Lassassinat de Tahar Acherchour est celui d'un ouvrier cégétiste et étoiliste d'origine algérienne, abattu le par son patron dans une usine de Clichy. Il décède de ses blessures le lendemain à l'hôpital Beaujon.

Son assassinat suscite une vive émotion à une période marquée par le Front populaire. Plus de assistent à ses obsèques. Paul Cusinberche, l'auteur des coups de feu meurtriers, est acquitté en 1938.

Éléments biographiques

Tahar Acherchour naît le à Medjane., et est originaire de Sidi Aïch en Petite Kabylie... Immigré, âgé de , il est domicilié au 167 boulevard Victor-Hugo à Saint-Ouen, dans le département de la Seine et est manœuvre dans l'industrie chimique à la savonnerie Cusinberche.

Syndicaliste adhérant la Confédération générale du travail (CGT), il est délégué du personnel dans son usine.. Il est aussi militant communiste et militant à l'Étoile nord-africaine..

Les faits L'usine Cusinberche est une fabrique de savons et de bougies située au de Clichy, dont la plupart des ouvriers sont Nord-Africains.. En plein Front populaire, une grève éclate à la suite de licenciements et l'usine est alors occupée par les ouvriers grévistes. Le , après d'occupation, une vingtaine d'hommes violents menée par Paul Cusinberche, le fils du directeur et trésorier de la des Croix-de-Feu, pénètrent dans l'usine. Ils sont équipés de matraques et de barres de fer et Paul Cusinberche est lui-même armé de deux revolvers, chapitre 4 .. Les grévistes n'ont quant à eux, selon les fouilles effectuées par la police, pas d'armes.

Des affrontements éclatent entre les ouvriers grévistes et les briseurs de grève : .. Paul Cusinberche tire à deux reprises sur Tahar Acherchour. L'une le blesse au bras et l'autre lui perfore le foie et l'intestin, avec un total de onze blessures abdominales. Sept autres grévistes sont blessés.

Transporté à l'hôpital Beaujon, Tahar Acherchour meurt le des suites de ses blessures...

Jugement

Paul Cusinberche est acquitté le par la cour d'assises de la Seine.

Réactions et manifestations La mort tragique de Tahar Acherchour suscite une vive émotion.. dans les milieux communistes et de l'Étoile nord-africaine (ENA). L'Union syndicale CGT de la région parisienne prend à sa charge les frais d'obsèques et le rapatriement du corps en Algérie.

Dès le lendemain de l'agression, et durant une semaine, L'Humanité, organe de presse du Parti communiste français (PCF), consacre sa une à l'affaire. Le premier jour, il titre sur trois colonnes Tahar Acherchour y figure photographié sur son lit d'hôpital et Paul Vaillant-Couturier lui dédie son éditorial, dans lequel il met en avant le fait que Paul ait été militant Croix-de-Feu. Le lendemain, il titre sur . Le décès de Tahar Acherchour est annoncé le en ces mots : et le quotidien appelle à ce que . Il n'est pas le seul à voir dans cette mort l'œuvre du fascisme contre la classe ouvrière. Ainsi, Messali Hadj, président de l'Étoile nord-africaine, évoque une . Lors d'un meeting à Nanterre le , il lui rend hommage et déclare que les Algériens sont prêts à donner leur vie pour combattre le fascisme.

L'appel à une manifestation le jour des obsèques est reproduit par L'Humanité dans les jours suivants, en première page. Alors qu'un premier meeting de protestation organisé le avait réuni à Clichy., c'est un cortège immense ( selon L'Humanité) qui est présent le . Il suit le déplacement du corps de la maison des syndicats, située avenue Mathurin-Moreau dans le de Paris, à la gare de Lyon. S'associent notamment à cette manifestation la CGT, l'Étoile nord-africaine et le Parti communiste (avec la présence de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier) ; le cortège de tête est celui des Nord-Africains. Le corps de Tahar Acherchour est ensuite emmené en Algérie, accompagné par une délégation cégétiste conduite par Gaston Monmousseau. Il est inhumé à Sidi Aïch.

Des manifestations en mémoire d'Acherchour se poursuivent jusqu'en AlgérieBulletin du Comité de l'Afrique française, volume 47, 1937 ..

Dans ses mémoires, Messali invective le PCF qui l’a lâché après avoir utilisé à son profit l’Étoile nord-africaine : « l’ombre du malheureux Acherchour est à peine effacée que vous traitez les Nord-Africains d’anti-Français, dans le journal des prolétaires »..

Hommage

En 1937, un , présidé par un dénommé Poignart, propose . La plaque est finalement apposée au cimetière sud de Clichy., sur une décision du conseil municipal.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Journaux contemporains Articles sur l'affaire extraits de L'Humanité, publiés de 1936 à 1938

Catégorie:Front populaire Catégorie:Novembre 1936 Catégorie:Clichy Catégorie:Grève en France au XXe siècle Catégorie:Confédération générale du travail Acherchour, Tahar Acherchour, Tahar Catégorie:Histoire de l'immigration en France Catégorie:1936 en France