution française et d'obéir aux ordres reçus de France, et est tué par ses propres soldats.

Biographie Jeunesse Thomas Antoine de Mauduit du Plessis est un des fils d'Antoine-Joseph de Mauduit (1717-1777), seigneur du Plessis, major de cavalerie, chevalier de Saint-Louis« Mauduit du Plessix (de) », dans ., et de Françoise Anne Hardouin de Cléhinec, fille de Joseph Hardouin de Clehinec, sénéchal de Josselin et subdélégué de l'Intendance.

Thomas Antoine entre au collège, mais s'en évade à douze ans et part voyager. Il s'embarque à Marseille comme mousse, navigue en Méditerranée orientale aux abords du Levant et visite le Moyen-Orient, le Levant, Alexandrie, Constantinople, puis revient en FrancePierre Larousse, Grand dictionnaire universel du siècle, Paris, 1866-1877, t. 10, 1356.. Les dessins et les plans qu'il a réalisés en Orient lui permettent d'obtenir l'autorisation et l'appui de son père pour devenir officier d'artillerie.

Guerre d'Indépendance américaine Mauduit du Plessis, capitaine, s'embarque à Nantes sur le Mercure, armé par Jean Peltier Dudoyer. Ce sera le seul passager autorisé par Silas Deane avec le chevalier Philippe de Borre. Il rejoint Rochambeau pour participer à la guerre d'Indépendance américaine. Il s'illustre successivement à la prise de New York, à la bataille de Germantown le , puis dans la défense du fort RedBank ou Fort Mercer dont il dirige la résistance, ce qui lui vaut une première citation par le Congrès, puis à Valley Forge, et à la bataille de Monmouth le où il est commandant adjoint de l'artillerie américaine et résiste aux assauts britanniques , 2008, ..

En récompense, il est promu major de l'armée française, lieutenant-colonel de l'armée américaine avec effet rétroactif, reçoit l'ordre de Cincinnatus et gagne des marques d'estime particulières de George Washington. et du Congrès des États-Unis..

À Saint-Domingue Nommé colonel en 1787, il prit le commandement de la place et du régiment du Port-au-Prince, à Saint-Domingue. Dans un premier temps, il résista aux menées sécessionnistes des Léopardins de l'Assemblée de Saint-Marc. Plusieurs affrontements sanglants eurent alors lieu entre d'une part les partisans de cette assemblée, appelés "Pompons rouges", et d'autre part les loyalistes menés par le colonel de Mauduit et appelés "Pompons blancs"La Ville de St-Marc : Histoire, économie, politique et société des origines à 1971, par Lemarec Destin, éditions Dami Montréal, 2011., en raison des épinglettes blanches qu'ils attachaient sur les poches de leurs chemises.

Les assemblées provinciales, qui avaient été convoquées en exécution des instructions du , confirmèrent l'assemblée générale de Saint-Marc, puis Mauduit reçut du gouverneur, le comte de Peynier, l'ordre de dissoudre le comité provincial et de s'emparer de ses membres, pour qu'ils servissent de garants de la conduite ultérieure de l'assemblée générale. Il exécuta cet ordre dans la nuit du 29 au , au cours de laquelle dix à douze hommes furent tués de part et d'autre"Précis historique de la révolution de Saint-Domingue: Réfutation de certains ouvrages publiés sur les causes de cette révolution. De l'état actuel de cette colonie, et de la nécessité d'en recouvrer la possession", par L. J. Clausson Pillet aîné, 1819, page 57 . Il fait prisonniers une trentaine d'hommes, dont le Major-général de la Garde Jean-Baptiste Rivière de La Souchère qui n'a pas voulu abandonner ses drapeaux. Celui-ci s'embarque aussitôt libéré pour la France, précédant de quelques jours le départ des Léopardins partis pour plaider leur cause. Mais Barnave ne les écoute pas et ne veut pas entendre les témoins dont Rivière de La Souchère.

Puis il prit vivement parti contre la Révolution française, refusa d'émanciper les esclaves et, en accord avec le comte de Blanchelande, gouverneur, refusa également de promulguer les décrets français. Ayant désarmé la garde nationale locale, il forma une milice royaliste, fit arrêter les membres du comité colonial et dirigea une répression sanglante, laquelle provoqua une insurrection générale.

Venus de France, les régiments d'Artois et de Normandie débarquèrent sur la Grande Île le . Ils fraternisèrent avec la population, lui démontrant que Mauduit n'obéissait pas aux ordres réels de l'Assemblée Nationale constituante. Une délégation des mécontents de la ville profita de cette exaltation"Précis historique de la révolution de Saint-Domingue: Réfutation de certains ouvrages publiés sur les causes de cette révolution. De l'état actuel de cette colonie, et de la nécessité d'en recouvrer la possession", par L. J. Clausson Pillet aîné, 1819, page 65 et se rendit chez le colonel de Mauduit, le sommant de remettre les drapeaux qu'il avait pris au comité provincial dans la nuit du 29 au , en exigeant qu'il le fît à la tête de son régiment. Il accepta mais, à peine arrivé, fut accablé d'outrages, lynché puis assassiné au milieu de la ville par ses propres soldats.

Notes et références

Sources bibliographiques « Mauduit du Plessis (Thomas Antoine, chevalier de) », dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIX siècle, Paris, 1866-1877, tome 10, page 1356 . . . Tugdual de Langlais, Marie-Etienne Peltier, Capitaine corsaire de la République, Éd. Coiffard, 2017, 240 p. . Nouvel examen du rapport de M. Barnave à la Constituante sur l'affaire de Saint-Domingue, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44829p/f47.item.zoom

Voir aussi Articles connexes Guerre d'indépendance des États-Unis Révolution haïtienne Régiment du Port-au-Prince Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z) Liste des membres de la Société des Cincinnati de France

Liens externes

Catégorie:Colonel français Catégorie:Personnalité française de la guerre d'indépendance des États-Unis Catégorie:Ordre de Cincinnatus Catégorie:Personnalité contre-révolutionnaire Catégorie:Naissance en septembre 1753 Catégorie:Naissance à Hennebont Catégorie:Décès en mars 1791 Catégorie:Décès en Haïti Catégorie:Colonel de la Continental Army Catégorie:Personnalité de la révolution haïtienne Catégorie:Maire de Port-au-Prince Catégorie:Décès à 37 ans Catégorie:Naissance dans la province de Bretagne Catégorie:Mort assassiné