La rue des Arts est une voie de Lille.
Situation et accès Cette voie des quartiers Vieux-Lille et Lille-Centre relie la place des Patiniers aux rues Anatole-France, de la Quenette et de Roubaix.
Origine du nom
Historique Au , la rue fait partie des rues où habitent les bourgeois de la ville. Elle ferait partie du forum de l'acte de fondation de la collégiale Saint-Pierre, qu'elle délimite..
La rue Le premier agrandissement de l'enceinte de la ville de Lille (enceinte construite en 1030) est réalisé entre 1145 et 1216. En ligne . Elle s'appelle rue des Récollets à partir du , puis rue des Arts après la Révolution française.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Couvent des Récollets
Quelques années après la mort de François d’Assise (1226), les premiers Franciscains arrivent à Lille. : un couvent de l'ordre des frères mineurs est établi dans cette rue en 1249.
. La rue des Récollets fut nivelée en 1689. .
Le couvent vivait de ses privilèges, assis notamment sur la captation de revenus de biens fonciers agricoles (la mense) et sur l'impôt religieux payé par la population (la dîme), mis en cause le 4 août 1789 et supprimés par lettres-patentes du . Sur proposition de l'évêque d'Autun, l'Assemblée constituante, par décret du 2 novembre 1789, met les biens du clergé, dont les biens des congrégations telles que celle des Récollets, à la disposition de la Nation, pour être vendus et résorber une partie de la dette publique accumulée sous l'Ancien Régime. C'est pourquoi le couvent et sa chapelle servirent de dépôt-bibliothèque aux œuvres spoliées durant la Révolution française .
La rue est renommée rue des Arts en 1793.
Le botaniste Jean-Baptiste Lestiboudois transfère son jardin des plantesLe jardin botanique dont Jean-Baptiste Lestiboudois avait la charge à partir de 1770 avait été créé vers 1750 par le médecin Pierre Cointrel, utilisé pour son cours public de botanique ouvert en 1753, rue Dauphine à Lille, et fréquenté notamment par des élèves de l'école de chirurgie et de pharmacie de Lille. dans le jardin des Récollets en 1794. Son petit-fils Gaspard Thémistocle Lestiboudois l'utilise toujours pour son cours public de botanique en 1850 et en 1857.
Le couvent et sa chapelle sont détruits lors de la construction du lycée de Lille entre 1848 et 1852. Subsiste aujourd'hui le jardin du couvent des Récollets, situé à l'angle de la rue des Arts et du boulevard Carnot.
Les écoles Écoles académiques (1755-1939) Les écoles académiques de Lille, créées en 1755 par le magistrat de Lille sur proposition de l'architecte Thomas-Joseph Gombert, héritières de l'école publique gratuite de dessin ouverte en 1753 et de l'école d'architecture créée en 1758 rue des RécolletsPhilippe Marchand, Histoire de Lille, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2003, p. 49, sont supprimées entre 1791 et 1795. En 1796, elles sont associées à l'École centrale de Lille, rue des Arts. Elles offrent des cours publics dans les domaines des beaux-arts et des arts appliquésJusqu'au , l'enseignement des techniques artistiques passe par l'apprentissage auprès des artistes eux-mêmes. Jusqu'en 1791 (Loi Le Chapelier), les corporations de métiers assuraient l'enseignement professionnel par la voie de l'apprentissage et du compagnonnage. La doctrine du Libéralisme prétendit que le régime des corporations était un obstacle à la diffusion de l'innovation technique. La révolution industrielle, la Révolution française et le mettent en valeur les écoles académiques et font se développer les écoles professionnelles, promouvant les nouveaux procédés technologiques..
Dans les domaines des beaux-artsLes cours des beaux-arts ont lieu place du Concert dès avant 1850., elles assurent des cours d'arts plastiques, dessin et architecture, bénéficiant du musée des beaux-arts dans les mêmes locaux de la rue des Arts. Un annuaire administratif de 1835 indique, au titre des écoles académiques de Lille et des chaires municipales, des cours de dessin ombré, modelé, géométrie appliquée aux arts et à la mécanique, dessin linéaire, architecture, botanique, physique, chimie appliquée aux arts et aux manufactures. Elles sont héritières des cours de dessin ouverts en 1753, avec Louis Joseph Watteau comme professeur de dessin dès 1755, des cours d'architecture établis en 1758 et d'un cours de mathématiques en 1763. . Les écoles académiques de Lille forment plusieurs générations de peintres, sculpteurs et d'architectes lillois des . Les lauréats des écoles académiques de Lille sont médaillés en dessin, peinture, plastique, anatomie, architecture, géométrie descriptive, mécanique appliquée, dessin géométrique et perspective linéaire. Certains obtiennent le prix de Rome et ont grande notoriété. Les écoles académiques sont ultérieurement déplacées place du Concert..
Dans les domaines des sciences et des arts appliqués à l'industrie, elles offrent des cours publics de mathématiques et dessin dès 1763, mécanique et physique à partir de 1817, chimie en 1824, assurés par les professeurs des chaires municipales de Lille. . À partir de 1858 est établi un cours de chauffeurs mécaniciens de machines à vapeur. Tous ces cours professionnels, tenus rue des Arts et rue du Lombard, conduiront notamment en 1854 à l'établissement de l'École des arts industriels et des mines et de la faculté des sciences de Lille.
En 1862, 550 élèves suivent les cours gratuits des écoles académiques de Lille.
École centrale de Lille (1796-1803) La décision du Conseil des Cinq-Cents le 4 prairial an IV, après le rapport de Noël-Gabriel-Luce Villar. Voir aussi Arrêté du Représentant du Peuple envoyé pour l’établissement de l’Ecole Centrale dont le placement a été fixé à Lille, 6 Prairial, l’an 3e de la République française. Document manuscrit. ADN, cote L. 4840, et la loi du 8 prairial an IV instituent l'école centraleArchives municipales de Lille : Programme d'exercices publics qui auront lieu à l'école centrale du département du Nord établie à Lille les 28 et 29 fructidor an VI BM Lille cote 24724 ; Programme d'exercices publics des élèves de l'Ecole Centrale du département du Nord établie à Lille - les 28 et 29 Fructidor de l'an VII de la République (14 et 15 sept. 1799) BM Lille B21-1 Fonds Mahieu ; Programme d'exercices publics des élèves de l'Ecole Centrale du département du Nord établie à Lille - les 28 et 29 Thermidor an 9 de la République (16 et 17 août 1801) BM Lille B21-2 Fonds Mahieu ; Tableau des lauréats des classes supérieures de l'Ecole centrale, de l'Ecole secondaire communale, du collège communal, du collège royal, du lycée et du lycée impérial de la ville de Lille de 1796 à 1861 BM Lille cote 29260 ; Discours [sur l'instruction] prononcé par le Citoyen Guffroy-Vanghelle Professeur de belles-lettres, le 29 Fructidor, 6me année républicaine, à la distribution solennelle des prix faite à l'Ecole centrale du Département du Nord, établie à Lille, BM Lille cote 26964 ; Discours prononcé par le citoyen Guffroy-Vanghelle, professeur de belles-lettres à l'école centrale du département du nord, le Brumaire, an 7 pour la rentrée des classes BM Lille cote 26742 ; Discours prononcé par le citoyen Joubert, préfet du Nord, le 30 fructidor an VIII, à la distribution des prix aux élèves de l'Ecole centrale, à Lille BM Lille cote 26744 ; Abrégé élémentaire de l'histoire naturelle des animaux à l'usage de l'Ecole centrale du département du Nord, établie à Lille [par J. B. Lestiboudois.] BM Lille cote 7605 et cote 22490 ; Tableau des lauréats des classes supérieures de l'Ecole centrale, de l'Ecole secondaire communale, du collège communal... et du Lycée impérial de la ville de Lille de 1796 à 1861 BM Lille cote B20-8 Fonds Mahieu du département du Nord à Lille, ouverte en décembre 1796 dans les locaux de l'ancien couvent des Récollets de Lille, rue des ArtsPendant la Révolution française, la Convention nationale ordonne la suppression de tous les collèges et facultés de France le 15 septembre 1793. Les cours au « collège national de Lille », successeur du collège municipal fondé en 1592, reprennent néanmoins le 6 vendémiaire an III (1794), place aux Bleuets. La loi du 7 ventôse an III crée les Écoles centrales. Les écoles centrales sont des établissements d'enseignement public établis en remplacement des collèges des facultés des Arts des anciennes universités. La loi du 8 prairial an IV institue l'école centrale du département du Nord, ouverte en décembre 1796 dans les locaux de l'ancien couvent des Récollets de Lille, rue des Arts, succédant en quelque sorte au collège municipal de Lille et à la faculté des Arts de l'Université de Douai, fermée en 1795. . ., où pour la première fois l'enseignement des sciences exactes et appliquées ; l'Université d'Ancien Régime incarnée dans le nord de la France par l'Université de Douai ne valorisait pas l'enseignement des sciences et des technologies, comparé au droit et aux humanités, malgré la création en son sein d'une chaire royale de mathématiques et d'hydrographie en 1704 sous l'influence des jésuites. Dans le nord de la France, les seules formations scientifiques et techniques supérieures concernaient la formation des officiers des armes savantes (marine et construction navale, artillerie, génie, nécessitant connaissances en trigonométrie, optique, chimie des alliages) et étaient incarnées par l'École royale de l'artillerie de Douai à partir de 1679, celle de La Fère à partir de 1720, à Bapaume à partir de 1765, et l'École royale du génie de Mézières à partir de 1748, dont les examens d'entrée, accessibles aux candidats justifiant de quartiers de noblesse, requéraient des connaissances mathématiques. La création des Écoles centrales est donc proprement révolutionnaire en termes de programme d'enseignement. est systématisé. Le programme d'enseignement inclut les sciences expérimentales, dont la physique et la chimie , l'histoire naturelle, la botanique et la minéralogie, ainsi que le dessin et la géométrie descriptive, les mathématiques, les langues vivantes, la grammaire, les belles lettres, la rhétorique, l'histoire et la législation.
L'établissement de la liberté pour tous d'exercer une activité professionnelle sans contraintes est consécutive à l'abolition des privilèges en août 1789 puis à l'abolition des corporations de métiers par le décret d'Allarde et la Loi Le Chapelier en 1791 qui garantit la liberté d'entreprise et d'établissement, sur les principes de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ; c'est pourquoi, à l'École centrale de Lille, . L'évolution de l'enseignement lillois, passant de la transmission artisanale via l'apprentissage et les corporations de métiers à une formation plus abstraite et technique requise par la révolution industrielle, répond aux mutations de l'organisation du travail et aux besoins en main d'œuvre qualifiée des entrepreneurs, qui développent leurs usines via la mécanisation et appliquent des améliorations des procédés chimiques dans les manufactures textiles.