La Société Anonyme des Charbonnages de Monceau-Fontaine à Monceau-sur-Sambre a été la plus importante de tout le bassin minier de l'arrondissement administratif de Charleroi. Portée sur les fonts baptismaux par la « Société générale pour favoriser l'industrie nationale », elle a illustré pendant 150 ans les ambitions industrielles de sa marraine devenue entre-temps Société générale de Belgique. Cette société fut rachetée par le groupe Brederode. Elle devient ensuite la société Monceau-Zolder.
Le sceau de la société est constitué de deux ellipses concentriques contenant ce libellé. Monceau-Fontaine était donc plus une société qu'un charbonnage. La société, en abrégé Charbonnage de Monceau Fontaine a exploité plusieurs puits profonds de plus de , dont le 19 qui figure parmi les le plus profonds d'Europe.
Histoire
vignette|Triage-lavoir construit en 1932 à Monceau-sur-Sambre. Des exploitations par puits sont déjà effectuées en 1721 sous Monceau-sur-Sambre. Le une autorisation est donnée pour l'exploitation des veines de charbon appelées « Try delle Pairotte » à Monceau-sur-Sambre. D'autres autorisations sont accordées en 1722 pour exploiter par puits sur le territoire de Roux, le sous la commune de Fontaine-l'Évêque, le sous la commune de Forchies.
En 1804, l'ancien seigneur de Monceau, Charles-Alexandre de Gavre forme avec des associés exploitant des cayats (mines artisanales peu profondes) la Société de Monceau-Fontaine. Par 5 requêtes différentes, du 5 brumaire () au , la société demande la « maintenue » de la concession et la concession nouvelle de mines de houille sous les communes voisines de Monceau : Fontaine-l'Évêque, Forchies-la-Marche, Jumet, Marchienne, Landelies, Souvret et Courcelles. La concession demandée est si vaste que les réactions des concurrents retardent la constitution officielle de la société.
Le , la société est constituée devant Maître Cappier, notaire à Bruxelles, avec le concours de la « Société générale pour favoriser l'industrie nationale ». Le , au moment de la ratification par arrêté royal de la constitution de la société, la concession comprend .
Fusion avec le Martinet Le , devant Me Annez, notaire à Bruxelles, elle fusionne avec le Charbonnage du MartinetLa concession est cependant amputée de qui sont rattachés aux Charbonnages du Nord de Charleroi. (fondé le , tombé en faillite en 1850 et racheté le par M. Ferdinand Spitaels, de concession sous Roux et Monceau), et devient par la même occasion Société Anonyme des Charbonnages de Monceau Fontaine et du Martinet.
Durant les 10 années suivantes, différentes rectifications de limites de concessions sont réalisées avec les sociétés suivantes : le Charbonnage de Bayemont, le Charbonnage d'Amercoeur et le Charbonnage des Propriétaires Réunis.
Le , un arrêté royal accorde une extension de sous les communes de Fontaine-l'Évêque et Anderlues. À ce moment, la superficie totale de la concession est de .
Fusion avec Piéton-Centre Le , devant Me Dedoncker, notaire à Bruxelles, la fusion avec la Compagnie du Charbonnage de Piéton Centre apporte un complément de à la concession. La Société de Piéton avait été constituée le devant Me Pletain, notaire à Mons. La concession d'une superficie de s'étendait sous Piéton et Anderlues. Par arrêté royal du , elle avait été étendue sous Piéton, Chapelle-lez-Herlaimont et Trazegnies, par l'acquisition de . Le , suivant acte passé devant Me Cornil, notaire à Charleroi, était fondée la Cie du Charbonnage de Piéton Centre par fusion avec la Société Charbonnière du Bois des Vallées, concession de s'étendant sous Carnières et Piéton, constituée par arrêté royal du devant Me Frère, notaire à Charleroi.
Ainsi, vers 1880, la Société Anonyme des Charbonnages de Monceau-Fontaine et du Martinet occupe une superficie de , s'étend sous onze communes (Roux, Monceau-sur-Sambre, Marchienne, Landelies, Fontaine-l'Évêque, Courcelles, Souvret, Forchies-la-Marche, Anderlues, Piéton et Carnières). La Société possède alors neuf sièges d'extraction dont six, les , , , et sont en activité ; un, le , en préparation et deux en réserve, les et . Les techniques et les matières évoluent.
Extension vers Forchies et Carnières Le , par devant Me Van Halteren, notaire à Bruxelles, est réalisée la fusion de la S.A. du Charbonnage de Monceau-Fontaine et du Martinet avec la S.A. de Forchies d'une superficie de . Cette société avait été constituée le par l'apport d'une partie de la concession de la Société civile de Bascoup, sous Trazegnies, Piéton, Forchies-la-Marche et Souvret.
Le , la S.A. du Charbonnage de Monceau-Fontaine et du Martinet achète une part de de la concession du Charbonnage de Carnières-Sud et Viernoy. Ce charbonnage est né le par la constitution d'une société en vue de l'exploitation de la concession de Saint-Éloy sous Carnières. À cette société primitive est venue s'ajouter, en 1880, la concession du Charbonnage du Viernoy sous Anderlues avec toutes ses dépendances. En 1890, la société est liquidée et sa concession partagée entre les charbonnages de Mariemont, d'Anderlues et de Monceau-fontaine.
Fusion avec Marchienne En 1897, un arrêté royal accorde une extension de sous les communes de Fontaine-l'Évêque, Leernes, Landelies, Monceau-sur-Sambre et Montigny-le-Tilleul. Le , suivant acte passé devant Mes Van Halteren et Dubost, notaires à Bruxelles, la S.A. du Charbonnage de Marchienne, en liquidation, est englobée par la Société Anonyme de Monceau-Fontaine et du Martinet qui devient la S.A. des Charbonnages de Monceau-Fontaine, nom qu'elle gardera désormais.
Le Charbonnage de Marchienne résultait de la fusion des : Charbonnages de la Réunion, fondés le ; leur concession avait une superficie de et s'étendait sous Marcinelle et Montignies-le-Tilleul ; Charbonnages des Propriétaires Réunis dont la concession de s'étendait sous Marchienne, qui avaient été constitués le et annexés aux Charbonnages de la Réunion en 1874 ; Charbonnages de Saint-Martin dont la concession de s'étendant sous Marchienne-au-Pont et Montignies-le-Tilleul avait été accordée à la Vve de Cartier de Marchienne par arrêté royal du et avait été fusionnée avec les Charbonnages de la Réunion le par acte passé devant Me Éloy, notaire à Bruxelles, portant ainsi à la superficie des Charbonnages de la Réunion.
En 1884, cette société est dissoute et sa concession partagée en deux parties : sont rattachés à la concession de la S.A. des Charbonnages de Marcinelle-Nord ; les restants s'étendant sous Marchienne-au-Pont, Marcinelle, Mont-sur-Marchienne et Montigny-le-Tilleul forment le champ d'exploitation d'une nouvelle société, constituée le par acte passé devant Me Van Halteren, la S.A. du Charbonnage de Marchienne, exploitant un seul siège appelé « Providence », qui deviendra plus tard le siège de Monceau-Fontaine.
Fusion avec Marcinelle-Nord En 1930, indépendamment du bureau central et des magasins généraux (qui se trouvent à l'emplacement de l'ancien siège à Monceau-sur-Sambre), et du siège du Martinet qui sert à l'épuisement, Monceau-Fontaine possède les sièges d'exploitation suivants : à Monceau-sur-Sambre ; et 10 à Forchies ; à Goutroux ; et 17 à Piéton ; et 19 à Marchienne. La concession, d'une superficie de s'étend sur 18 communes. L'extraction de 1929 s'élève à , le nombre d'ouvriers occupés étant de .
C'est le qu'est réalisée devant Me Scheyven, notaire à Bruxelles, la fusion des Charbonnages de Monceau-Fontaine avec la S.A. des Charbonnages de Marcinelle-Nord, société en liquidation dont la concession de sous Marchienne-au-Pont, Montigny-le-Tilleul, Mont-sur-Marchienne, Marcinelle, Charleroi, Montignies-sur-Sambre, Couillet, Bouffioulx, Loverval, Acoz, Joncret et Gerpinnes.
Historique de Marcinelle-Nord Les premières demandes de concession de mines de houille sur le territoire de Marcinelle paraissent intimement liées à l'apparition et au développement de l'industrie métallurgique du sud de la Sambre. En 1818, Paul-François Huart-Chapel, maître de forges à Charleroi, demande la concession de mines de houille gisantes sous Marcinelle. Le , est constituée une société groupant le Charbonnage de Marcinelle, les Usines des Hauchies (où un haut fourneau est érigé) et les Usines Métallurgiques du Hainaut. Le , cette société est érigée en S.A. des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet qui durera jusqu'en 1906.
En 1865, les actes du Conseil de la Société de Marcinelle et Couillet renseignent que , à savoir : le puits abandonné comme siège d'extraction en 1848 et aménagé pour l'exhaure en 1857 ; le puits dont les travaux sont établis aux niveaux de , et ; le puits qui exploite au niveau de des veines très grisouteuses à dégagements instantanés ; le puits , qui sera rebaptisé en 1931 par Monceau-Fontaine Cerisier, et dont l'exploitation, provisoirement arrêtée, sera reprise en 1866 ; le puits dont l'enfoncement, commencé le , qui exploite des couches assez fortement grisouteuses.
Le , suivant acte passé devant Me Bodson, notaire à Charleroi, la Société de Marcinelle et Couillet achète en vente publique la concession des Fiestaux à Couillet, d'une contenance de C'est en 1844 que l'on trouve la première mention, dans les archives du charbonnage, de la dénomination de Fiestaux, qui n'est pas inscrite dans l'acte de concession primitif. Ce nom a donc probablement vu le jour après la première concession. Le Larousse renseigne le mot « fiestaux » comme désignant un dégagement spontané de grisou dans une galerie. Ce terme, peu connu dans la région, fut sans doute appliqué par les Français qui eurent longtemps des intérêts dans la Société des Fiestaux. Il est donc fort probable que ce nom, donné à l'escarpement de la rive droite de la Sambre au sud-est de Couillet, est dû aux premières manifestations grisouteuses qui ont accompagné, dès le début, l'exploitation de la houille dans cette région.. Cette dernière concession avait été accordée par arrêté royal du à Louis-Lambert-Joseph Schohier, domicilié à Jamioulx.
Le creusement du puits Sainte-Marie-des-Fiestaux date de 1840 ; en 1931, ce puits sera rebaptisé par Monceau-Fontaine . En plus de ce puits, la concession des Fiestaux comprenait, lors de la fusion de 1882, huit anciens sièges abandonnés qui ont tous exploité la .
Le , devant Me Delefortrie, notaire à Bruxelles, les Charbonnages de Marcinelle-Nord : reprennent une partie de la concession de la S.A. des Charbonnages de la Réunion en liquidation, soit supplémentaires à exploiter sous les communes de Marcinelle, Mont-sur-Marchienne et Montigny-le-Tilleul ; se voient accorder . C'est un des cas, fort rares dans le bassin de Charleroi, de concessions superposées.
Situation de Marcinelle-Nord vers 1885 La section de Marcinelle comprend les sièges d'extraction , 11 et 12 et le siège en préparation . L'exhaure est effectué par le puits et par une machine d'épuisement placée au siège . Tous les puits sont reliés par des chemins de fer à petite section à une station de triage central, de lavage des charbons et de fabrication du coke. Les ateliers généraux, magasins et chantiers de bois se trouvent à proximité du triage central. La section de Mont-sur-Marchienne comporte le siège d'exploitation (Conception), l'ancien siège Saint-Joseph affecté à l'exhaure par cages et le puits d'épuisement de Forêt. Les installations comprennent un atelier de triage et une fabrique de coke. Les produits sont évacués par deux plans inclinés et ensuite par chemin de fer (gare de La Sambre). La section des Fiestaux est formée par le puits (Sainte-Marie des Fiestaux), situé sur les hauteurs qui dominent la station de chemin de fer de Couillet. Les charbons sont amenés à un atelier de triage, raccordé à la gare de Couillet-Montignies et au rivage de la Sambre.