Marquise est une chanson interprétée par Georges Brassens, qui figure sur l’album Les Trompettes de la renommée (1962). Il en a composé la musique sur les trois premières strophes des Stances à Marquise (1658) de Pierre CorneilleLes Stances à Marquise, auxquelles il a ajouté la « chute » humoristique de Tristan Bernard.

Marquise et les Stances de Corneille Marquise (le mot n'est pas un titre de noblesse) est le prénom d'une très jolie comédienne de la troupe de Molière, Mademoiselle Du ParcMolière et sa troupe. Mademoiselle du Parc, de son nom de scène, a de nombreux admirateurs. Parmi eux, les deux frères dramaturges Pierre et Thomas Corneille lui font vainement la cour, et composent des vers en son honneur. Elle meurt prématurément en 1668, après avoir créé l’année précédente le rôle-titre d’Andromaque, que Jean Racine a écrit spécialement pour elle.

Pour se plaindre de la froideur de Marquise, Corneille (alors âgé d’une cinquantaine d’années) lui adresse les Stances. Georges Brassens n'a conservé que les trois premières strophes du poème, mais élude les cinq autres, celles où Corneille se vante d’avoir d’autres charmes (ceux de l’esprit) et où il dit à Marquise que dans mille ans « Vous ne passerez pour belle - Qu'autant que je l'aurai dit ».

Brassens chante les strophes du poème de Corneille deux fois de suite, auxquelles il ajoute une réponse malicieuse et irrévérencieuse de Marquise à Corneille écrite plus de deux cent cinquante ans plus tard par Tristan Bernard et dont Brassens ne chante deux fois que les deux derniers vers.

Le texte des stances et de la chanson Les strophes incluses dans la chanson

Marquise si mon visage A quelques traits un peu vieux Souvenez-vous qu'à mon âge Vous ne vaudrez guère mieux

Le temps aux plus belles choses Se plaît à faire un affront, Et saura faner vos roses Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes Règle nos jours et nos nuits : On m’a vu ce que vous êtes; Vous serez ce que je suis.

Les strophes non comprises dans la chanson

Cependant j'ai quelques charmes Qui sont assez éclatants Pour n'avoir pas trop d'alarmes De ces ravages du temps.

Vous en avez qu'on adore ; Mais ceux que vous méprisez Pourraient bien durer encore Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire Des yeux qui me semblent doux, Et dans mille ans faire croire Ce qu'il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle, Où j'aurai quelque crédit, Vous ne passerez pour belle Qu'autant que je l'aurai dit.

Pensez-y belle Marquise, Quoiqu'un grison fasse effroi, Il vaut bien qu'on le courtise Quand il est fait comme moi.

Couplet de Tristan Bernard Peut-être que je serai vieille Répond Marquise, cependant J’ai vingt-six ans mon vieux Corneille Et je t’emmerde en attendant

Chante Georges Brassens, tandis que Tristan Bernard a écrit :

Sans doute que je serai vieille

Dit la marquise, cependant.

.

Composition de Georges Brassens et enregistrement

Le titre sort en 1962 chez Philips sur l'album Les Trompettes de la renomméeAlphonse Bonnafé, Georges Brassens - Chansons d'aujourd'hui (section ), Seghers Éditeur, 1963 et sur un 45 tours publié l'année suivante (où figurent également Les amours d'antan, La Guerre de 14-18 et La Marguerite).

Reprise Maxime Le Forestier, Le Cahier (84 chansons de Brassens en public), Polydor, album sorti en 1998

Notes et références

Voir aussi Discographie de Georges Brassens

Catégorie:Chanson interprétée par Georges Brassens Catégorie:Chanson écrite par Georges Brassens Catégorie:Chanson humoristique Catégorie:Chanson de 1962 Catégorie:Single musical sorti en 1963 Catégorie:Single publié par Philips Records