Les traitements de la vigne sont les applications de produits appropriés que le vigneron effectue sur la vigne à différentes époques en prévention des maladies du feuillage et des grappes, en complément d'autres soins. Les dégâts aux vignes sont dus à des maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, black-rot…) et à des ravageurs tels que le cochylis, l'eudémis…
Historique
vignette|upright|Soufreuse Phénix à grand travail - Illustration de l'article « Appareils pour le traitement des maladies cryptogamiques de la vigne » - 1988 . vignette|upright|Bouillie bordelaise - 1903. C'est au que la majeure partie des maladies de la vigne apparaissentHistorique de la vigne.. C'est à la suite des désastres qu'ils causent dans le vignoble que des traitements apparaissent comme nécessaires, voire indispensables. La plupart seront mis au point dès le début du siècle suivant, notamment à base de cuivre et de soufre.
Nécessité de traiter la vigne Tous les cépages sont sensibles aux maladies. Leur sensibilité varie d'un cépage à l'autre, mais aucun n'est immunisé naturellement.
En cas d'absence de traitement, ou de non réussite du traitement à cause de la météo, un plant peut être infecté par tout germe transporté par le vent. Les zones infectées vont à leur tour contaminer les autres parties du plant et/ou les plants voisins. La maladie s'étend ainsi de proche en proche.
Le plant touché perd de sa vigueur et produit moins de raisin, qui a de plus un goût dénaturé.
Si l'absence de traitement se poursuit, comme dans les parcelles abandonnées, la maladie progresse d'année en année et ces plants deviennent des foyers de contamination pour les autres parcelles, même à grande distance. On est alors obligé de les arracher.
Quand un plant est touché, il est très difficile de le guérir car les moyens de lutte « curatifs » contre les principales maladies sont limités.
La lutte est donc principalement « préventive ». Elle est quasi incessante et constitue une préoccupation constante du viticulteur.
Certaines années (2012 pour l'oïdium) la pression est tellement forte que les vignes restent infectées pour les années suivantes. il faut alors déployer de gros efforts pour éradiquer la maladie. Mais on y arrive mal, ce qui explique que ces maladies soient devenues endémiques.
Modes d'action des traitements Produits de contact Les produits de contact, aussi appelés produits de surface, ont une action principalement préventive.
Ces produits n'agissent qu'à l'endroit précis où ils sont déposés sur la vigne. Toutes les parties du plant non recouvertes ne sont pas traitées et restent exposées à la maladie. Ils nécessitent donc une méthode d'application qui recouvre entièrement la surface des feuilles, ce qui est dans la pratique techniquement irréalisable, bien que de nombreux travaux d'améliorations aient été effectués par les fabricants de pulvérisateurs.
De plus, les nouvelles feuilles qui poussent n'auront pas été recouvertes de produit lors de la pulvérisation. Elles ne sont pas protégées et risquent donc d'être attaquées par la maladie.
Ces produits restent sur les organes traités mais ils sont lessivables par la pluie, dès lors que les précipitations représentent 20 à d'eauCours de viticulture de Bac professionnel (option viticulture-œnologie) de 1999 à 2001, La lutte contre le mildiou, 5..
Par temps chaud, le soufre se sublime (s'évapore) et ses vapeurs viennent se redéposer sur toute la surface du plant. Ce phénomène se produit car le plant, et surtout ses feuilles, se refroidissent en évaporant de l'eau. Le soufre peut donc se condenser sur ces parties froides. La protection est ainsi complétée sur toute la surface du plant. Depuis la fin du printemps et jusqu'aux vendanges, il suffit de pulvériser de la poudre de soufre de manière grossière, pour obtenir une protection relativement efficace. La maladie peut cependant s'installer pendant les périodes insuffisamment chaudes, d'humidité et de pluie.
Cuivre et/ou soufre doivent être renouvelés toutes les une à deux semaines suivant la météo ; plus fréquemment par temps lourd précédant les pluies (car ces champignons aiment les temps chauds et humides), et juste après la pluie pour remplacer le produit qui aura été délavé par la pluie. Le traitement peut se faire à condition qu'il n'y ait pas trop de vent pour que la pulvérisation soit possible.
Suivant les conditions météo, il peut être difficile de maintenir en permanence une protection suffisante, et il arrive même que la maladie gagne sans pouvoir la traiter correctement à l'aide des seuls produits agissant par contact. Il peut alors être nécessaire d'utiliser d'autres produits qui pénètrent davantage dans la plante et assurent une protection plus régulière.
Produits pénétrants Ce type de traitement a la particularité de pénétrer dans le végétal à l'endroit où il a été déposé. Il n'est donc pas lessivable, mais le végétal qui pousse après le traitement n'est pas protégé contre les maladies. En plus de son effet préventif (environ une dizaine de jours), il a aussi un effet curatif jusqu'à 2 à après apparition de taches d'huiles (mildiou).
Pénétration trans-laminaire : ces produits traversent l'épaisseur de la feuille et peuvent ainsi protéger ses . Certains produits possèdent aussi une légère systémie leur permettant de se répandre dans toute la feuille, protégeant ainsi les parties de feuilles qui ont grandi depuis le traitement.
Pour le mildiou, la matière active peut être le cymoxanil, à base d'acide cinnamique (CAA) comme le diméthomorphe
Pour l'oïdium il existe plusieurs familles : amidoxines, strobilurines, phénoxyquinoléines, carboxamides, benzophénone
Produits systémiques La substance active du produit migre dans l'ensemble du végétal, entrainée par la sève. Il n'est donc pas nécessaire que toute la surface de la plante soit atteinte par la pulvérisation pour que tout le plant soit protégé. Les organes nouvellement formés seront ainsi protégés par la substance active du produit. Ce type de produit protège le végétal existant, mais également les futures pousses.
Il a donc un pouvoir systémique et le délai de persistance est au minimum de 12 à Cours de viticulture de Bac professionnel (option viticulture-œnologie) de 1999 à 2001, La lutte contre le mildiou, 6..
Contre le mildiou, il existe deux types de produits systémiques : ceux à base d'aliette (Fosétyl) et la famille de anilides.
Contre l'oïdium, il existe une plus grande variété de matières actives: amines (triforine), carbamates (benomyl), Penconazole et ses nombreuses variantes, Spiroxamine, etc.
Ces matières actives ne sont généralement pas utilisés seules mais en association avec d'autres matières actives (de contact et/ou pénétrantes) qui permettent d'éradiquer les souches résistantes à l'une des matières actives.
Stimulateurs de défenses naturelles (SDN) Cette classe de produits renforce les défenses de la plante lui permettant de s'opposer par ses propres moyens aux attaques parasitaires ou fongiques.
Ces produits permettent entre autres le renforcement des parois cellulaires qui s'épaississent et se durcissent, l'auto-destruction des cellules infectées, la production de protéines qui vont dégrader la paroi du pathogène, la sécrétion de composés qui détruisent le pathogène et le déclenchement d'une résistance systémique dans toute la plante.
Ils peuvent fonctionner suivant différents principes, éliciteur ou potentialiseur.
Produit éliciteur Il permet à la plante, dès son application, de déclencher directement ses mécanismes de défense. Infectée ou non, la plante est dans un état de défense permanent.
Des essais réalisés avec des huiles essentielles, pour l'instant seulement en laboratoire, ouvrent des pistes de travail dans la lutte contre le mildiou.
Produit potentialisateur Il déclenche les défenses en deux temps :
Comme pour l'éliciteur, la plante est dans un « état d’alerte », elle est prédisposée à réagir très vite en cas d’attaque. L’attaque par le pathogène déclenche les mécanismes de défense.
Ces produits ne sont généralement pas utilisés seuls, mais en association avec les autres produits habituels dont ils permettent de réduire les doses de moitié environ.
Des essais montrent que des micro doses de sucres comme le fructose (entre 10 et 100 ppm) permettent de diviser la dose de cuivre pour un résultat identique au traitement cuprique habituelUtilisation de micro-doses de sucres en protection des plantes, INRA, Ingrid Arnautl.
Les systèmes de pulvérisation vignette|Système de pulvérisation pour . La plupart des produits sont dilués dans l'eau avec un agent mouillant, et sont pulvérisés sur l'ensemble du plant.
La qualité de la pulvérisation à une influence primordiale sur l'efficacité du traitement: il est important de pulvériser sur tout le plant de manière homogène et de recouvrir les de chaque feuille.
L'expérience montre que, même avec un bon système de pulvérisation bien réglé, toute la surface des feuilles et des grappes ne peut être touchée complètement, surtout sur les parties basses du plantPulvérisation de la vigne : des tests révélateurs. Tests effectués par Sygenta, Octobre 2012. Voir http://www3.syngenta.com/country/fr/fr/infos-cultures/Vigne/Dossier-oidium/Pages/Pulverisation-des-tests-revelateurs.aspx « Même si nous le pressentions, le constat est accablant : à peine 50 % de la vigne reçoit du produit (de l’eau dans le test). Pour les feuilles les plus visibles, la qualité de la pulvérisation est correcte. En revanche, les étages inférieurs et les grappes sont très peu touchés et donc incorrectement protégés lors des traitements»..
On considère généralement que la pulvérisation maximale possible est atteinte lorsque les premières gouttes de produit tombent des feuilles.
Au canon vignette|Traitement des vignes dans le Beaujolais à l'aide d'un pulvérisateur au canon. Le produit de traitement est propulsé au-dessus des rangs par un système pneumatique. Le système propulse de droite à gauche par l'oscillation du canon, sur les rangs à proximité. Le produit est donc pulvérisé sur une seule face des rangs (faisant face à la sortie du canon). Cela nécessite d'autres passages dans des rangs éloignés pour couvrir les deux faces de chaque rang.
La pulvérisation étant diffuse pour couvrir un maximum de rangs, celle-ci est très influencée par le vent, ce qui a pour conséquence une mauvaise répartition de la brume de produit sur les rangs voulus. De plus, pour les mêmes raisons, la pénétration du produit de traitement dans le feuillage est faible, contrairement aux autres systèmes ou la pression et la proximité du rangs donnent une efficacité supérieure. Les grappes sont donc moins protégées par les produits lorsque le feuillage est dense. Cette méthode peut donc être efficace pendant la croissance herbacée, mais diminue au fur et à mesure du cycle végétatif.
Ce système devient obsolète et n'est plus préconisé en viticultureCahier technique de l'ITV : pulvérisation en viticulture durable., le parc de matériel existant reste cependant en utilisation dans de nombreux domaines viticoles.
À la rampe Une rampe solide et pliable supporte les buses de pulvérisation. Dans le but d'avoir un traitement uniforme, la hauteur doit être établie en fonction du type de buse, de l'angle de pulvérisation, de l'espacement entre les buses et de la hauteur de la vigne à traiter. Pour que la surface soit traitée de façon uniforme, il est essentiel de bien régler la hauteur de la rampe.
À la voûte vignette|upright|Voute de pulvérisation à jet porté.