L'année de confusion ou année de la confusion correspond à 708 A.U.C. (Ab Urbe condita) dans le calendrier romain (soit 46 av. J.-C.), qui précéda le début du calendrier julien de Jules César en 709 A.U.C.

Année calendaire de transition au calendrier julien, elle est réputée car elle compte .

Contexte À l'époque républicaine, l'année civile ordinaire compte ; le calendrier n'est ni solaire ni lunaire ; et il manque pour que l'année civile soit en accord avec l'année naturelle de représentant l'année tropique. Pour combler le déficit, le grand pontife () décide de l'intercalation de supplémentaires ; l'usage est qu'il les insère en février (), après les Terminalies () du et avant le Régifuge () du ; et que les cinq derniers jours de février de l'année civile ordinaire s'ajoutent aux jours ainsi intercalés pour former, l'année civile de leur intercalation, un mois complet. Celui-ci, d'abord simplement dit intercalaire (), reçoit le nom de () car il permet aux créanciers, l'année civile de son intercalation, de percevoir davantage d'intérêts. Suivant leurs intérêts personnels, les grands pontifes successifs décident d'intercaler ou non un mois de . Le caractère aléatoire des intercalations finit par produire un tel décalage entre le calendrier et l'année naturelle que les fêtes des moissons ne tombent plus en été ni celles des vendanges, en automne. En , Jules César devient grand pontife ce qui lui permet de réformer le calendrier.

Témoignage historique L'année de confusion est ainsi désignée d'après une citation des (). La citation est doublement dénaturée : tronquée par l'omission d'un adjectif et décontextualisée par son extraction du reste de l'œuvre, elle produit un sens différent de celui qu'entend lui donner son auteur. En effet, la citation exacte est : ; et il s'agit de l'année qui met fin à une confusion préexistante.

Nos quatre témoignages littéraires antiques sont : la de César de Suétone ; le de Censorin ; l' de Dion Cassius ; et les de Macrobe. Un cinquième témoignage, tel qu'il nous est parvenu, n'est pas exploitable : le de Solin.

D'après Suétone, César insère deux mois supplémentaires, entre novembre et décembre, en sus, conformément à l'usage, du mois intercalaire inséré en février, de sorte que l'année compte . D'après Censorin, César insère deux mois supplémentaires, entre novembre et décembre, soit , après avoir inséré en février, de sorte que l'année compte . D'après Dion Cassius, César insère intercalaires. D'après Macrobe, l'année, telle que prolongée par César, compte .

Selon Censorin, l'année 708 A.U.C. compta 445 jours répartis en quinze mois, soit 90 jours de plus qu'une année ordinaire de 355 jours (23 jours en février, Mercedonius, et 67 jours supplémentaires), cela afin de compenser le décalage pris au fil du temps entre le calendrier romain et l'année tropiqueCensorin, Du jour natal, 20 : « C. César, souverain pontife, voulant, sous son troisième consulat et sous celui de M. Émilius Lepidus, revenir sur cette erreur et la réparer, dut placer entre le mois de novembre et celui de décembre deux autres mois intercalaires de soixante-sept jours, bien qu'il eût déjà intercalé vingt-trois jours en février ; ce qui fit que cette année fut de quatre cent quarante-cinq jours ».France, Collection complète des lois, décrets d'intérêe général, traités internationaux, arrêtés, circulaires, instructions, etc, volume 6, Recueil Sirey, 1834, 297 extrait (consulté le 28 mars 2014)..

Interprétation Les travaux du aboutissent à deux principaux systèmes interprétatifs cohérents et irréconciliables. Le premier est celui d'Urbain Le Verrier (-), publié en par dans le , sur la guerre des Gaules, puis en par Eugène Stoffel (-) dans le , sur la guerre civile, de l'œuvre précitée. Le second système est celui que Ludwig Holzapfel (-) publie en dans sa () et que Paul Groebe (-) présente en dans la seconde édition de l' () de Wilhelm Drumann (-).

À la fin de l'an , sans les corrections apportées par César, l'avance du calendrier officiel sur le calendrier astronomique aurait atteint pour Le Verrier contre pour Groebe. Les corrections apportées par César consistent en l'insertion de pour Le Verrier contre pour Groebe. L'an , la première du calendrier julien, débute le et est bissextile pour Le Verrier ; il débute le et ordinaire pour Groebe.

Au nombre des partisans du système de Le Verrier, figurent Camille Jullian (-), Jérôme Carcopino (-), André Piganiol (-), Jean Bayet (-), Pierre Fabre (-), Jean Andrieu (-), Alphonse Bouvet (-) et Pierre Grimal (-). Au nombre de ceux du système de Groebe, figurent T. Rice Holmes (-), Élias J. Bikerman (-) et Alan E. Samuel (-).

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Sources littéraires antiques . . . . : .

Études

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Dictionnaires et encyclopédies

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