La bataille de la crête de Thiepval est une bataille de la Première Guerre mondiale qui se déroula du 25 au , au cours de la bataille de la Somme.

Ce fut la première offensive de l'armée de réserve (future britannique) du lieutenant-général Hubert Gough lors de la bataille de la Somme. Cette offensive est déclenchée après l'attaque de la britannique sur Morval pour profiter de la désorganisation des troupes allemandesAprès la bataille de Flers-Courcelette le 22 septembre, les armées anglo-françaises ont tenté d'appuyer leur avantage avec plusieurs petites attaques en succession rapide, plutôt que de faire une pause pour se regrouper et donner aux armées allemandes le temps de récupérer. La périodisation par les historiens a donné des dates discrètes pour les batailles anglo-françaises, mais il y avait des chevauchements considérables et une continuité des opérations, jusqu'à ce que les difficultés météorologiques et d'approvisionnement de la mi-novembre mettent fin à la bataille. L'histoire de la Grande Guerre britannique continue le récit jusqu'au 30 septembre, bien qu'elle date la bataille du 26 au 28 septembre.. La bataille se déroule sur un front qui s'étend à l'est de Courcelette près de la route Albert-Bapaume jusqu'à Thiepval et la redoute Schwaben (Feste Schwaben) à l'ouest. Ce point fortifié domine les défenses allemandes plus au nord, dans la vallée de l'Ancre. La crête de Thiepval est très fortifiée, les Britanniques n'ont pu prendre cette crête le premier jour de la bataille de la Somme. Au cours de cette nouvelle tentative du mois de septembre, les défenseurs allemands se battent avec beaucoup de détermination. Les troupes britanniques éprouvent de plus en plus de difficultés à coordonner l'action de l'infanterie et de l'artillerie après le , en raison de la nature confuse des combats dans les dédales des tranchées, les cratères d'obus ou les casemates. L'objectif britannique de prendre la crête n'est pas atteint. Il faut attendre la réorganisation de l'armée de réserve et la bataille des hauteurs de l'Ancre du au pour que la crête de Thiepval soit finalement conquise.

Les Britanniques au cours de cette bataille expérimentent de nouvelles techniques de guerre, comme l'emploi de gaz de combat, de mitrailleuses lourdes pour effectuer des tirs indirects d'interdiction et l'emploi pour la première fois des tanks. Les Britanniques et les Français utilisent une quantité de matériel et d'hommes supérieure à celle des défenseurs allemands malgré la réorganisation des armées allemandes et l'apport de renfort en troupes, artillerie et avions venus de Verdun. Le mois de septembre est le mois le plus coûteux en pertes humaines pour les armées allemandes sur la Somme.

Contexte historique Des débats ont lieu au sein de l'état-major de l'armée de réserve sur les tactiques d'attaque à employer pour attaquer la crête de Thiepval. Le commandant du d'armée, le Lieutenant-général préconise une attaque par une seule ligne de combattants pour éviter que les troupes de soutien se retrouvent dans le no man's land sous le bombardement de barrage allemand déclenché six à huit minutes après le début des attaques britanniques. Jacob considère que les troupes de soutien ne jouent qu'un rôle marginal dans le succès de l'attaque et ne sont juste que des victimes supplémentaires. Jacob préconise également de réaliser les attaques durant l'après-midi. Il a en effet constaté que les six attaques réalisées par son corps d'armée l'après midi ont réussi alors que les deux attaques faites à l'aube ont échoué. Le commandant de l'armée de réserve, le lieutenant-général Hubert Gough, est plus prudent dans son analyse. Il souhaite cependant que les troupes de soutien franchissent le plus rapidement possible le no man's land pour se protéger. Gough utilise un film sur une attaque le pour s'opposer à une avancée en groupe de l'infanterie. Si l'infanterie progresse en groupe elle est alors vulnérable aux tirs d'artillerie et aux zones défensives allemandes dépassées par la première ligne d'attaque mais encore actives qui peuvent stopper la progression de l'infanterie par des actions sur les troupes de soutiens ou les flancs de l'attaque.

Intentions Préparatifs britanniques Le , la rejoint le d'armée après avoir séjourné dans les Flandres et effectué un complément de formation au sein de la britannique. Tous les officiers supérieurs à la tête de compagnies, de bataillons ou de brigades vont reconnaître le terrain. Ils participent à une conférence donnée par le brigadier-général P. Howell, le chef d'état-major du sur la situation locale et sur l'expérience militaire récente. Les différents officiers apprécient ces informations car leur division était stationnée dans les Flandres au mois d'août. L'artillerie divisionnaire de deux divisions est allouée au major-général Maxse le commandant de la , ainsi qu'une batterie d'obusiers de provenant du et de quatre tanks. Le les tranchées au sud de Thiepval sont enlevées par la et sont modifiées pour devenir des tranchées d'attaque. Des compagnies du génie, des pionniers et deux bataillons d'infanterie creusent environ () de tranchées d'attaque et de communication pour les relier aux tranchées existantes. Ces dernières sont améliorées, des dépôts de ravitaillement sont préparés pendant quatre nuits. La route reliant Authuille à Thiepval est réparée et cachée derrière un écran de broussailles. Ce camouflage permet d'apporter le matériel et d'évacuer les blessés sans trop subir le bombardement allemand. La décide de laisser vides les tranchées de départ de l'attaque pour que le bombardement de barrage allemand tombe sur un terrain sans troupe. Dès l'arrêt du barrage allemand, le bataillon de réserve doit progresser rapidement en petites colonnes pour atteindre les tranchées conquises.

Plan d'attaque britannique Le commandant du BEF le général Sir Douglas Haig ordonne à l'armée de réserve d'attaquer vers Achiet-le-Grand et à la britannique de se tenir prête à attaquer Gommecourt en flanc-garde. Le lieutenant-général Sir Hubert Gough, commandant de l'armée de réserve, fait déclencher l'attaque de son armée le à pour repousser les Allemands au-delà de la crête de Thiepval. L'attaque doit partir de Courcelette () à l'ouest de la redoute Schwaben, par le corps canadien commandé par le lieutenant-général Julian Byng et par le d'armée commandé par le lieutenant-général , chacun des corps lance deux divisions dans l'attaque. L'attaque doit se dérouler en trois temps avec des pauses d'une dizaine de minutes, puis d'une heure avant la dernière poussée. Le Corps canadien est chargé de fournir un flanc-garde sur le flanc droit de l'attaque, en prenant les tranchées allemandes sur l'éperon nord-ouest de Courcelette. la droite du d'armée doit prendre la Redoute Zollern au cours de la deuxième avancée et la redoute Stuff lors de l'avancée finale au sommet de la crête. La gauche du d'armée doit prendre Thiepval au cours de la seconde poussée, puis atteindre la redoute Schwaben dominant les pentes menant à Saint-Pierre-Divion. Le général Gough précise que les Allemands doivent être chassés de toute la crête pour les empêcher d'avoir des vues sur Albert et pour permettre aux Britanniques d'obtenir des vues sur la vallée de l'Ancre ; de plus la ligne de front allemande à l'ouest de Thiepval doit être prise lors de la progression.

Environ , obusiers et mortiers lourds et de campagne et obusiers sont disponibles pour l'attaque. Les canons du d'armée au nord de l'Ancre sont utilisés pour tirer sur les points de passage et les tranchées allemandes sur la rive sud de l'Ancre. L'artillerie du d'armée est chargée de bombarder et de détruire les redoutes allemandes et Thiepval, certaines tranchées allemandes destinées par la suite à l'infanterie britannique ne sont pas bombardées. Deux modifications sont introduites dans le plan d'artillerie, les obus de gaz sont tirés par les mortiers de et les mitrailleuses des deux corps sont chargées de réaliser des tirs indirects de barrages entre les zones de tirs du barrage fixe d'artillerie. Le barrage roulant doit progresser de () en trois minutes, puis de () en deux minutes une fois le no man's land et la première ligne de front allemande atteinte. Six des huit chars disponibles sont attribués au d'armée.

Les troupes sont envoyées en première ligne au dernier moment, dans la nuit du 22 au les troupes commencent à s'amasser sur la droite de la ligne d'attaque et dans la nuit du 24 au sur la gauche de la ligne d'attaque. L'heure H de l'attaque est fixée pour l'après-midi au lieu de l'aube. Maxse souhaite en effet seulement trois heures de lumière du jour sur l'objectif final pour le renforcer. La plupart des travaux de renforcement défensif sont effectués dans l'obscurité, évitant ainsi une exposition aux tirs d'artillerie allemands. L'attaque de Thiepval doit ensuite être suivie par une attaque sur les deux rives de l'Ancre. Le , les troupes britanniques reçoivent l'ordre de capturer le plus d'objectifs possibles et de gagner un maximum de terrain à chaque opportunité. L'attaque de la crête de Thiepval doit être combinée avec l'attaque de la britannique au début du mois d'octobre, connu sous le nom de bataille de Le Transloy. Les redoutes de Stuffs et de Schwaben doivent être capturées avant le et la tranchée Stuff le .

Organisation défensive allemande vignette|droite|Ferme Mouquet avant sa destruction (AWM J00181) De l'ouest de Courcelette à Thiepval, on trouve successivement les et et la de réserve (formée de deux régiments, le étant rattaché à la de réserve de la garde). Le front de Thiepval à Saint-Pierre-Divion est gardé par un régiment détaché de la . La première ligne allemande est située à () devant la limité sud du village de Thiepval. La seconde ligne est placée () derrière le village, cette seconde ligne est appelée ( pour les troupes britanniques ou pour les Canadiens), et () encore en retrait se trouve la , Grandcourt Riegel (« Grandcourt Trench »). Les caves sous Thiepval sont agrandies pour former un complexe imposant de tunnels avec des salles utilisées comme entrepôts ou comme abris. Un chemin creux parcourt le village jusqu'au cimetière, il est bordé d'abris. Dans la première ligne, on décomptera plus de profonds.

vignette|droite|Ferme Mouquet Pozières (Peintre: Fred Leist) Le village de Thiepval est organisé défensivement par le régiment d'infanterie depuis 1914. Ce régiment comprend encore de nombreux soldats formés avant la guerre, il n'a pas été déplacé et s'est organisé depuis le début de la guerre. Il utilise Bapaume comme base arrière. La Zollern Redoute protège la première ligne entre Courcelette et Thiepval. les redoutes Staufen (Stuff) et redoutes Schwaben sont positionnées à l'extrémité ouest de la première et de la deuxième ligne de défense. La ferme du Mouquet, à l'est de Thiepval est depuis le début de la bataille de la Somme isolée, à () au-delà des tranchées de soutien, la position n'est reliée à la première ligne que par une tranchée à moitié démolie. Les pertes subies pour sa défense ont affaibli la garnison. Au-delà du sud-ouest de Thiepval, la première ligne allemande va du nord de Saint-Pierre-Divion jusqu'à l'Ancre. Les garnisons allemandes sont en alerte permanente se doutant de l'imminence d'une attaque britannique. Le , l'artillerie allemande entame des tirs de harcèlement sur les tranchées britanniques et les dépôts de ravitaillement. Ces bombardements ne perturbent pas l'organisation de l'attaque britannique prévue pour le .

Bataille Armée de réserve