Le Stade tunisien (), abrégé en ST, est un club de football tunisien basé au Bardo dans la proche banlieue ouest de Tunis (ancienne résidence des beys de Tunis). Il fait partie des principaux clubs de la région de Tunis avec celles de l'Espérance sportive de Tunis et du Club africain.

Fondé le , il est l'héritier de la section de football de la défunte Association des jeunes musulmans du Bardo fondée en 1923. Ce club se trouve sous le patronage des beys, notamment Lamine Bey, d'où son surnom de .

Il évolue dans le championnat de Tunisie. Le club détient au total 18 titres : seize titres sur le plan national (quatre championnats, sept coupes, une Supercoupe, deux coupes de la Ligue et deux coupes Hédi Chaker) et deux sur le plan régional (coupes arabes des vainqueurs de coupe).

Après 61 ans de présence continue en première division depuis son ascension lors de la saison 1955-1956, le Stade tunisien rétrograde en Ligue II à l'issue de la saison 2015-2016 après une présence continue de soixante ans en Ligue I, mais revient rapidement à la première division et devient ainsi la première équipe tunisienne à avoir remporté les championnats de Ligue I et II.

Une certaine rivalité existe avec les deux autres clubs de la capitale, Tunis, à savoir l'Espérance sportive de Tunis et le Club africain contre qui le Stade tunisien dispute le petit derby tunisois.

Historique Fondation En 1947, l'association culturelle des Jeunes musulmans, dirigée par le cheikh Salah Enneifer, prend en charge une école pour jeunes filles musulmanes, située à la rue des Selliers, et des sections de scouts et de football. En , une délégation comprenant le président et le secrétaire général de la section de football, un industriel du Bardo, Habib Ben Mokthar, et un jeune footballeur, Slah Damergi, se rend chez le docteur Mohamed Ben Salem (dit Hamadi), ministre et gendre du monarque Lamine Bey, pour lui demander de prendre la tête de leur section.

Les médecins autochtones sont alors souvent les figures de proue des clubs sportifs : Salah Aouidj au Club africain ou Chedly Zouiten à l'Espérance sportive de Tunis.

Le , une assemblée générale extraordinaire de l'association est convoquée pour fonder un club omnisports qui prend le nom de Stade tunisien, bien que les autorités du protectorat exigent dans un premier temps l'appellation de Stade tunisois pour éviter une référence nationaliste. Il s'agit du seul club tunisien qui porte formellement le nom du pays.

Ben Salem s'entoure d'une jeune équipe de dirigeants dont Mohamed Ben Mahmoud et les frères Ezzedine, Ali et Ouardi Berbèche, tous trois d'anciens joueurs du Stade gaulois. Larbi Ben Hassine, alias Larbi Bardo, devient le premier entraîneur du club.

Premières années et montée en puissance Premiers pas du club Le club commence ses activités avec une seule section évoluant en cinquième division. Dans le même temps, il recherche un terrain d'entraînement. C'est alors que le terrain du Bardo Sports, bien appartenant à la couronne beylicale, est affecté après plusieurs démarches du club à la municipalité du Bardo. Une salle couverte de y est ensuite construite en trois mois.

Fille de Lamine Bey, le bey de Tunis, la princesse Lalla Zakia apporte son soutien à son époux, Mohamed Ben Salem (fondateur du Stade tunisien), et aurait plaidé la cause du club auprès de son père qui assiste à l'inauguration du stade du Bardo en 1951, devenant dès lors l'égérie du Stade tunisien à ses débuts..

Montée en puissance Dès sa première saison, le club accède en quatrième division où il passe deux saisons avant de monter en troisième division, tout en préparant son avenir en remportant le championnat de Tunisie des cadets en 1950 et 1951. L'équipe est alors constituée de Mahmoud Ben Abdessalem, Ali Berbèche, Abdelhamid Gorgi, Abdelbaki Bessioud, Ammar Nahali, Chedly Laaroussi, Zine Berbèche, Tarek Cherigui, Férid Cherigui, Mokhtar Ferchichi et Ouardi Berbèche. À partir de 1951, l'entraîneur Rachid Turki est engagé et l'équipe renforcée par Noureddine Diwa, Ali Miloud, Khémis Lakhal et Hédi Braiek. Après l'interruption des compétitions en 1952 et 1953, elle remporte en deux ans le championnat de troisième division puis de deuxième division et accède en nationale.

Alors qu'il évolue encore en seconde division, le club parvient en demi-finale de la coupe d'Afrique du Nord en s'imposant face à tous ses adversaires, à l'exception du vainqueur de l'épreuve, le Sporting Club de Bel Abbès. Très rapidement, le club devient le leader de la compétition en remportant sept titres de championnat ou de coupes en l'espace de sept ans. C'est le premier club qui remporte la coupe et le championnat après l'indépendance, durant les saisons 1955-1956 et 1956-1957.

Évolutions Au cours des années qui suivent, les activités du club s'enrichissent par la création de nouvelles sections : boxe, volley-ball, cyclisme, basket-ball, athlétisme, judo, natation et plus tard handball.

À partir de la fin des années 1960, le Stade tunisien ne retrouve plus son niveau antérieur en football. Le club lutte rarement pour le titre du championnat, et se place le plus souvent en milieu du tableau.

En 2016, et pour la première fois de son histoire, le Stade tunisien se retrouve en Ligue II après la fin du championnat. Malgré un rebond rapide, le club chute une nouvelle fois après la saison 2020-2021. Il réussit cependant à retrouver sa place en Ligue I seulement un an après..

Écusson

Palmarès NationalRégional Championnat de Tunisie (4) Vainqueur : 1957, 1961, 1962, 1965 Vice-champion : 1960, 1963, 1979, 1984 Championnat de Tunisie de deuxième division (2) Vainqueur : 2017, 2022 Coupe de Tunisie (7) Vainqueur : 1956, 1958, 1960, 1962, 1966, 2003, 2024 Finaliste : 1961, 1972, 1981, 1990, 1992, 2025 Supercoupe de Tunisie (1) Vainqueur : 1966 Finaliste : 1960, 2024, 2025 Coupe de la Ligue tunisienne de football (2) Vainqueur : 2000, 2002 Coupe Hédi Chaker (2) Vainqueur : 1961, 1964 Finaliste : 1962 Coupe arabe des vainqueurs de coupe (2) Vainqueur : 1989, 2001

Direction Présidents Durant son existence, le Stade tunisien a connu vingt présidents :

PaysNomPériode Mohamed Ben Salem 1947-1953 Salah Azaïz 1953 Abdessalem Mestiri 1953-1957 Ali Cherif 1957-1963 Ajmi Slim 1963-1970 Mohi eddine Bachraoui 1970-1971 Habib Mokthar 1971-1972 Hédi Enneifer 1972-1987PaysNomPériode Youssef Ben Ammar 1987 Mohamed Achab 1987-1990 Khaled Sanchou 1990-1991 Chedly Karoui 1991-1993 Mohamed Achab 1993-1996 Moncef Cherif 1996-1998 Jalel Ben Aïssa 1998-2004 Mohamed Achab 2004-2008PaysNomPériode Mohamed Derouiche 2008-2011 Kamel Snoussi 2011-2013 Anouar Haddad 2013-2015Ghazi Ben Tounes.2015-2016Jalel Ben Aïssa.2016-2021Noureddine Ben Brik.2021-2022Mohamed Mahjoub.2022-

Entraîneurs NomPériode Larbi Ben Hassine 1948-1949 Habib Draoua 1949-1950 Ouardi Berbeche 1950-1951 Rachid Turki 1951-1957 Ahmed Benelfoul 1957-1959 Ouardi Berbeche et Ammar Nahali 1959-1961 Rachid Turki 1961-1962 Ammar Nahali 1962-1963 Stéphane Dakowski 1963-1964 Ammar Nahali 1964-1970 Mouldi Belkhamsa 1970-1971 Ammar Nahali 1971-1973 Stephanovic Dietscha puis Ahmed Mghirbi 1973-1976 Skander Medelgi 1976-1977 puis Ezzeddine Bezdah 1977-1978 Ameur Hizem puis Noureddine Diwa 1978-1981 André Nagy 1981-1984 Branislav Acimovic, Ezzeddine Bezdah puis Oscar Mentès 1984-1985 André Nagy 1985-1986 Mokhtar Tlili 1986-1987 Asparuh Nikodimov puis Abdelwahab Lahmar 1987-1989 1989-1990 Taoufik Ben Othman puis Ahmed Mghirbi 1990-1991 Ahmed Mghirbi, Ezzeddine Bezdah puis Marian Brncic 1991-1992 Marian Brncic puis Wahid Hidoussi 1992-1993 Alexandru Moldovan puis Taoufik Ben Othman 1993-1994 Amor Dhib puis Abdelwahab Lahmar 1994-1995 Ahmed Mghirbi 1995-1996 Jean Thissen puis Stefan Białas 1996-1997 Abdelhamid Zouba, Abdelwahab Lahmar, Stefan Białas puis Habib Mejri 1997-1998 Ali Fergani, Amarildo Tavares da Silveira puis Wahid Hidoussi 1998-1999 Ali Selmi 1999-2000NomPériode Ali Selmi, Lotfi Benzarti puis Khaled Ben Yahia 2000-2001 Khaled Ben Yahia, Youssef Zouaoui puis Albert Rust 2001-2002 Ali Selmi, Faouzi Benzarti, Bernard Casoni puis Ahmed Mghirbi 2002-2003 Faouzi Benzarti, José Paulo Rubim, Ahmed Mghirbi puis Moncef Arfaoui2003-2004 Moncef Arfaou, Luis Miguel, Ahmed Mghirbi puis Moncef Arfaoui 2004-2005 Robertinho 2005-2007 Mrad Mahjoub puis Robertinho 2007-2008 José Morais puis Ferid Ben Belgacem 2008-2009 Patrick Liewig 2009-2011 Nabil Kouki, Hubert Velud puis Khaled Ben Sassi 2011-2012 Ghazi Ghrairi 2012-2013 Mahmoud Ouertani, Sofiene Hidoussi puis Lassaad Dridi 2013-2014 Lassaad Dridi 2014-2015 Lassaad Dridi, Maher Kanzari puis Hichem Nsibi2015-2016 Hédi Mokrani puis Lotfi Sebti 2016-2017 Mohamed Kouki puis Nabil Kouki 2017-2018 Mohamed Mkacher puis 2018-2019 Montasser Louhichi puis Jalel Kadri 2019-2020 Anis Boussaïdi 2020-2021 Nassif Bayaoui, Ghazi Ghrairi, Luc Eymael, Luc Bernard puis Lotfi Kadri2021-2022 Skander Kasri. puis . 2022-2024 Maher Kanzari. puis . 2024-2025 Lassaad Dridi. puis Ammar Souayah. puis Saïd Saïbi. puis Samir Zammit puis Tozé Marreco. 2025-

Honneurs individuels Soulier d'or Le soulier d'or est remis aux meilleurs footballeurs : Ahmed Mghirbi : 1971-1972 Mohsen Jendoubi : 1976-1977 Mondher Jaballah : 1983-1984 Jameleddine Limam : 1987-1988 Abdelhamid Hergal : 1988-1989 Jameleddine Limam : 2001-2002

Meilleur buteur Abdelwahab Lahmar : 1966-1967 (14 buts) Abdelhamid Hergal : 1988-1989 (15 buts) Hechmi Sassi : 1991-1992 (14 buts) Oussama Sellami : 2000-2001 (11 buts) Mohamed Selliti : 2002-2003 (12 buts)

Couleurs Les couleurs du Stade tunisien sont un maillot vert et rouge et un short blanc. Le rouge symbolise le sang, le feu, l'énergie et la virilité alors que le vert symbolise l'espoir et la jeunesse et le blanc symbolise la paix et l'esprit de compétition (fair-play). Ces couleurs sont propres au bey de Tunis, le parrain originel du Stade tunisien. Ce sont aussi les couleurs d'une pâtisserie traditionnelle tunisienne connue sous le nom de baklawa El Bey. Lors des matchs du club, la fille de Lamine Bey et épouse du fondateur du club, Mohamed Ben Salem, la princesse Lalla Zakia, distribuait la baklawa dans le palais beylical du Bardo pour fêter la victoire du club, d'où le surnom du club (El Baklawa).

À l'occasion de la saison 2015-2016, le Stade tunisien connaît pour la première fois de son histoire la relégation en division inférieure. Le président de la commission de communication, Montassar Yazidi, et celui de la commission de marketing, Mohamed Habib Dérouiche, décident de changer les couleurs du club jusqu'à sa remontée en Ligue I, en guise de symbole de deuil. Dès lors, le Stade tunisien troque ses couleurs habituelles pour le noir et le gris.

Infrastructures Le Stade tunisien a longtemps joué ses matchs à domicile au stade Chedly-Zouiten et au stade olympique d'El Menzah. À la fin des années 1980, Hédi Enneifer, le président du club, décide de construire un complexe sportif comprenant un centre de formation pour le football et un grand stade propre au club. Toutefois, les travaux durent trente ans en raison de nombreuses interruptions liées à des problèmes administratifs et financiers. Finalement, les travaux sont achevés en 2011.

Le parc Hédi-Enneifer est le centre d'entraînement de l'équipe, réparti sur une surface de plus de dix hectares et portant le nom de Hédi Enneifer, ancien président et père spirituel du club. Il comporte plusieurs terrains gazonnés et un terrain d'honneur de .

Groupe de supporters , les Bardo Boys (actuels Old Guardians) sont un groupe d'ultras ; leur ancien nom est une référence aux jeunes du Bardo, la cité qui accueille le club. . En 2011, les deux groupes forment un genre d'alliance, sous le nom de Kop Of Bardo.

Cette dernière assure l'animation dans les tribunes, l'organisation des supporters stadistes et le soutien populaire de l'équipe. En posant leurs banderoles dans tous les lieux où le Stade tunisien joue, ils marquent ainsi leur présence.