Le temple réformé de Lafrimbollesis au 46, rue de la Division Blindée est un édifice religieux du du pays des Deux-Sarres, niché au cœur des immenses forêts du versant nord-ouest du Donon. La paroisse est membre de l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine.

Histoire La Réforme à Badonviller thumb|alt= Blason de Badonviller|upright=0.5|Blason de Badonviller représentant deux saumons dos à dosBlasonnement : Aux , deux comtes se partagent le comté de Salm, situé en Meurthe-et-Moselle. En 1548, l’un, le Rhingrave Philippe-François de Salm-Dhaun (1518-1561), vassal de l’empereur d’Allemagne, Ferdinand (1503-1564), adopte la Réforme vers 1541-42, répand ses idées dans le comté en y faisant des adeptes, et attire dès 1545 de nombreux protestants fuyant les persécutions. L’autre, Jean IX de Salm (avant 1548-1600), est catholique et vassal du duc de Lorraine. La liberté de culte est instaurée conjointement pour tous les sujets du comté.

Dès 1555, les protestants Louis SCHAUDEL, op. cit., .. Envoyé par Jean Calvin de Genève en 1565, Jean Figon est le premier pasteur de l’ « Église Réformée de Badonviller ». Il ouvre un registre de baptêmes en 1567 dans lequel seront enregistrés 2162 baptêmes en 57 ansleft|upright=0.5|thumb|alt=Photocopie de la première page du registre avec la mention : REGISTRE DES Baptesmes & Mariages celebrez à Badonvillers des l'an M.D.LXVII.| du Registre Selon le dénombrement effectué à partir du dépouillement du registre mis en ligne par le site http://badonpierre.free.fr/cd/accueilcdsite.html. Le système d'église simultanée avec les catholiques depuis 1564, devenant difficile après 1609, les protestants obtiendront même de se faire construire un temple en 1612Louis SCHAUDEL, op. cité, , § 2. Actuellement , rue du Maréchal Foch.. Mais en 1623, le comte Philippe-Othon de Salm (1575-1634), petit-fils de celui qui avait introduit le protestantisme dans le comté, est poussé à abjurer en échange du titre glorieux de Prince de Salm. En contrepartie, l’empereur d’Allemagne, Ferdinand II (1578-1637) promulgue un édit interdisant l’exercice de la religion réformée dans ce comté, avec exil immédiat des pasteurs et des instituteurs, obligation aux familles protestantes d’abjurer ou de s’exiler et ..

Exil des calvinistes Vers l'Alsace En 1625, la grande majorité de la population calviniste quitte le comté pour Sainte-Marie-aux-MinesL'original du Registre des baptêmes, emmené par les exilés, se trouve toujours à la mairie de Sainte-Marie-aux-Mines. et le Ban de la Roche, en Alsace.

Vers les forêts autour de Lafrimbolle Cependant quelques famillesVoir ci-dessous, à la section "La communauté" le lien de sang trouvé entre l'ancienne église réformée de Badonviller et cette petite communauté de Lafrimbolle. Les deux frères Stenger dont il est question se sont entendus traités de « sales petits huguenots » en 1938 à l'école du village par le curé d'alors. Celui-ci venait faire son heure de catéchisme et trouvait en arrivant les deux frères debout dans un coin de la salle de classe parce qu'ils avaient été punis par l'instituteur qui les avaient oubliés., parmi les plus pauvres, fuient le comté et se réfugient dans les immenses forêts de la baronnie de Turquestein sur le versant nord-ouest du Donon, quasiment à l’abandon au , à une quinzaine de kilomètres de làÉmile AMBROISE, Les Châteaux de la Vesouze, dans Le Pays Lorrain - 1908, en mode texte sur site : http://www.blamont.info - Textes - Les vieux Châteaux de la Vesouze - 1908 (voir texte des notes 12 et 13). Des mentions de cette population calviniste réfugiée (ou réformée ou encore huguenote) se trouvent dans trois documents écrits. À la suite de la mise en place du régime concordataire de Napoléon signé en 1801, le premier concerne le recensement en 1804 des religions non-catholiques (anabaptistes, luthériens, réformés)Archives départementales de Meurthe-et-Moselle - Recensement des différentes religions non-catholiques de 1804. Série V. qui note pour les protestants réformés de la Justice de paix de Lorquin dont dépendent le secteur de Lafrimbolle et environs : 2 réformés à Lorquin et 7 à Héming, mais les recenseurs mettent en observations :. Mais le recensement en mentionne aussi 8 à Badonviller, et autour: 4 à Bréménil, 3 à Sainte-Pôle et 28 à Angomont. Le deuxième document donne au début du une trace écrite de la tradition orale concernant la communauté protestante d'alors: le pasteur André Kuntzel note le , dans un bref historiqueArchives Paroissiales, Registre des décisions du Conseil presbytéral de la Paroisse d'Abreschviller-Lafrimbolle (du 31.1.1930 au 2.3.1947, puis du 15.3.1953 au 22.9.1968). Dans les huit premières pages se suivent un historique, des inventaires, une liste électorale et en exergue une copie de l'histoire de Lafrimbolle, le tout du pasteur A. Kuntzel (= Reg. ), , § 1 de cette communauté de Lafrimbolle : Les HarcholinsPour situer (sur Lafrimbolle) "oder" la VendéePour situer . En zoomant au niveau rue, la Rue de la Vendée à Cirey porte encore le souvenir de ce lieu-dit. (sur Cirey-sur-Vezouze) furent le « refuge » de Huguenots. et plus loinAP, Reg. , , § 1 le même pasteur note: " Au culte des Harcholins viennent des familles résidant dans le canton de Cirey, dont quelques-unes descendantes des vieilles familles de la paroisse des "protestants disséminés dans les Montagnes". Ces familles sont rejointes au par des familles réformées venues de Suisse sur Turquestein. Selon l'ouvrage, les premières familles calvinistes mentionnées dans le registre BMS sont : Barth 1719, Poirot 1732, Trithardt 1738, Verly 1777. et le sont encore au Archives paroissiales de Lafrimbolle (du 8.10.1871 au 15.2.1886), tenues plus ou moins régulièrement et comportant des enregistrements d'actes pastoraux, des recensements, des décisions du Conseil paroissial, des notes rédigés par les instituteurs s'y étant succédé avec à la suite des comptes rendus du pasteur Kuntzel concernant l'inauguration de la nouvelle porte du temple en 1929 et son culte d'adieux à la paroisse en 1932 (= Reg. ). Selon ce registre, dès 1830, les familles Rochelle, Lehe, Lux, Blum, Banzet et Barth arrivent sur Lafrimbolle par d’autres familles réformées venues du Ban de la Roche. Le troisième, toujours du pasteur Kuntzel, donne sur une feuille volanteL'original se trouve chez M.Jean Stenger à Cirey-sur-Vezouze. Une copie est placée en tête du registre paroissial .: Les premières assemblées des protestants [en] 1838 ont lieu à la ferme GuindrimontFerme forestière isolée dans les forêts montagneuses à au sud du temple. Pour situer la chez Louis Banzet... Le pasteur Hüter (1806-1862), de Hellering-lès-Fénétrange (à de là) vient de temps à autre célébrer les casuels ou présider un culte chez l’habitant.

thumb| alt= Intérieur actuel du temple et ses anciennes inscriptions lui donnant "l'aspect d'un vrai temple huguenot".|Intérieur actuel du temple et ses anciennes inscriptions lui donnant "l'aspect d'un vrai temple huguenot".

Évolution du temple 1846 : Une école protestante et son logement thumb| alt= Selon plan de 1875: les diverses utilisations du bâtiment depuis sa construction|Selon plan de 1875: les diverses utilisations du bâtiment depuis sa construction. Un industriel rubanier disciple de Jean-Frédéric Oberlin : Daniel Legrand du Ban de la Roche, couvrait assez bien tout le secteur, principalement les Harcholins, lieu-dit de Lafrimbolle, en plaçant ses petits métiers à tisser des rubans jusque dans les foyers les plus modestes si l'on en croit Henri Lepage, sous Harcholin : ". . . Sous quelques-uns de ces toits, on remarque un contraste bizarre, effet de l'industrie qui se développe de toute part. À côté des grabats, des vases ébréchés, etc, on voit fabriquer des pièces de tissage en coton dont la valeur dépasse celle de la hutte tout entière. . . . Plus loin il recense à cette époque sur les Harcholins, Lafrimbolle et Bertrambois 72 huttes ou maisons éparses y logent autant de chefs de familles et présentent une population d'environ 350 âmes.. Cette concentration de familles protestantes sur les Harcholins, Lafrimbolle et Bertrambois, au centre d'une diasporaEn milieu protestant désigne une communauté très disséminée.Lettre écrite en 1873 par l'instituteur Winkler à l'empereur d'Allemagne dans laquelle il parle d'une dissémination de chrétiens protestants pour la plupart très pauvres, dispersés à 4 à 5 heures de distance (Voir ci-dessous les images de la lettre, de sa translation et de sa traduction). de secteur allant de Grand-SoldatPour situer (près d'Abreschviller) à Sainte-Pôle (près de Badonviller), justifie, à ses yeux, la création d’une écoleVoir l'article "De Luther à la loi Debré : protestantisme, école et laïcité" de la revue "Histoire de l'Éducation". avec un logement attenant pour l’institutriceAP, Reg. , Histoire de Lafrimbolle : 1846, fondation de l'école protestante avec une institutrice.. Il est à penser que cette école était dans la lignée des « écoles maternelles » de J.F. Oberlin, appelées « poêles à tricoter » et tenues par des jeunes filles. En effet, A.Kuntzel, en 1931 mentionneAP, Reg. , . que l'inscription de 3 versets sur le mur du fond ("DIEU est AMOUR", "Crois au SEIGNEUR JÉSUS et tu seras sauvé", "DIEU est ESPRIT") ont donné l'aspect d'un vrai temple huguenot à l'ancien "poêle" de l'École de jadis. Sans pouvoir le confirmer, il semblerait que plusieurs institutrices se soient succédé jusqu'en 1852.

1852 : Un temple-école thumb|alt= 1920: le temple en 1920|1920: pignon non modifié, la couverture de bardeaux est visible sur la moitié supérieure du toit ainsi que sur le clocheton.

L'école, une fois construite, fut laissée en don à la communautéAP, Reg. , et 4, Lettre de 1873 à l'empereur d'Allemagne (voir images ci-dessous): "... nous avons reçu par donation une église combinée avec une école gratuite, que nous entretenons grâce à d'autres dons charitables de la part de sociétés religieuses;..." et plus loin, "Propriétaires de l'église et de l'école, mais dépourvus de tout moyen de les entretenir, nous voilà dans la situation de pauvres orphelins abandonnés.", probablement en 1852; à charge pour elle de trouver des subsides pour l'entretenir. Cette école est transformée en temple-école grâce à M.Wekerlé, un forestierAP, Reg. , Histoire de Lafrimbolle. Des instituteurs s'y succédèrent alors, payés par la Société d'Évangélisation et par la Société d'encouragement pour l'instruction primaire de ParisAP, Reg. , .. Ils instruisaient et prêchaient l'évangile le dimanche dans le temple-écoleAP, Reg. , , §4. Voir également ci-dessous la lettre à l'empereur..

En 1859, l'école ne possédait qu'un mobilier rudimentaire, probablement constitué de planches sur tréteaux pour tables et de bancs, puisque l'instituteur, M. Georges Munsch, écrit dans une lettrePhotocopie et transcription de la lettre fournies par Gustave Koch. adressée au président de la Société en faveur des écoles protestantes de l'Est à Strasbourg, qu'il aurait besoin de 4 bancs-pupitres de de long. Il ajoute que deux douzaines de livres de lecture lui seraient nécessaires ce qui laisse penser que l'école accueillait alors une bonne vingtaine d'élèves.