Le parc naturel régional des Ardennes, abrégé en PNR des Ardennes, est un parc naturel régional créé le , dont l'emprise occupe environ du département des Ardennes.
Né après une longue période de gestation et bien des débats sur l'intérêt de ce label, il englobe et . Il couvre 22 % de la superficie du département des Ardennes. Charleville-Mézières, préfecture des Ardennes, a le statut de ville porte associée au parc.
Ce territoire est marqué par la coexistence d'une tradition rurale et forestière, et d'une tradition manufacturière, regroupant 36 % des emplois industriels du département. D'un point de vue géologique, il constitue une zone de transition, avec une diversité remarquable de paysages et une grande richesse de patrimoines naturels : il comprend 54 zones d'intérêt écologique, faunistique et floristique et sept sites Natura 2000, des forêts, des tourbières, des landes, des pelouses sèches, des ardoisières, des escarpements rocheux, des vallées encaissées, des bocages Le territoire concerné est une terre de légendes, mais aussi de combats. Cette zone frontière a été à plusieurs reprises le champ des querelles entre les hommes. L’architecture de cette région est le reflet de cette histoire, de ces paysages et de cette géologie : pierre calcaire de la Thiérache, pierre bleue de Givet, maisons à pans de bois, églises fortifiées, citadelles et châteaux médiévaux, mais aussi bâtiments industriels et villages témoins du travail du fer et de l'aventure des maîtres de forges.
Histoire du parc vignette|gauche|alt=Logo du parc|Le logo du parc comprend un arbre, un sanglier, un méandre de cours d'eau et une vallée, en plus de l'étoile, symbole des espaces verts de tous les parcs naturels régionaux de France L’idée d’un parc naturel des Ardennes apparaît dès les années 1960. Le décret de création des parcs naturels régionaux est à peine publié en que, deux mois plus tard, dans une revue littéraire et artistique ardennaise, La Grive, Christophe Ryelandt émet le vœu de la création d’un « parc naturel de la forêt des Ardennes », centré sur la partie septentrionale de ce département français et débordant en Belgique. Ce projet de parc transfrontalier est inspiré par la création alors imminente du « Parc naturel Hautes Fagnes-Eifel » entre la Belgique et l’Allemagne. Le projet s’inscrit dans une conception des parcs naturels constituant des zones protégées pour la détente et le tourisme.. D’ à , des réunions associent le préfet des Ardennes, Pierre Brunon, et le gouverneur de la province de Namur, René Closse, ainsi que des élus locaux sur la création de ce parc naturel franco-belge. Selon le journal Le Monde, ce sujet n’aboutit pas du fait des différences entre l'Ardenne belge, déjà très avancée en aménagement touristique, et l'Ardenne française qui garde une dominante industrielle. Les industriels français craignent qu’un parc contrarie l’évolution de leurs implantations. Leurs réticences s’ajoutent à celles des chasseurs..
Un parc de l'Ardenne, au nord du département, est à nouveau mis à l'étude au début de l'année 1977, sur demande de la Champagne-Ardenne.. Une campagne d’information et une consultation sont organisées. Il est clairement indiqué que ce parc ne doit contrarier en rien l'agriculture, l'exploitation forestière, et le développement industriel, et que la chasse et la pêche resteront pratiquées selon les réglementations habituelles. Une communication qui ne satisfait pas le mouvement émergeant des écologistes. Une tribune est rédigée dans les colonnes du journal Le Monde par Guy Féquant, en tant que vice-président de la société départementale de protection de la nature et de l'environnement. Celui-ci s'indigne que les parcs naturels régionaux .. Le projet reste lettre morte.
Dans les années 1990, l’idée revient en force, poussée notamment par le maire de Rocroi, Michel Sobanska... Une association de préfiguration du parc naturel régional en Ardennes est mise en place en 1999. Le parc naturel régional est désormais considéré comme un outil de développement complémentaire. Il doit participer également à préserver une identité. Une première consultation publique est organisée en 2005. Les doléances alimentent le projet de charte. En , le paléontologue Yves Coppens, marié à une ardennaise de Signy-l'Abbaye, devient le parrain du projet.. Un avis intermédiaire favorable est donné en 2007 par le ministère de l’Écologie.. Début 2010, l’Association de préfiguration du PNR disparaît au profit d’un syndicat mixte, soutenu financièrement par la région et le département.. Une enquête d'utilité publique démarre le et se clôt début février. Après onze années, le décret de création du naturel régional de France est signé le , par le premier ministre François Fillon. Ce parc est le troisième de la région Champagne-Ardenne après ceux de la Forêt d'Orient et de la Montagne de Reims.. Il est inauguré le par la ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Nathalie Kosciusko-Morizet..
Fonctionnement du parc Périmètre, missions et actions 91 communes ont adhéré à la charte pour douze ans et sont incluses dans le parc. Ces communes sont réparties sur les neuf cantons de Fumay, Givet, Monthermé, Nouzonville, Renwez, Revin, Rocroi, Rumigny et Signy-le-Petit. La commune de Aouste a été intégrée le , portant à 92 le nombre de communes du Parc. thumb|Positionnement et superficie du parc au sein du département des Ardennes Le syndicat mixte chargé de la gestion du parc est implanté à Renwez depuis . Les grandes missions du parc telles que formalisées dans la charte 2011-2023 portent sur les axes suivants.. : diversifier l'activité économique en valorisant les ressources du territoire, les premières actions portant notamment sur le développement touristique ainsi que sur la mise en place d'une charte forestière associant les préoccupations économiques et environnementales ; préserver la richesse des patrimoines naturel et paysager et accompagner les mutations environnementales, ce qui comprend le suivi de l'extension de l’agglomération de Charleville-Mézières, la localisation judicieuse de zones d’activités futures, la dépollution et la réhabilitation d'anciens sites industriels, l'identification du réseau écologique (Trame verte et bleue), le suivi de la convention mise en place avec RTE et des travaux avec l'Office national des forêts, le travail d'inventaire et de suivi des espèces animales et végétales, l'animation des 7 sites Natura 2000 inclus dans le parc, l'élaboration d'un plan climat-énergie ; agir en faveur de l'identité et de la qualité de vie des Ardennes, avec des actions sur le suivi de la qualité des offres de service et d'habitat, les conseils aux particuliers sur la réhabilitation de bâtis, les mesures favorisant la vie associative et culturelle et renforçant l'identité locale, les échanges entre les acteurs du territoire, la coopération transfrontalière avec la Belgique, la coopération avec les territoires voisins ; assurer le fonctionnement du parc en mettant en place une équipe de chargés de mission et une équipe administrative, en animant une conférence territoriale, en réunissant un conseil scientifique, en assurant le lien avec l'association des amis du parc, en créant un dispositif de suivi et d'évaluation, en implantant en place une signalétique et en communiquant.
Liste des communes : Anchamps, Antheny, Aouste, Arreux, Aubigny-les-Pothées, Aubrives, Auge, Auvillers-les-Forges, Blanchefosse-et-Bay, Blombay, Bogny-sur-Meuse, Bossus-lès-Rumigny, Bourg-Fidèle, Brognon, Cernion, Champlin, Charnois, Le Châtelet-sur-Sormonne, Chilly, Chooz, Cliron, Deville, L'Échelle, Estrebay, Etalle, Eteignieres, Fépin, La Férée, Flaignes-Havys, Fligny, Foisches, Le Fréty, Fromelennes, Fumay, Gespunsart, Girondelle, Givet, Gué-d'Hossus, Ham-les-Moines, Ham-sur-Meuse, Hannapes, Harcy, Hargnies, Haudrecy, Haulmé, Les Hautes-Rivières, Haybes, Hierges, Joigny-sur-Meuse, Laifour, Landrichamps, Laval-Morency, Lépron-les-Vallées, Liart, Logny-Bogny, Lonny, Marby, Marlemont, Maubert-Fontaine, Les Mazures, Montcornet, Monthermé, Montigny-sur-Meuse, Murtin-et-Bogny, Neufmanil, La Neuville-aux-Joutes, Neuville-lez-Beaulieu, Nouzonville, Prez, Rancennes, Regniowez, Remilly-les-Pothées, Renwez, Revin, Rimogne, Rocroi, Rouvroy-sur-Audry, Rumigny, Saint-Marcel, Sécheval, Sévigny-la-Forêt, Signy-le-Petit, Sormonne, Taillette, Tarzy, Thilay, Tournavaux, Tournes, Tremblois-lès-Rocroi, Vaux-Villaine, Vireux-Molhain et Vireux-Wallerand.
Structures de pilotage et de gestion vignette|Maison du parc. Les grandes décisions, budget, création d’emplois, statuts, lignes directrices, sont prises par le comité syndical du syndicat mixte de gestion du Parc naturel régional des Ardennes. Celui-ci est composé des représentants des différentes collectivités adhérentes au syndicat : les adhérentes, le conseil régional de Champagne-Ardenne, le conseil général des Ardennes, la ville-porte du parc, les EPCI inclus dans le territoire. Il comprend aussi quelques membres à titre consultatif représentant notamment le Conseil économique, social et environnemental régional, et l’association des Amis du Parc. Les affaires courantes sont suivies par un bureau syndical de élus au sein du comité syndical et animé par le président du PNR, Jean-Marie Meunier, qui est aussi conseiller régional des Ardennes. L’association des Amis du Parc citée précédemment regroupe des membres de la société civile, dont des personnalités qui ont accompagné les élus locaux tout au long de la phase de préfiguration. Cette association a vocation à faire entendre la voix des habitants et usagers du territoire.
Le budget de fonctionnement de 2012 est de , à comparer au montant moyen de fonctionnement d'un PNR en France, de .. Né dans une période caractérisée par le désengagement financier de l’État., le PNR des Ardennes s'appuie sur une équipe composée des personnels administratifs et de sept chargés de mission spécialisés dans les domaines d’actions définis par la Charte. Cette équipe travaille sous l'autorité du Président du PNR, Jean-Marie Meunier, et de la Directrice, Isabelle Zarlenga, en collaboration avec le Bureau syndical.
Géologie
Si on parcourt l'échelle des temps géologiques, en commençant par les temps les plus anciens, les premiers massifs émergés au Cambrien sont à l'origine des schistes ardoisiers de Rimogne, de Bogny et de ses phyllades noirs, et de Fumay..
Au Dévonien, l’essentiel du territoire des Ardennes reste recouvert par une mer peu profonde, peu agitée, permettant aux sédiments de s'accumuler. Cette époque est marquée par la première manifestation d’une sédimentation marine très calcaire (récifs coralliens). La barre des calcaires de Givet, qui en résulte, constitue une limite naturelle. Cette limite naturelle sur plusieurs centaines de kilomètres a longtemps servi de frontière. La grotte de Nichet à Fromelennes s'est formée dans une formation calcaire de cette époque et en reste un témoignage saisissant. Givet a donné son nom à une des époques géologiques du Dévonien, le Givétien, décrite par le géologue Jules Gosselet..
Du Dévonien inférieur au Carbonifère, puis au Permien, le Massif ardennais, extrémité occidentale de la chaîne hercynienne, perce la surface des eaux.. À la suite des soulèvements successifs de ce massif, des plateaux et des pointes se constituent aux environs de la ville actuelle de Sedan, mais aussi de Rocroi et de Namur, laissant subsister entre eux des bassins. Ces bassins se comblent de sédiments.
À la base de ce Massif ardennais, sur une bande allant de Signy-le-Petit et Rumigny à Renwez et Warnecourt, la mer liasique dépose des couches de sable, d'argile et de calcaire, sur lesquelles évoluent de grands sauriens. La mer se retire ensuite puis réapparaît, redéposant des sables, de l'argile et la gaize de l'infra-Crétacé. Puis elle recule à nouveau. Les animaux qui peuplent le terrain, à mesure que les eaux se retirent, sont plus évolués.