Le gouvernement Jebali est le gouvernement de la Tunisie entre le et le . Il succède à celui de Béji Caïd Essebsi après l'élection de l'Assemblée constituante du 23 octobre 2011.
À la suite du meurtre de Chokri Belaïd et à la tentative infructueuse de création d'un gouvernement de technocrates, n'ayant pas obtenu le soutien de son parti, Ennahdha, Jebali annonce sa démission le . Ennahdha désigne alors Ali Larayedh, ministre de l'Intérieur, pour lui succéder comme chef du gouvernement, à la suite de quoi le président de la République, Moncef Marzouki, charge ce dernier de former un gouvernement dans un délai de quinze jours. Dans la soirée du , il annonce la composition de son gouvernement, qui obtient la confiance de l'assemblée constituante puis est investi le .
Outre le chef du gouvernement, il compte 26 ministres, quatre ministres délégués et onze secrétaires d'ÉtatComposition du gouvernement Hamadi Jebali (Portail du gouvernement tunisien)..
Composition Après avoir été élu président de la République tunisienne, Moncef Marzouki nomme Hamadi Jebali, secrétaire général et numéro deux du mouvement Ennahdha, au poste de chef du gouvernement le et le charge de former un gouvernement« Hamadi Jebali, numéro 2 du parti Ennahdha, nommé chef du gouvernement tunisien », Radio France internationale, 14 décembre 2011..
La composition du cabinet est soumise au président Marzouki puis à l'Assemblée constituante le . Le , celle-ci accorde sa confiance au nouveau gouvernement par pour, 38 contre et 11 abstentions« L'Assemblée tunisienne accorde sa confiance au gouvernement », Le Monde, 23 décembre 2011.. Le gouvernement prête serment devant le président Marzouki le lendemain« Tunisie : les membres du nouveau gouvernement ont prêté serment », Agence France-Presse, 24 décembre 2011. ; celui-ci prête serment le lendemain du vote, la cérémonie de passation des pouvoirs entre Jebali et Béji Caïd Essebsi, Premier ministre sortant, ayant lieu au Dar El Bey, siège du Premier ministère, le , en présence des membres du gouvernement ainsi que de leurs prédécesseurs.
Chef du gouvernement ImageFonctionNomParti 80px Chef du gouvernement Hamadi Jebali Ennahdha
Ministres Image Portefeuille Nom Parti 80px Ministre de la Défense nationale Abdelkrim Zbidi Indépendant 80px Ministre de l'Intérieur Ali Larayedh Ennahdha 80px Ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem Ennahdha 80px Ministre de la Justice Noureddine Bhiri Ennahdha 80px Ministre des Droits de l'homme et de la Justice transitoire et porte-parole du gouvernement Samir Dilou Ennahdha 80px Ministre des Affaires religieuses Noureddine El Khademi Indépendant 80px Ministre des Finances Houssine Dimassi Indépendant 80px Ministre du Commerce et de l'Industrie Mohamed Lamine Chakhari Ennahdha 80px Ministre du Tourisme Elyes Fakhfakh Ettakatol 80px Ministre des Affaires sociales Khalil Zaouia Ettakatol 80px Ministre de l'Éducation Abdellatif Abid Ettakatol 80px Ministre de la Santé Abdellatif Mekki Ennahdha 80px Ministre de l'Investissement et de la Coopération internationale Riadh Bettaieb Ennahdha 80px Ministre de la Formation professionnelle et de l'Emploi Abdelwahab Maatar CPR 80px Ministre du Transport Abdelkrim Harouni Ennahdha 80px Ministre des Technologies de l'Information et des Communications Mongi Marzouk Ennahdha 80px Ministre de l'Équipement Mohamed Salmane Ennahdha 80px Ministre du Développement régional et de la Planification Jameleddine Gharbi Ennahdha 80px Ministre de la Jeunesse et des Sports Tarak Dhiab Indépendant 80px Ministre de la Culture Mehdi Mabrouk Indépendant 80px Ministre des Affaires de la femme Sihem Badi CPR 80px Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Moncef Ben Salem Ennahdha 80px Ministre des Domaines de l'État et des Affaires foncièresSalim Ben Hamidane CPR 80px Ministre de l'Agriculture Mohamed Ben Salem Ennahdha 80px Ministre de l'Environnement Mémia El Benna Indépendante
Ministres auprès d'un ministre Image Portefeuille Ministère de rattachement Nom Parti 80px Ministre chargé des Affaires de malversationTitre officiel soit « ministre chargé de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption ». Présidence du gouvernement Abderrahmane Ladgham Ettakatol 80px Ministre chargé du Dossier économique Présidence du gouvernement Ridha Saïdi Ennahdha 80px Ministre chargé de la Réforme administrative Présidence du gouvernement Mohamed Abbou CPR 80px Ministre chargé des Relations avec l'Assemblée nationale constituante Présidence du gouvernement Abderrazak Kilani Indépendant 80px Ministre chargé du Commerce et de l'Artisanat Ministère du Commerce Béchir Zaâfouri Indépendant
Secrétaires d'État Image Portefeuille Ministère de rattachement Nom Parti 80px Secrétaire d'État chargé de la Réforme Ministère de l'Intérieur Saïd Mechichi Ettakatol 80px Secrétaire d'État chargé des Affaires africaines et arabes Ministère des Affaires étrangères Abdallah Triki Indépendant 80px Secrétaire d'État chargé des Affaires de l'Amérique et de l'Asie Ministère des Affaires étrangères Hédi Ben Abbès CPR 80px Secrétaire d'État chargé des Affaires européennes Ministère des Affaires étrangères Touhami Abdouli Ettakatol 80px Secrétaire d'État auprès du ministre des Finances Ministère des Finances Slim Besbes Indépendant 80px Secrétaire d'État chargé de l'Immigration Ministère des Affaires sociales Houcine Jaziri Ennahdha 80px Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Investissement et de la Coopération internationale Ministère de l'Investissement et de la Coopération internationale Aleya Bettaïb Indépendant 80px Secrétaire d'État chargée de l'Habitat Ministère de l'Équipement Chahida Ben Fraj Bouraoui Indépendante 80px Secrétaire d'État auprès du ministre du Développement régional et de la Planification Ministère du Développement régional et de la Planification Lamine Doghri Indépendant 80px Secrétaire d'État auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports Ministère de la Jeunesse et des Sports Hichem Ben Jemaa CPR 80px Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Agriculture Ministère de l'Agriculture Habib Jemli Indépendant
Féminisation du gouvernement
Le gouvernement compte trois femmes sur : Mémia El Benna, ministre de l'Environnement, Sihem Badi, ministre des Affaires de la femme et Chahida Ben Fraj Bouraoui, secrétaire d'État à l'Habitat.
Remaniements Le , Mohamed Lamine Chakhari, ministre de l'Industrie et du Commerce, est nommé ministre de l'Industrie, son ministre Béchir Zaâfouri est nommé ministre du Commerce et de l'Artisanat ; la décision est rétroactive à partir du « Le ministère de l'Industrie et du Commerce est scindé en deux », Business News, 20 avril 2012.. Pendant le même mois, le secrétaire d’État auprès du ministre du Développement régional et de la Planification, Lamine Doghri, démissionne.
Le , Mohamed Abbou annonce sa démission, justifiant sa décision par ses prérogatives limitées qui ne lui permettent pas, selon ses dires, d'exercer ses prérogatives« Tunisie - Démission de Mohamed Abbou », Business News, 30 juin 2012.. Houssine Dimassi démissionne à son tour le en raison de divergences avec le gouvernement en matière de politique économique, monétaire et sociale« Tunisie : le ministre des Finances démissionne pour désaccord politique », Agence France-Presse, 27 juillet 2012.. Son secrétaire d'État Slim Besbes assure alors l'intérim jusqu'à la nomination d'Elyes Fakhfakh le « Tunisie : Elyes Fakhfakh cumule les ministères des Finances et du Tourisme », Kapitalis, 19 décembre 2012..
Politique Sécurité Le , plusieurs milliers de personnes manifestent à l'occasion de la Fête des martyrs, malgré l'interdiction du ministère de l’Intérieur communiquée le . Le jour même, alors que la manifestation commence sur l'avenue Habib-Bourguiba à Tunis, la police attaque les manifestants avec du gaz lacrymogène, alors que des « barbus » se mettent à les attaquer par des jets de pierres. Des journalistes, personnalités et hommes politiques sont présents, comme Hamma Hammami, Radhia Nasraoui, Khemaïs Ksila, Emna Menif, etc. La manifestation devient de plus en plus violente, alors que les forces de l'ordre et des milices extrémistes tentent de faire reculer les protestatairesSynda Tajine et Monia Ben Hamadi, « Tunisie - Manifestations du 9 avril : Le régime policier marque un retour fracassant ! », Business News, 9 avril 2012.. Ces évènements déclenchent une vive réaction sur la scène politique : l'Assemblée constituante crée une commission d'enquête.
Le , des salafistes attaquent le siège de l'ambassade américaine et la prennent d'assaut, s'attaquant aux équipements, tout en retirant le drapeau américain pour hisser l'étendard noir des salafistes. Ils détruisent aussi l'école américaine tandis que des confrontations entre les forces de l'ordre et les salafistes ont lieu devant l'ambassadeNoureddine Hlaoui, « La Tunisie humiliée par ses enfants salafistes », Business News, 14 septembre 2012.. Ce n'est que grâce à la garde spéciale de la présidence de la République que les dégâts sont limités. Ces affrontements font deux morts et « Tunisie – 2 morts et dans les affrontements devant l’ambassade USA », Business News, 14 septembre 2012.. Le ministre de l'Intérieur déclare alors : . L'une des personnes impliquées dans ces attaques est Abou Iyadh, désormais recherché par les forces de l'ordre mais qui échappe à maintes reprises à celles-ci, notamment lors de sa fuite de la mosquée El Fath à TunisRaouf Ben Hédi, « Ali Laârayedh : revue de ses échecs qui ont fait son succès », Business News, 22 février 2013..
Le , à la suite d'une manifestation violente déclenchée par des membres de la Ligue de protection de la révolution, le coordinateur de Nidaa Tounes à Tataouine, Lotfi Nagdh, est grièvement blessé avant de rendre l'âme« Tunisie : un mort dans le Sud lors de violences entre adversaires politiques », Agence France-Presse, 18 octobre 2012., ce qui en fait le premier assassinat politique depuis la révolution. Khaled Tarrouche, porte-parole du ministère de l'Intérieur, annonce que le décès a été causé par une crise cardiaque, ce qui est contredit par l'autopsie qui prouve que Nagdh a été tué.
Le , les habitants du gouvernorat de Siliana protestent devant le siège du gouvernorat, réclamant notamment le développement de la région, de l'emploi et le départ du gouverneur Ahmed Zine Mahjoubi. Mais la manifestation dégénère rapidement pour se transformer en affrontements avec les forces de l'ordre, qui font d'abord une vingtaine de blessés, attaqués à la chevrotine. Le nombre se monte à 150 ou , suscitant de nombreuses réactions au sein de l'opposition et de la troïka. En signe de protestation, Siliana observe une grève générale et entame un début de marche vers la capitale pour réclamer la chute du gouvernement.
Le , Chokri Belaïd, un opposant politique, est assassiné en quittant en voiture son domicile du quartier d'El Menzah VI« Chokri Belaïd assassiné », Mag14, 6 février 2013.Isabelle Mandraud, « Mort de l'opposant tunisien Chokri Belaïd : "On a assassiné un démocrate" », Le Monde, 6 février 2013.. Ce meurtre déclenche alors de nombreuses manifestations dans tout le pays. En signe de protestation contre cet assassinat, les bureaux d'Ennahdha à Sfax, Monastir, Béja, Gafsa et Gabès sont brûlés et saccagés« Tunisie - Les bureaux d'Ennahdha à Monastir, Sfax, Béja, Gafsa et Gabès incendiés et saccagés », Business News, 6 février 2013., les manifestants demandant le départ du gouvernement ainsi que de la troïka, en dénonçant leur incompétence. Son frère accuse le parti au pouvoir, Ennahdha, d'avoir fomenté cet assassinat, vu que Belaïd parlait de violence politique et disait qu'il était menacé et sur écoute« Meurtre d'un responsable de l'opposition : "un tournant grave" », Le Nouvel Observateur, 6 février 2013..
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