Ypres24 JUIN 1988. - Arrêté royal déterminant l'orthographe du nom des communes (, ) est une ville de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d'arrondissement en province de Flandre-Occidentale.

Elle est située dans le nord-ouest de la Belgique dans la région du Westhoek. La ville compte , ce qui en fait la sixième ville de Flandre-Occidentale. Avec Lille et les villes de l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais en France, elle participe aussi à un ensemble métropolitain de près de d'habitants, appelé en France aire métropolitaine de Lille, s'organisant autour de l'Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai.

Ypres est une ville historique avec un patrimoine architectural important, qui témoigne de la grandeur qu'a connue la ville au Moyen Âge, où elle fut l'une des principales cités drapières de Flandre, comme Bruges et Gand. Au Ypres comptait au rang des plus grandes villes d'Europe, mais elle tomba rapidement en déclin au profit de ses voisines. Plus récemment Ypres a été au centre des tristement célèbres durant la Première Guerre mondiale, la ville et ses monuments historiques ont alors été entièrement détruits. La plupart des monuments et des maisons anciennes ont été reconstruits à l'identique après la guerre, cela a donné lieu à un engouement pour le style régional, ainsi des maisons néo-flamandes diverses (gothiques, renaissances, baroques) mais s'inspirant très fidèlement de l'ancien ont été ajoutées pour compléter harmonieusement l'ensemble, ce qui donne aujourd'hui à cette ville un cachet flamand homogène et bien affirmé, évoquant Bruges.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Iprensis en 1066, Ipera en 1070 - 1093, Ipram (accusatif) en 1085, Ipre régulièrement par la suite au Maurits_Gysseling, Toponymisch Woordenboek van België, Nederland, Luxemburg, Noord-Frankrijk en West-Duitsland (vóór 1226), 1960, (lire en ligne).

Il s'agit d'un transfert du nom de la rivière l'Yperlée, qui donne son nom à la ville. À l’origine, il existait une petite rivière dont la source se situe près du mont Kemmel appelée Ipre ou Iepere qui signifiait « rivière aux ormes » (cf. iep).

Histoire d'Ypres La ville d'Ypres a pris naissance autour d'un domaine carolingien et d'un marché, éloignés l'un de l'autre d'environ . Au , ces deux centres avaient pratiquement fusionné pour former un bourg. doté d'attributions administratives, puisqu'un burgrave y gouvernait la châtellenie d'Ypres au nom du comte de Flandres.

Ce fut la ville natale de Guillaume d'Ypres, un capitaine de mercenaires qui combattit avec succès aux côtés du roi Étienne d'Angleterre contre l'impératrice Mathilde.

Liste des châtelains d'Ypres Le plus ancien acte connu, dans lequel le titre de châtelain d'Ypres se trouve expressément mentionné, remonte seulement à l'année 1109 :

Fromold, châtelain d’Ypres, y assiste comme témoin à la donation de six arpens de terre inculte (wastine) faite par le comte Robert de Jérusalem à l'abbaye de Vormezeele. Fulpold (supposé) qui fonda vers 1072 avec sa femme Ramburge le chapitre de Zonnebeke dans les environs d'Ypres. Thibaut I d'Ypres (Thietbold, Tetbold ou Theobald) (supposé) (fils du précédent) : Il apparaît sous le nom d'Iprensis dans diverses chartes des années 1070, 1087. La qualification d'Iprensis ou de Ipra, donnée à Thibaut dans ces chartes, porte à croire qu'il était réellement investi de la dignité de châlelain, bien que le titre ne lui en soit attribué dans aucune pièce. Outre Fromold I mentionné ci-après, Thibaut I est le père de Lambert de Zonnebeke, évêque de Noyon-Tournai de 1114 à 1122 ou 1123. Fromold I (appelé aussi Fromald et Frumold) (fils du précédent), châtelain d'Ypres de 1109 à 1124. Thibaut II (Tebbald ou Tietbald) (fils du précédent), qui porte le titre de châtelain dès 1123 en même temps que son père. Anselme d'Ypres (frère du précédent), châtelain de 1131 à 1147 Baudouin I de Bailleul, châtelain d'Ypres de 1158 à 1176. Il tient cette dignité du chef de sa femme Agnès, fille du châtelain Anselme. Baudouin II de Bailleul (fils du précédent), époux de Mabilie de Bourbourg. Mabilie de Bailleul (sœur de Baudouin II de Bailleul), châtelaine d'Ypres et de Bailleul. Adam seigneur de Walincourt, cité châtelain d'Ypres et de Bailleul en 1209 et 1211, époux de Mabilie de Bailleul, châtelaine d'Ypres et de Bailleul, sœur de Baudouin II de Bailleul. Hugues de Réthel, cité comme châtelain d'Ypres et de Bailleul en 1219, 1221 et 1235. Second époux de Mabilie de Bailleul, châtelaine d'Ypres et de Bailleul. Marguerite de Bailleul (sœur de Mabilie de Bailleul), citée comme châtelaine d'Ypres et dame de Becelaere en 1238 et 1239. Déjà mariée en 1227 à Baudouin d'Aire qui prend lui-même le titre de châtelain d'Ypres dans une charte de 1244. Marguerite (ou Marie) d'Aire (fille des précédents), mariée à Jean d'Aubigny. Hugues d'Aubigny (fils des précédents), cité comme châtelain de Bailleul et d'Ypres en 1257, 1261 et 1275. Baudoin d'Aubigny († 1316) (fils des précédents), châtelain en 1284. Marié à Agnès. Jacques d'Aubigny, cité comme châtelain en 1319. Jean d'Aubigny († 1327). Gérard d'Oultre, marié à Jeanne d'Aubigny, qui signe avec le titre de vicomte d'Ypres le traité d'alliance entre la Flandre et le Brabant le . Il est le premier qui remplace le titre de châtelain d'Ypres par celui de vicomte d'Ypres. Jean d'Oultre (fils du précédent), cité comme vicomte d'Ypres en 1379. Au , un nouveau personnage porte le nom de châtelain d'Ypres à l'occasion de l'érection en comté de terres de Flandre. En , les terres de Staden, Roosebecque (Roosebeke), Swylande, Loo (Lo), Suos, Cachembilk, Terheyde, Cackenburgh, tenues d'Ypres, sont érigées en comté sous le nom de Carnin Staden, au bénéfice de Jean de Carnin, vicomte de Vain, baron de Slyps (sans doute Slype), seigneur de Staden et Roosebeke, châtelain d'Ypres. Il est le fils de Jean-Baptiste-François de Carnin, baron de Slype, seigneur de Lignecourt, Boutouzel, Staden, etc. et de Jeanne-Marie Wain. Dans le passé, un Jean de Carnin a été échanson de Philippe le Bon et un autre Jean de Carnin a été fait chevalier par l'archiduc Albert d'AutricheAmédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p 386. lire en ligne..

La cité drapière médiévale C'est au qu'Ypres devint florissante. En tant que troisième ville de Flandres (derrière Gand et Bruges), Ypres fut appelée à jouer un rôle de premier plan dans l'histoire du comté. Son marché annuel avait un rayonnement européen, et elle devint pour un temps la seconde plus importante ville de la hanse flamande de LondresCf. art. « Ieper », dans « Grote Winkler Prins. Encyclopedie in 26 delen » (1990), éd. Elsevier, Amsterdam, vol. XII, . La première ville de la hanse londonienne était alors Bruges. ; dès le début du , Ypres commerçait avec Novgorod, l'Angleterre, les villes de Champagne, l'Italie et les pays du Levant. C'était aussi avec Arras l'un des grands centres artisanaux de la draperie, dont le commerce était alors des plus lucratifs, et pendant tout le la capitale du drap en Flandres. L'artisanat du drap (de laine) atteignit son apogée vers 1250. Ypres pouvait être facilement approvisionnée avec une laine de haute qualité, qui était acheminée par bateaux sur l'Yser et l'Yperlée (qui n'est plus aujourd'hui navigable) depuis la côte où les moutons étaient élevés puis vendus sur les faubourgsCf. art. « Ieper », dans « Grote Winkler Prins. Encyclopedie », .. Ypres rejoignit les scabini Flandriæ, une ligue de villes du nord qui, par suite de l'invasion française entre autres, se réduisit finalement à quatre membres : Gand, Bruges, Ypres et le Franc de Bruges. Ypres y conserva son droit de vote jusqu'en 1678.

La cité drapière fut affectée par la plupart des conflits qui agitèrent le Moyen Âge, parmi lesquels la bataille des éperons d'or, la bataille de Mons-en-Pévèle, la paix de Melun qui suivit la bataille de Bouvines, la bataille de Cassel.

Le déclin de l'artisanat du drap s'amorça, comme un peu partout en Flandre, au tournant du . La ville demeura malgré tout un centre administratif et hospitalier majeur. Les premières fortifications de la ville semblent dater de 1385 : une partie en est encore visible près de la Porte de Lille (). La célèbre Halle aux draps et son beffroi datent du . C'est vers cette époque qu'on précipitait, hors de la Halle aux draps, les chats, qui symbolisaient alors le Malin et la sorcellerie, sans doute pour signifier par cet acte que les transactions seraient vierges de toute action maléfique. Ce rituel est commémoré aujourd'hui par la « fête du chat » triennale.

La concurrence avec la laine anglaise et hollandaise, la guerre avec la France, les jacqueries, le siège de la ville et un bombardement soutenu par l'armée anglaise en 1383, la grande peste de 1347 et les épisodes de disette accablèrent Ypres, dont la production manufacturière chuta à 50 % de ce qu'elle était en 1300. La ville ne parvint pas à préserver ses débouchés commerciaux aussi bien que d'autres villes flamandes (Bruges, par exemple). L'effondrement économique et les épidémies provoquèrent l'exode de la plus grande partie des familles ouvrières au . La peste ravagea encore la ville à de nombreuses reprises entre le et le L'expression flamande « j'ai l'air d'un mort d'Ypres » (« hij ziet eruit als de dood van Ieperen »), c'est-à-dire « je suis livide », fait allusion à l'épidémie de 1347..

L'échevinage vignette|La halle aux draps et l'hôtel de ville d'Ypres. Gravure de 1872. La ville était administrée par un bailli et des échevins. Ces magistrats étaient assistés par un Grand Conseil. Les échevins, après un mandat de deux ans, devaient attendre une année avant de pouvoir présenter à nouveau leur candidature à cet office. Ils pouvaient toutefois conserver une activité politique dans l'intervalle en siégeant au Grand Conseil. . Au Moyen Âge, l'échevinage était pratiquement détenu par une oligarchie de quelques familles. Contrairement à d'autres villes flamandes, un mandat d'échevin pouvait être détenu par la même personne pendant plusieurs années : tant que l'on restait fidèle au comte de Flandres, la charge était pérenne.

Le Grand Conseil était composé du bailli, des échevins, et de , dont quatre représentants des quartiers, quinze représentants de la bourgeoisie et cinq représentants des artisans (tisserands et foulons essentiellement). Le collège des échevins était composé pour l'essentiel (en tout cas au ) d'aristocrates, seigneurs et chevaliers, ce qui peut s'expliquer de la façon suivante : on sait qu'au cours du Moyen Âge, 75 % des échevins se consacraient au commerce et à l'artisanat ; à la chute de Charles le Téméraire, tous les échevins étaient devenus propriétaires de terres, et en 1521, les trois quarts de ces échevins vivaient de rentes foncières et des tenures. C'est ainsi que les artisans devinrent minoritaires au sein du Grand Conseil.

Enfin il faut ajouter que, contrairement aux autres villes de Flandre, l'échevinage employait des clercs rémunérés. Ces fonctionnaires, qui devaient prêter serment, assuraient l’intérim du collège des échevins.

Réforme et Contre-Réforme