Mo Yan (), de son vrai nom Guan Moye (), est un écrivain chinois, né le Mo Yan - A heavyweight in China's literary scene Article du quotidien China Daily ou le Notice biobibliographique sur le site Nobelprize.org Mo Yan sur le site de l'Encyclopædia Britannica ou bien encore en André Lévy (dir.), Dictionnaire de littérature chinoise, Presses universitaires de France, coll. « Quadrige », 1994, rééd. 2000, p. 223.Noël Dutrait, Petit Précis à l'usage de l'amateur de littérature chinoise contemporaine, Philippe Picquier, 2002, p. 58-59.Yinde Zhang, Histoire de la littérature chinoise, Ellipses, 2004, p. 92. à Gaomi dans la province du Shandong en Chine. Le , il a reçu le prix Nobel de littérature.

Biographie Guan Moye naît au sein d'une famille paysanne du Shandong. De 1959 à 1961, sa famille connaît la faim en raison du Grand Bond en avant.

En 1966, pendant la Révolution culturelle, Sa famille vit dans une grande pauvreté durant cette périodeChristopher Clair, « IWP participant wins Nobel Prize for Literature », The University of Iowa, 11 octobre 2012..

Il travaille en usine avant d'intégrer en 1976 l’Armée populaire de libération, puis le Parti communiste en 1979.

Mo Yan est diplômé de l' en 1986, puis de l'université normale de Pékin, en 1991.

Son origine paysanne, à propos de laquelle il évoque le rôle joué par les histoires racontées par sa grand-mère, et son éducation au sein de l'armée tranchent avec celles de nombreux autres écrivains, imprégnés de la lecture des grands romans classiques.

Ses parents lui ont appris, par prudence, à éviter de parler à l'extérieur. C'est la raison du choix de son pseudonyme, Mo Yan, « Celui qui ne parle pas »Martine Bulard, « Mo Yan, un Prix Nobel aux deux visages », Planète Asie, les Blogs du Diplo, 12 octobre 2012..

En 1981, il publie, sous son nom de plume, sa première nouvelle, Radis de cristal. Sa reconnaissance est immédiate, mais ce n’est qu’avec Le Clan du sorgho, qui est porté à l'écran sous le nom Le Sorgho rouge par Zhang Yimou en 1986, qu'il atteint sa notoriété actuelle.

Mo Yan démissionne de l'armée en 1999, où il travaillait jusque-là au département de la culture.

Le prix Nobel de littérature lui est attribué en 2012, pour son œuvre

Œuvre Son œuvre se rattache au mouvement de la « Quête des racines ». Elle évoque l'histoire de sa province natale, le Shandong, d'un point de vue historique, avec Le Clan du sorgho (1986), politique, avec La Mélopée de l'ail paradisiaque (1988), ou ethnologique. L'autobiographie y occupe une part importante. Sur le plan formel, son écriture réaliste ne dédaigne pas de faire appel à l'humour, comme avec (1989), ou au fantastique. Sa prédilection pour les personnages marginaux, ses descriptions s'attachant aux détails l'ont fait comparer en Chine à William Faulkner.

Le Pays de l'alcool, écrit après les événements de 1989, a pour but la dénonciation de la corruption des hauts cadres. Beaux seins, belles fesses (1995) est, comme Le Clan du sorgho, une saga familiale, qui a reçu le prix décerné par la revue Dajia en 1996, après avoir été censuréNoël Dutrait, Petit Précis à l'usage de l'amateur de littérature chinoise contemporaine, Philippe Picquier, 2002, p. 60-61..

Son roman Wa (Grenouilles) dénonce les excès de la politique chinoise de l'enfant unique : - (extrait de Wa). Lors d'une interview en 2010 auprès de la chaîne Phoenix TV basée à Hong Kong, il reconnaissait que son livre pouvait sembler sujet à controverses, mais que le sujet lui était profondément personnel : cela avait obligé sa femme à avorter de son deuxième enfant.

C'est un des écrivains les plus réputés en Chine et à l'étranger aujourd'hui. Son style se caractérise par son traitement très libre de thèmes comme le sexe, le pouvoir, la politique décrivant sans détours mais non sans humour les méandres psychiques et physiques de la Chine contemporaine. Son intelligence et son interprétation de la Chine contemporaine expliquent sans doute pourquoi il n'a jamais été encore censuré — à l'exception de certains passages lors des premières éditions de Beaux seins, belles fesses.

Critiques L'écrivain chinois Ma Jian a déploré le manque de solidarité et d'engagement de Mo Yan vis-a-vis des autres écrivains et intellectuels chinois réprimés et/ou mis en détention en violation de la liberté d'expression reconnue par la ConstitutionChine: accusé d'être trop proche du Parti communiste, le Nobel Mo Yan se défend Le Point Culture, 12 octobre 2012.

Le , l'écrivain et dissident chinois Liao Yiwu passe une nuit dans la prison de Stockholm où il entendait protester à la suite de la remise du prix Nobel de littérature à Mo Yan dont il dénonce l'ambiguïté envers le système de censure et d’oppression en ChineMariana Grépinet, Liao Yiwu : « En Chine, les valeurs sont polluées » Paris-Match, 15 janvier 2013Liao Yiwu, Français, qu'avez-vous fait de vos valeurs ?, Le Monde, 17 mai 2013, traduit du chinois par Marie Holzman.

Publications thumb|L'écrivain japonais Kenzaburō Ōe, prix Nobel de littérature 1994 (au premier plan), dans le village natal de Mo Yan (au second plan), en 2005. (Photo prise par l'interprète.) Quelque quatre-vingts romans, essais et nouvelles composent son œuvre. 1984 : Touming de hong luobo () 1985 : Qiushui Ku he 1986 : Zhulu Honggaoliang jiazu, () Zuiguo 1988 : Tiantang suantai zhige Yangmao zhuanyehu (chinois 養貓專業戶) 1989 : Shisan bu () 1993 : Jiu Guo () 1995 : Fengru Feitun () 1999 : Shifu, ni yue lai yue youmo 2003 : Sishiyi pao () 2009 : Wa (), - Prix littéraire Mao-Dun 2011.

Autres œuvres : Le Clan herbivore (), 1993, (non traduit) La Forêt rouge (红树林, Hóng shùlín), 1999 (non traduit) Le Supplice du santal (), 2001 ; traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Seuil, 2006 Explosion, traduit par Camille Loivier, Éditions Caractères, 2004 La Carte au Trésor, (藏宝图, Cangbao tu), traduit par Antoine Ferragne, Paris, Philippe Picquier, 2004 Enfant de fer, traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Le Seuil, 2004 La Joie (), traduit par Marie Laureillard, Paris, Philippe Picquier, 2007 ; édition revue et corrigée par Marie Laureillard, Points , 2015 , (), 2006 ; traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Seuil, 2009 La Belle à dos d’âne dans l’avenue de Chang’atraduit par Marie Laureillard, Paris, Philippe Picquier, 2011 Le Veau suivi de Le Coureur de fond, traduit par François Sastourné, Paris, Seuil, 2012 Au pays des conteurs. Discours du Prix Nobel de littérature 2012, traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Seuil, 2013 Le Grand Chambard, traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Seuil, 2013 Enfant de fer, traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Seuil, , 2013 Dépasser le pays natal, traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Le Seuil, , 2015 Professeur singe, traduit par François Sastourné, Paris, Le Seuil, 2015 suivi de Le Bébé aux cheveux d'or, traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Seuil, 2015 Le Clan des chiqueurs de paille (食草家族, Shi cao jia zu ), traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Seuil, 2016 Les Retrouvailles des compagnons d'armes (战友重逢, Zhan you chong feng), traduit par Noël Dutrait, Paris, Seuil, 2017 Chien blanc et balançoire, traduit par Chantal Chen-Andro, Paris, Seuil, 2017

Récompenses et distinctions Prix littéraires 1996 : Prix Dajia pour Beaux Seins, Belles Fesses 2000 : Prix Laure-Bataillon de la meilleure œuvre de fiction traduite en français pour Le Pays de l'alcool 2005 Prix international Docteur honoris causa ès lettres de l'« OUHK Hails 2012 Nobel Prize Winner Mo Yan », Open University of Hong Kong 2006 : Grand Prix de la culture asiatique de Fukuoka 2009 : Mo Yan Wins Newman Prize for Chinese Literature, Université de l'Oklahoma. 2011 Prix littéraire Mao-Dun pour Grenouilles Prix Manhae de littérature 2012 : Prix Nobel de littérature

Adaptations au cinéma 1987 : Le Sorgho rouge, de Zhang Yimou. 2000 : Happy Times, de Zhang Yimou. 2003 : Nuan, de Huo Jianqi

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Yinde Zhang, « La fiction du vivant. L’homme et l’animal chez Mo Yan », Perspectives chinoises, numéro 3, 2010 Yinde Zhang, Mo Yan, le lieu de la fiction, Paris, Le Seuil, 2014.

Entretiens « Le Pays de l'alcool de Mo Yan », entretien avec l'auteur, Perspectives chinoises, 2000, vol. 58, 58. « The Real Mo Yan », Humanities, vol. 32, 1, 2011. Lecture, séminaire [audio] Lecture de Mo Yan , Iowa City, Iowa, , sur le site de l'université de l'Iowa (traduction simultanée en anglais). [vidéo] « Chinese Literature as World Literature: Writer, Translator and Critics », by Dr Mo Yan and Professor Howard Goldblatt, Open University of Hong Kong, 2005.

Documentaire « Mo Yan », de Zhang Yimou, épisode de la série documentaire , BBC, 1993.

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