vignette|Peníscola/Peñíscola : son château et son port. Peníscola , en valencien, ou Peñíscola , en castillan (dénomination officielle bilingue depuis le Décret 90/2008, du 27 juin, du Conseil, qui approuve le changement de nom de la commune de Peñíscola pour la forme bilingue Peníscola / Peñíscola.), est une commune d'Espagne de la province de Castellón dans la Communauté valencienne. Elle est située dans la comarque du Baix Maestrat et dans la zone à prédominance linguistique valencienneLoi 4/1983 du 23 novembre 1983 relative à l'utilisation et l'enseignement du valencien. Depuis 2013, Peníscola appartient à l'association Les Plus Beaux Villages d'Espagne.
À la fin du grand schisme d'Occident, l'antipape Benoît XIII (Pedro de Luna, dit le cardinal d'Aragon), exclu d'Avignon d'où il régnait sur une partie de la chrétienté et qui n'était plus toléré que par l'Aragon, s'y installa et y mourut après 19 années de résistance à Rome.
Géographie
La ville se trouve sur une péninsule rocheuse, à l'origine unie à la terre seulement par un isthme de sable, ce qui rendait facile sa défense. Cet isthme sépare la partie méridionale de la Serra d'Irta de la plaine de Vinaròs. Anciennement, cet isthme se retrouvait une semaine par an recouvert par la mer transformant le rocher en île. Depuis la construction du port, ce phénomène a disparu. Un autre intérêt de ce site réside dans la présence de sources d'eau douce jaillissant de ce rocher entouré par la mer. Sur le pignon rocheux se dressent ses anciennes fortifications, que domine le château du Pape Luna. La commune possède de vastes plages tant au nord qu'au sud de la péninsule, faisant partie de la Costa del Azahar. Au nord de la ville, les marais de Peñíscola, séparés de la mer par un cordon littoral, sont une zone protégée depuis 2001, réserve pour la faune et la flore. Au sud, la Serra d'Irta (devenue un parc naturel protégé) occupe les deux tiers du territoire, soit . On y trouve la Tour de Badum (tour de guet), près de laquelle surgissent du fond de la mer de nombreuses sources d'eau douce. La ville est devenue un site très recherché par les touristes.
Communes voisines
Accès Peníscola est desservie par la sortie 43 (Benicarló - Peñíscola) de l'autoroute . La route nationale passe à proximité. La gare de Benicarló-Peníscola est à du centre de Peníscola.
Climat Peníscola possède un climat méditerranéen avec des températures douces en hiver. La commune jouit de 300 jours d'ensoleillement par an. En été, la chaleur est tempérée par la brise de mer. Les températures moyennes sont de à en été et de en hiver. Les précipitations se produisent surtout en mai et novembre pour une pluviométrie annuelle de .
Démographie
Histogramme (élaboration graphique par Wikipédia)
Étrangers en 2007PositionÉtatPopulation1362232132464225520761297118873969106911601253134914461545 Répartition entre les zones habitées Zones habitées Hab. (2007) Hab. (2008) Peníscola Les Talaies 491 554 Cerro Mar Font Nova 98 127 U.R.M.I. 211 217 Disséminée Source: Institut Nacional d'Estadística
Population immigrante Selon le recensement de 2007, un tiers de la population de Peníscola (, soit 33 % de la population totale) est de nationalité étrangèreSource: Explotació estadística del cens segons l'INE. Població per sexe, municipis i nacionalitat (principals nacionalitats)., faisant de cette commune la troisième avec le plus d'étrangers de la province de Castellón, et la seconde de la comarque du Baix Maestrat (après Sant Jordi, avec 35 % de population étrangère).
Parmi les immigrants viennent en tête par leur nombre les maghrébins et ceux d'Europe de l'Est. Le groupe le plus nombreux d'immigrants est formé par les Marocains (362), suivi par celui des Roumains (321). On trouve ensuite des immigrants originaires d'autres pays de l'Union européenne, comme l'Allemagne (246), la France (225), le Royaume-Uni (207), l'Italie (129) ou la Belgique (118). Les nationalités les plus faiblement représentées sont originaires des pays de l'Amérique du Sud, comme le Venezuela (69), l'Argentine (60), le Paraguay (53) et le Brésil (49).
Administration vignette|Mairie.
Liste des maires Période Identité Parti Qualité 1979-1983 Ramón Rovira PaunerIndépendant - 1983-1987 Rafael Serrat BioscaPSPV-PSOE - 1987-1991 Rafael Serrat BioscaPSPV-PSOE - 1991-1995 Ricardo Albiol MartínPP - 1995-1999 Constantino Simó Martínez / Carlos Caspe Gracia / Ramón Rovira PaunerPP/UV/ADP - 1999-2003 Rafael Serrat Biosca / Andrés Martínez CastellàIDP / PP - 2003-2007 Andrés Martínez CastellàPP - 2007-2011 Andrés Martínez CastellàPP - 2011-2015 Andrés Martínez CastellàPP - 2015-2019 Andrés Martínez CastellàPP - 2019- Andrés Martínez CastellàPP -
Élections municipales de 2019
Élections municipales de 2019 Parti Tête de liste Nombre de voix Pourcentage des voix Nombre de conseillers PP Andrés Martínez Castellà 45,09 7 Partit Socialista del País Valencià-PSOE Isabel Esbrí Navarro72721,00 3 Compromís per Peníscola Juan Marcos Bayarri Castell 62918,17 2 Ciutadans - Partit de la Ciutadania Javier Mateu Borràs2176,27 1 Autres candidatures 3038,75 0 Votes blancs - 250,72 - Total exprimés100 13
Histoire vignette|upright=1.2|gauche|Peníscola/Peñíscola. On trouve d'abondants vestiges archéologiques dans les environs de la presqu'île, dans les sites de Poaig et Els Barrancs, ce qui confirme la présence dans cette zone d'une population ibérique, ainsi que les contacts entre celle-ci et les marchands phéniciens qui vinrent par la mer aux ( - ). S'installèrent probablement à Peníscola les Phéniciens venant de Tyr et peu de temps après les Grecs. Plus tard, Peníscola vit arriver les Carthaginois, les Romains, les Byzantins et les Arabes.
Les témoignages écrits les plus anciens sur Peníscola peuvent être trouvés chez Hécatée de Milet (), Strabon () et Avienus () qui dans leurs descriptions de la côte, mentionnent la cité de Chersonesos, nom que donnèrent les grecs à la ville et dont le sens signifie péninsule.
Peníscola, colonie grecque puis romaine, fut un port important par lequel transitèrent les produits manufacturés (céramique, tissus, armes, etc.) que les colonisateurs échangeaient contre du vin et de l'huile d'olive avec les Ibères qui peuplaient les montagnes de la côte.
Ce sont les Romains, qui traduisirent en latin le nom grec de la cité (suivant les philologues, pene+iscola, « quasi île »), ce qui est à l'origine du toponyme actuel de Peníscola.
Depuis l'an 718, date de la fin de la conquête par Tariq ibn Ziyad, jusqu'en 1233, la cité de Peníscola a vécu sous la domination musulmane. On ne connait que quelques rares détails de cette époque. Les géographes arabes font allusion à Peníscola (qu'ils appelaient Banáskula ou Baniskula par adaptation du toponyme à leur langue) ; ils parlent d'un château inexpugnable près de la mer. Ce château très peuplé, avait des fermes, des cultures, beaucoup d'eau et d'importantes salines. À partir de la forteresse, qui servit de frontière avec la chrétienté, les Arabes pratiquèrent la piraterie sur tout le littoral et réalisèrent des incursions dans le royaume d'Aragon.
Peníscola vit naître des personnages illustres comme le Roi Loup Mohamed ibn abd Allab ibn Sad ibn Mardanis (1124-1172) qui réussit à maintenir un royaume arabe dans le sud-est espagnol face aux envahisseurs africains, ainsi qu'Ali Albata (1198-1222), homme de grande culture, qui intervint dans les négociations avec le roi Jacques d'Aragon.
Après un premier siège infructueux de deux mois en 1225, il fallut attendre l'année 1233 pour que Jacques le Conquérant puisse prendre possession de la ville de Peníscola, retrouvant en même temps la maîtrise sur la mer. Ce fut une conquête pacifique. Après la chute de Burriana en 1233 qui laissa isolés les châtelains arabes du nord, la cité de Peníscola se rendit sans lutte et sous condition de traités qui respectent les lois et coutumes sarrasines. Pour remercier l'évêque de Tortosa pour son aide dans la Reconquête, le roi étendit le territoire de cet évêché. C'est ainsi qu'aujourd'hui Peñíscola, avec quelques autres villages, dépend d'un évêché dont le siège est situé en Catalogne.
Le , Jacques accorda à la cité une « charte de repeuplement » (Carta Puebla ou Carta de población), qui enleva aux musulmans tous leurs biens et propriétés qu'il transféra aux nouveaux occupants chrétiens. Cette mesure favorisera l'essor démographique et économique de la ville, inaugurant une ère de prospérité.
En 1294, frère Bérenger de Cardona, qui était le Maître de l'Ordre du Temple en Aragon et en Catalogne convient avec Jacques II d'Aragon l'échange de la ville de Tortosa contre les châteaux de Peníscola, Ares, Coves et autres lieux. C'est donc entre les ans 1294 et 1307 que fut construit l'actuel château Templier sur les restes de l'alcazar arabe. Les promoteurs furent le frère Bérenger de Cardona, et le frère Arnauld de Banyuls, qui était le Commandeur de Peníscola. Leurs deux écus se retrouvent sculptés sur une frise au-dessus de la porte d'entrée du château ainsi qu'au-dessus de la porte de la basilique. Après la dissolution de l'Ordre du Temple, fut créé en Espagne en 1317 l'Ordre de Montesa pour protéger les terres chrétiennes. Le château de Peñíscola (ainsi que toutes les autres possessions du Temple dans la région du Levant) furent confiés à ce nouvel ordre. vignette|upright=1.2|Château : place d'armes. À cheval sur les et , le Grand Schisme d'Occident a marqué l'histoire de l'Église avec la présence simultanée de deux Papes. Un d'eux fut l'Aragonais Pedro Martínez de Luna, plus connu sous le nom de Pape Luna. Il succéda à Clément VII comme Pape d'Avignon sous le nom de Benoît XIII, alors que l'autre Pape Boniface IX s'installait à Rome bénéficiant de l'obédience des Anglais, des Allemands et des Italiens. Benoît XIII plaça le château de Peníscola sous la juridiction du Saint-Siège, en le retirant à l'Ordre de Montesa. Destitué, le Pape Luna se réfugia à Peníscola où il entrait le 21 juillet 1411. Il y installa le siège pontifical et il convertit son château en palais et bibliothèque pontificaux tant pour lui que pour son successeur, Clément VIII, l'aragonais Gil Sánchez Muñoz, second Pape de Peníscola. Après la mort de Benoît XIII le , Clément VIII fut élu à Peníscola par les partisans du Pape Luna, et gouverna entre 1424 et 1429. Son abdication rapide mit fin au Grand Schisme d'Occident.
En 1520, Diego Hurtado de Mendoza nommé vice-roi de Valence par Charles pour contenir le soulèvement des Germanías, se sentant en danger à Valence, se réfugia d'abord à Gandia, où il fut battu par les agermanados, puis à Denia d'où il embarca pour Peníscola, alors défendu par un petit nombre de personnes. Les agermanados ayant échoué dans leur tentative de prendre Benicarló, se présentèrent devant Peñíscola. Les assiégés furent rejoints par un groupe de 12 hommes amenant par la mer, vivres et munitions. Les agermanados découragés abandonnèrent leur siège. Avec le vice-roi, on trouvait le duc Juan de Borja et ses fils, le comte de Albaida, le maître de Montesa et d'autres seigneurs. En 1524 furent jugés 11 habitants de Peníscola qui avaient pris le parti des agermanados. En avril 1525, Germaine de Foix alors vice-reine de Valence accorda son pardon aux agermanados de Peníscola.
C'est sous le règne de Philippe II que furent construites les fortifications qui protègent la ville. Ces murailles s'appuient sur d'autres antérieures, tout en englobant certaines d'entre elles. Elles sont l'œuvre de l'architecte italien Juan Bautista Antonelli, sous la direction de Vespasiano de Gonzaga capitán general du royaume de Valence. Le Portal Fosch (Portail Fosch) est daté de 1578 ; il est attribué à Juan de Herrera, architecte de l'Escorial.
En 1641, les galères des Espagnes se sont rassemblées à Peníscola pour forcer le blocus et aller approvisionner Tarragone assiégée par les troupes françaises de Philippe de La Mothe-Houdancourt.