Jean Jacques Henri Boudet mieux connu sous le nom de l’abbé Henri Boudet, est un homme d'Église, hermétiste et écrivain français né le à Quillan et mort le à Axat.
Il fut pendant 42 ans le curé de Rennes-les-Bains, station thermale située dans le département de l'Aude.
Il est surtout connu comme l'auteur de La Vraie Langue celtique Langue celtique anagramme de culte angélique.« cf. Jules Verne, matériaux cryptographiques de Patrick Berlier ». et le cromleck de Rennes-les-Bains, livre énigmatique en huit chapitres qui parut en 1886, ouvrage dans lequel l'auteur tente d'associer celtisme amalgamé avec le mégalithisme et christianisme et cherche à démontrer par l'étude étymologique (chapitres 1 à 6) de mots languedociens, hébreux, puniques, kabyles, basques et celtes par l'anglais de l'existence d'une langue primitive commune à toute l'humanité, « une sorte de vieux celte » confondu avec l'anglais moderneLivre anglé. qu'il nomme La Vraie Langue celtique. La langue adamique aurait été conservée selon lui par la descendance postdiluvienne du patriarche biblique Gomère : le peuple celte des Volques Tectosages qui seraient aussi les ancêtres des Francs.
Les Anglo-Saxons, descendants supposés d'une colonie de Volques Tectosages (que l'abbé Boudet nomme TectosagesComprenez: les habitants de la planète Vénus ou ceux qui possèdent la connaissance du passé et du futur., dont dériverait le nom propre SaxonIl n'est pas inutile de rappeler que les Saxons étaient considérés sous le règne de l'Empereur Charlemagne comme ennemis du Christ (Église catholique, apostolique et romaine) car restés fidèles à leurs croyances ancestrales.) perdue quelque part dans la forêt hercynienne et qui finiront par réapparaître et s'installer dans une partie de l'Île de Bretagne mieux connue sous le nom d'Angleterre..
Le septième chapitre du livre est quant à lui consacré à de prétendus mégalithes que l'abbé Boudet fait figurer à tort comme faisant partie d'un immense CromleckHypothèse concernant la présence de la lettre K en lieu de la lettre H, renvoi au nombre 11, possible symbolisme de la dualité mais aussi une représentation des deux colonnes placées à l'entrée du Temple de Salomon. de seize ouL'étoile Sirius. dix-huit kilomètres de pourtour mais qui ne sont en réalité que des blocs de pierres restées en place, résultat de l'érosion naturelle. Les toponymes des environs de Rennes-les-Bains quant à eux porteraient la marque linguistique des Tectosages, liant intimement le cromlech à la résurrection, ou, si l'on veut, au réveil inattendu de la langue celtiquePhrase en italique extrait de l'avant-propos de ..
Enfin, le livre s'achève sur le village celtique de Rennes-les-Bains.
Biographie Jean Jacques Henri BoudetBoudet anagramme de debout. est né à Quillan, à l'instar de ses aînés, dans la maison de la veuve Pinet-Laval (née Angélique-Zoé-Caroline Saurel, une voisine"Dénombrement de 1836, liste nominative communale de Quillan", Archives Départementales de l'Aude, Carcasonne, .), le D'après l'auteur et chercheur Franck Daffos, Henri Boudet ne serait pas né dans la nuit du 15 au 16 novembre à trois heures du matin mais le 17 novembre après minuit, l'interprétation de la mention du jour d'avant noté sur l'acte de naissance de Henri Boudet porterait à confusion.« cf. Le secret dérobé, ».. Issu d'une famille de la petite-bourgeoisie originaire du Tarn, il est le quatrième enfant et troisième fils (second des enfants survivants) de Pierre Auguste Boudet, régisseur de la fonderie de Quillan et fondé de pouvoir« Bulletin des lois de la République française, numéros 297 à 337 », Bulletin des lois du royaume de France, règne de Louis-Philippe, roi des Français, ordonnance du roi portant autorisation de la société anonyme des Forges et Usines d'Axat (Aude), au palais de Saint-Cloud, le 19 septembre 1837. du comte François Denis Henry Albert de La Rochefoucauld-Bayers (1799 – 1854), un des actionnaires de la société des forges et fonderies d'Axat, et de Jeanne Françoise Adélaide Elizabeth Huillet née à Montfort-sur-Boulzane, fille de Jean Huillet, régisseur de forges. De cette union naitra un dernier enfant, un fils : Jean Baptiste Edmond Boudet (1840-1907), le futur notaire d'Axat et l'auteur des gravures et de la carte géographique de la région de Rennes-les-Bains (l'énigme dans l'énigme) faite à main levée et en trois couleurs qui illustrent La Vraie Langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains.
Pierre Auguste Boudet décède à Quillan le . Sa veuve, Jeanne Boudet dite Adélaide Boudet décède en 1895, sa mort sera suivie par celle de son aînée restée célibataire, Jeanne Marie Antoinette Adèle Boudet en 1896"La clef du mystère du 17 janvier !. Les tombes mythiques des cimetières de Rennes-les-Bains et Rennes-le-Château", À la recherche du secret perdu, p. 32., toutes deux inhumées dans le cimetière de Rennes-les-Bains. La tombe Concession perpétuelle achetée par l'abbé Boudet le 2 avril 1902.« cf. Les tombes mythiques des cimetières de Rennes-les-Bains et Rennes-le-Château». des deux femmes est située juste à côté de celle de Jean Vié Se situant en face de la tombe de Jean Vié, la concession perpétuelle acquise en 1974 par Pierre Plantard de Saint-Clair., ancien curé de Rennes-les-Bains et prédécesseur de l'abbé Boudet. Le nom des Boudet s'éteindra avec Edmond Boudet, mort sans enfant.
Si l'on peut aisément expliquer pourquoi Edmond Boudet devint notaire, c'est parce que maître Jean Chrysostome Casteilla qui fut d'abord notaire à Montfort-sur-Boulzane puis à Axat est un des témoins"Registres d'état civil de la commune de Montfort-sur-Boulzane, Aude, (Mariages Année 1831), 4 septembre 1831", Archives Départementales de l'Aude, Carcasonne. mentionnés sur l'acte de mariage du couple Boudet-Huillet qui fut célébré le à la mairie de Montfort-sur-Boulzane. Jean Chrysostome Casteilla assurément un proche de Pierre Auguste Boudet, fut certainement à l'origine de la vocation d'Edmond Boudet, ce dernier reprendra l'étude notariale de Jean Chrysostome Casteilla à Axat en 1869. A contrario, on ne sait malheureusement pas ce qui suscita l'engagement religieux du jeune Henri Boudet.
Après des études au séminaire de Carcassonne où il obtient une licence d'anglais, il entre peu de temps après au lycée catholique Saint-Stanislas de Carcassonne en qualité de professeur. Henri Boudet est ordonné prêtre le ., il est nommé vicaire de Durban le puis de Caunes en Minervois le . Il est ensuite nommé curé desservant de Festes et Saint André le , et enfin de Rennes-les-Bains le , en remplacement de Jean Vié, mort le .
Henri Boudet était devenu un homme accompli, il possédait un laboratoire photographique, une machine de Wimshurst, un appareillage de galvanoplastie et des densimètres, polymathe, il s'intéressait à l'archéologie, à la philologie et aussi à la paléographie.
Il était aussi membre de plusieurs sociétés savantes, en 1888, il est admis comme membre correspondant de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne qui est alors présidée par son ami Louis Fédié (1815-1899) de Couiza, historien, auteur et ancien conseiller général de l'Aude et en 1897, membre par cooptation de la Société de Linguistique de Paris. Ses études étymologiques portèrent sur plusieurs villages audois comme Axat, Narbonne, Gincla, Counozouls, Bessède-de-Sault, Cailla, Puylaurens, Le Bousquet, Roquefort-de-Sault, Salvezines, Artigues, Le Clat, Sainte-Colombe, Montfort et GreffeilM. Charles Dat de St-Foulc, Une Excursion A Greffeil Dans les Corbières, page 121 (Bulletin de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude, Tome II, 1891).. Il rédigea également une brève notice généalogique sur les Dax d'Axat, une vieille famille de Carcassonne et membre de la noblesse française, on peut citer deux membres de cette famille, Ange Jean Michel Bonaventure de Dax d'Axat et son fils, Barthélémy-Léon-François-Xavîer de Dax d'Axat (1802-1875), propriétaires des forges d'Axat.
L'abbé Boudet était rentier, il recevait des revenus substantiels de biens immobiliers qu'il possédait en copropriété avec sa sœur.
Après 42 ans de sacerdoce ministériel à Rennes-les-Bains, l'abbé Boudet démissionne le . Le , le périodique catholique La Semaine Religieuse de Carcassonne annonce la nomination de l'abbé Joseph RescanièresDécouvert mort le , il était âgé de 37 ans., missionnaire diocésain à Rennes-les-Bains en remplacement de l'abbé Henri Boudet autorisé à prendre sa retraite pour raison de santé.
Henri Boudet décède le à Axat des suites d'une longue maladie, fera paraître dans sa rubrique nécrologie un article rendant un dernier hommage au prêtre disparu.. Il est inhumé trois jours plus tard, le à dix heures du matin. Le registre des sépultures signé de Pierre Duvilla curé d'Axat qui date le décès à l'avant-veille soit le 31 mars contredit l'hommage rendu à l'abbé Boudet publié dans la semaine religieuse de Carcassonne daté du 10 avril 1915 et signé un Ami, celui-ci date l'inhumation au jeudi saint soit le avril et à neuf heures du matin., jour du Vendredi saint, au cimetière d'Axat auprès de son frère. La tombe des frères Boudet est toujours visible, le corps de Henri Boudet repose dans le caveau voisin.
On peut noter toutefois que si la tombe de l'abbé Boudet date le décès au à l'âge de 78 ans, l'acte de décès établi par la mairie d'Axat le à 11 heures du matin date la mort au , survenue à sept heures du soir à son domicile.
À sa mort, ses archives passent dans la famille Saurel, la belle-famille de son frère Edmond.
Débuts littéraires et hermétisme Quatorze ans après son arrivée à Rennes-les-Bains, Henri Boudet publie à compte d'auteur chez l'imprimeur Victor Bonnafous de Carcassonne, La Vraie Langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains, il existerait d'autre part, une édition princeps du livreHenri Boudet, abbé de Rennes-les-Bains, 100 Anniversaire de André Goudonnet, page 178 (Arqua édition, 2015). qui parut en 1885. Étant donné que La Vraie Langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains n'est pas un livre d'église, il était inutile pour l'abbé Boudet de demander l'imprimatur à l'évêché de Carcassonne. Le livre était disponible à l'achat auprès de l'imprimerie François Pomiès située au 50, rue de la Mairie à Carcassonne, au prix de 3 fr.50 ou franco de port au prix de 3 fr.90Le Courrier de l'Aude, 27 janvier 1887, page 3 ( Année, )..
À sa sortie, le livre reçut des critiques mitigées de la part de la presse écrite régionale. Le Courrier de l'AudeLe Courrier de l'Aude, 18 décembre 1886, page 3 ( Année, ). daté du publia un article flatteur et enthousiaste, titré Rennes-les-Bains-Une importante découverte historique qui sera suivi d'une critique acerbe publiée dans Le Radical du Midi daté du et signé du félibre Gaston Jourdanne (1858 – 1905), avocat et membre de la Société d'études scientifiques de l'Aude.
La même année, La Vraie Langue celtique et le cromleck de Rennes-les-Bains figure parmi les dix travaux historiquesRevue critique d'histoire et de littérature, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, séance du 14 janvier 1887, , Paris, 1887. sélectionnés pour le Prix Gobert de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Le Prix Gobert est décerné au «travail le plus savant et le plus profond sur l'histoire de la France et les études qui s'y rattachent et à celui qui s'en rapproche le plus» mais c'est l'historien et essayiste Alphonse de RubleAnnuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, Tome XXIV, , Paris, 1887. qui obtiendra le Prix Gobert pour ses livres intitulés respectivement Le Mariage de Jeanne d'Albret et Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret. Toujours en 1887, Henri Boudet tentera en vain de voir son livre récompensé par le prix de la Médaille d'Or de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse"Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse", , Huitième série-Tome IX, Imprimerie Douloudure-Privat, Toulouse, (1887)..