La chapelle et ermitage Notre-Dame du Scex (ou du Rocher) est une chapelle située dans le canton du Valais en Suisse. Elle est dédiée à Notre-Dame et se trouve à l'ouest de la ville de Saint-Maurice. Insérée dans la paroi d'une falaise, elle y est presque dissimulée à au-dessus de la plaine et pour y accéder, il faut gravir un sentier comportant 487 marches.. Depuis le , de nombreux ermites y ont résidé. La chapelle est un lieu de culte connu dans tout le Chablais, valaisan et vaudois.

Histoire de la chapelle ou plutôt de sa genèse Depuis toujours, Notre-Dame du Scex appartient à l'abbaye de Saint-Maurice (la .). Dans un premier temps, au (en 611), le surplomb de la falaise a d'abord été un ermitage mais rapidement une chapelle y a été fondée puis l'édifice fut agrandi à plusieurs reprises. À la fin des années 1950, des fouilles archéologiques ont mis au jour les fondations d'une chapelle qui pourrait dater de la fin du . Quant à la chapelle actuelle., elle date du et conserve une belle collection d’ex-voto, possède des vitraux et une statue de saint Amé qui a été commandée, en 2011, pour le jubilé du 1400 de la fondation de l'ermitage..

La chapelle carolingienne En 1958, Charles Zimmermann, le chanoine Jean-Marie Theuillat et le chanoine Léo Müller entreprennent des fouilles sur le site. Ces fouilles laissent apparaître la présence d'un ermitage et d'une première chapelle qui a dû exister sur le rocher du Scex entre la fin du et le .

La chapelle était construite tout contre le rocher et orientée vers le nord. Elle possédait une petite nef de de long et un chœur en demi-cercle de de long pour un maximum de de large. Une porte dans l'abside, du côté de la vallée, permettait de se rendre sur la terrasse qui menait à l'ermitage..

La chapelle médiévale En fait, jusqu'au , aucun document ne mentionne la chapelle du Scex, pas même les bulles pontificales de la fin des qui établissent la liste de toutes les églises et chapelles qui dépendent de l'abbaye de Saint-Maurice.

Une hypothèse de travail avancée dans la publication des Échos de Saint-Maurice de 2011. attribue à l'abbé de Saint-Maurice, Nantelme (abbatiat : 1224-1259), un rôle dans la redécouverte du sanctuaire. Cette hypothèse pourrait être corroborée par la représentation de la Vierge en majesté et de son enfant tenant tous les deux une pomme dans la main. Cette iconographie se retrouve sur la châsse de l'abbé Nantelme, mais aussi sur la grande châsse de Saint-Maurice. Toutefois, aucun écrit médiéval ne vient confirmer ou infirmer cette théorie. Il faut donc se contenter de la première mention de la chapelle du Scex en 1317 lors d'un legs fait par un certain Henri Boneti. À partir de cette date, le sanctuaire est cité de manière continue dans des actes de donations de terres, de redevances, la fondation de messes, d'offrandes pour entretenir les lieux et permettre de maintenir une lampe perpétuelle devant l'image de Notre-Dame du Scex. Au début du , il est certain que la chapelle est devenue un lieu de pèlerinage dans lequel vit une recluse et un recteur, soit un prêtre, est détaché pour célébrer la messe dans la chapelle. En 1475-1476, au cours de la guerre qui oppose les Hauts-Valaisans et le duché de Savoie, la chapelle et l'ermitage semblent avoir été saccagés. À la suite de cette destruction, le sanctuaire a été réparé assez rapidement et, en 1479, une nouvelle cloche est fondue pour le petit clocher.

En 1500, après que deux chanoines de l'abbaye de Saint-Maurice en aient fait la demande, la chapelle Notre-Dame du Scex obtient de Rome le privilège perpétuel de 100 jours d'indulgence pour tous les fidèles qui viennent prier dans cette chapelle à l'occasion des fêtes de l'Assomption, de la Nativité, de l'Annonciation, du Lundi de Pâques et du , jour de la dédicace de la chapelle. La présence de la chapelle semble donc bien installée dans la région, tout comme la dévotion à Notre-Dame du Rocher..

La chapelle du et celle du Au cours du , la chapelle est transformée. Tout débute, en 1612, à la suite d'un éboulement qui détruit le chemin menant au lieu du sanctuaire. Face à l'afflux des pèlerins, l'édifice religieux est non seulement réparé mais aussi agrandi. En 1620, le chanoine et sacristain Henri de Macognin fait reconstruire, agrandir et décorer la chapelle à ses frais. Pour en faciliter l'accès, l'édifice est orienté vers le sud, la nef est allongée et élargie. En 1628, le même chanoine fait construire un nouvel ermitage un peu plus loin au nord ce qui correspond à son emplacement actuel. En 1635, il fait sculpter un Christ en Croix à même le rocher et fait aussi réaliser un tableau destiné à être placé au-dessus de l'autel de la chapelle. Ce tableau est une .. Et enfin, l'abbé de Saint-Maurice, Pierre Maurice Odet (abbatiat de 1640-1657) fait réaliser pour le sanctuaire un autel en pierre..

À la fin du , d'autres travaux sont entrepris : la façade de l'entrée de la chapelle est refaite (1683) ; un chemin de croix, concernant ce chemin de croix. est aménagé sur le site (1698). En 1721, lors de la visite apostolique de l'abbaye de Saint-Maurice sur le territoire abbatial et donc de la chapelle du Scex (puisque cette dernière fait partie de ses possessions), le chanoine Louis Boniface qui inspecte le sanctuaire assure que l'ensemble est dans un état décent et convenable..

Au milieu du , d'autres travaux importants sont réalisés dans le sanctuaire. C'est cette phase de travaux qui va lui donner sa physionomie actuelle. La sacristie est refaite, le chœur et la chapelle sont pourvus de catelles, l'entrée est pavée, la fontaine réparée tout comme le chemin d'accès au sanctuaire, trois petites cloches sont installées, quinze tableaux sur les mystères du Rosaire sont réalisés, le chœur est aussi pourvu d'une belle balustrade en fer forgé (1752). Il semble aussi que la voûte et une partie des fondations de la chapelle aient été consolidées dans la seconde partie du . En 1768, un autel massif en marbre est installé dans la chapelle. Il s'agit de l'autel actuel.. Il faudra attendre le début du pour que d'autres modifications soient entreprises dans le sanctuaire.

La chapelle du jusqu'à nos jours

En 1903-1904, la chapelle est en mauvais état et nécessite une restauration. Ce sont les chanoines Meinard de Werra, Joseph Abbet, Guillaume de Courten puis Hyacinthe Rouiller qui ont la charge de ces travaux. Tout d'abord, des travaux de maçonnerie puis d'importants changements sont réalisés: une unification de la hauteur de la nef, une nouvelle toiture, une modification du petit clocher, concernant le clocher et ses cloches., à l'intérieur, de nouveaux aménagements de pilastres et chapiteaux, le remodelage de l'œil-de-bœuf du portail, le sol est carrelé, un plancher en sapin est installé sous les bancs et les murs et plafonds peuvent avoir été repeints. En 1917-1918, un vitrail est réparé, le chemin de croix est repeint, la charpente de la chapelle est consolidée, la sacristie est restaurée tout comme le sentier qui permet d'accéder au sanctuaire..

En 1933, l'architecte Adolphe Guyonnet (1877-1955) rénove l'édifice dans le rocher. Il fait retirer les statues de saint Séverin et saint Amé qui se trouvaient à proximité de l'autel et place la grande statue de saint Amé dans une niche située à proximité de l'ermitage. En 1936, l'abbaye de Saint-Maurice fait aménager des toilettes sur le site et l'électricité doit avoir été installée entre 1929 et 1937..

En 1944, l'architecte Charles Zimmermann s'occupe de la restauration du chœur de la chapelle (dallage, autel et assainissement des murs). En 1946, c'est l'architecte Claude Jaccottet qui est mandaté par l'évêque-abbé Louis-Séverin Haller . pour la restauration de la chapelle. Claude Jaccottet va d'abord aménager l'autel, faire restaurer la Vierge en Majesté. Pour l'architecte vaudois il s'agit de .. En 1948-1949, les travaux sont réalisés. Ils comprennent des agrandissements dans le rocher, l'aménagement d'un nouveau narthex, l'agrandissement des fenêtres, la construction d'un péristyle avec un petit clocher, l'agrandissement conséquent de la sacristie et la réfection du clocher..

De 1958 à 1959, des travaux de restauration sont à nouveau entrepris. Ces derniers ne changeront pas la configuration du bâtiment de manière importante mais ils permettront d'effectuer des fouilles archéologiques d'importance qui aboutiront à de riches découvertes concernant l'histoire du sanctuaire. Les travaux les plus importants ont touché la façade nord qui est remplacée par une baie vitrée et l'aménagement d'une nouvelle porte permettant d'accéder à la sacristie. L'autel baroque est très légèrement modifié et l'artiste Albert Chavaz a réalisé le tableau de la Vierge de l'Assomption (1960). Entre 1960-1964, le peintre verrier mandaté à cette occasion réalise trois dalles de verre pour le porche et les six vitraux de la chapelle (ces derniers selon un programme iconographique d'Albert Chavaz). En 1959, une porte en fer forgé est réalisée pour fermer la rampe d'escaliers. Puis l'électricité est refaite et la chapelle est pourvue d'un téléphone. En 1963, un petit téléphérique est installé permettant d'acheminer du matériel jusqu'au sanctuaire..

En 1980, la toiture en bardot est restaurée, l'intérieur de la chapelle repeint et la porte légèrement retouchée. En 1996, de nouveaux travaux permettent de s'occuper des décorations de l'intérieur de l'édifice, l'autel est adapté à la célébration de la messe face au peuple comme l'a demandé le concile , le toit et les façades extérieures sont refaits tout comme l'éclairage du chemin d'accès. Le chemin de croix est également restauré. En 1998, l'accès au sanctuaire est fermé pour sécuriser le rocher. En 2007, un éclairage extérieur est installé pour illuminer le site et, à la suite de la destruction de la statue de saint Amé par un déséquilibré (en 2006), une statue en bronze est commandée à Roger Gaspoz et bénie le jour de la fête de l'Assomption 2011.. Pour terminer, dans la nuit du au , un incendie endommage une partie de la chapelle mais sans provoquer de grands dégâts.

La chapelle : Iconographie mariale et ex-voto Depuis 1988., la chapelle de l'ancien ermitage est inscrite comme bien culturel d'importance régionaleCanton du Valais - Inventaire PBC, liste des .. Mais dès 1972, elle a été classée, par la Confédération suisse, . et, en 1980, c'est le Conseil d'état valaisan qui .

Une chapelle mariale La chapelle du Scex est une chapelle mariale. Elle est consacrée à Marie, la mère de Jésus. Elle porte le vocable, c'est-à-dire qu'elle est dédiée à Notre-Dame du Scex soit Notre-Dame du Rocher. En Suisse, cette dévotion s'appelle aussi : Madonna del Sasso ou Mariastein.

En fait, si ce sanctuaire marial préexistait, la dévotion à Notre-Dame du Rocher se développe principalement à Saint-Maurice au cours de la Contre-Réforme (soit au - siècles) et de la reconquête du catholicisme dans le Pays de Valais soit l'actuel canton du Valais. Une partie de la décoration de la chapelle du Scex en témoigne. En effet, en plus des statues de saint Amé et saint Nicolas de Flüe, la majeure partie des éléments décoratifs servant à soutenir la dévotion des fidèles est consacrée à la mère de Jésus. Il y a les vitraux et le maître autel (du ), mais aussi une petite Vierge romane beaucoup plus ancienne. Mais la dévotion mariale des fidèles est aussi très visible dans le nombre important d'ex-votos apportés sur le site de la chapelle du Scex, et ..

Vierge romane