Nicolas Bachelier (1487-1556) est un maître-maçon, ingénieur, architecte et sculpteur français de la Renaissance toulousaine.

Il a collaboré à de très nombreuses réalisations architecturales toulousaines dans les années 1530 à 1550, notamment des hôtels particuliers.

Biographie Origines peu connues Originaire d'Arras, on ne sait pas grand-chose sur lui avant sa venue à Toulouse, au plus tard en 1532B. Bennassar, B. Tolon, « Le siècle d'or » in Histoire de Toulouse, Privat, 1974.. Entre 1533 et 1534, il loue une maison en corondage de la rue des Augustins (emplacement de l'actuel rue Antonin-Mercié), avant de s'installer dans une maison proche, rue Cantegril (actuel ), qu'il occupe jusqu'à sa mortJules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, , tome VIII, Toulouse, 1920, ..

Deux innovations inspirées de la Renaissance italienne Nicolas Bachelier pourrait avoir travaillé jusqu'en 1535 à la construction du château de Caumont, mais cette attribution est discutée« Note d'information n° 295 : Toulouse Renaissance », page 7, par la Société des Amis du Musée National de la Renaissance au Château d'Écouen, janvier 2019..

En 1538, il réalise l'hôtel de Bagis, une œuvre importante qui lui est commandée par le conseiller au Parlement Jean de Bagis. Il y apporte deux innovations dans l'architecture des hôtels toulousains, inspirées par la Renaissance italienne : la symétrie des façades allant de pair avec la régularité de la cour carrée, et le grand escalier droit à l'italienne. Sa participation à l'emblématique porte aux atlantes de la façade principale de la cour est en revanche discutéePascal Julien, « L’ordre caryatide, emblème de l’architecture toulousaine, », 2011.Bruno Tollon, « La chronologie de la Renaissance toulousaine : quelques remarques ». Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, tome LXXI (2011).Colin Debuiche, « Citations et inventions dans l'architecture toulousaine à la Renaissance », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, tome LXXVIII (2018), p. 223-252..

Désormais, les nobles toulousains font appel à lui pour construire ou décorer leurs hôtels urbains ou châteaux campagnards.

L'hôtel d'Assézat, dont la construction débute en 1555, est confié à Jean Castanié dit Nicot, mais les plans seraient de Nicolas Bachelier. Comme les documents de l'époque ne mentionnent que les réalisations matérielles, ils n'indiquent pas l'architecte mais évoquent Nicolas Bachelier comme rédacteur des articles du bail à besogneLivre l'hôtel d'Assézat, ouvrage sous la direction de Louis Peyrusse et Bruno Tollon. Éditeur : l'Association des amis de l'Hôtel d'Assézat (2002).. Avec la cour carrée du Louvre, à laquelle il est parfois comparé bien qu'il n'y ait pas de ressemblance directe, cet hôtel particulier est l'une des premières et plus fameuses manifestations du classicisme français. Il met notamment en œuvre le principe de superposition des trois ordres d'architecture (dorique, ionique et corinthien).

Postérité À sa mort en 1556 Nicolas Bachelier est célébré comme le plus grand architecte toulousain de son époque. En témoigne Antoine Noguier, auteur d'une Histoire Tholosaine en 1556, qui parle de lui comme d'un ; quant à ses œuvres : .

En raison de cette célébrité, une improbable légende en fit longtemps l'élève du grand Michel-Ange, qu'il aurait côtoyé lors d'une hypothétique formation à Rome. C'est sans doute pourquoi les historiens ont eu tendance à partir du XVIIème siècle à lui attribuer quantité d’œuvres de la Renaissance toulousaine à la paternité incertaine, certaines font aujourd'hui encore l'objet de doutes et de discussions.

À Toulouse, une rue et une place portent son nom..

Réalisations et œuvres Principales réalisations

La maison des Trois Nourrices à Narbonne. Les églises de Lonzac et d'Assier et les châteaux d'Assier et de Husson. Le château de Caumont en 1535 à Cazaux-Savès, attribution et datation discutées. L'hôtel de Bagis, rue de la Dalbade à Toulouse. Premier projet pour la construction du canal du Midi en 1539 entre Toulouse et la Méditerranée présenté au roi François . Le château de Castelnau-d'Estrétefonds (plan et sculptures) en 1539, dont il ne reste de lui que l'escalier. Le château de Pibrac en 1540. L'hôtel de Guillaume de Bernuy vers 1540. Il fut un des premiers architectes, à partir de 1544, du Pont-Neuf de Toulouse Georges Costa, « L'œuvre de Pierre Souffron au Pont Neuf de Toulouse » sur societes-savantes-toulouse.asso.fr.. Le château de Saint-Jory, notamment les fenêtres et la porte de la façade est (1545). Le portail du Capitole de Toulouse (porte du Petit Consistoire, en 1546), partie inférieure. Le baptistère de la cathédrale Saint-Étienne en 1547. L'agrandissement de l'hôtel de Pins en 1552.. le château de Lasserre 1559. L'hôtel du Vieux-Raisin (contribution tardive et incertaine). L'hôtel d'Assézat de Toulouse, commencé en 1555 sur des plans attribués à Nicolas Bachelier et terminé en 1562, a été construit pour Pierre Assézat, riche commerçant qui admirait l'architecture italienne. Après avoir appartenu au à la Banque Ozenne, il est devenu la propriété de la Ville de Toulouse. Transformé en musée (collection permanente de tableaux, bronzes et objets d'art), se trouvent aussi dans ce lieu la société savante, le siège des jeux floraux et la fondation Bemberg. Il y a également au sous-sol des expositions temporaires.. Le retable en pierre et tombeau de la famille d'Ornezan dans l'église Saint-Michel de Ciadoux. L'hôtel de Felzins, rue de la Dalbade à Toulouse, attribution douteuse. Le buffet d'orgues de la cathédrale Saint-Alain de Lavaur.

Sculptures Des éléments du décor sculpté (détruit) représentant La Dormition de la Vierge à la cathédrale Saint-Etienne (1532), certains éléments attribués à Bachelier pourraient être d'autres mains. Les quatre bas-reliefs du grand retable (détruit) de l'église Notre-Dame de la Dalbade, aujourd’hui au musée des Augustins de Toulouse, ainsi que de nombreuses sculptures, dont 23 frises de bustes (1547-1556). Le bas-relief figurant la Cène du retable de l'église Saint-Nicolas est une copie moins sophistiquée d'un bas-relief semblable de l'église de la Dalbade. Bachelier adaptait ainsi son travail en fonction des moyens financiers de ses clients, la paroisse de Saint-Nicolas étant plus pauvre.

Portes

Fenêtres

Famille Nicolas Bachelier eut au moins trois fils : Dominique Bachelier (1530-1594), sculpteur et architecte, qui a notamment terminé la construction de l'hôtel d'Assézat et réalisé la construction du château de Laréole en 1579 sur les plans du château de Caumontjacobins.mairie-toulouse.fr., Antoine Bachelier, sculpteur, et Géraud Bachelier qui participa aux décors réalisés pour l'entrée de à Toulouse en 1564Jean-Loup Marfaing et Jean-Pierre Suzzoni, in Le Dictionnaire de Toulouse, Loubatières, 2004.. Il eut également une fille, BernardeQui était Nicolas Bachelier ?, Magazine d’informations à Toulouse n°75..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Articles connexes Dominique Bachelier, fils de Nicolas, sculpteur et architecte. Antoine Bachelier, fils de Nicolas, sculpteur. Architecture Renaissance de Toulouse

Liens externes « Qui était Nicolas Bachelier ? », Studio Différemment. « Il n'y avait pas que Bachelier », Studio Différemment.

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