vignette|Des sœurs jumelles : les chanteuses australiennes The Veronicas. vignette|222px|droite|Des jumeaux dizygotes âgés de .
Des jumeaux (jumelles au féminin) sont des frères et sœurs au nombre de deuxDéfinition de « jumeau » du dictionnaire Larousse en ligneou plus (dictionnaire de l'Académie française) qui ont partagé le même utérus au cours d'une même gestation, chez les espèces vivipares (essentiellement mammifères).
La science qui étudie les jumeaux s'appelle la gémellologiegémellité, du , jumeau (terme inventé par le médecin italien en 1952).
Étymologie Le mot « jumeau » vient du latin gemellus (diminutif de geminus), adjectif et substantif signifiant « jumeau » et, au pluriel (gemelli), « semblables, pareils ». Gemellus a d'abord donné gémel, gémeau (féminin : gémelle) en ancien français (encore présent aujourd'hui dans les Gémeaux, nom d'une constellation et du signe astrologique associé, faisant référence aux jumeaux Castor et Pollux de la mythologie grecque, et qui se disait en latin Geminī, pluriel de geminus, de la même racine que gemellus), avant de muter en jumel, jumeau (féminin : jumelle), le [e] de la syllabe initiale se modifiant en [ə] puis [y] par labialisation de [e] devant [m].
Dans les parlers gallo-romans, on trouvait les formes gémeau et jumeau dans le nord de la France ; dans le sud et le centre, on avait plutôt le mot besson (de l'occitan besson (en catalan bessó), féminin : bessona), du latin vulgaire bissus, lui-même dérivé de l'adverbe multiplicatif latin bis : « deux fois ». Le mot besson a disparu en français moderne, mais perdure encore en tant que nom de famille occitan, , qui signifie donc à l'origine « (descendant d'un) jumeau ».
La racine latine gemellus a servi à créer les mots « gémellaire », « gémellité », « gémellologie ».
Types de jumeaux Jumeaux dizygotes ou « faux » jumeaux ou jumeaux « fraternels » vignette|alt=jumeaux dizygotes|droite|upright=0.7|Jumeaux dizygotes.
Cette situation survient lorsque deux ovules fécondés par deux spermatozoïdes nidifient sur les parois de l'utérus. Les deux ovules forment alors deux cellules œufs différentes et les jumeaux ainsi conçus sont dits dizygotes (ce qui est différent d'hétérozygotes). Ils naissent tout de même simultanément, mais leurs gènes ne sont pas identiques. La parenté génétique entre des jumeaux dizygotes est la même que celle entre deux enfants nés de deux grossesses différentes et ils peuvent donc être de sexes différents.
La prédisposition génétique qui favorise leur venue est à rechercher du côté maternel, puisque le père n'influence en rien la double ovulation originelle.
Les jumeaux dizygotes se développent grâce à deux placentas (ou chorions) séparés, une grossesse de ce type est donc appelée grossesse bichoriale. Le terme souvent employé de grossesse bichoriale biamniotique est en quelque sorte un pléonasme : le chorion venant de l’œuf et l'amnios venant de l'embryon, toute grossesse bichoriale sera forcément biamniotique.
Jumeaux monozygotes ou « vrais » jumeaux ou jumeaux identiques
Cette situation survient lorsqu'un ovule est fécondé par un spermatozoïde, et que la cellule œuf qui en découle se sépare en deux, formant ainsi deux embryons qui ont le même patrimoine génétique.
Si l'ovule se divise moins de trois jours après la fécondation, cela aboutira à une grossesse gémellaire bichoriale (deux placentas) biamniotique (deux cavités amniotiques), comme pour les jumeaux dizygotes. Un tiers des grossesses gémellaires monozygotes sont des grossesses bichoriales biamniotiques. Malgré leur croissance séparée, c'est dans ce cas de figure que les jumeaux se ressemblent le plus à la naissance (poids et taille).
Si cette division intervient entre le troisième et le sixième jour, il y aura un seul placenta (monochorial) mais deux cavités amniotiques (biamniotique). Dans ce cas, il peut y avoir une différence d'alimentation entre les deux jumeaux pendant la grossesse et donc des écarts de taille et de poids à la naissance qui vont s'atténuer au cours de la croissance.
Si la scission du zygote ne s'effectue qu'après la formation de la cavité amniotique, la grossesse est monochoriale monoamniotique. Les jumeaux partagent alors la même cavité amniotique.
Les jumeaux monozygotes sont souvent très ressemblants physiquement. En prenant de l'âge, les jumeaux monozygotes se différencient à la suite des choix personnels comme la nourriture, les activités physiques et intellectuelles… ainsi que des expériences de vie. La scolarité constitue également un pas important dans ce domaine de différenciation.
Dans la recherche scientifique, l'étude comparée de deux individus jumeaux monozygotes permet de mettre en évidence des mécanismes épigénétiques qui jouent un rôle important dans la régulation de l'expression des gènes au cours de l'ontogenèse. Ainsi, bien qu'il s'agisse de clones au sens biologique du terme, ils ont des empreintes digitales et des constantes biologiques différentes, dès les premières semaines de gestation. D'autre part, les études portant sur les cas de jumeaux séparés à la naissance permettent d'estimer le degré d'héritabilité de certains traits phénotypiques.
Jumeaux siamois La dénomination jumeaux siamois désigne les jumeaux fusionnés symétriques, réunis par une partie de leur corps. Ce type de jumeaux est très rare. Les grossesses de siamois sont monochoriales et monoamniotiques (placenta et poche des eaux uniques). Le processus du développement embryonnaire des jumeaux siamois est très complexe. Plusieurs théories sont proposées : processus de séparation incomplet survenant très tôt, ou processus de fusion secondaire de jumeaux déjà formés.
Jumeaux sesquizygotes ou jumeaux « semi identiques » Il est supposé que cette situation extrêmement rare survient lorsqu'un ovule est fécondé simultanément par deux spermatozoïdes. Dans la plupart des cas, la fécondation échoue, mais dans ce cas le génome maternel se duplique et un fuseau mitotique tripolaire se forme. Le génome maternel dupliqué ainsi que les génomes des deux spermatozoïdes sont ainsi équitablement répartis et trois nouvelles cellules se forment, contenant respectivement le génome maternel et celui du premier spermatozoïde, le génome maternel et celui du deuxième spermatozoïde, et les génomes des deux spermatozoïdes.
Cela mène à la formation d’une lignée cellulaire contenant uniquement le matériel génétique paternel, mais des études sur les souris ont montré que de telles lignées ne survivent pas.
Les deux lignées cellulaires restantes continuent à se développer et se séparent pour former deux embryons jumeaux. Ces embryons sont composés de deux populations de cellules distinctes, contenant le même ADN maternel mais un ADN paternel différent.
Les jumeaux qui naissent à la suite d’une telle fécondation sont sesquizygotes et chimériques.
Un des premiers cas a été détecté à Paris en 1976 à l'hôpital Saint Antoine.
Le deuxième cas mondial recensé est celui de deux enfants nés en 2014, c'est aussi le premier cas détecté in uteroToutefois, ces chiffres ne sont pas significatifs, car les professionnels ne cherchent, que rarement, à recenser les cas de ce type. Ces deux enfants partagent 100 % de leur matériel génétique maternel, mais seulement 77,7% de leur matériel génétique paternel..
Jumeaux chimériques
Ce type de gémellarité se rencontre fréquemment chez certains singes comme les . Dans l'utérus, les placentas des jumeaux grandissent rapidement et fusionnent, si bien qu'il se crée un réseau de vaisseaux sanguins à travers lesquels les cellules peuvent voyager d'un jumeau à l'autre. Le niveau de chimérisme est différent dans une espèce d'un animal à l'autre. Un individu peut être chimérique pour ses poils et son foie et pour rien d'autre, par exemple. L'étude menée en 2007 par Corinna Ross et ses collègues sur une colonie captive d'ouistiti du Bahia a montré que plus de la moitié des ouistitis mâles avaient un sperme chimérique, autrement dit leur sperme provenait d'un mâle M mais l'ADN de ce sperme était celui du frère dudit mâle M. Le père génétique du bébé est donc son oncle… Il se pourrait aussi que certains ovules soient chimériques et donc que des mères donnent naissance à des nièces et neveux.
Surveillance de la grossesse gémellaire vignette|Aspect de la membrane amniotique en échographie en cas de grossesse monochoriale et bichoriale. Il y a une limite physiologique, volume et poids par exemple, à ce qu'une mère peut porter. Pour cette raison, il est notablement plus rare que celle-ci puisse mener à terme une grossesse multiple. Pour des raisons de santé chez la mère, une grossesse de jumeaux doit être plus suivie qu'une grossesse « classique ». En revanche, l'accouchement très prématuré a des conséquences importantes sur la santé des enfants. Mais les obstétriciens surveillent également une grossesse gémellaire proche du terme et peuvent parfois privilégier une naissance avec 2 semaines d'avance.
Outre la surveillance classique comme toutes les grossesses, l'échographie est la pierre angulaire de toute surveillance sérieuse d'une grossesse gémellaire :
Elle permet un diagnostic précoce de la grossesse gémellaire. De caractériser son type (mono ou bichoriale) qui est l'élément le plus important dans le pronostic et la surveillance de la grossesse gémellaire. L'insertion des membranes amniotiques au niveau du placenta permet de distinguer les grossesses mono ou bichoriales. Les grossesses bichoriales l'insertion des deux membranes amniotique s'écartent et donnent le signe du lambda. Dans les grossesses monochoriales, l'insertion se fait à angle droit. Malheureusement ce signe disparait avant trois mois. En cas de grossesse bichoriale , la surveillance échographiques est mensuelle. En cas de grossesse monochoriale, la surveillance échographiques est tous les deux semaines, seule façon de diagnostiquer de façon précoce un syndrome transfuseur-transfusé qui survient dans 15% des cas. Le signe le plus constant dans le cas de syndrome transfuseur-transfusé est les différences de taille des vessies fœtales. en cas de doute sur la nature bi ou monochoriale, une grossesse gémellaire doit être considérée comme monochoriale jusqu'à preuve du contraire et surveillée comme telle.
Complications de la grossesse gémellaire Complications à l'accouchement Selon la position (siège ou par la tête) de chacun des jumeaux, une césarienne peut être décidée, mais elle n'est pas systématique. Dans le cas de jumeaux, l'accouchement par voie basse est le plus souvent possible, sans majoration du risqueBarrett JFR, Hannah ME, Hutton EK et al. A randomized trial of planned cesarean or vaginal delivery for twin pregnancy, N Engl J Med, 2013;369:1295-1305. Généralement, lorsque le premier jumeau est positionné correctement (la tête se présentant devant le col de l'utérus), un accouchement par voie basse peut être programmé.
Pour les grossesses de triplés ou plus, la césarienne est souvent programmée. Ceci pour des raisons pratiques plus que pour un risque plus élevé à l'accouchement : en effet, une naissance multiple nécessite une équipe médicale plus importante (pédiatres) pour s'occuper de tous les bébés ; il peut être alors souhaitable de programmer une date afin d'être certain de la disponibilité de toute l'équipeAssociation Césarine : échange, soutien et information autour de la naissance par césarienne..
En France, environ la moitié des accouchements de multiples (jumeaux ou plus) se font par césarienneCésarienne - Jumeaux.
D'autre part, le risque d'hémorragie pour la mère est plus élevé lors d'un accouchement de bébés multiples, et doit être surveillé..
Complications communes Jumeau fantôme