La fosse 7 - 7 bis dite Dahomey ou Boisgelin de la Compagnie des mines de Dourges est un ancien charbonnage du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, situé à Montigny-en-Gohelle. Les puits 7 et 7 bis sont commencés en , et la fosse commence à extraire en 1898. Le puits 7 bis est terminé vers 1900. Des cités sont bâties à proximité de la fosse, et un terril conique 86, 7 de Dourges, est édifié à l'ouest du carreau. La fosse est détruite durant la Première Guerre mondiale. Durant la Seconde Guerre mondiale, la fosse 7 - 7 bis est au cœur d'un mouvement de grève contre l'occupant allemand.

La Compagnie des mines de Dourges est nationalisée en 1946, et la fosse 7 - 7 bis intègre le Groupe d'Hénin-Liétard. Elle cesse d'extraire en 1948 à la suite de sa concentration sur la fosse 2 - 2 bis. Le puits 7 est remblayé en 1952, le puits 7 bis l'est trois ans plus tard. Le terril 86, 7 de Dourges, est pour ainsi dire intégralement exploité.

Une partie des corons est détruite. Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits 7 et 7 bis. Le site du terril est devenu un espace vert. Il subsiste trois bâtiments de la fosse : les bureaux, les ateliers et les lavabos.

La fosse

Fonçage

La fosse 7 - 7 bis est commencé en par la Compagnie des mines de Dourges, à l'extrémité ouest de Montigny-en-Gohelle, contre la route d'Hénin-Liétard à Harnes. Elle est située à à l'ouest-nord-ouest de la fosse 2, sise à Hénin-Beaumont, et à au nord-est de la fosse 6, sise dans la même commune.

L'orifice du puits 7 est situé à l'altitude de . La traversée des morts-terrains aquifères est réalisée par le procédé de congélation. Le diamètre du puits est de . Le terrain houiller est atteint à la profondeur de . thumb|left|Le puits 7.

Exploitation

La fosse 7 commence à extraire en 1898. Le puits 7 bis est terminé vers 1900, à au sud-ouest du puits 7. Il assure l'aérage et l'extraction.

La fosse est détruite durant la Première Guerre mondiale.

Seconde Guerre mondiale Durant la Seconde Guerre mondiale, la fosse 7 - 7 bis est au cœur du plus important des mouvements de grève contre l'occupant allemand: la grève patriotique des cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais en mai-juin 1941, lancée dans cette fosse par un militant communiste très actif, Michel Brulé, qui avait déjà lancé les mois précédents plusieurs mouvements sociaux et grèves.

Déclenchée le à la fosse no 7 - 7 bis de la Compagnie des mines de Dourges par Michel Brulé, elle s'étendit dès le lendemain à de nombreuses autres mines, via un comité installé à Lens par Auguste Lecœur, Nestor Calonne et Julien Hapiot chargé de la diffuser en protégeant cette diffusion par des groupes armés, pour gagner en seulement cinq jours l'ensemble du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.

Plusieurs centaines de mineurs grévistes ont été déportés ou fusillés, dont Michel Brulé. Émilienne Mopty, femme de mineur et résistante, a été décapitée. La fin de l'extraction La Compagnie des mines de Dourges est nationalisée en 1946, et la fosse 7 - 7 bis intègre le Groupe d'Hénin-Liétard. Elle cesse très rapidement d'extraire, puisqu'elle est concentrée en 1948 sur la fosse 2 - 2 bis. Les bâtiments servent alors au centre électro-mécanique du fond. Le puits 7, profond de , est remblayé en 1952, le puits 7 bis, profond de , l'est en 1955. Monument commémorant la grève érigé au puits Dahomey thumb|upright=0.8|Le monument en octobre 2012.

Après la Seconde Guerre mondiale, un monument a été érigé au puits Dahomey à la mémoire des victimes de la répression de la Grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais (1941), la plus grande grève de l'Europe occupée. Selon les livres d'Auguste Lecœur, c'est Victorin Duguet, un ancien des mines de Trélys-Le Martinet (Gard) . qui s'en est chargé à la demande de Maurice Thorez en peu avant la fin de l'extraction en 1948.

Il écrit dans L'Humanité-Dimanche des 17- un article expliquant, en se trompant dans la date et en voulant faire l'éloge de Maurice Thorez, que "c'est à l'appel de ce grand patriote qu'en avril- cent mille mineurs du Nord et du Pas-de-Calais firent grève contre les hitlériens".

Secrétaire général de la CGT du sous-sol, il lance au même moment, aussi à la demande de Maurice Thorez, "un appel à l'unité syndicale au sein de la CGT pour une production intensifiée". Victorin Duguet deviendra le premier président des Charbonnages de France, nationalisés, de à .

Une photo en gros plan de ce monument apparait dans le livre "Les bataillons de la jeunesse" publié par l'ex-colonel des FTP Albert Ouzoulias en 1967"Les bataillons de la jeunesse" par Albert Ouzoulias, en 1967 puis une autre, quatre ans plus tard, dans le livre "Croix de guerre pour une grève. Cent mille mineurs contre l'occupant" publié par l'organisateur de la grève Auguste Lecœur en 1971, cette fois accompagné d'un chapitre entier expliquant son histoire et déplorant que le site soit à l'abandon.

Ce monument commémorant la grève a selon lui été mis en place un peu avant la publication des deux livres de 1949 accréditant la thèse d'une grève menée à l'Appel du 10 juillet 1940, signé Thorez-Duclos, dont le contenu a été tronqué et modifié pour accréditer la thèse d'un PCF combattant les nazis dès 1940 et dissimuler le pacte germano-soviétique . Selon Auguste Lecœur, les "livres officiels" du PCF font référence à un numéro du de L'Humanité qui n'a jamais existé que sous la forme d'un faux-numéro fabriqué beaucoup plus tard par Jacques Duclos.

Le cinquantième anniversaire de Maurice Thorez est ainsi fêté le à la fosse 7 de la compagnie des mines de Dourges, dite du "Dahomey" pour accréditer l'idée que la grève aurait été initiée par Thorez juste avant un déjeuner dans son village natal de Noyelles-Godault avec sa mère et trois animateurs de la grève des mineurs de mai-juin 1941, qui ont échappé à l'éviction d'ex-résistants lors du XIIe congrès du PCF, le Pas-de-Calais en sortant au contraire renforcé à sa direction.

Le verbatim du texte gravée sur la plaque de pierre, ajouté sur le monument probablement en sous un titre "à nos morts 1940-1945" reprenant la liste des tués de la guerre, donne une idée des motivations de l'époque: .

Selon Fabrice Grenard, chargé de conférences à l'IEP de Paris, le datage "1940-945" qui chapeaute le tout tente de souligner "une continuité du combat mené par les mineurs et leurs meneurs communistes tout au long de l’occupation" et permettent de « gommer » en creux "les ambivalences du PCF entre son interdiction en et le tournant de ""Eclairage média", par Fabrice Grenard, chargé de conférences à l'IEP de Paris , tandis qu'un reportage de 2001 à l’occasion du 60ème anniversaire de la grève, illustre selon lui "la dimension symbolique de cet événement et sa place importante dans la mémoire ouvrière", mais d'autres sources parlent d'une "histoire fragile" et déplorent que cette grève ne soit pas citée dans l'enseignement de l'histoire dans les écoles françaises"Quatre-vingts ans après, la mémoire fragile de la grande grève des mineurs de 1941" reportage de l'AFP à Montigny-en-Gohelle, dans le Pas-de-Calais, le 19 décembre 2021 .

Christian Champiré, professeur d'histoire et maire communiste de Grenay, commune d'un des meneurs de la grève, Julien Hapiot, a ensuite obtenu la création par le garde des Sceaux Christiane Taubira d'une mission pour mieux faire connaître cette grève, peu avant que l'un des grévistes, Otello Troni, l'ancien maire communiste de Billy-Montigny, autre commune du bassin minier, décède à 94 ans. Parmi les membres de la mission, Pierre Outteryck, membre du PCF, annonce qu'il prépare une thèse sur le sujet.

Un autre monument aux mineurs grévistes de mai-, a ensuite été créé avec une sculpture de métal, square Victor-Foulon à AvionMonument aux mineurs grévistes de mai-juin 1941, square Victor Foulon à Avion . À la préfecture du département, la citadelle d'Arras, 218 plaques rappellent le souvenir de résistants fusillés, dont 133 mineurs grévistes.

Reconversion

Au début du , Charbonnages de France matérialise les têtes des puits 7 et 7 bis. Le BRGM y effectue des inspections chaque année. Il subsiste les bureaux, les ateliers et les lavabos.

Les terrils thumb|Le terril 86.

Le terril 86, 7 de Dourges, situé à Montigny-en-Gohelle, est le terril conique de la fosse 7 - 7 bis des mines de Dourges. Initialement haut de , il a été exploité, il n'en reste que la base

Les cités

De vastes cités ont été bâties à proximité de la fosse 7 - 7 bis.

Notes et références

Notes

Références

Références aux fiches du BRGM

Références à

Références à

Références à

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Voir aussi

Articles connexes Compagnie des mines de Dourges Groupe d'Hénin-Liétard

Bibliographie

. . . 1979 : Les Compagnons de route 1917-1968, Robert Laffont

Pour Lecoeur

Fosse 7 - 7 bis Dourges 7 - 7 bis Fosse n° 7