vignette|droite|alt=Le moulin à vent et une des tours aéroréfrigérantes de la centrale nucléaire de Doel (province de Flandre-Orientale).|Les écosystèmes près des centrales nucléaires peuvent être influencés par des radiations. La radioécologie est la branche de l'écologie, encore en évolutionAsker Aarkrog, Past and recent trends in radioecology Original Research Article Environment International, Volume 20, Issue 5, 1994, Pages 633-643, qui étudie les interactions entre substances radioactives et de l'environnement terrestre (naturel et semi-naturel) et marinHugh D Livingston, Pavel P Povinec, Anthropogenic marine radioactivity ; Ocean & Coastal Management, Volume 43, Issues 8-9, 2000, Pages 689-712, avec des objectifs de connaissance théorique et appliquée, et de remédiationAbel J. González, International policies and strategies for the remediation of land contaminated by radioactive material residues ; Journal of Environmental Radioactivity, Available online 28 September 2010. impliquant des approches pluridisciplinaires et intégréesGeorge Shaw, Applying radioecology in a world of multiple contaminants, Journal of Environmental Radioactivity ; Volume 81, Issues 2-3, 2005, Pages 117-130 ; (résumé, nécessairement en synergie avec le suivi et l'évaluation environnementaleC.M Vandecasteele, Environmental monitoring and radioecology : a necessary synergy ; Journal of Environmental Radioactivity, Volume 72, Issues 1-2, 2004, Pages 17-23 (Résumé).
Histoire Cette discipline est relativement récente ; Elle est née au milieu des années 1940 avec le développement de l'arme nucléaire, mais ne s'est vraiment développée que 40 ans plus tard dans un contexte plutôt lié à l'énergie nucléaire et à l'évaluation du risque, la gestion du risque et des accidents (la revue scientifique The Journal of Environmental Radioactivity (JER), l'une des plus importantes de ce domaine n'existe que depuis cette époque)S.C. Sheppard, An index of radioecology, what has been important ? ; Journal of Environmental Radioactivity, Volume 68, Issue 1, 2003, Pages 1-10..
La catastrophe de Tchernobyl a fortement marqué la radioécologieWarner, F. et Harrison, R., (1993), Radioecology after Chernobyl. Biogeochemical Pathways of Artificial Radionuclides en relançant le développement en Europe et en modifiant les méthodes et perspectives J. Hilton, Aquatic radioecology post Chernobyl—a review of the past and a look to the future ; Studies in Environmental Science, Volume 68, 1997, Pages 47-73Sir Frederick Warner (Editor), Roy M. Harrison (Editor), Radioecology After Chernobyl: Biogeochemical Pathways of Artificial Radionuclides (SCOPE Series), cependant 20 ans après l'accident, des chercheurs comme le parasitologiste Pape Moller Anders (spécialiste de la Parasitologie évolutive à l'Université Pierre-et-Marie-Curie) et Timothy A. Mousseau (de l'Université Columbia) déploraient l'absence de programme concerté de recherche quant aux impacts sur la faune, la flore, la fonge et les écosystèmesMØLLER Anders et MOUSSEAU Timothy A. (2006), Biological consequences of Chernobyl : 20 years on ; Revue : Trends in ecology & evolution, vol. 21, n°4, pp. 200-207 ; 8 pp et 70 ref. ; ISSN 0169-5347 ([résumé Inist/CNRS]). Toutes les études faites durant 20 ans sont des initiatives individuelles de chercheurs, écoles, laboratoires... qui ont certes apporté des informations importantes, mais moins intéressantes que si un programme cohérent avait été mis en place sous l'égide de la communauté internationale sur les en particulier sur les effets de faibles doses, les liens avec la géographie, la nature et l'intensité des retombées et selon l'histoire de vie es espèces touchées. De même pour les taux de mutations animales et végétales d'animaux. Alors que des effets à échelle continentale pouvaient être suspectés la plupart de ces études sont locales. Ces deux chercheurs estiment qu'un effort international de recherche coordonné reste nécessaire pour notamment anticiper et gérer les effets d'autres accidents nucléaires, y compris face à la menace d'une « bombe sale ». Le même problème semble se poser après la catastrophe de Fukushima.
La première conférence internationale de radioécologie s'est tenue en Norvège en 20071st International Conference on Radioecology and Environmental Radioactivity 15-20 June 2008, Bergen, Norway ; Journal of Environmental Radioactivity, Volume 97, Issue 1, September 2007, Pages 83-84. Sur certains sujets, un travail commun entre pays européen est envisagé au moins depuis les années 1970Commission of the european communities international symposium on radioecology applied to the protection of man and his environment : Rome, 7–10 September, 1971 Conference Hall of FAO, Viale delle Terme di Caracalla Water Research, Volume 5, Issue 6, June 1971, Pages 367-368, mais parfois rendu difficile par le secret qui peut entourer le domaine du nucléaire, pour des raisons technico-commerciales, de sécurité nucléaire ou militaire...
Contenu scientifique Les effets des rayonnements peuvent (directs et indirects). Ils peuvent se manifester à court moyen et long terme ; et de l'échelle du génome à celle de la biosphère. Ils peuvent être multipliés quand existent des coefficients de transfert et qu'il y a bioaccumulation. On aborde la santé environnementale quand l'Homme est également concerné.
Cette discipline s'intéresse donc à toutes les interactions ayant un effet sur le vivant à court, moyen et long termes, aux interactions entre différents types de flux (solides, liquides, gazeux) contenant des radionucléides et les écosystèmes.
La source de radioactivité peut être naturelle (affleurement géologique riche en uranium par exemple, émissions de radon, ou artificielle (accident nucléaire, déchets radioactifs...). De même, l'environnement étudié peut être naturel ou semi-naturels, avec par exemple des agrosystèmes tels que les ensembles de champs et prairies touchées par des retombées issues d'accidents nucléaires (Tchenobyl, Fukushima...) ou par une déposition chronique de faible dose d'éléments artificiels (par exemple autour de l'Usine de La Hague, ou de SellafieldD. Jackson, A.D. Smith (1989) Uptake and retention of strontium, iodine and caesium in lowland pasture following continuous or short-term deposition ; Pages 63-72, in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford, 5–8 septembre 1988) ; Science of The Total Environment ; Vol 85, septembre 1989 (résumé), forêt cultivée, élevagesR.W. Mayes (1989), The quantification of dietary intake, digestion and metabolism in farm livestock and its relevance to the study of radionuclide uptake ; in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford, 5–8 septembre 1988) ; Science of The Total Environment ; Vol 85, septembre 1989 ; (résumé) de bêtes à viande ou laitierKarl J. Johanson, Gunnel Karlen, Jan Bertilsson (1989) The transfer of radiocesium from pasture to milk ; Pages 73-80, in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford, 5–8 septembre 1988) ; Science of The Total Environment ; Vol 85, septembre 1989 (résumé), piscicultures...) et selon les types de radioéléments et leur « forme chimique » (organique, minérale, ioniqueB.W. Moss, E.F. Unsworth, C.H. McMurray, J. Pearce, D.J. Kilpatrick (1989) Studies on the uptake, partition and retention of ionic and fallout radiocaesium by suckling and weaned lambs ; Pages 91-106, in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford, 5–8 septembre 1988) ; Science of The Total Environment ; Vol 85, septembre 1989 (résumé) ou non, etc.). On a ainsi et par exemple montré autour se Sellafield que l'.
Dans ce champ, les études visent à mieux comprendre : la « cinétique environnementale » des radionucléides. Elle s'étudie dans les milieux (eau, air, sol) et dans les écosystèmes, où l'on cherche à identifier les interactions entre le vivant et les conditions et mécanismes de migrations des radionucléides (du haut vers le bas, et du bas vers le haut) dans les horizons pédologiques du sol, dans les nappes superficielles, dans la colonne d'eau douce ou marine), etc. De même pour leur circulation horizontale (bioturbation notamment et dispersion par des animaux migrateurs) ; les phénomènes de bioconcentration ou éventuellement de biomagnification ; les effets (éventuellement synergiques) des radioéléments dans la chaîne alimentaire humaine et des animaux d'élevage, dans le réseau trophique (apports, digestion, absorption (percutanée, pulmonaire, alimentaire...), métabolisme et excrétion, etc.). Dans ce domaine, les chercheurs bénéficient de nombreuses données provenant du modèle animal développé pour la médecine nucléaire, mais à élargir aux échelles des écosystèmes ; la métabolisation des radioéléments par différents organismes vivant ou par des communautés de ces organismes (communautés bactériennes notamment) ; les cas particuliers des transferts de radionucléides à partir de l'eau, de l'air et des sols (ou d'engrais, phosphatés notamment), vers des plantes comestibles, des champignons comestibles ou vers les animauxC.R. Richmond (1988), Transfer of radionuclides to animals — An historical perspective of work done in the United States ; Pages 1-15, in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford 5–8 septembre 1988), lien (payant) (gibier, poissons comestibles ou le bétail qui les consomment). Dans ce domaine on cherche à quantifier et qualifier les transferts, mais aussi à identifier les coefficients de transfert et les « facteurs de transferts » (dont par exemple le pH du sol ou de l'eau, la température, le type de sol, ou de milieu, ou encore son degré d'ariditéR.O. Gilbert, D.W. Engel, L.R. Anspaugh (1989) Transfer of aged 239+240Pu, 238Pu, 241Am, and 137Cs to cattle grazing a contaminated arid environment ; Pages 53-62 in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford 5–8 septembre 1988), (résumé)... ou encore l'existence de carences alimentaires, sensibilité spécifique ou génétique individuelle, le rôle de l'âge de la plante ou de l'animal, le rôle des mycorhizations, le type de digestion (processus plus ou moins acide de décomposition chimique d'un bol alimentaire plus ou moins « physiquement » dégradé par la mastication ou le gésier, avec interventions des microbes des panses et/ou l'intestin ainsi que des enzymes sécrétées) peuvent affecter l'absorption des radionucléides par un animal), etc.) ; les effets sur le bétail et le lait quand il y a production de foin ou un ensilage (acidification) de l'herbeM.J. Fulker, J.M. Grice (1989), Transfer of radiocaesium from grass and silage to cows' milk ; Pages 129-138 in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford 5–8 septembre 1988), (résumé)K. Vreman, T.D.B. Van der Struijs, J. Van den Hoek, P.L.M. Berende, P.W. Goedhart (1989), Transfer of Cs-137 from grass and wilted grass silage to milk of dairy cows ; Pages 139-147 in Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford 5–8 septembre 1988), (résumé) l'effet des saisons (et le cas échéant du mois où un dépôt accidentel de radioéléments a eu lieu) sur les taux de transfert du sol aux organismes, et d'un organismes à l'autre (avec ou sans bioconcentration, dont sur la faune sauvage ou les animaux d'élevagePröhl, H. Müller, G. Voigt (1989), The influence of the feeding practice and the season on the contamination of animal food products after a single deposition of radionuclides ; Article Pages 107-117 G. Transfer of Radionuclides to Livestock (Oxford, 5–8 septembre 1988) ; Science of The Total Environment ; Vol 85, septembre 1989 (résumé)) ;