Pendant la guerre de Sécession, le nombre d'Afro-Américains qui se sont enrôlés dans l'Armée de l'Union a été de Herbert Aptheker Negro Casualties in the Civil War The Journal of Negro History, Vol. 32, No. 1. (January, 1947), ., formant 163 unités militaires. Un plus grand nombre encore s'est enrôlé dans lUnion Navy. Il s'agissait de noirs libres, d'affranchis, ou d'esclaves (ayant fui les états esclavagistes ou libérés par les troupes unionistes) qui voyaient leur enrôlement comme une étape vers leur émancipation et leur intégration.

Les soldats Afro-américains sont enrôlés par l'Union (et au début avec parcimonie) d'abord dans l'ouest et dans le sud. Puis leur nombre augmente notablement, et ils sont utilisés par milliers sur les théâtres d'opérations de l'est, en particulier dans les grandes batailles d'attrition et de siège que les Nordistes décident de livrer à partir de fin 1863 pour écraser définitivement la Confédération.

Des études statistiques ont permis de constater que proportionnellement le taux de mortalité a été beaucoup plus élevé (35 % plus élevé) chez les soldats noirs que chez leurs homologues blancs, et ceci bien qu'ils ne soient entrés dans le conflit que après les blancsHerbert Aptheker Negro Casualties in the Civil War . Voir en PDD de l'article les réponses à une question posée à ce sujet au reference desk de Wikipedia english : tant les United States Colored Troops que les régiments de volontaires Noirs recrutés dans le Nord ont perdu pendant la guerre : au combat ou morts ultérieurement de leurs blessures - et d'autres causes (essentiellement de maladie)Cornish, The Sable Arm, ; McPherson, The Negro's Civil War, .

Le début de la guerre a été indécis thumb|Au début de la guerre de Sécession Frederick Douglass proclamait : "Que le Noir parvienne seulement à porter sur sa personne les lettres de cuivre U.S., qu'il arrive à mettre un aigle sur ses boutons, un fusil sur son épaule et des balles dans sa poche, et aucun pouvoir au monde ne pourra plus nier qu'il a gagné le droit de devenir un citoyen"Cité dans James M. Mac Pherson, La guerre de Sécession, Robert Laffont, Paris, 1991, . . Douglass aurait pu ajouter "et une baïonnette au bout de son fusil Enfield Pattern 1853 neuf". Les uniformes de ces hommes des U.S.C.T. (photographiés fin 1864) aussi sont neufs.. En , deux ans après le début de la guerre, Frederick Douglass écrivait : "Notre Président, nos gouverneurs, nos généraux, nos ministres, clament pour avoir plus d'hommes : "Des hommes, des hommes, des hommes, crient-ils, ou la cause de l'Union est perdue !". Et pourtant toutes ces autorités, qui représentent le peuple et le gouvernement, refusent obstinément d'enrôler ces hommes qui justement ont le plus intérêt à lutter pour obtenir la défaite et l'humiliation des rebelles "" Governors, Generals and Secretaries are calling, with almost frantic vehemence, for men.-"Men! men! send us men!" they scream, or the cause of the Union is gone… and yet these very officers, representing the people and the Government, steadily, and persistently refuse to receive the very class of men which have a deeper interest in the defeat and humiliation of the rebels than all others." in Douglass Monthly V (August 1863) 852

Pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis, des Noirs libres avaient formé des compagnies dans le Rhode Island Regiment ; elles avaient été dissoutes à la fin du conflit, et il n'existait plus en 1861 de soldats Noirs.

Après les revers militaires qu'a connu le Nord dès le début de la guerre (prise de Fort Sumter, catastrophique défaite de la première bataille de Bull Run, reculade de la bataille des Sept Jours, mort du colonel Edward Dickinson Baker, ami personnel de Lincoln, lors de la bataille de Ball's Bluff), revers à peine compensés début 1862 par une victoire à la Pyrrhus lors de la bataille de Shiloh, un constat s'impose au gouvernement du Nord : l'Union doit trouver son souffle, et recruter davantage de soldats.

"Faut-il enrôler les noirs dans l'Union Army ?" : la question se pose avec acuité aux autorités du Nord, (Abraham Lincoln y compris) qui cherchent à coordonner l'effort de guerre. Ainsi que d'autres questions : "Comment vont réagir les slaves holding border states (États frontaliers (guerre de Sécession) esclavagistes) et en particulier le Maryland, qui touche Washington D.C. ?. Et quelle sera la réaction des officiers et des soldats blancs ? Et les noirs seront-il vraiment utiles au combatJames McPherson, The Negro's Civil War, Edward G. Longacre, "Black Troops in the Army of the James", 1863-65 Military Affairs, Vol. 45, No. 1 (February 1981), ? "

thumb| Bien informée par la presse et l'actif mouvement abolitionniste, l'opinion publique du Nord voit son attention attirée par les hauts faits des Afro-Américains dès début 1862Hauts faits des Afro-Américains dès début 1862 : à l'est Robert Smalls dérobe un vapeur confédéré sous les canons de Fort Sumter ; puis en octobre ce sont à l'ouest (au Missouri) les Colored Troops du Kansas Coloured Volunteers qui défont les Sudistes lors de l'escarmouche d'Island Mound. Et au sud, début 1863, après le regrettable "accident de Pascagoula", la mort héroïque du capitaine André Cailloux (une personne de couleur libre) à la tête de son régiment des Corps d'Afrique, au début du siège de Port Hudson, émeut toute la communauté Afro-américaine, au Nord comme au Sud..

Alors que le gouvernement hésitait, le Congrès, lui, prenait des décisions : après avoir voté la Loi de confiscation de 1861, le Congrès l'avait renforcée en par le et la situation des esclaves qui avaient cherché refuge au Nord et auprès des troupes nordistes était maintenant nette au regard de la loi : l'Union devait les garder.

Il exista aussi un moyen terme : organiser les Afro-Américains en unités dotées d'une structure de type militaire, sans les armer, et les utiliser à des travaux d'utilité publique. Ainsi la Cincinnati Black Brigade construisit autour de Cincinnati (Ohio) les fortifications destinées à tenir en échec un autre raid confédéré sur Cincinnati : John Morgan l'avait attaquée en . Formée manu militari début par la mairie et mise sans ménagements au travail forcé, la Cincinnati Black Brigade est ensuite prise en main et mieux traîtée par le colonel William M. Dickson<ref>voir l'article de WP en "Black Brigade of Cincinnati", qui ajoute que la Cincinnati Black Brigade' est "le exemple d'Afro-Américains organisés pour la lutte contre le Sud"</ref>.

Restait cependant à trancher le cas des esclaves qui avaient fui un maître habitant un état partisan (et non ennemi) de l'Union : cela n'était pas qu'un cas d'école, en particulier au début de la guerre, pour les esclaves provenant des États frontaliers (guerre de Sécession) encore esclavagistes. Dans ce cas, les "Fugitive Slave Laws" fédérales en vigueur (et en particulier le très sévère "1850 Fugitive Slave Act") continuèrent en principe et paradoxalement à s'appliquer, jusqu'à leur abrogation par le Congrès ()selon l'article de WP en "Fugitive Slave Laws". Jusqu'à la mi-1864, les abolitionnistes placardaient d'ailleurs sur les murs des villes du Nord des affiches avertissant les esclaves Noirs en fuite de se cacher des policiers.

En 1862 thumb| Au début de la guerre, les Colored Troops n'étaient affectées qu'aux corvées. Au bord d'un chemin, un groupe d'Afro-américains met en terre deux cercueils, et trois cadavres roulés dans des linceuls sommairesLa légende (Fredericksburg, Virginia. Burial of Federal dead) ne précise pas s'il s'agit des suites de la bataille de Fredericksburg (11-15 décembre 1862) ou de la bataille de Fredericksburg (3 mai 1863) ; la végétation estivale correspond davantage à un mois de mai ou juin. Au second plan, un blanc barbu, les bras croisés, observe. Voir aussi la photo prise en 1865 sur le champ de bataille de Cold Harbor (face chapitre IV de l'article United States Colored Troops.

Le le Congrès de l'Union vote le Militia Act : les Noirs peuvent dorénavant être recrutés dans les troupes auxiliairesU.S. Statutes at Large XII, ; mais le Militia Act ne verra un début d'application qu'après un délai de deux mois nécessaire à l'évolution de la situation et des esprits : le premier décret de la Proclamation d'émancipation () marque ce changement.

Cependant, malgré les réticences en haut lieu, des généraux abolitionnistes enthousiastes (et à la personnalité il est vrai quelque peu spéciale) commencent à créer des unités de soldats Noirs.

Le political general Benjamin Franklin Butler (homme politique), fort controversé par ailleurs, a décidé dès (alors qu'il est à Fort Monroe en tant que commandant du Department of Virginia) que, malgré le Fugitive Slave Law of 1850 en vigueur, il garderait les esclaves en fuite car ils étaient selon lui des "marchandises prises à l'ennemi" ("contraband")James McPherson The Negro's Civil War . Voir aussi l'article de WP en "Contraband (American Civil War)". Et quand en Butler devient gouverneur militaire de La Nouvelle-Orléans, il crée le Louisiana Native Guard, un régiment d'Afro-Américains encadrés par des officiers eux aussi de sang noir, sur le modèle de la Milice noire qui existait sous la Confédération. D'autres régiments de Native Guards seront créés en Louisiane, deviendront les Corps d'Afrique, puis seront amalgamés aux U.S.C.T. (United States Colored Troops).

David Hunter forme dès un des régiments de Noirs, le South Carolina (African Descent), et promulgue aussi de sa propre autorité son General Order du émancipant les esclaves dans les États de Géorgie, Caroline du Sud, et Floride qu'il dirigeait en tant que commandant du Department of the South et du Corpsle General Order de David Hunter fut immédiatement annulé par Lincoln : il risquait de transformer en ennemis résolus les États esclavagistes encore opposés à la sécession, qui hésitaient à prendre parti. La même real politic attitude avait conduit le War Department à exiger la dissolution du régiment de noirs " South Carolina (African Descent), mais David Hunter négligea d'obéir à l'ordre (selon l'article de WP en "David Hunter)....

James H. Lane, un sénateur et political general très actif au Kansas, forme le à Fort Scott (Kansas) le Regiment of Kansas Volunteer Infantry (Colored), et ce malgré l'opposition du Secretary of War Edwin M. Stanton. Le colonel James M. Williams est nommé à sa tête.