Le massacre de Karantina (ou massacre de la Quarantaine) a eu lieu au début de la guerre du Liban le . Il est commis par des milices des Phalanges libanaises et du Parti national-libéral dans le quartier de Karantina, un bidonville de Beyrouth Est à majorité musulmane qui était alors contrôlé par les forces de l'Organisation de libération palestinienne Noam Chomsky (1989) Necessary Illusions: Thought Control in Democratic Societies South End Press, p 171, habité par des Kurdes, des Syriens et des Palestiniens Michael Johnson (2001) All Honourable Men: The Social Origins of War in Lebanon I.B.Tauris, 62.. Environ 1000 personnes sont tuées dans ce massacre, et le quartier est entièrement rasé.
Déroulement Le , des milices des Phalanges libanaises et du Parti national-libéral, la milice des Tigres, tirent des centaines d'obus sur le quartier de Karantina. Des milices envahissent ensuite le quartier pour le raser avec des bulldozers.
Environ 1 000 personnes sont tuées au cours de ce massacre Harris (p. 162) notes "the massacre of 1,000 Palestinians, Shi'is, and others in Karantina and Maslakh, and the revenge killings of hundreds of Christians in Damur".
Escalade de la violence Le massacre de Karantina a un rôle important dans l'escalade de la violence. En représailles au massacre, des milices palestiniennes commettent celui de Damour, le , au cours duquel des centaines de chrétiens ont été assassinés.
Avec l'effondrement de l'autorité du gouvernement libanais, le militantisme de factions radicales augmentait Henry Kissinger (1999) Years of Renewal, Simon Schuster, p 1022, attisé par le Samedi noir, massacre réalisé le par des Phalangistes libanais contre des Palestiniens et des Libanais musulmans à Beyrouth, au cours duquel des centaines de personnes sont tuées.
Le , des milices chrétiennes commettent le massacre de Tel al-Zaatar, au cours duquel elles assiègent Noam Chomsky, Edward W. Said (1999) Fateful Triangle: The United States, Israel, and the Palestinians South End Press, pp 184-185 puis détruisent complètement le camp de Tel al-Zaatar. Des rescapés du massacre de Karantina étaient déplacés dans le camp de Tel al-Zaatar. Au cours de ce massacre, plus de 1 000 personnes sont tuées Cobban, Helena (1984), The Palestinian Liberation Organisation: People, Power, and Politics, Cambridge University Press, , p 73.
Photographie Françoise Demulder a reçu en 1977 le prestigieux prix World Press Photo pour un cliché pris durant cet évènement, montrant une Palestinienne implorant un milicien armé devant une maison en flammes. Françoise Demulder confiera plus tard avoir été « poursuivie durant des années » par cette photographie et hantée par la « haine démentielle » du tueur cagoulé durant cette « véritable boucherie ».
Notes et références
Liens externes
La Quarantaine et Damour, les 18 et 20 janvier 1976 : deux massacres, des milliers de tués.
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