Le viaduc du Furand était un pont en treillis situé sur la commune de Saint-Antoine-l'Abbaye en Isère. Il permettait au tramway le franchissement d'une combe présentant un relief accidenté au fond de laquelle s'écoule le Furand.

Cet ouvrage a été construit de 1903 à 1908 pour relier Lyon à Saint-Marcellin. Son but étant de faciliter le transport de la soie entre ces deux régions, très dynamiques au niveau de l'industrie textile à l'époque. En effet, ce service très particulier fut organisé à partir de 1912 à la demande de la Chambre de Commerce de Lyon afin de pallier les difficultés des fabricants disséminés dans tout le Bas Dauphiné pour assurer leur approvisionnement en produits bruts et leurs livraisons en produits finis.

L'ouvrage a été construit par la société Sud-Isère-France. Cette société devint plus tard celle des Tramways de l'Ouest du Dauphiné.

Description de l'ouvrage

Le viaduc du Furand était un pont en poutres treillis. Il était composé de 2 travées de longueur chacune, soit une longueur totale de . La pile centrale d'environ en fer était fondée sur deux massifs en béton. Le tablier d'une largeur de était composé de deux poutres treillis de chacune symétrique par rapport à la pile centrale. Le tablier reposait donc sur la pile centrale et deux culées en béton. vignette|alt=Mise en charge viaduc|mise en charge viaduc, 1908

thumb|center|alt=vue 3D viaduc|modélisation 3D du viaduc google sketchup, travail personnel

Les fondations et les appuis Les fondations

La proximité du ruisseau implique une qualité de sol médiocre. Il est composé principalement d'alluvions déposées par le " Furand". Pour assurer la stabilité de l'ouvrage, sous le massif en béton ont été réalisés des cadres en bastaings de bois enfoncés à une certaine profondeur. Ces cadres sont remplis de galets renforçant le socle des fondations. La pile en fer est fixée sur le socle en béton par des boulons de diamètre espacés de . Le socle en béton permet de transmettre les efforts de la pile vers le sol.

thumb|left|massif en béton actuel thumb|left|massif en béton et socle de fondation thumb|center|modélisation 3D thumb|right|vue de dessus thumb|center|vue de face

Les appuis : pile et culées La pile est boulonnée sur les 2 massifs en béton. Elle est en fer, c'est un treillis. Le tablier se divise en 2 poutres treillis elles aussi en fer. Ces 2 poutres fonctionnent indépendamment l'une de l'autre en s'appuyant sur une culée en béton et sur la pile centrale. La culée Est avait vraisemblablement, à l'origine, la forme d'une arche permettant une meilleure stabilité. Arche qui aujourd'hui est partiellement cachée par la nature dominante. La culée Ouest ne présente apparemment pas d'arche, elle est plus classique mais aussi plus haute. Les culées ont été dimensionnées pour résister, en exploitation comme lors de la phase de construction, aux charges verticales (poids propre, poids du tramway chargé) et horizontales (freinage, vent) transmises par le tablier.

thumb|left|Culée Est en l'état thumb|center|modélisation 3D culée Est à l'origine

Les appareils d'appuis

Le tablier est simplement posé sur ses appuis. Il est posé sur les marches des culées et chaque travée de est boulonnée à la pile en formant une articulation. Nous n'avons pas d'information plus précise sur les appareils d'appuis des culées. Néanmoins on peut se douter qu'ils permettaient des mouvements (rotation, translation) dans les deux directions.

Le tablier thumb|Zoom tablier

Le tablier est constitué de 2 poutres treillis en croix de Saint-André. C'est la juxtaposition des systèmes Pratt et Howe. Le tablier supporte une voie de circulation de tramway de et les équipements de sécurité nécessaires (garde-corps). Il supporte une série de rails type Vignole de au mètre. Il transmet les charges qu'il reçoit à la pile centrale et aux deux culées situées aux extrémités.

thumb|center|Tablier vue de dessus 3D thumb|center|Tablier vue isométrique

Historique

La ligne de tramway Lyon/Saint-Marcellin s'est éteinte en 1936 du fait de l'essor du trafic routier et des problèmes récurrents de maintenance. La mairie de Saint-Antoine-l'Abbaye décida alors de le détruire afin de vendre la ferraille de la pile et du tablier. Une première tentative de dynamitage des embases en béton a échoué (seulement quelques dizaines de kilos de béton se sont effrités d'après le témoignage d'un ancien). C'est en 1952 que le tablier et la pile furent débités au chalumeau.

Références

Plan cadastral commune de Dionay Témoignages M. Garnier, adjoint au maire de Dionay Recherches et relevés sur le site actuel du viaduc Tramways de l'Ouest du Dauphiné Archives de la commune de Dionay

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