Patrick Sawyerr (né le à Granville, Normandie, France et mort le à Saint-Pierre-des-Corps, Indre-et-Loire) est un joueur international qui évoluait en tant qu’attaquant de 1962 à 1973 et un entraîneur français de hockey sur glace.
Il est considéré comme étant à l'origine de la croissance et du succès du hockey-sur-glace à Tours, en tant que joueur et entraîneur notable de l’ASG Tours, avec lequel il fut champion de France comme joueur en 1980.
Il fut 27 fois international avec l'Équipe de France de hockey sur glace entre 1966 et 1970.
Biographie Il est le fils du boxeur professionnel Henri Soya (Henri Abraham Sawyerr) de Conakry, en Guinée.
Joueur de l'équipe de France
Passionné de hockey-sur-glace, Patrick Sawyerr débute à Paris avec l'US Métro. Il montre très vite de grosses dispositions pour ce sport, à l'époque en tant que défenseur. Dès 1962, il est le grand espoir du club en compagnie de Patrice Pourtanel, son alter ego en attaque. En 1964-1965, il dispute avec l'US Métro la poule finale du championnat de France de Deuxième Série en compagnie de Grenoble, Saint-Gervais et Croix-Lille. Les Parisiens se classeront quatrièmes. L'US Métro progresse vers la Première Série et Patrick Sawyerr devient déjà entraîneur à cette époque, dans le hockey mineur, alors qu'il n'a même pas 20 ans.
Le Comité National de Hockey sur Glace (CNHG) convoque Patrick Sawyerr en équipe de France. Il portera à 27 reprises le maillot bleu entre 1966 et 1970. En 1970-1971, l'US Métro perd en barrage 9-4 contre Villard-de-Lans le droit de disputer la poule finale pour le titre de Nationale A. En 1971-1972, le club déménage pour Viry-Châtillon et devient l'OHC Paris-Viry. Patrick Sawyerr porte alors les nouvelles couleurs jaunes et vertes de Viry avec lequel il deviendra vice-champion de France. En 1972-1973, il prend la direction de Poitiers où il est joueur et entraîneur de hockey mineur.
Joueur et entraîneur emblématique de l'ASG Tours
Début 1973, les joueurs poitevins se voient privés de patinoire et, en février, Patrick Sawyerr, Jean-Paul Sandillon, Daniel Richard et cinq autres joueurs prennent la route de Tours où un tout nouveau club a été créé en 1972. Patrick Sawyerr devient la première « recrue » du président Albert Pasquier, car c'est avec lui comme entraîneur que l'ASG Tours va gravir tous les échelons, de la Nationale C à la Nationale A. Cette période verra en parallèle l'éclosion de jeunes hockeyeurs tourangeaux très talentueuxIn: La Nouvelle République, 31 mars 2011, article de Gérard Mathieu, "Albert Pasquier avait fondé l'ASG Tours".. « C'est Patrick Sawyerr qui m'a fait aimer le hockey, qui m'a lancé » avoue encore aujourd'hui Yvon BourgaultIn: La Nouvelle République, 10 mars 2011, article de Sylvain Taillandier, "Amalgame en questions". Car, à peine arrivé, Patrick Sawyerr prend les commandes de l'entraînement, communiquant enthousiasme, expérience et rigueur, qui allaient forger l'ascension de l'ASG Tours. En 1973-1974, l'ASGT fait sa première apparition en championnat de France de Nationale C (vice-champion de la Ligue de Paris derrière les Français Volants) et l'apprentissage aux côtés de l'entraîneur-joueur Patrick Sawyerr se fait au pas de charge, Sawyerr lui-même — passé attaquant — finissant meilleur compteur de la Ligue avec 76 points. L'ASGT remporte son premier trophée en battant Croix-Lille (Nationale B) en finale de la Coupe de France. Tours est champion de France de Nationale C en 1974-1975, toujours avec Patrick Sawyerr comme entraîneur-joueur et meilleur compteur (40 points).
La saison 1975-1976 repart sur les chapeaux de roue et de l'ambition à revendre. Patrick Sawyerr est toujours aux commandes sur la glace et en dehors, avec l'emblématique international Jean-Claude Sozzi dans les buts. Resté attaquant, il est une nouvelle fois meilleur compteur et Tours remporte la saison régulière de Nationale B. Néanmoins, la marche est trop haute pour les jeunes tourangeaux qui s'inclineront en barrages d'accession devant Briançon, Lyon et les Français Volants. Le titre n'a plus qu'un goût amer, la porte de l'élite venant de se refermer. La déception est rude. Ce n'est que partie remise. Toujours avec Sawyerr entraîneur-joueur et Sandillon capitaine, Tours repart de l'avant en 1976-1977, comptant Jean Lussier, l'ancien centre des Vics de Granby, comme atout maître. Le québécois est le catalyseur du jeu tourangeau et le meilleur compteur de l'équipe devant Patrick Sawyerr. Lorsqu'en dernier match de barrage, Lyon (Nationale A) est battu 9-0 à Orléans par l'ASGT, le , c'est une explosion de joie : le club du président Pasquier, composé de jeunes joueurs tourangeaux et d'un entraîneur hors pair, vient de gagner son billet pour le plus haut niveau du hockey français. La défaite en finale de coupe de France, trois semaines plus tard face à Villard, est ainsi plus facile à accepter.
Passé le triomphe, Patrick Sawyerr laisse le poste d'entraîneur à Michel Lussier, venu rejoindre son frère cadet en Europe. Dans sa trentième année, Patrick Sawyerr veut redevenir uniquement joueur et pourra se concentrer à 100 % sur son propre jeu. Pour la première saison en Nationale A de l'histoire du club (1977-1978), le robuste Sozzi est toujours là en compagnie de Jean Lussier, et les jeunes tourangeaux Charly Thillien, Alain Blanchet, Jean-Yves Decock, Philippe Quinsac, Philippe Decock, Christophe Pasquier, Gilles de Saint-Germain et Yvon Bourgault vont connaître le baptême du feu en compagnie des ex-Poitevins Jean-Paul Sandillon, Daniel Richard, et Patrick Sawyerr. En recrutant Pascal Del Monaco (Grenoble) et Guy Galiay (Briançon), l'ASG Tours annonce la couleur et s'attend déjà à voir surgir les « crosses hautes » des clubs alpins. Fort de ses mille abonnés, le club espère figurer dans les trois premiers. Malgré des débuts légèrement difficiles en raison d'un manque de cohésion, l'objectif est atteintIn: Hockey Archives, saison 1977-78. et Tours finit troisième pour sa première saison parmi l'élite. Le centre Guy Galiay est le meilleur compteur tourangeau, mais l'ailier droit Patrick Sawyerr n'est pas loin derrière.
Arriver à la finale de la coupe de France, le . Ce dixième match dans le mois pour Tous, conséquence d'un calendrier chargé par le parcours en coupe, est l'occasion d'une apothéose dans une épreuve qui lui a toujours réussi — mais sans Jean Lussier, suspendu — alors que les Nordistes de Croix-Lille rêvent de revanche. Lors du deuxième tiers-temps, Tours accélère progressivement, emmené par Guy Galiay, mais aussi par un Patrick Sawyerr précis et rapide, marquant le but du 3-0 sur assistance de Christophe Pasquier. Sawyerr semble cependant payer ses efforts en dernière période où il est moins en jambes. Menant 3-0, les Tourangeaux se reposent sur leurs lauriers et le jeune gardien Thillien encaisse soudain trois buts en quatre minutes. Le match est complètement relancé. Lors des prolongations, Tours s'impose finalement 6-4, Patrick Sawyerr marquant le dernier but de la victoire assisté de Pasquier et Del MonacoIn: Hockey Archives, finale de la Coupe de France 1978.
Champion de France 1980
En 1978-1979, Tours est clairement devenu l'un des outsiders de la Nationale A et le poste d'entraîneur-joueur revient à Patrick Sawyerr, Michel Lussier voulant à son tour retrouver la glace. Le club a recruté le québécois Michel Bolduc à la place de Jean Lussier, lourdement sanctionné par le CNHG et qui part en Suisse, suivi de son frère Michel (qui reviendra ensuite rapidement). Mais Bolduc n'a pas le niveau et est remplacé avant le début du championnat par l'américain Joe Fidler, qui débarque des Mariners de San Diego. De plus, huit joueurs sont peu disponibles, effectuant leur service militaire obligatoire. Inconstant, pourtant doté d'une des meilleures attaques du championnat, Tours finit seulement cinquième de la saison régulière, à huit points du leader Chamonix. On croit Tours en déclin. La poule finale verra sa défense se révéler et son attaque de feu multiplier buts et exploits avec un Patrick Sawyerr en figure de proue. Le titre se joue à la dernière journée sur le derby Chamonix vs Saint-Gervais. À 3-3 à quelques minutes de la fin de la partie, un match nul offrirait le titre à Tours. Mais Philippe Rey marque à une minute quarante de la fin et Chamonix est champion. Tours échoue à deux points de Chamonix avec une différence de buts largement supérieure. La saison régulière lui aura coûté le titre.
À l'orée de la saison 1979-1980, Patrick Sawyerr rend à nouveau son tablier d'entraîneur. La direction technique est proposée par Albert Pasquier à Adolf Šprincl, 55 ans, professeur de sports issu de la minorité allemande de Tchéquie et surtout entraîneur au grand club tchèque du HC Dukla Jihlava, puis de Grenoble. Les jeunes tourangeaux sont mûrs à point pour la conquête du titre, c'est tout du moins ce qui est attendu d'eux. Joe Fidler, conservé, formera un tandem explosif avec le franco-québécois André Peloffy (arrivé de Springfield, aux Etats-Unis). Guy Galiay et Patrick Sawyerr sont toujours d'attaque. Le jeune français Jean Stinco arrive lui aussi du Québec, de Lasalle, et fera lui aussi parler la poudre immédiatement. Le grand espoir Franck Fazilleau quitte Viry pour solidifier la défense tourangelle, et Frédéric Malletroit débarque des Français Volants pour former avec Patrick Partouche et Charly Thillien un trio d'enfer dans les buts. L'attaque tourangelle est composé des centres et avants Blanchet, Bonnarme, Pasquier, Bourgault, Fidler, Galiay, Peloffy, de Saint-Germain, Stinco et Sawyerr : une équipe d'élite pour une patinoire de Tours ultra-moderne et une superbe glace. La poudre dans la patinoire, le feu sur la glace.
Les Tourangeaux sont mis dans le bain du championnat dès la première journée du . À Gap, l'accueil est des plus singuliers : dans sa patinoire ouverte, sous la neige et un vent puissant, par -3°, le public alpin hue les joueurs tourangeaux et les bombarde d'une pluie de pièces pendant l'échauffement. Certains joueurs tourangeaux, non sans humour, se mettent alors à ramasser ces pièces ! Leur "crime" ? Être payé comme des professionnels. André Peloffy - qui débute en Europe et connait les "chaudes" ambiances d'Amérique du Nord - est prêt pour le défi. Celui qui est annoncé comme la grosse vedette de la Nationale A marque son premier but au bout de quinze secondes, sur la première attaque tourangelle. Score final : 4-4 sur la glace du champion '78. L'ASGT fait course en tête et ne connait la défaite qu'au soir de la neuvième journée à Megève, la fin de la poule aller. Chamonix, le champion en titre, tombe deux fois face aux "Mammouths", qui prennent leur revanche devant Gap sur la glace tourangelle. Tours achève la saison régulière en tête, corrigeant Megève 16-4. Chamonix est parvenu à rester à quatre points des tourangeaux, mais toute la Nationale A sent la puissance de feu des Peloffy, Fidler, Galiay, Stinco, Sawyerr et consors, sans limite après 139 buts inscrits - et une différence de +51 - soit une moyenne de plus de sept buts par match.