La grotte de la Tête du Lion est une grotte ornée située dans la commune de Bidon, dans le sud du département de l'Ardèche, en France. Elle comporte des peintures pariétales datées d'une période comprise entre le Gravettien et le Solutréen.

Historique

La grotte a été découverte au début du mois de par un tir de mine sur le chantier de la départementale D 290. Les spéléologues Robert Brun et Michel Pagès explorent la grotte dès le et découvrent un panneau mural portant des figures pariétales. La grotte est rapidement classée au titre des monuments historiques par arrêté du et le tracé de la route est modifié afin de conserver la barre rocheuse où elle se trouve qui dans le projet de construction devait être complètement détruite.

Des fouilles sont réalisées près de l'entrée en 1972 et 1973. L'étude de la grotte a été reprise en 2009 pour pouvoir confirmer sa datation. En 2022, une nouvelle étude est réalisée afin de résoudre la question de l'accès à la grotte dans le contexte paléolithique.

La commune de Bidon, est propriétaire de la grotte mais celle-ci n'est pas ouverte au public.

Toponymie Le nom de la grotte correspond à celui donné au rocher où elle se trouve, le Roc-de-la-Tête-du-Lion, nom moderne attribué par les bateliers effectuant la descente des gorges de l'Ardèche pour les touristes.

Description

La grotte est située à d'altitude sur la rive gauche de l'Ardèche mais en retrait des gorges, au pied du massif du Colombier. La grotte a été reconnue sur de longueur. Elle comporte trois parties séparées par des rétrécissements : une courte galerie comportant quelques traces de peinture rouge, une petite salle centrale appelée « la Rotonde » où se trouvent les peintures pariétales dans une abside latérale, et un long boyau terminal sans aucune trace de fréquentation préhistorique qui ne fut rendu accessible qu'en désobstruant une chatière en 1973.

Dès les premières études de la grotte, la question de son accès au Paléolithique s'est posée. Il semble que la grotte n'était accessible que par une étroite chatière qui fut détruite lors du tir de mine de 1963, les sondages n'ayant révélé aucun puits d'accès. L'accès devait y être très difficile. Les parois de la grotte ne comportent aucune trace de délitage cryoclastique et aucun reste osseux d'animaux qui auraient pu s'y introduire n'ont été découvert dans la grotte.

Art pariétal En dehors de quelques traces de peintures très effacées, d'un point rouge et de deux traits gravés proches de l'entrée, les représentations figurées sont concentrées dans l'abside de la Rotonde.

Le panneau principal comprend une représentation d'un bovidé, deux têtes de bouquetins et deux groupes de points. Le bovidé, probablement une femelle du type Bos primigenus est peint à l'ocre rouge. L'animal est tourné vers la gauche. la tête est étroite, les cornes sont représentées en perspective semi-frontale, les pattes antérieures sont figurées en perspective et les pattes postérieures sont recouvertes par une coulée d'argile. Deux têtes de bouquetin mâles, peintes en rouge, à fortes encornures sont représentées en association avec le bovidé : la première devant le poitrail et la seconde sous le ventre du bovidé. Le boviné est surmonté d'un groupe rectangulaire de dix-sept points de couleur jaune/vert. Un second groupe de sept points identiques sont regroupés sur le flanc du bovidé. Une série oblique de quatre points et un cinquième isolé, tous de couleur rouge complètent l'ensemble. Une représentation incomplète d'un cerf peint à l'ocre rouge est visible à à gauche de cet ensemble. Le cerf est représenté tourné vers le bovidé.

Quelques traces d'ocre rouge et deux ponctuations ovales sont également visibles dans l'abside en revenant vers l'entrée.

Datation Le niveau d'occupation principal de la grotte se trouve environ sous la surface du sol actuelle.

Les peintures ont pu être datées par le carbone 14 dès 1972 grâce à la présence de charbons de bois provenant vraisemblablement des torches utilisées par le peintre, trouvés dans la même couche stratigraphique que des traces d'ocre rouge associées aux peintures. Les charbons de bois ont été datés à l'époque de 21 650 +/- 800 BP, soit environ vers , ce qui correspondrait au Gravettien récent ou au Solutréen ancien.

En 2009, une nouvelle datation réalisée sur un charbon de bois correspond à une date de 22 120 +/- 150 ans BP soit environ vers Ce nouveau résultat est comparable à la datation de 1973.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie .

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Articles connexes Liste des monuments historiques de l'Ardèche

Liens externes

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