vignette|327x327px|Musée du Vatican : porte d'entrée de décoration « baroque italien ». Les musées du Vatican constituent un ensemble muséal situé au Vatican. Il regroupe douze musées, ce qui représente cinq galeries et mille quatre cents salles. L'ensemble abrite l'une des plus grandes collections d'art dans le monde, car il expose la vaste collection d'œuvres d'art, notamment peintures et sculptures, rassemblée au fil des siècles par les papes, surtout à l'époque des États pontificaux (jusqu'en 1870), et par la suite l'institution même des « Musées du Vatican ». Les musées sont en partie hébergés dans le palais du Vatican, et contiennent environ 70 000 œuvres, dont 20 000 sont exposées.

Chaque année, des millions de personnes admirent les chefs-d'œuvre exposés dans les sept kilomètres de salles et couloirs des musées, en faisant le deuxième musée le plus visité au monde en 2024, avec , confirmant ainsi son titre de musée le plus visité de la péninsule italienne.

Histoire La naissance des musées est rattachée à la volonté du pape Jules II de faire déplacer au début du des statues antiques, comme l'Apollon du Belvédère et le Laocoon, dans les jardins du Belvédère. Les statues venaient enrichir le projet de Bramante pour le Cortile del Belvedere, vaste complexe de bâtiments pour relier le Vatican à la villa du Belvédère. Bramante y conçoit également un jardin inspiré des palais anciens. Avec les statues, le jardin attire bientôt les artistes intéressés à étudier l'Antiquité romaine. Plus tard, d'autres sculptures, dont la Venus Felix et le Torse, sont ajoutées.

L'expansion des musées est ralentie sous le pontificat de Paul V en raison des travaux de la nouvelle basilique qui doit remplacer l'ancienne basilique construite par Constantin. Des fragments de peintures, de sculptures et de mosaïques sont cependant récupérés lors de la démolition.

Il faut attendre le pour qu'un nouvel essor aux collections vaticanes soit donné, grâce en particulier à la bibliothèque Vaticane qui abritait déjà les restes de la bibliothèque de Constantinople. Le pape Clément XIV décide de transformer le Petit Palais du Belvédère en ce qui deviendra le musée Pio-Clementino qui sera achevé sous Pie VI. Puis, sous le pontificat de Pie VII, des salles sont aménagées pour accueillir les antiquités classiques, le musée Chiaramonti. Le pape instaure également une politique de protection du patrimoine artistique.

Après la chute de Napoléon, le Vatican réclame à la France la restitution des œuvres qui avaient été confisquées par l'empereur. Pour leur retour, un nouveau bâtiment est construit, le Braccio Nuovo (Aile nouvelle) inauguré en 1818. Ensuite, sous Grégoire XVI, le musée Étrusque et le musée Égyptien sont créés pour faire place aux découvertes et acquisitions de vases grecs et étrusques ainsi que la petite collection d’antiquités égyptiennes. Le Palais du Latran est également restauré pour abriter une collection d'art antique et des peintures qui devient le Musée grégorien profane. Le Palais accueille ensuite le Musée chrétien, à la suite des campagnes de fouille dans les églises et les catacombes, et le Musée ethnologique missionnaire pour les dons et les collections des missions évangéliques. Ces trois musées seront rapatriés au Vatican sous les pontificats de Jean XXIII et de Paul VI.

Sous Grégoire XVI toujours, la Pinacothèque vaticane voit le jour afin de recevoir les collections de tableaux. L'espace réservé variera au cours des siècles suivants jusqu'à l'inauguration en 1932 du bâtiment actuel.

Lorsque le Vatican devient l'État de la Cité du Vatican, en 1929, une nouvelle entrée aux musées doit être prévue. Ce sera sur le Viale Vaticano à travers les remparts et par l'escalier hélicoïdal de l'architecte Giuseppe Momo, l'escalier de Bramante. Enfin, en février 2000, le pape Jean-Paul II inaugure la nouvelle entrée, mieux adaptée, et dotée elle aussi d'une rampe hélicoïdale.

Musées Pinacothèque

Historique thumb|Spirale double hélice les escaliers des Musées du Vatican.

Le mot pinacothèque vient du grec pinakes qui correspond à des tablettes en bois ou en terre servant de support pour les tableaux des peintres grecs. Le bâtiment de la pinacothèque vaticane, terminé en 1931 et inauguré le 27 octobre 1932, fut réalisé à la demande du pape Pie XI pour ordonner une collection de peintures qui avaient appartenu à plusieurs de ses prédécesseurs, en commençant par Pie VI (1775-1799). Une bonne partie des œuvres exposées fut transportée à Paris par Napoléon, en 1797, mais celles-ci furent restituées aux États pontificaux après le Congrès de Vienne en 1815 grâce notamment à l'intervention du sculpteur Antonio Canova.

Œuvres thumb|Saint Jérôme par Léonard de Vinci. thumb|La Mise au tombeau par Le Caravage.

Les œuvres, qui vont du Moyen Âge au sont exposées par ordre chronologique, permettant ainsi, en visitant les salles, de suivre les évolutions de style de la peinture italienne.

Les œuvres majeures sont : Pietro Lorenzetti (1280-1348) : Jésus devant Pilate Giotto (1267-1337) : Triptyque Stefaneschi, détrempe sur bois, (env. 1330) Ambrogio di Baldese : La Nativité du Christ Gentile da Fabriano : Vie de Saint Nicolas de Bari Le Sassetta : La vision de Saint Thomas d'Aquin Simone Martini : Le Rédempteur qui bénit, détrempe sur bois, (vers 1315-1320) Fra Angelico : Épisodes de la vie de Saint Nicolas de Bari Vierge à l'Enfant entre Saint-Dominique, Sainte Catherine d'Alexandrie et des anges, détrempe sur bois, (env.1440-1445) Filippo Lippi : Couronnement de la Vierge, détrempe sur bois, (env. 1444), Lucas Cranach l'Ancien : Pietà Melozzo da Forli : Les Anges musiciens, fresque déposée, (env.1480) Sixte IV nommant l'humaniste Platina conservateur de la Bibliothèque du Vatican, fresque transposée sur toile, (env. 1480-1481) Ercole de’ Roberti : Miracles de Saint Vincent Ferrier Antonio Vivarini : Saint Antoine abbé et autres saints Le Pérugin : Retable des Décemvirs, ou Vierge à l'enfant et Saint Laurent, saints Ludovic de Toulouse, Herculanus et Constant, détrempe sur bois, (1495-1496) Raphaël : Le Couronnement de la Vierge, huile sur bois transposée sur toile, (env.1501-1504) La Madone de Foligno, huile sur bois transposée sur toile, (env.1511-1512) La Transfiguration, huile sur toile, (1518-1520) Léonard de Vinci : Saint Jérôme en ermite, huile sur bois, (env.1482) Giovanni Bellini : Pietà, huile sur bois, (env. 1470-1475) Le Titien : Doge Nicolo Marcello Vierge de Saint Nicolas des Frari, huile sur bois transposée sur toile, (1533-1535) Véronèse : La vision de Sainte Hélène, huile sur toile, (env.1580) Jules Romain et Giovan Francesco Penni : Couronnement de la Vierge dite Vierge de Monteluce Federico Barocci : Repos pendant la fuite en Égypte, huile sur toile, (1570-1573) La Bienheureuse Micheline Valentin de Boulogne : Martyre des saints Proces et Martinien ; huile sur toile, (1629) Le Dominiquin : Communion de saint Jérôme, huile sur toile, (1614) Le Caravage : La déposition de Croix, huile sur toile, (env. 1600-1604) Guido Reni : Crucifixion de saint Pierre, huile sur bois, (1604-1605) Saint Mathieu et l'ange Le Guerchin : Sainte Marie-Madeleine thumb|Saint Sébastien soigné par sainte Irène par Trophime Bigot. Nicolas Poussin : Le Martyre de saint Érasme, huile sur toile, (1628-1629) La Bataille de Gédéon Orazio Gentileschi : Judith et la servante avec la tête d'Holopherne Trophime Bigot : Saint Sébastien soigné par Sainte Irène, (1579-1650)

Collection d'Art religieux moderne

À l'initiative du pape Paul VI et inaugurée en 1973, la collection abrite près de picturales, sculptures et dessins. Elle suit un itinéraire qui se développe dans une cinquantaine de sallesen particulier dans les Appartements Borgia et qui donne aux visiteurs une vision d’ensemble de l’art moderne, à travers une vaste sélection de de la fin du jusqu'à nos jours dont : Auguste Rodin, La main de Dieu, v.1890, bronze, Auguste Rodin, Le Penseur, v.1880, bronze, Vincent van Gogh, La Pietà, 1890 env. Paul Gauguin, Crucifixion, vers 1890, bois sculpté et peint, Maurice Denis Odilon Redon, Jeanne d'Arc, huile sur toile, huile sur toile, Wassily Kandinsky Umberto Boccioni, La mère, 1907 Marc Chagall Paul Klee, Ville avec cathédrale gothique, v.1920, huile sur toile, Ernst Barlach Francesco Messina, Job, 1934 Max Beckmann Otto Dix, Saint Christophe et l'Enfant Jésus, 1938, huile sur toile, Maurice Utrillo Giorgio de Chirico, Le Christ et la tempête, 1945, huile sur toile, Giorgio Morandi, Nature morte italienne, 1957, huile sur toile, Georges Rouault Léon Lehmann, Sept grandes toiles de la chapelle des Voirons (Haute-Savoie, France) Oskar Kokoschka Bernard Buffet Renato Guttuso Giacomo Balla, La mère, 1928 Alfred Manessier Francis Bacon Giacomo Manzù Eduardo Chillida Salvador Dalí Pablo Picasso Carlo Carrà, Les filles de Loth, 1940 Ottone Rosai Adolfo Wildt, Pie XI, 1926 Mario Sironi, San Martino, 1941 Casorati Marino Marini, Miracle, 1970 Marino Marini, Cavalier, 1953, plâtre peint, Henri Matisse, Vierge à l'enfant Lucio Fontana, Madone, 1956 Lucio Fontana, Le pape Martin V, plaque pour le portail de la cathédrale de Milan, bronze, James Ensor, Procession des pénitents de Furnes, 1913, huile sur toile, Karl Schmidt-Rottluff, Cathédrale, v.1910, huile sur toile, Fernand Léger, La Sainte-Tunique, 1950-1951, vitrail,

Musée Pio-Clementino

vignette|Le Torse du Belvédère. vignette|Le Groupe du Laocoon. vignette|L'École d'Athènes par Raphaël.

Parmi les œuvres les plus importantes de ce musée, commencé par le pape Clément XIV et poursuivi par Pie VI (d'où le nom Pio-Clementino) pour préserver les collections que le Vatican acquérait pour les conserver en Italie, on retrouve : Dans la salle des Muses : le torse du Belvédère, marbre antique du qui représenterait le torse d'Hercule. Attribué au sculpteur grec Apollonios d'Athènes, il a été découvert au Belvédère. Il a inspiré Michel Ange et est caractérisé par une torsion du corps laissant apparaître tous les muscles. Dans la cour octogonale, à huit chapelles : le groupe du Laocoon, prêtre troyen, étouffé avec ses fils par deux serpents sortis de la mer, après avoir dit « Je crains les Grecs, même quand ils font des cadeaux » et lancé un javelot sur le cheval de Troie ; l'Apollon du Belvédère, l'Antinoüs du Belvédère (en fait un Hermès) et l'Apoxyomène (athlète se nettoyant avec un strigile). Les chambres de Raphaël ont été peintes et décorées par cet artiste. Ce sont : La chambre de l'incendie du Borgo, à mettre en parallèle avec celui de Troie. On peut ainsi reconnaître Enée portant son père Anchise. La chambre de la signature où sont signés certains documents officiels contient deux tableaux en face-à-face : Science et Philosophie, qui représentent l'École d'Athènes et La Dispute du Saint-Sacrement, avec les principaux membres de l'Église de l'époque, surplombés par Jésus, Marie et les Apôtres. Elle présente également la fresque de Raphaël : Les Vertus cardinales et théologales.

Musée ethnologique missionnaire

Ce musée est constitué par Pie XI au Palais du Latran en 1926, il fut transféré au Vatican à la demande de Jean XXIII. Il renferme des objets concernant les cultures extra-européennes provenant de l'Exposition missionnaire de 1925, du Musée Borgia, et de dons offerts par différentes congrégations missionnaires. Il est particulièrement riche en objets de culte appartenant à différentes religions, qui proviennent surtout d'Asie (taoïsme, bouddhisme, hindouisme, animisme) et d'objets qui révèlent l'hybridation entre le catholicisme et les cultures locales dans les quatre continents, entre le et le .

Musée grégorien égyptien