La secte des Barbus (nommée aussi les , les ou les ) désigne un groupe de peintres, élèves de Jacques-Louis David, réunis autour de leur chef Pierre-Maurice Quay, actifs au début des années 1800. Ils entrent en dissidence contre les enseignements de leur maître, en voulant radicaliser le style néo-classique alors en vogue dans la peinture française du début du . Le groupe se dissout après la mort de Quay, vers 1803.

Esthétique Le poète Charles Nodier écrit lors de ses années à Paris (1800-1803) :

Poussant l’idée du néoclassicisme à son extrême, les Barbus réclament un retour à une peinture basée sur les motifs linéaires purs des vases grecs ou sur les compositions simples du début de la Renaissance italienne. Ils choisissent leurs sujets parmi l'Iliade et l'Odyssée d’Homère, les poèmes d’Ossian ou l’Ancien Testament. Ils étendent leur pensée au-delà de la peinture pour l’appliquer à la vie elle-même et se constituent pratiquement en secte. Charles Nodier écrit encore :

Selon Delécluze (qui côtoyait les Barbus sans adhérer à leur secte), les Barbus — et Maurice Quay en particulier, dit « Don Quichotte » ou « Agamemnon », qui développe et professe des théories mêlant art et moraleidem p 77 — pratiquent des formes de théâtre, de pantomime issues du vaudevilleidem pp82-83, et se promènent dans Paris, vêtus, pour l'un en Agamemnon, et pour un autre, en Pâris avec l'habit phrygien en 1799idem pp 422, tout droit sorti d'un tableau de David.

David les ayant chassés de son atelier après les critiques ouvertes proférées contre lui lors de l’exposition de L’Intervention des Sabines, ils se regroupent dans un monastère abandonné de la région parisienne.

Delécluze s'amuse à comparer les Barbus de 1800 aux barbus et moustachus de 1832, les romantiques : Lamartine, Victor Hugo, Mérimée, Sainte-Beuve, Schnetz, Horace Vernet ou Delacroixidem in E.J Delécluze, Appendice, "Les barbus d'à présent et les barbus de 1800", Louis David, son école et son temps, Souvenirs de..., éditions Macula, 1983, Paris, pp 419 à 438. Critiquer Les Barbus devient une manière de s'attaquer indirectement au tournant artistique de David avec Les Sabines.

Membres Pierre-Maurice Quay Jean Broc Guillaume-François Colson Paul Duqueylar, Jean-Pierre Franque Joseph-Boniface Franque Lucile Franque (née Messageot épouse de Jean-Pierre Franque) Antoine-Hilaire-Henri Périé À son apogée, le groupe comptait une soixantaine de membres.

Même s’il ne fait pas partie de leur groupe, Ingres est certainement influencé par eux lors de son éducation à l'atelier de David, sinon dans leur recherche de couleurs, au moins dans leur obsession de la ligne pure.

Œuvres Les Barbus ne produisent que peu de toiles. À l'exception d'une Tête d'étude au musée Granet d'Aix-en-Provence, il n’en existe aucune connue de Quay, mort prématurément à 24 ans.

Références

Voir aussi Bibliographie

George Levitine, The Dawn of Bohemianism : The Barbu Rebellion and Primitivism in Neoclassical France, Londres University Park 1978 Brigitte et Gilles Delluc, Jean Broc et Pierre Bouillon, deux peintres périgordins du temps de David, Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 2007, 134, p. 445-466, ill. Anne Benéteau, Cécile Le Bourdonnec et Daniel Clauzier, Jean Broc, La mort d'Hyacinthe (1801), édité par les Musées de la Ville de Poitiers, 2013 .

Articles connexes Peinture néoclassique

Liens externes Les Primitifs de l'Atelier de David site Histoire-Image.org

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