La minorité rom de Hongrie (Magyarországi roma kisebbség) désigne une minorité ethnique reconnue officiellement par la loi hongroise sur les minorités nationales et ethniques. Celle-ci lui confère une réalité statistique et politico-administrative, laquelle s'exprime à travers les collectivités des minorités (kisebbségi önkormányzat). Ces organes représentatifs du peuple rom disposent de compétences particulières pour fixer le calendrier des fêtes et célébrations, contribuer à la préservation des traditions roms et participer à l'éducation publique. Ces collectivités particulières peuvent ainsi gérer des théâtres publics, des bibliothèques, des institutions scientifiques et artistiques, attribuer des bourses d'études et dispenser de services en direction de leur communauté (aides juridiques notamment).

La communauté des roms hongrois ne correspond pas à une population homogène sur les plans linguistique, culturel ou religieux. Elle est constituée de plusieurs groupes ayant chacun son histoire propre, souvent très localisée, et entretenant ainsi une relation spécifique avec le reste de la population hongroise.

Selon le dernier recensement, effectué en 2011, il y avait 315,583 Roms en Hongrie, soit 3,2 % de la population totale 2011. ÉVI NÉPSZÁMLÁLÁS sur Office central de statistiques (Hongrie).

On estime que le nombre de Roms en Hongrie est compris entre 600 000 et 800 000, soit 8,8 % de la population du pays Genomics and Health in the Developing World Ennyi roma él Magyarországon.

Histoire Depuis la chute du communisme nombre de personnes d'origine rom se sont retrouvées sans emploi après la fermeture des usines et vivent depuis dans une grande pauvreté. Leur quotidien est désormais émaillé de discriminations, voire de ségrégation, y compris à l'école.

La ségrégation scolaire des enfants roms en Hongrie, dénoncée depuis des décennies par les ONG et les institutions européennes, reste un phénomène persistant malgré l’existence de lois protectrices.

Entre 2018 et 2019, une affaire d'ampleur impliquant vingt-huit établissements a conduit les tribunaux à constater que les autorités éducatives avaient manqué à leur devoir de prévention des pratiques discriminatoires, ce qui constitue une violation des lois nationales sur l'égalité de traitementBudapest-Capital Regional Court (Hungary), judgment No. P.23.675/2015/84 of 18.04.2018, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=P.23675/2015/84;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m18042018Budapest Court of Appeal (Hungary), judgment No. 2.Pf.21.145/2018/6/I of 14.02.2019, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pf.21145/2018/6 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m14022019. De nombreuses décisions similaires ont été rendues ailleurs dans le pays à l'encontre d'écoles et d'autorités locales ayant créé ou maintenu une ségrégationCuria (Hungary), judgment No. Pfv.IV.21.568/2010/5 of 24.11.2010, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pfv.21568/2010/5 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m24112010Curia (Hungary), judgment No. Pfv.IV.20.085/2017/9 of 04.10.2017, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pfv.20085/2017/9 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m24112010Curia (Hungary), judgment No. Pfv.IV.20.097/2015/3 of 25.03.2015, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pfv.20097/2015/3 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m24112010Curia (Hungary), judgment No. Pfv.IV.21.556/2019/22 of 12.05.2020, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pfv.21556/2019/22 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m12052020Curia (Hungary), judgment No. Pfv.IV.20.068/2012/3 of 16.05.2012, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pfv.20068/2012/3 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m16052012Curia (Hungary), judgment No. Pfv.IV.20.936/2008/4 of 19.11.2008, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pfv.20936/2008/4 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m19112008Debrecen Court of Appeal (Hungary), judgment No. Gf.I.30.347/2014/10 of 06.11.2014, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Gf.30347/2014/10 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m06112014Debrecen Court of Appeal (Hungary), judgment No. Pf.I.20.123/2019/16 of 18.09.2019, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pf.20123/2019/16

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m18092019 Debrecen Court of Appeal (Hungary), judgment No. Pf.I.20.361/2007/8 of 13.12.2007,https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pf.20361/2007/8 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m13122007Eger Regional Court (Hungary), judgment No. 2.P.20.351/2011/47 of 06.12.2012, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=P.20351/2011/47 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m06122012Eger Regional Court (Hungary), judgment No. 12.P.20.489/2015/402 of 16.10.2018, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=P.20489/2015/402 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m16102018Győr-Moson-Sopron County Court (Hungary), judgment No. 3.P.20.950/2008/36 of 30.09.2010, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=P.20950/2008/36 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m30092010Kaposvár Regional Court (Hungary), judgment No. 11.P.21.553/2013/70 of 11.11.2015, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=P.21553/2013/70 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m11112015Nyíregyháza Regional Court (Hungary), judgment No. 10.G.40.099/22 of 28.02.2014, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=G.40099/2013/22 ;

MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m28022014 Pécs Court of Appeal (Hungary), judgment No.Pf.I.20.061/2010/7 of 20.05.2010, https://eakta.birosag.hu/anonimizalt-hatarozatok?azonosito=Pf.20061/2010/7 ; MINOTEE minority case law database v1, 2025, CEU, https://ir.ceu.edu/cases-table#m20052010.

En 2009, six Roms sont tués dans une série d'attentats organisée par des militants d’extrême droite.

En 2019, le mouvement d’extrême droite anti-Roms Légion nationale s'organise en milice.

Les Roms des Carpates thumb|right|Statue de Mihály Fátyol, hercegprimás violoniste à Makó. Les Roms des Carpates (kárpáti cigány) sont le groupe rom le plus ancien () et le plus important du bassin des Carpates. Cette classification ethnographique n'a pas forcément de valeur pour les populations ainsi désignées mais elle met en évidence l'existence de plusieurs groupes ne parlant plus - ou de façon très marginale - de dialecte romani. Ces groupes sont souvent assimilés aux populations dominantes des différentes régions de la plaine hongroise et parlent le plus souvent leur langue (croate, serbe, slovaque, etc.). Les Roms des Carpates de langue hongroise sont quant à eux désignés sous le terme spécifique de Magyartziganes (magyarcigány en hongrois ou romungro en romani). Contrairement à la catégorie des Roms des Carpates qui est davantage conceptuelle qu'empirique, les Magyartziganes correspondent à un mouvement revendicatif datant du autour du concept de tziganité hongroise (magyarcigányság).

Les Sintis thumb|left|Des Sintis et des Roms de Hongrie dans un village hongrois.Les Sintis (szintó en hongrois, sinto en romani) ou Roms allemands (német cigány) sont un groupe proche du point de vue ethnographique des Roms des Carpates. Leur dialecte romani est fortement marqué par des emprunts à l'allemand. Liés à des troupes de cirque, les Sintis circulent en Europe centrale mais sont souvent de nationalité allemande ou italienne. Après la Seconde Guerre mondiale, quelques groupes sintis se sont installés en Hongrie.

Les Beás Les Beás sont des groupes parlant une vieille forme du roumain et se définissant comme tziganes ou Beás. Ils rejettent formellement le terme Rom. Leurs métiers traditionnels relèvent du travail du bois, de le main d'œuvre agricole et du secteur de la construction. Il existe trois sous-groupes répartis dans trois régions hongroises : les Árgyelán dans les comitats de Somogy, Tolna et Baranya (patronymes les plus répandus : Bogdán, Ignácz, Kalányos et Orsós), les Muncsán dans les environs d'Alsószentmárton (patronymes : Csinos, Morás) et les Ticsán autour de Füzesabony et Tiszafüred. Ces derniers portent des patronymes à consonance roumaine (Nyerlucz, Serbán, Lingurár) et vivent spécifiquement du commerce et de l'artisanat de l'osier. Beaucoup d'entre eux sont ainsi visibles au bord de la route 33 qui traverse l'Hortobágy vers Debrecen.

Les Gábor Les Roms Gábor (en raison de leur patronyme) vivent pour la plupart d'entre eux en Transylvanie ou au bord de la rivière Niraj. Désignés également sous le nom de kalapos Gábor, les hommes sont facilement reconnaissables à leurs chapeaux et leurs grosses moustaches et les femmes à leurs longues robes colorées. De langue hongroise ou romani, leur secteur d'activités de prédilection est la zinguerie ou la couverture des maisons. De condition sociale plutôt bonne, ils commercent de plus en plus avec le reste de l'Europe. Ils sont majoritairement de religion adventiste et sont connus pour leurs palais baroques de Transylvanie.

Démographie thumb|250px|Pourcentage de population tsigane en Hongrie par micro-région (recensement de 2001) Les données disponibles concernant les Tsiganes de Hongrie sont contradictoires. Celles des recensements officiels sont inférieures d'un ordre de grandeur aux autres estimations. Ce phénomène peut également être observé quant à d'autres minorités de Hongrie. C'est pourquoi les scientifiques, les différents forums de la vie politique, ainsi que les autorités, les institutions et autres organismes, n'opèrent pas sur la base des recensements, mais des autres données mesurées et estimées.

On estime en général leur effectif en Hongrie à 600 à 800 mille personnes en 2008, soit 6 à 8 % de la population. Cette proportion est analogue par exemple à celle des Hongrois de Roumanie, et en nombre comme en proportion il s'agit donc de l'une des minorités les plus importantes d'Europe.

année donnée de recensement [« Population par langue maternelle, identité nationale et sexe : Ensemble [les deux sexes] – Tsiganes (Roms et Beash) »] autre donnée source de la donnée total de langue maternelle romani 1960 1967 estimation de Huttinger 1970 1971 estimation de Kemény. 1980 classification par les agents du recensement 1990 1993 plus de estimation de Kemény 1994 plus de estimation de l'Office central de statistiques (KSH) 2001 2011

Religions

Culture et langues vignette|Groupe tzigane de Cluj-Napoca.

Calendrier des fêtes La minorité rom de Hongrie reconnaît cinq fêtes et jours fériés à l'échelle de la collectivité. La journée mondiale des Roms (Roma világnap) a lieu le en célébration de la réunion du premier congrès mondial rom en 1971. C'est à l'occasion de ce congrès qu'ont été adoptés le drapeau officiel, la devise et l'hymne rom. Le a lieu le jour commémoratif de Porajmos (Porrajmos emléknap). Porrajmos, pharajimos, samudaripe ou encore kali traš renvoient dans les différents dialectes romani au génocide des Roms durant la Seconde Guerre mondiale. Cette date symbolique renvoie à la nuit pendant laquelle plusieurs milliers de Roms ont été tués de sang froid dans le camp d'Auschwitz.