Argo est un thriller politique américain réalisé par Ben Affleck et sorti en 2012. L'acteur-réalisateur tient également le rôle principal. Le film retrace de façon romancée un fait historique survenu à Téhéran en 1979, le sauvetage de six des otages de l’ambassade américaine durant la Révolution iranienne.

Très bien accueilli par les professionnels du cinéma, il est gratifié de trois Oscars, dont celui du meilleur film, et les critiques sont très élogieuses, en France notamment. Le public est également au rendez-vous : plus d'1,3 million de spectateurs vont le voir dans les salles de l'Hexagone.

Cependant, des voix se sont élevées, au Canada notamment, sur les contre-vérités sur lesquelles repose le film. En effet, celui-ci minimise le rôle de l'ambassade du Canada dans l’exfiltration des otages pour en attribuer tous les mérites à un improbable agent de la CIA hors de contrôle de sa hiérarchie.

Synopsis Le 4 novembre 1979, en pleine révolution iranienne, des militants islamistes prennent d'assaut l'ambassade des États-Unis à Téhéran. Cette attaque survient en réaction à la décision du président Jimmy Carter d'accorder l'asile à l'ancien shah Mohammad Reza Pahlavi, récemment renversé. Soixante-six membres du personnel diplomatique sont capturés, mais six parviennent à s'échapper et trouvent refuge chez l'ambassadeur du Canada, Ken Taylor, qui accepte de les cacher en secret.

vignette|Photos des six diplomates américains qui se sont échappés de l'ambassade américaine.

À Washington D.C., le département d'État des États-Unis cherche une solution pour exfiltrer discrètement ces fugitifs. La mission est confiée à Tony Mendez, spécialiste des opérations d'exfiltration à la CIA. Après avoir rejeté plusieurs plans jugés trop dangereux, il imagine une stratégie inhabituelle : faire passer les six diplomates pour une équipe de cinéma canadienne venue préparer le tournage d'un film de science-fiction. Cette idée lui vient en observant l'univers des productions hollywoodiennes, notamment des films comme La Bataille de la planète des singes.

Pour rendre cette couverture crédible, Mendez se rend à Los Angeles, où il s'appuie sur des professionnels du cinéma. Avec l'aide du maquilleur John Chambers et du producteur Lester Siegel, il met en place une fausse société de production et lance un projet fictif intitulé Argo, présenté comme un film dans l'esprit de Star Wars. Une véritable campagne promotionnelle est organisée afin de donner de la crédibilité à l'opération. Pendant ce temps, à Téhéran, les révolutionnaires tentent de reconstituer des documents détruits dans l'ambassade, ce qui augmente le danger pour les fugitifs.

Sous une fausse identité, Mendez entre en Iran et rejoint les six Américains. Il leur fournit de nouveaux passeports canadiens et les prépare à jouer leur rôle de cinéastes. Malgré leurs doutes, ils acceptent le plan, conscients qu'il s'agit de leur seule chance. Une sortie au bazar de Téhéran, destinée à appuyer leur couverture, tourne brièvement à la confrontation lorsqu'un commerçant se montre hostile, mais ils parviennent à s’en sortir.

Alors que l'opération est officiellement annulée au profit d'un projet militaire — qui rappelle des initiatives comme l'opération Eagle Claw — Mendez décide de poursuivre malgré tout. Avec l'appui de son supérieur, Jack O'Donnell, il relance discrètement la mission et organise le départ des fugitifs. À l'aéroport de Téhéran-Mehrabad, les contrôles sont stricts, les réservations tardent à être confirmées et un appel de vérification vers la fausse société de production manque de compromettre l'opération. Les fugitifs montent finalement à bord d'un vol Swissair alors même que les autorités aéroportuaires viennent d'apprendre la supercherie, sans parvenir à empêcher le décollage de l'appareil.

Après l'exfiltration, le rôle des États-Unis est volontairement minimisé afin de protéger les otages encore retenus. Le mérite de l'opération est attribué au Canada, tandis que Mendez reçoit l'Intelligence Star. Ce n'est qu'en 1997, après la déclassification de l'opération par le président Bill Clinton, que les détails de cette mission — connue sous le nom de « Subterfuge canadien » (Canadian Caper en anglais) — sont rendus publics. Les autres otages, quant à eux, seront libérés après 444 jours de captivité.

Fiche technique Titre original et français : Argo Réalisation : Ben Affleck Scénario : Chris Terrio, d'après l'article de presse Escape from Tehran de Joshuah Bearman et The Master of Disguise de Antonio Mendez Musique : Alexandre Desplat Direction artistique : Peter Borck et Deniz Göktürk Décors : Sharon Seymour Costumes : Jacqueline West Photographie : Rodrigo Prieto Montage : William Goldenberg Production : George Clooney, Grant Heslov, David Klawans et Ben Affleck Producteurs délégués : Chris Brigham, Chay Carter, Tim Headington, Graham King, David Klawans et Nina Wolarsky Sociétés de production : GK Films et Smokehouse Société de distribution : Warner Bros. Pays de production : Langue originale : anglais Format : couleur - 2,35:1 - 35 mm - son Dolby Digital Budget : Genre : Biopic, drame, thriller et historique Durée : 120 minutes, 129 minutes (version longue sortie en vidéo) Dates de sortie Dates de sortie sur IMDB : Canada : (festival de Toronto) Canada, États-Unis : Belgique, France, Suisse :

Distribution Ben Affleck (VF : Boris Rehlinger ; VQ : Pierre Auger) : Tony Mendez Bryan Cranston (VF : Jean-Louis Faure ; VQ : Jacques Lavallée) : Jack O'Donnell, le supérieur de Tony John Goodman (VF : Jacques Frantz ; VQ : Yves Corbeil) : John Chambers Alan Arkin (VF : Yves Barsacq ; VQ : Jean-Marie Moncelet) : Lester Siegel Kyle Chandler (VF : Emmanuel Curtil ; VQ : Daniel Picard) : Hamilton Jordan Tate Donovan (VF : Franck Capillery ; VQ : Benoît Rousseau) : Bob Anders Clea DuVall (VF : Marie Donnio ; VQ : Camille Cyr-Desmarais) : Cora Lijek Christopher Denham (VF : Alexandre Gillet ; VQ : Philippe Martin) : Mark Lijek Rory Cochrane (VF : Tanguy Goasdoué ; VQ : Jean-François Beaupré) : Lee Schatz Scoot McNairy (VF : Thierry Bourdon ; VQ : Antoine Durand) : Joe Stafford Kerry Bishé (VF : Jessica Barrier ; VQ : Magalie Lépine-Blondeau) : Kathy Stafford Victor Garber (VF : Gabriel Le Doze ; VQ : Denis Gravereaux) : Ken Taylor, l'ambassadeur du Canada Page Leong (VF : Yumi Fujimori) : Pat Taylor, femme de l'ambassadeur Adrienne Barbeau : Nina Richard Kind (VF : Patrice Dozier ; VQ : Manuel Tadros) : Max Klein Titus Welliver (VF : Pascal Germain ; VQ : Pierre Chagnon) : Jon Bates Michael Parks : Jack Kirby Željko Ivanek (VF : Hervé Bellon ; VQ : Jean-Luc Montminy) : Robert Pender Chris Messina (VF : Alexis Victor ; VQ : Marc-André Bélanger) : Malinov Richard Dillane (VF : Jérôme Keen ; VQ : Gilbert Lachance) : Peter Nicholls Omid Abtahi (VF : Antoine Nasseri) : Reza Borhani J. R. Cacia (VF : Patrick Mancini ; VQ : Alexandre Fortin) : Brice Bob Gunton (VF : Georges Claisse ; VQ : Marc Bellier) : Cyrus Vance Taylor Schilling : Christine Mendez, la femme de Tony (VF : Charles Borg) : Tom Ahern Keith Szarabajka (VF : Michel Voletti ; VQ : Éric Gaudry) : Adam Engell Matt Doherty (VF : Michel Laroussi) : Butler Barry Livingston : Bill Hickey Tom Lenk : Rodd Michael Cassidy : l'analyste de Jordan Bill Tangradi (VF : Daniel Lafourcade) : Alan Philip Baker Hall (VF : Philippe Ariotti ; VQ : Vincent Davy) : Stansfield Turner, le directeur de la CIA Sheila Vand : Sahar

Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage« Fiche de doublage VF du film » sur RS Doublage, consulté le octobre 2012, m-à-j le 25 avril 2013 et AlloDoublage« Deuxième fiche de doublage VF du film » sur AlloDoublage, consulté le 7 novembre 2012 ; version québécoise (VQ) sur Doublage.qc.ca« Fiche de doublage VQ du film » sur Doublage.qc.ca, consulté le 18 novembre 2012

Production Genèse et développement Grant Heslov et George Clooney découvrent un article de presse évoquant le Subterfuge canadien. Les deux partenaires y voient alors l'occasion d'en faire un film. Grant Heslov explique : George Clooney contacte ensuite Ben Affleck via son ami Matt DamonSecrets de tournage - Allociné.

Chris Terrio est chargé d'écrire le scénario d'après l'article How the CIA Used a Fake Sci-Fi Flick to Rescue Americans from Tehran de Joshuah Bearman publié en 2007 dans le magazine Wired.

La participation de Ben Affleck est annoncée en .

Ben Affleck cite comme influences le travail de Costa-Gavras, ainsi que des films comme Les Hommes du président (1976) d'Alan J. Pakula, Meurtre d'un bookmaker chinois (1976) de John Cassavetes ou encore La Bataille d'Alger (1966) de Gillo Pontecorvo.

Attribution des rôles

En , Alan Arkin rejoint la distribution.

Pour son troisième long métrage comme réalisateur, Ben Affleck offre à nouveau un rôle à Titus Welliver, présent sur les deux précédents.

Tournage Le tournage débute à Los Angeles en . Les prises de vues se déroulent également dans d'autres localités californiennes (Beverly Hills, Ontario, Warner Bros. Studios), ainsi qu'à McLean en Virginie, à Washington, D.C. et à Istanbul.

La scène dans laquelle Mendez arrive en voiture et entre dans le hall du siège de la CIA a été réellement filmée dans le bâtiment du siège de la CIA en Virginie. Toutes les autres scènes se déroulant à la CIA ont cependant été tournées dans le sous-sol du à Los Angeles.

Sortie et accueil Critique

Aux États-Unis Lors de sa présentation au festival international du film de Toronto 2012, le film recueille des critiques unanimement favorablesToronto 2012 : le phénomène Looper, Cloud Atlas et Argo ont-ils séduit la critique ? sur AlloCiné : The Guardian : The Hollywood Reporter : Variety : Film.com :

Dès sa sortie en salles, Argo est également acclamé par la critique, qui est très largement favorable, obtenant 96 % d'avis positifs sur le site Rotten Tomatoes, basé sur 253 commentaires collectés et une note moyenne de . et un score de sur le site Metacritic, basé sur 45 commentaires collectés .

France La critique hexagonale est à l'unisson. Allociné calcule une moyenne de 3,7 sur 5 pour 27 articles recensés. Ceux-ci notent que Ben Affleck a tenu la gageure de réaliser à la fois un film politique (genre souvent austère) et un thriller palpitant. L’hebdomadaire Elle, par exemple, écrit : « Outre l'aspect historique (...) "Argo" est un film qui se regarde comme un thriller avec un suspense qui vous noue l'estomac. » Et Paris Match renchérit : « ”Argo” vous colle au siège. » Seul Pierre Murat de Télérama se déclare « ... navré, tout de même, de voir Ben Affleck (...) réalisateur plutôt doué se faire le héraut de cet héroïsme bêta et suranné. ». Il est le seul, avec le chroniqueur de Libération, à mettre le doigt sur la règle hollywoodienne qui met au centre de la plupart des productions un héros sans peur et sans reproche... même s’il n’existe pas dans la réalité qu’on est supposé relater.

Box-office En France Argo se classe au box-office de l'année 2012 avec près d'1,4 million d’entrées dans les salles. Cela représente un peu plus de 9 millions de dollars de recettes pour ses producteurs américains. Aux États-Unis ces derniers empochent 136 millions $ et au niveau mondial près de 283 millions $.