La fosse 2 - 2 bis dite Sainte-Henriette de la Compagnie des mines de Dourges est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Hénin-Beaumont. La fosse 1 est commencée en , par une méthode de fonçage originale, mais des venus d'eau trop forte ont cassé le cuvelage, et le puits a été ensablé. La fosse 1 est abandonnée à l'état d'avaleresse en . Une fosse 1 bis, plus tard renommée 2 est entreprise immédiatement après à quarante mètres à l'ouest, et entre en exploitation en . La Compagnie de Dourges ouvre ensuite d'autres fosses dans la concession. Des habitations sont bâties près de la fosse. Deux terrils 87 et 92 sont édifiés au nord de la fosse. Un puits 2 bis est ajouté à partir de 1901 à à l'est du puits 2, et opérationnel en . La fosse est détruite durant la Première Guerre mondiale. Le puits 2 est reconstruit avec un chevalement en béton armé.
La Compagnie des mines de Dourges est nationalisée en 1946, et la fosse 2 - 2 bis intègre le Groupe d'Hénin-Liétard. La fosse 2 - 2 bis devient un siège de concentration grâce à sa position centrale, et aux usines situées sur le carreau. Elle concentre l'exploitation des fosses 7 - 7 bis en 1948, 6 et 6 bis en 1951, 3 - 3 bis en 1955, et 4 - 4 bis en 1957. Les installations du puits 2 bis sont modernisées. La cokerie ferme en 1958. Le lavoir cesse son activité en 1962. le puits 2 est remblayé en 1967, la fosse ferme en 1970, et le puits 2 bis est remblayé l'année suivante. Son chevalement est détruit en 1974, celui du puits 2 l'est dix ans plus tard. Le sommet du terril 92 est exploité.
Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits 2 et 2 bis. Les cités ont été rénovées. Les terrils sont des espaces naturels. Les bureaux sont détruits en 2011, il ne subsiste plus que la salle des machines du puits 2 bis. Le site pourrait accueillir le Réseau Express Grand Lille. L'église et son presbytère sont inscrits aux monuments historiques le . La cité-jardin Foch, les cités-jardins Bruno ancienne et nouvelle, l'église Saint-Stanislas, le presbytère, l'école, la salle des fêtes, ainsi que les terrils 87 et 92, ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco.
L'avaleresse 1
La fosse 1 est situé à l'extrémité est de la ville d'Hénin-Liétard, devenue Hénin-Beaumont, contre la route nationale 43, de Lens à Douai, est commencée en , sous la direction de Louis-Georges Mulot, entrepreneur de sondages.
Il a voulu creuser le puits au trépan, en le traitant comme un forage de très grande section. Le diamètre de quatre mètres devait être obtenu par des élargissements successifs. En , le puits est creusé au diamètre de jusqu'à de profondeur, d'un mètre jusqu'à , et de cinquante centimètres jusqu'à . À la fin de 1852, il est élargi au diamètre de quatre mètres jusqu'à , c'est-à-dire jusque dans les dièves, la base du niveau. Le travail est poursuivi de la façon suivante. On descend à l’intérieur du puits, sur une hauteur de , un cuvelage circulaire formé de soixante douves ou pans verticaux, dont l'épaisseur varie de quinze à vingt-cinq centimètres. Le diamètre intérieur de ce cuvelage est de . Il se termine par un sabot en bois ayant la forme d'un tronc de cône d'un mètre de hauteur, avec un diamètre de à sa partie supérieure, et de à sa partie inférieure. Ce sabot s'adapte dans une cavité de même forme creusée à l'alésoir, dans les bleus. Selon Louis-Georges Mulot, ce système devait permettre de retenir les eaux du niveau et à les empêcher de pénétrer plus bas, comme le fait la boîte à mousse dans le système Kind-Chaudron.
thumb|left|Les fosses 1 et 1 bis dans les années 1880, par rapport aux autres fosses. Au-dessus du sabot, et dans l'espace annulaire de vingt centimètres existant entre l'extérieur du cuvelage et du terril, on a pilonné avec soit, sur une hauteur de , une couche d'argile très compacte que l'on a surmonté d'une couche de sable de . Une deuxième couche d'argile de a été pilonnée de manière à bien comprimer ce sable, et à isoler les différentes nappes du niveau. Enfin, le restant de l'espace annulaire est rempli de sable jusqu'à la surface du sol. On doit ensuite creuser le puits par le procédé habituel et établir des trousses picotées, et un cuvelage polygonal sur deux à trois mètres de hauteur, venant se raccorder au cuvelage en douves.
Quand le travail de descente et de mise en place du cuvelage a été terminé, on a procédé à l'installation d'une machine d'extraction de , système Cavé, et d'une pompe d'exhaure Newcomen. Vers le milieu de 1854, le cuvelage, vidé jusqu'à de profondeur, paraissait suffisamment étanche, lorsque, le , un étai placé à de profondeur s'est brisé, et les douves de la quatrième trousse, de 49 à , ont cédé sous la pression des eaux qui ont fait irruption dans le puits. La fosse a rapidement été ensablée sur vingt mètres de hauteur. Tous les efforts faits pour dégager le jeu de pompes ont été infructueux. Le puits a alors été abandonné, et une nouvelle fosse a été ouverte à à l'ouest. Cette première fosse a coûté , entièrement perdus.
La fosse
Fonçage thumb|left|Le chevalement de la fosse 2. thumb|left|La fosse 2 bis vers 1906.
La fosse 1 bis est commencée en , à l'ouest de l'avaleresse. L'orifice du puits est situé à l'altitude de . À l'aide de la machine Newcomen initialement montée sur la fosse 1, le niveau d'eau a été passé sans difficultés, la venue d'eau maximale a été au plus de sept hectolitres d'eau par minute. Deux pompes de de diamètre ont été utilisées. Le cuvelage en bois règne sur une hauteur de , le diamètre utile du puits est de . Le terrain houiller est atteint à la profondeur de ou en à .
La fosse est baptisée Sainte-Henriette, en l'honneur d'Henriette de Clercq, fondatrice de la Compagnie des mines de Dourges.
Exploitation
La fosse est approfondie à , et entre en exploitation en . Elle a produit pendant cette année et en 1857. Les terrains sont accidentés, les veines irrégulières et l'extraction se réduit pendant les trois années suivantes, à , et . La fosse 1 bis est renommée fosse 2.
Dans les années 1890, le puits est profond de , les accrochages sont établis à 180, 210, 291 et de profondeur, le dernier est en préparation.
Le puits 2 bis est entrepris en 1901, à à l'est du puits 2. L'extraction commence à partir de . Dès lors, le puits 2 assure le service et l'aérage. Il est doté d'un chevalement métallique.
La fosse est détruite durant la Première Guerre mondiale. Lors de la reconstruction, le puits 2 est équipé d'un chevalement en béton armé.
Siège de concentration
La Compagnie des mines de Dourges est nationalisée en 1946, et la fosse 2 - 2 bis intègre le Groupe d'Hénin-Liétard. Grâce à sa position centrale, la fosse 2 - 2 bis est choisie pour devenir un siège de concentration. Elle concentre l'exploitation des fosses 7 - 7 bis en 1948, 6 et 6 bis en 1951, 3 - 3 bis en 1955, et 4 - 4 bis en 1957.
Le puits 2 bis assure depuis 1956 l'extraction et le service, tandis que le puits 4 bis de la fosse 4 - 4 bis et la fosse 6 - 7 des mines de Drocourt assurent l'aérage. En 1958, le puits 2 bis est équipé pour revoir des berlines de , à raison de quatre berlines par cage. La cokerie ferme en 1958. Le lavoir cesse son activité en 1962. En 1964, le puits 2 bis est ravalé à , et l'étage d'extraction passe de 565 à .
Le puits 2, profond de , est remblayé en 1967. La fosse 2 bis cesse d'extraire en 1970, le puits 2 bis, profond de , est remblayé l'année suivante. Son chevalement est détruit trois ans plus tard, alors que celui du puits 2 est détruit en 1984.
Reconversion
Au début du , Charbonnages de France matérialise la tête de puits. Le BRGM y effectue des inspections chaque année. Les bureaux ont été détruits en 2011, il ne subsiste que la salle des machines du puits 2 bis. Le Réseau Express Grand Lille pourrait se terminer sur la partie septentrionale du carreau de fosse.
Les terrils
Deux terrils résultent de l'exploitation de la fosse 2 - 2 bis et des usines de la compagnie. Les terrils 87 et 92 font partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Ils constituent le site 46.
Terril 87, Lavoir Hénin Est thumb|left|Le terril Lavoir Hénin Est. thumb|Le terril Lavoir Hénin Ouest.
Le terril 87, situé à Dourges, a été alimenté par le lavoir d'Hénin, et la fosse 2 - 2 bis des mines de Dourges. Il s'agit d'un terril conique, haut de cent mètres, non exploité, situé à l'ouest de l'autoroute française A1 et de la LGV Nord, pour qui elle symbolise l'entrée dans le bassin minier.
Terril 92, Lavoir Hénin Ouest
Le terril 92, situé à Hénin-Beaumont et Dourges, a été alimenté par le lavoir d'Hénin, et la fosse 2 - 2 bis des mines de Dourges. Il s'agissait à l'origine d'un terril conique, haut de , mais son sommet a été exploité. Le terril reste toutefois très imposant, mais est toutefois moins connu que son voisin le terril 87.
Les cités
Dès 1855 , la Compagnie fait construire d'ouvriers. Elles reviennent seulement à l'une, non compris la valeur du terrain. En 1856, elle construit quarante autres maisons...
thumb|left|Des habitations de la cité Croix, en juillet 2012. thumb|La cité des Trente. La cité Croix
La cité Croix est constituée de huit constructions : une maison d'ingénieur, revendue à un particulier, et sept maisons de deux logements à pignon sur rue. Les quatorze logements sont abandonnées au début des années 2010, une maison est détruite, les autres sont, en 2012, destinées à la démolition.
La cité des Trente
La cité des Trente a été construite sur les territoires d'Hénin-Beaumont et de Dourges le long de la route nationale 43.
La cité Foch
La cité-jardin Foch a été construite par l'architecte des Mines de Dourges Ernest Delille à l'ouest de la ligne de Lens à Ostricourt. Elle fait partie, avec l'école de musique et le dispensaire de la Société de Secours Minière, des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Ces éléments constituent le site 45.
La cité Bruno Ancienne
La cité Bruno Ancienne, située à Dourges, fait partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle constitue une partie du site 44. Il en est de même pour l'église, le presbytère, l'école, et la salle des fêtes.
L'église Saint-Stanislas thumb|left|L'église. thumb|Le presbytère.
La cité Bruno est construite vers la fin des années 1900 pour accueillir les mineurs polonais employés par la Compagnie des mines de Dourges. Un service de voitures est mis en place en 1924 afin que l’aumônier puisse passer de cités en cités, les Polonais étant très pieux. L'église Saint-Stanislas est bénie en 1927. Elle est bâtie sur les plans d'un architecte inconnu suivant un style romano-byzantin proche des pylônes des temples égyptiens. Le lanternon possède une couverture maçonnée en forme de bulbe étiré : il s'agit d'une reprise simplifiée des clochers dessinés par l'architecte Paul Abadie.
L'église en totalité, ainsi que les façades et les toitures de son presbytères, sont inscrits aux monuments historiques depuis le . Elle est classée avec son presbytère depuis le au patrimoine mondial de l'Unesco.
La cité Bruno Nouvelle
La cité Bruno Nouvelle fait partie des répartis sur qui ont été classés le au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle constitue une partie du site 44.
Notes et références
Notes
Références
Références aux fiches du BRGM
Références à
Références à
Références à
Références à
Voir aussi
Articles connexes Compagnie des mines de Dourges Groupe d'Hénin-Liétard Réseau Express Grand Lille Liste des monuments historiques du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais Liste des biens du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais classés au patrimoine mondial de l'Unesco, sites 44, 45 et 46
Bibliographie
Fosse 2 - 2 bis Dourges 2 - 2 bis Catégorie:Mine monument historique en France