André Giordan, né le à Nice et mort le à Saint-André-de-la-RocheÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en france depuis 1970, est agrégé de biologie, d'abord spécialiste de la physiologie des régulations puis de la didactique et de l’épistémologie des sciences.

Ancien instituteur, professeur de collège et lycée, animateur de club de jeunes, il a été professeur à l'Université de Genève où il a fondé le Laboratoire de didactique et d'épistémologie des sciences (LDES).

Il a initié les sciences de l'apprendre et développé un ensemble de travaux sur l’élaboration et l'appropriation des savoirs dans les domaines de la science et des techniques, du développement durable, de la santé et de la médecine (éducation thérapeutique du patient).

Il est surtout connu pour son nouveau modèle de l’apprendre, le modèle allostérique (allosteric learning model) et pour sa démarche physionique qui renouvelle les idées en matière « d’entreprises apprenantes ».

Biographie

Diplômes Maîtrise de biologie végétale, université de Nice (1969). Licence (1969) et Maîtrise (1970) d'enseignement de sciences naturelles, université de Nice. Agrégé de biologie (, France 1971). de physiologie animale, université de Nice (1970). Licence (1972) et maîtrise (1973) de sciences de l'éducation, université Paris V. Licence de psychologie, université de Nice et université Paris V (1973). Diplôme de d'histoire des sciences, université Paris I (1975). Docteur en sciences de l'éducation et en biologie, universités Paris V et université Paris VII (1976). Certificats en biochimie, philosophie, épistémologie, communication, théâtre, arts plastiques, (université de Nice, université Paris I, université Paris VIII).

Activités professionnelles Élève-instituteur, École normale d’instituteurs de Nice (1962-1965) Professeur-stagiaire, IPES de Nice (1966-1969) Professeur-stagiaire, CPR de Nice (1969-1970) Professeur agrégé, collège de Villeneuve-la-Garenne (1971-1972) Lycée Carnot, Paris (1972-1980) Chargé de recherche, physiologie, CEA et Université de Nice (1968-1971) Chargé de recherche, pédagogie des sciences, INRP (1973-1975 Responsable scientifique, DGRST, (1976-1978) Chargé de cours à l’université Paris VII (1975-1979) Directeur de recherche à l'INRP (1975-1979), à l’UNESCO (1977-1979) et au CNRS (1978-1980) Directeur de recherche, université Paris VII (1980-1995) Professeur ordinaire à l'université de Genève (1980-2011) Responsable du Laboratoire de didactique et épistémologie des sciences (1980-2011) Président de la Commission internationale de biologie, éthique et éducation (IUBS, 2000-2010) Professeur émérite à l'université de Genève (2011-2023)

Recherche Il fait ses premiers pas de chercheur dans le cadre de son Diplôme d'études supérieures (DES) de troisième cycle de physiologie animale. Il étudie à la Station zoologique de Villefranche-sur-Mer, le poisson rouge (Carassius auratus) et plus précisément les échanges d’eau et d’ions à travers les membranes sous l’influence des hormones neuro- et adéno-hypophysaires. De ces mesures et statistiques, il met à jour la régulation de l’eau du poisson rouge et apporte sa contribution à la compréhension du rein et du rôle d’une hormone, la vasopressine, chez l’hommeB. Lahlou, A. Giordan (1970), Le contrôle hormonal des échanges et de la balance de l'eau chez le Téléostéen d'eau douce Carassius auratus, intact et hypophysectomisé, General and Comparative Endocrinology, Volume 14, Issue 3, June 1970, Pages 491-509.

En 1971, après une agrégation de biologie, il est nommé Professeur en sciences naturelles dans un collège de banlieue parisienne, à Villeneuve-la-Garenne. Intégrant progressivement les méthodes du Celestin Freinet, il revisite tout d’abord les contenus et méthodes pédagogiques A. Giordan (1994), Recherches sur l'apprendre, Itinéraire de recherche, Perspectives et documentation en Éducation. 31, Pages 19-45. Cette première expérience se traduit par la création d’un club scientifique au collège où sont récupérés moult matériaux pour créer toutes sortes d’objets scientifiques et de maquettes . Grâce à ce succès, il est dirigé par un inspecteur vers l'Institut National de Recherche et de Documentation Pédagogique (INRDP, devenu l'INRP).

L’année suivante, l’INRDP l’accueille en tant que professeur-chercheur, pendant qu’il est nommé en parallèle au lycée Carnot à Paris. Aussi, il s’attelle à repenser l’enseignement scientifique en privilégiant la connaissance des comportements et raisonnements des élèves en matière de démarche scientifique et en matière d’élaboration des concepts. D’où sa thèse en 1976 « Rien ne sert de courir, il faut partir à point », tentatives d’appropriation de la démarche scientifique expérimentale par des enfants de 9 à 14 ans (voir OHERIC). Il introduit en recherches didactiques des outils jusqu’alors ignorés dans les classes, tels que le magnétoscope, et .

Projets en éducation Depuis 1969, sensible aux problèmes écologiques, il développe des projets d’éducation à l’environnement. Il est contacté pour représenter la France à la première Conférence sur l’éducation à l’Environnement à Belgrade (1975). Il est alors invité par l'UNESCOUNESCO 1977, Rapport final, Conference intergouvernementale sur l'éducation relative à l'environnement, Unesco avec la coopération du PNUE, Tbilissi (URSS) 14 - 26 octobre 1977, 103p à organiser la Conférence d’Helsinki, puis la Conférence intergouvernementale de Tbilissi (1977). L’UNESCO lui confiera également la direction du premier projet pilote international sur l’éducation relative à l’environnement, axe de recherche du premier programme de l’UNESCO et du PNUE (Programme des Nations unies sur l’environnement).

Pour lui, l’éducation ne se pose pas en termes d’enseignement mais d’apprentissage, Il organise des ateliers pratiques pour des élèves de différents niveaux et des enseignants en formation. Les activités sont la base de débats contradictoires où les apprenants sont stimulés à exprimer leurs idées et à les confronter avec les observations. Des jeux de rôles amènent à envisager différents points de vue. La mise en évidence et l'analyse de problèmes d'environnement est toujours complétée par un temps de recherche de solutions réalistes.

Ses travaux ont pour point commun de , regroupés autour de trois paramètres interdépendants :

Il attache une grande importance à l'innovation et à l'évaluation.

Modèle allostérique Il développe par la suite un nouveau modèle d’apprentissage appelé « allostérique »A. Giordan, Apprendre ! Belin, 1998, nlle édition 2002 A. Giordan et G. De Vecchi, Les origines du savoir, Delachaux, Neuchatel, 1987, réédition Ovadia 2010 A. Giordan et Y. Girault (éd), New learning models, Z'éditions, 1996 (allosteric Learning model), fondé sur . . Enrichi par Francine Pellaud et repris par de nombreux pédagogues, il a notamment été théorisé par Richard-Emmanuel Eastes. Son fournit des outils et des ressources pour les enseignants et les médiateurs. Il est repris actuellement avec succès par les soignants et les entreprises apprenantes.

Laboratoire de didactique et d'épistémologie des sciences Il poursuit ses travaux à l'université de Genève où on lui offre une chaire de psychopédagogie des sciences. En 1980, il monte une équipe qui prend le nom de Laboratoire de didactique et d'épistémologie des sciences (LDES) à l'Université de Genève, lieu d'étude sur et l’appropriation des savoirs dans les domaines des sciences, des techniques, de l’environnement et de la santé.

Il participe, avec son équipe et des partenaires locaux et d'ailleurs, à plusieurs projets européens d'information et communication scientifique, dont Recherches et Innovations en Éducation à l'Environnement en Europe (RIE3), Humanities et GERIRAD (vivre dans les zones contaminées, gestion du risque radiologique), ce dernier incluant une conférence scientifique internationale.

Journées de Chamonix Pour favoriser ce nouveau domaine d’investigations, il fonde en 1979 les Journées internationales sur la communication, l’éducation et la culture scientifiques et industrielles, dites Journées de Chamonix, et le réseau CECSI sur la Communication, Éducation et Culture Scientifiques et Industrielles.

Travaux scientifiques Sciences et développement durable Après ses recherches pour la formation des médiateurs et des enseignants, ses derniers travaux portent sur les préconceptions, les paradigmes des apprenants, d’une part, et d’autre part sur les démarches et concepts pour comprendre la complexité (l’analyse systémique, la pragmatique...).

Santé En santé, ses travaux sont développés dans le cadre de « l’éducation thérapeutique du patient », notamment avec l’Hôpital universitaire de Genève, l’hôpital Pitié-Salpétrière, l’Hôpital Avicenne et la Faculté de médecine de Montréal. Un environnement « motivationnel »A. Golay, G. Lagger et A. Giordan, Motiver son patient à changer, Maloine, 2009 pour transformer le comportement des patients a été conçu à disposition des soignants.

Il intervient dans la prévention en proposant des formations continues ou grand-public en éducation pour la santé.

Entreprise et organisation .

Muséologie Il collabore avec de nombreux musées (Beaubourg, Exploratorium, Microcosm CERN, , Alimentarium (enfants) de Vevey, Cité des sciences et de l’industrie. Commissaire d'exposition, il réalise l'exposition du centenaire du Musée océanographique de Monaco, sur la biodiversité en Méditerranée, intitulée : Méditerranée, splendide, fragile, vivante, sur le Musée national d'histoire naturelle du Luxembourg, la Galerie de la Méditerranée du MUCEM et sur le Pavillon de la France à l'Expo 2015 dans l'équipe d'Adeline Rispal. Il est également intervenu pour , dans et pour le .

Projet de fondation En , il décide de se consacrer à son destiné à promouvoir des projets innovants sur la communication, l’éducation et la culture scientifiques et industrielles et plus particulièrement sur les mécanismes de diffusion de messages et d’élaboration des savoirs. Il continue toutefois à militer pour l’école — ses projets pour une école innovante sont repris au Luxembourg, en Suisse, en Chine et au Brésil — ou pour l’apprendre à apprendre, d’où ses activités en faveur des enfants à haut potentiel ou avec les militants des Réseaux d’échanges réciproques de savoirs et ses interventions en banlieue.

Œuvres Auteur. de plus de 30 livres, de 300 articles sans compter ses articles grand public dans des domaines très variés de la science à sa médiation, aux enjeux de l’éducation, et l’art.

Médecine naturelle

Apprendre A. Giordan, Apprendre ! Belin, 1998, nouvelle édition 2002 A. Giordan et G. De Vecchi, Les origines du savoir, Delachaux, Neuchatel, 1987, réédition Ovadia 2010 Apprendre à apprendre J. Saltet, A. Giordan, Coach Collège, Play bac, 2006 A. Giordan, J. Saltet, Apprendre à apprendre, Librio, 2007 A. Giordan, J. Saltet, Apprendre à prendre des notes, Librio, 2011 École A. Giordan, Une autre école pour nos enfants ? Delagrave, 2002 J. Saltet, A. Giordan, Changer le collège, Oh ! Editions, 2010 Éducation en sciences des plus jeunes M.L. Cantor et A. Giordan, Les sciences à l'école maternelle, Delagrave, nouvelle édition 2002 A. Giordan, Une didactique pour les sciences expérimentales, Belin, 1999 Formation des enseignants G. De Vecchi et A. Giordan, L'enseignement scientifique, Comment faire pour que "ça marche" ?, Delagrave, Nouvelle édition augmentée 2002 Les difficultés scolaires A.Giordan, M. Binda (coord.), Accompagner l’enfant précoce, Delagrave, 2006 A.Giordan, J.Saltet, Comprendre et accompagner l'enfant à haut potentiel à la maison et à l'école, Librio, 2020 Éducation à l'environnement A. Giordan et S. Souchon, Une éducation pour l'environnement, vers le développement durable, Delagrave, 2008 L’approche de la complexité A. Giordan, Comme un poisson rouge dans l'homme, Payot, 1995