thumb|upright|Buenaventura Durruti. thumb|upright|Juan García Oliver. thumb|upright|Francisco Ascaso. thumb|upright|Ricardo Sanz. thumb|upright|Antonio Ortiz Ramírez. thumb|upright|Miguel García Vivancos.
- également appelé Crisol Angel Smith, Anarchism, Revolution, and Reaction : Catalan Labour and the Crisis of the Spanish State, 1898-1923, Berghahn Books, 2007, page 344. - est un « groupe d'action » Josep Termes, Història del catalanisme fins el 1923, Pòrtic, 2000, page 575. ou un « groupe armé d'autodéfense »Édouard Waintrop, Abel Paz, un ado sur les barricades, Libération, 6 août 2001, lire en ligne. formé, à l'initiative de la Confédération nationale du travailFreddy Gomez, Un entretien avec Juan García Oliver, À contretemps, , juillet 2004, texte intégral., en à Barcelone en réponse au pistolérisme, politique d'assassinats ciblés de militants syndicalistes par certains milieux patronaux, couverts par les autorités gouvernementales espagnoles, surtout en Catalogne.
Composé de quatorze jeunes ouvriers Jason Garner, Goals and Means : Anarchism, Syndicalism, and Internationalism in the Origins of the Federación Anarquista Ibérica, AK Press, 2016, note 10, page 232., ce groupe affinitaire réunit, entre autres, Buenaventura Durruti (1896-1936), Joan García Oliver (1901-1980), Francisco Ascaso (1901-1936), Miguel García Vivancos (1895-1972), Ricardo Sanz (1898-1986), Ramona Berri, Eusebio Brau, Manuel Campos et Aurelio Fernández Robert J. Alexander, The Anarchists in the Spanish Civil War, volume 1, Janus Publishing Company Lim, 1999, page 83.Robert J. Alexander, Violence et terrorisme anarchiste durant la guerre civile, in The anarchists in the Spanish war, Janus Publishing Company Limited, 1999, lire en ligne, lire en ligne. Stuart Christie, We, the Anarchists ! : A Study of the Iberian Anarchist Federation (FAI), 1927-1937, Christie Books, 2000, page 10, note 12.
Revendiquant l'assassinat de plusieurs personnalités liées, d'après eux, au pistolérisme (dont le cardinal Juan Soldevilla y Romero et l'ex-gouverneur Faustino Regueral de Bilbao), le groupe se finance en menant des braquages à main armée (« expropriations ») dans des banques Chris Ealham, Class, Culture and Conflict in Barcelona, 1898-1937, Routledge, 2004, page 50..
En 1923, le groupe dévalise la Banque d'Espagne à Gijón. L'argent sert à venir en aide aux familles de militants emprisonnés.
Partisan d'un « anarchisme pur », le groupe s'oppose dans le mouvement libertaire espagnol au courant « syndicaliste » (« possibilisme libertaire ») rassemblé, en 1931, autour du Manifeste des TrentePierre Vilar, La guerre d'Espagne (1936-1939), Que sais-je ?, , Presses Universitaires de France, 2002, lire en ligne.. Son influence est importante dans le domaine de l'action mais faible sur le plan politiqueCésar M. Lorenzo, Les anarchistes espagnols et le pouvoir (1868-1969), Le Seuil, Paris, 1969, page 62..
En 1933, après la légalisation de la Confédération nationale du travail, la plupart des membres se retrouvent dans le groupe Nosotros (Nous en espagnol) qui défend des positions anarchistes au sein de la confédération.
Histoire
succède à un groupe appelé créé à Saragosse.
En , immédiatement après l’assassinat du célèbre dirigeant de la CNT Salvador Seguí, la Confédération nationale du travail crée un Comité d’action composé de Juan Peiró, Camilo Piñón Miguel Iñiguez, Esbozo de una Enciclopedia histórica del anarquismo español, Fundación de Estudios Libertarios Anselmo Lorenzo, Madrid, 2001, 484., Narciso Marcó Miguel Iñiguez, Esbozo de una Enciclopedia histórica del anarquismo español, Fundación de Estudios Libertarios Anselmo Lorenzo, Madrid, 2001, 371. et Ángel Pestaña, qui charge Juan García Oliver d’obtenir par tous les moyens les fonds nécessaires à la lutte arméeJoël Delhom, Les anarchistes espagnols dans les conspirations contre la Dictature et la Monarchie (1923-1930), Cahiers de civilisation espagnole contemporaine, 1|2012, lire en ligne, ..
Los Solidarios aura pour objectif l'achat et le stockage d'armes dans le but de riposter au pistolérisme patronal et d'anticiper une future dictature du général Miguel Primo de Rivera Joan Pous i Porta, Josep M. Solé i Sabaté, Anarquia i república a Cerdanya, L'Abadia de Montserrat, 1991, page 30..
Actions notables
Le , à León alors que la ville célèbre la , les anarchistes Gregorio Suberviela et Martinez Garzon abattent l'ex-gouverneur Faustino González RegueralMichael Lowy, Olivier Besancenot, Affinités révolutionnaires : nos étoiles rouges et noires, Fayard/Mille et une nuits, 2014, page 34. qui sort d'un théâtre (il était un des responsables du pistolérisme patronal et de la répression du début des années 1920). Les deux activistes réussissent à prendre la fuite malgré la présence des gardes du corps et de la policeL'Éphéméride anarchiste : notice.
Le , à Saragosse, Francisco Ascaso et aidés des militants Juliana López et Esteban Salamero abattent l'archevêque-cardinal Juan Soldevilla y Romero et le religieux qui l'accompagne en les criblant de balles alors qu'ils circulent dans une automobile. Le cardinal Soldevila aurait été, d'après les anarchistes, le principal financier et recruteur des pistoleros du patronat de SaragosseL'Éphéméride anarchiste : notice..
Ces actions interviennent quelques semaines après l'assassinat à Barcelone de Salvador Seguí (), l'un des principaux leaders de la CNT en Catalogne Angel Smith, Historical Dictionary of Spain, Scarecrow Press, 2009, page 226. Murray Bookchin, The Third Revolution, A&C Black, 2005, page 121..
Le , à Gijón, Durruti, , Gregorio Suberviela et Eusebio Brau achètent des armes dans le but de s'opposer à une future dictature de Primo de Rivera et attaquent en plein midi la Banque d'Espagne de Gijón et s'emparent de pesetas. Couvrant la fuite de leurs complices, Eusebio Brau et opposent un feu nourri à la police, mais ne peuvent semer leurs poursuivants. Localisé le lendemain près d'Oviedo, Eusebio Brau est tué après avoir résisté à la police. Escartín, arrêté, sera torturé avant d'être emprisonnéL'Éphéméride anarchiste : notice..
Le , à Barcelone, la police opère un coup de filet contre les activistes du groupe : Gregorio Suberviela qui tente de s'échapper tombe sous les balles des policiers ainsi que Marcelino del Campo qui est tué après avoir mortellement blessé plusieurs policiers. Les frères Ceferino et ainsi qu'Adolfo Ballano, sont arrêtés sans avoir eu le temps de faire usage de leurs armes. Quant à Gregorio Jover, arrêté et conduit au commissariat, il s'en évade en trompant la vigilance de ses gardiens et en sautant par une fenêtre. , parvient aussi à s'échapper après avoir tenu en respect les policiers venus l'arrêterL'Éphéméride anarchiste : notice..
Publications Le groupe finance plusieurs publications dont Cristol, revista grafica de ideas, ciencia y arte et, imprimé en France, le journal Liberion, organe de la Fédération des groupes anarchistes de langue espagnole, rebaptisé Iberion après l'interdiction ministérielle de Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Lucien Charbonneau..
Exil Après ces actions, sous la pression de la dictature de Miguel Primo de Rivera et à la demande de la Confédération nationale du travail le groupe se dissout. Durruti, Ascaso, Jover et d'autres membres fuient vers la France, puis en Amérique latine en 1924. Les trois arrivent au Chili en 1925 Osvaldo Bayer, The Anarchist Expropriators : Buenaventura Durruti and Argentina's Working-Class Robin Hoods, AK Press, 2015, page 11..
Durruti, Ascaso, Jover retournent ensuite en France où ils vivent dans la clandestinité. Accusés de tentative d'assassinat sur la personne du roi Alfonso XIII en visite à Paris, ils sont emprisonnés en 1927. À l'initiative d'un Comité international du droit d’asile (CIDA) animé par Nicolas FaucierDictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Nicolas Faucier. et de Louis LecoinDictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : Louis Lecoin., une campagne en faveur de l'amnistie des trois militants aboutit à leur libération. Expulsés de France, ils obtiennent l'autorisation de s'installer en Belgique.
Postérité
Oliver, Durruti et Ascaso sont parfois surnommés les « trois mousquetaires de l'anarchisme espagnol » Paul Preston, Ann L. Mackenzie, The Republic Besieged : Civil War in Spain 1936-1939, Edinburgh University Press, 1996, page 146.Louis Nucéra, L'ami, Grasset, 1974, page 69. qui eux aussi, étaient quatre, avec JoverCaballero Marcel, Les anarchistes espagnols à Force ouvrière, Mouvements 1/2006, pp. 53-56 lire en ligne..
Il existe un enregistrement sonore d'un discours prononcé par Joan García Oliver qui décrit les membres du groupe, y compris lui-même, comme , en citant comme exemple les meurtres de Salvador Seguí et Francesc Layret.
Nosotros
Avec la proclamation de la Seconde République espagnole (1931), certains membres, qui ont réussi à revenir en Catalogne, intègrent la Fédération anarchiste ibérique en 1933 sous le nom de Nosotros (Nous en espagnol) Jordi W. Getman-Eraso, Rethinking the Revolution : Utopia and Pragmatism in Catalan Anarchosyndicalism, University of Wisconsin--Madison, 2001, page 77., et défendent des positions anarchistes au sein de la Confédération nationale du travail.
À cette époque, le groupe réunit, entre autres, Francisco Ascaso, Buenaventura Durruti, Joan García Oliver, , Ricardo Sanz, Miguel García Vivancos, Gregorio Jover, José Pérez Ibáñez (« El Valencià »), Quico Sabaté et Antonio Ortiz Ramírez..
Avec le début de la révolution sociale espagnole de 1936, le groupe cesse d'agir en tant que tel.
Le , au cimetière de Montjuich (Barcelone), Juan García Oliver rend hommage à Durruti, tué un an plus tôt sur le front de Madrid. L’ex-ministre de la Justice du gouvernement Largo Caballero remonte le cours de l’histoire : « Je n’ai pas honte de le dire, je le confesse avec fierté, nous avons été les rois du pistolet ouvrier de Barcelone, les meilleurs terroristes de la classe ouvrière… “Nosotros”, ceux qui n’ont pas de nom, ceux qui n’ont pas d’orgueil, ceux qui ne forment qu’un bloc, ceux qui payent l’ un après l’autre, “Nosotros”… La mort n’est rien, nos vies individuelles ne sont rien ! Tant que l’un de nous vivra, “Nosotros” vivra ! »Freddy Gomez, La folle épopée d’Antonio Ortiz, A contretemps, n°5, novembre 2001, lire en ligne.
Commentaires Selon José Fergo dans la « revue de critique bibliographique et d'histoire du mouvement libertaire », À contretemps : « [En 1923], l’assassinat de Salvador Seguí à Barcelone conduit les instances dirigeantes de la CNT, constituées en « commission exécutive », à [...] former un groupe d’action armé [...] « Los Solidarios » sans que ses membres sachent le moins du monde qu’ils sont, de fait, le bras armé d’un état-major de guerre. La légende a retenu une version plus glorieuse - plus anarchiste aussi - de cette histoire : celle d’un groupe d’affinité né spontanément pour pallier les carences d’une CNT dirigée par des réformistes. Sur ce point, El eco de los pasos remet indiscutablement l’histoire sur ses pieds. L’épopée des « Solidarios » se solde par un échec. Ses deux principaux faits d’armes - l’exécution, à Saragosse, du cardinal Soldevila et celle, à Tolède, de Regueral, ancien gouverneur de Bilbao - relèvent de l’initiative personnelle de ses auteurs. Ils sont, en tout cas, sans lien avec les objectifs fixés par la « commission exécutive », qui décide, d’un commun accord avec García Oliver, de dissoudre le groupe. »José Fergo, García Oliver : échos et contre-échos, À contretemps, , juillet 2004, texte intégral.
Membres notoires
Bibliographie Abel Paz, Durruti, le peuple en armes. París, Tête de Feuille, 1972. Michel Ragon, Dictionnaire de l'anarchie, Albin Michel, 2008, page 182. Abel Paz, Durruti : un anarchiste espagnol, Quai Voltaire, 1993, page 55.