Les primaires présidentielles du Parti républicain américain de 2012 sont le processus par lequel les membres du Parti républicain des États-Unis désignent leur candidat à l'élection présidentielle de 2012.
Le vainqueur, Mitt Romney, affronte le président sortant Barack Obama le . Il perd avec 47,21 % des voix et 206 grands électeurs.
Contexte
Depuis , le président des États-Unis est le démocrate Barack Obama, qui l'a emporté en novembre 2008 face au candidat du Parti républicain, John McCain. Quant au Congrès, il est dominé par les Républicains, victorieux des élections législatives de 2010.
La primaire intervient dans un contexte de crise économique mondiale. Aux États-Unis, la croissance est faible, la dette publique atteint un niveau record. Cette situation a notamment contribué à la baisse de popularité du président sortant, sans pour autant que ses adversaires républicains en profitent de manière significative. À noter que le mouvement Tea Party connaît, pendant la présidence Obama, une influence grandissante dans le paysage politique.
Campagne
Parmi les principales personnalités « présidentiables » du Parti républicain, les noms de Mitt Romney, de Mike Huckabee (tous deux candidats à la primaire républicaine de 2008), de Sarah Palin (candidate républicaine à la vice-présidence en 2008 et égérie conservatrice d'une partie du mouvement Tea PartyJean-Marc Gonin, « Pasionaria des "tea parties" », Le Figaro.com, 23 avril 2010.) et de Newt Gingrich sont ceux qui rencontrent le plus de succès dans les « Poll: Romney is 2012 GOP front runner », UPI.com, 19 avril 2010..
Il faut attendre le printemps 2011 pour voir les premiers candidats crédibles annoncer leur intention de briguer l'investiture républicaine. Le premier d'entre eux est l'ancien gouverneur du Nouveau-Mexique, Gary Johnson, connu pour ses veto à l'encontre des décisions de Washington, qui annonce sa candidature le « L'ex-gouverneur américain Gary Johnson candidat républicain pour 2012 aux États-Unis », dépêche Reuters, 21 avril 2011.. Le suivant, c'est au tour de l'ancien député de Géorgie Newt Gingrich, meneur de la « révolution républicaine » des années Clinton, de lancer sa candidature« Newt Gingrich, premier sur la ligne de départ contre Barack Obama pour 2012 », La Croix, 11 mai 2011.. Cette candidature est suivie le , par celle du libertarien Ron Paul« USA: le républicain Ron Paul candidat », Le Figaro, 13 mai 2011.. Ces trois premiers postulants républicains militent, à l'instar des partisans du Tea Party, pour un recul de l'intervention de l’État fédéral. Cette volonté affichée de réduire les prérogatives de l'État, en ciblant notamment l'« Obamacare », cause du tort à l'un des principaux espoirs républicains, Mitt Romney, qui avait défendu un système semblable dans son État du MassachusettsBrian Bakst, « Tim Pawlenty sera candidat à l'investiture républicaine aux États-Unis », Associated Press, 21 mai 2011.. Aucun de ces candidats, rejoints quelques semaines plus tard par Tim Pawlenty et Herman CainGreg Bluestein et Shannon McCaffrey, Herman Cain se lance dans la course en vue des élections présidentielles de 2012, AP, 21 mai 2011., ne parvient toutefois à apparaître comme favori face au président démocrate sortantEmmanuel Parisse, « Présidentielle américaine 2012: les républicains tardent à se lancer face à Obama », AFP, 13 mai 2011..
D'autres présidentiables potentiels ou pressentis, tels que le magnat Donald Trump (affaibli par sa participation à la polémique sur l'acte de naissance d'ObamaP.B., « Présidentielle américaine: Donald Trump renonce à être candidat », 20minutes.fr, 16 mai 2011.), l'ancien candidat de 2008 Mike Huckabee, le populaire gouverneur du New Jersey Chris Christie ou encore Sarah Palin ont annoncé qu'ils ne seront pas candidats.
Mitt Romney annonce sa candidature le . Considéré comme le favori de la primaire, il est la cible de nombreuses attaques de la part de ses adversaires et doit faire face à la montée des intentions de vote en faveur de Michele Bachmann, qui annonce sa candidature le , puis de Rick Perry, qui se déclare le .
Le premier vote test (Straw poll), organisé dans l'Iowa le , auquel n'ont participé ni Mitt Romney, ni Rick Perry a conduit Tim Pawlenty ( des exprimées, soit 13,6 %), largement devancé par les candidats Tea Party Michele Bachmann (, 28,5 %) et Ron Paul (, 27,6 %), à annoncer son retrait dès le lendemainConstance Jamet, « États-Unis : Michele Bachmann remporte un vote test », Le Figaro, 14 août 2011..
L'homme d'affaires Herman Cain fait figure, à partir de , de nouveau favori. Mais, critiqué pour son supposé amateurisme en politique étrangère et accusé de harcèlements sexuels par plusieurs femmes, il est contraint de se retirer le . Dans le même temps, Newt Gingrich prend la tête des sondages., mais doit faire face à une importante campagne publicitaire de ses adversaires, qui l'accusent d'avoir des convictions politiques changeantes, d'être un lobbyiste (notamment en ayant touché 1,6 million de dollars de la part de FHLMC) ou encore d'avoir des positions trop à gauche« Newt Gingrich dévisse sous le feu des spots télévisés », Le Figaro, 20 décembre 2011.. Ainsi, après avoir été distancé de 15 points au niveau national, Mitt Romney repasse en tête des intentions de vote fin décembre, à quelques jours du vote dans l'Iowa.
Sur les questions de politique internationale, les candidats défendent des positions jugées particulièrement radicales. D'après le journaliste Benoît Bréville, entre « soutien frénétique à Israël, invocation de la « menace islamiste », prises de position belliqueuses : hormis M. Paul, fervent isolationniste, les concurrents républicains sont d’accord sur tout, ou presque. Les candidats rivalisent le plus souvent de paroles outrancières et d’erreurs grossières ; à l’image de M. Santorum, qui croit que M. Pervez Musharraf est encore président du Pakistan ou de Mme Bachmann qui redoute la présence de missiles du Hezbollah à Cuba et accuse la Chine d’aveugler les satellites américains avec des lasers. » Les candidats suggèrent ainsi d'attaquer la Chine devant l’Organisation mondiale du commerce pour « manipulation de sa monnaie » (Mitt Romney), d'« entrer en guerre contre la Chine afin de faire de l’Amérique l’endroit le plus attractif du monde pour faire des affaires » (Rick Santorum), de « combattre tous les ennemis [des États-Unis], où qu’ils soient, avant qu’ils n’attaquent notre territoire », notamment par le déploiement de l’armée américaine au Mexique pour lutter contre le trafic de drogue (Rick Perry), d'« exfiltrer les scientifiques » d’Iran et soutenir les dictatures proches des États-Unis comme celle d'Hosni Moubarak (Newt Gingrich), ou encore de supprimer l'aide aux pays étrangers (Newt Gingrich et Mitt Romney).
Michele Bachmann, Herman Cain, Rick Perry et Mitt Romney se prononcent en faveur de l'utilisation de la simulation de noyade, considérée comme de la torture, à laquelle s'opposent Ron Paul et Jon Huntsman.
Rick Santorum, Rick Perry et Michele Bachmann ciblent l'électorat fondamentaliste chrétien en insistant particulièrement sur les questions de l’avortement et de l’homosexualité. Au contraire, Ron Paul défend des positions très inhabituelles pour son parti, telles que la décriminalisation des drogues, ou en matière de libertés publiques.
L’hebdomadaire britannique The Economist, commentant le positionnement très à droite des candidats, relève que « de nos jours, un candidat républicain est obligé de croire, non pas certaines, mais toutes les choses suivantes : que l’avortement doit être interdit quelle que soit la situation ; que le mariage homosexuel doit être proscrit dans tous les États ; que les 12 millions d’immigrés illégaux, même ceux qui vivent aux États-Unis depuis des décennies, doivent être renvoyés chez eux ; que les 46 millions de personnes qui n’ont pas d’assurance maladie ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes ; que le réchauffement climatique est un complot ; que toute augmentation d’impôts doit être rejetée (…) ; qu’Israël ne fait jamais rien de mal et que les “soi-disant Palestiniens”, pour reprendre les termes de Newt Gingrich, ne font jamais rien de bien ; que le ministère de l’environnement, celui de l’éducation et d’autres – dont il n’est pas nécessaire de connaître le nom – devraient être supprimés ».
Candidats
Candidats déclarés
Jimmy McMillan, militant new-yorkais pour la baisse des loyers (). Andy Martin, militant birther de l'Illinois (). Fred Karger, militant LGBT de Californie ().
Candidats ayant retiré leur candidature avant les primaires
Candidats ayant retiré leur candidature pendant les primaires
Personnalités ayant renoncé à se présenter aux primaires
Procédures Le candidat du Parti républicain à l'élection présidentielle est désigné par la convention nationale du parti. À cette occasion, le candidat ayant acquis le vote du plus grand nombre de délégués est investi par le parti. Les délégués sont attribués par les États fédérés des États-Unis via différentes procédures électorales et divers modes de scrutin. La plupart des délégués sont élus et ont un mandat impératif : leur seul et unique rôle consiste à voter pour un candidat, et ils ne peuvent s'y soustraire.
Répartition des délégués au niveau local : Le nombre total de base de délégués attribué à chacun des 50 États des États-Unis est de 10 délégués, plus 3 délégués supplémentaires par district au Congrès. Des délégués sont également attribués à Washington, D.C., à Porto Rico, les îles Samoa américaines, à Guam, aux îles Vierges des États-Unis et aux Îles Mariannes du Nord en vertu de règles spécifiques. Selon les lois et règles de chaque État, le vote des électeurs peut-être contraignant, et déterminer l'attribution des délégués aux candidats, ou non contraignant, c'est-à-dire consultatif et laissant les antennes locales du parti déterminer la répartition des délégués. Dans la plupart des États, les délégués sont attribués aussitôt les résultats validés, mais quelques-uns renvoient la répartition des délégués à une convention locale ayant lieu plus tard.
Des délégués-bonus sont aussi attribués sur la base des critères suivants : Plusieurs délégués pour les États ayant majoritairement voté pour le candidat républicain lors de l'élection présidentielle précédente ; Un délégué de bonus par sénateur républicain élu dans l’État ; Un délégué de bonus aux États comptant une majorité de républicains dans leurs élus à la Chambre des représentants des États-Unis ; Un délégué de bonus par gouverneur républicain élu dans l'État ; Plusieurs délégués pour les États disposant d'une majorité d'élus républicains dans leurs législatures locales.
Types de délégués : Il y a trois types de délégués : Dans chaque État, deux membres du Comité national républicain (RNC) et le dirigeant local de l’État ou du territoire sont délégués de droit. Ces délégués sont en principe libres de choisir leur candidat, mais dans 12 États, ils ont été incorporés au nombre total de délégués titulaire d'un mandat impératif ; Les délégués répartis entre les différents candidats au niveau de l'État ou du territoire (AL) ; Les délégués répartis entre les différents candidats au niveau des districts congressionnels (CD).
En tout, 117 délégués RNC sont libres de faire leur choix. Il faut y ajouter 340 délégués locaux qui sont élus par des conventions locales du Parti républicain, et ne sont pas directement attribués lors de primaires ou de caucus.
Types de procédures : Dans les États, l'élection des délégués peut avoir lieu par le biais de primaires ou de caucus. Si les primaires sont une simple consultation des électeurs, les caucus sont organisés par les antennes locales du parti et ont lieu dans divers lieux publics, où les électeurs sont invités à débattre avant d'exprimer leur choix. Ces procédures peuvent se décliner de diverses manières :