Le groupe Euro Disney exploite au travers de ses filiales le complexe de loisirs Disneyland Paris et développe en partenariat avec l’État et les collectivités territoriales, le de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, Val d'Europe. Il a vu le jour le avec la création de la société holding du groupe, Euro Disney SCA, alors enregistrée sous le nom Mivas SA..

Le groupe a été fondé quelques semaines avant la signature d'une lettre d’intention entre la Walt Disney Company et les pouvoirs publics français pour officialiser le choix de la France, et plus particulièrement de Marne-la-Vallée comme site du projet Euro Disneyland. Le , Michael Eisner, président directeur général de la Walt Disney Company et Jacques Chirac, premier ministre de la France signent la convention pour la création et l'exploitation du projet Euro Disneyland en France..

Son actionnaire principal est la société mère américaine The Walt Disney Company (97,08 %, au travers de EDL Holding, Euro Disney Investments SAS et EDL Corporation SAS).. La structure du groupe Euro Disney peut être qualifiée de « montage financier ».., mais sans la connotation péjorative que peut revêtir ce terme. Elle est comparable de par sa complexité à celle créée pour la construction de Walt Disney World Resort avec la Walt Disney World Company. Elle a régulièrement évolué en conséquence des différentes restructurations financières de l'entreprise.

Histoire du groupe Euro Disney 1980 - 1992 - La genèse du projet d'une destination Disney en Europe

1984-1986 : Le choix du territoire et la création de l'entreprise Le projet Euro Disneyland comme on l’appelle au milieu des années 1980. est un projet qui tient particulièrement à cœur Michael Eisner, le nouveau président directeur général de la Walt Disney Company. La firme américaine qui voit la fréquentation de ses parcs stagner, souhaite conquérir de nouveaux marchés, à commencer par l’Europe. Le projet de parcs Disney en Europe, et plus particulièrement en France n'est pas nouveau : des négociations ayant échoué dès 1976 entre la firme américaine et la Datar. En 1984, de nouvelles rencontres ont lieu entre les pouvoirs publics français, en particulier Édith Cresson, alors ministre du Commerce extérieur et du Tourisme et la Walt Disney Company. Les Américains remettent alors aux Français divers documents de réflexion.

Des dizaines de sites européens sont étudiés au début de l'année 1985 pour l’implantation des parcs Disney. Convaincu par le projet, Laurent Fabius, premier ministre de la France rencontre Carl Bongrino, vice-président de Disney International le . Gaston Defferre, ministre Chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire estime qu’une implantation de cette envergure représenterait un formidable coup de fouet économique pour l’Est francilien, de nombreux investissements profitables à la région ainsi qu'un ballon d’oxygène pour le bâtiment et les travaux publics.

La société Mivas SA (qui deviendra par la Société d’Exploitation d’Euro Disneyland S.A., Euro Disneyland SCA puis Euro Disney SCA) voit le jour le . Cette création d'entreprise précède de quelques semaines la signature d'une lettre d'intention par Michael Eisner et Laurent Fabius.. Celle-ci a pour but d’officialiser le choix de Marne-la-Vallée comme site du projet Euro Disneyland.

1987 : Signature de la convention et premières embauches

Robert Fitzpatrick est nommé président d’Euro Disneyland le Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, , division de la Walt Disney Company chargée du développement de parcs Disney en Europe. Une dizaine de jours plus tard, le , la convention pour la création du projet Euro Disneyland est signée à Paris par Michael Eisner, les pouvoirs publics français dont Jacques Chirac, alors premier ministre de la France, Paul Reverdy, président du conseil d'administration de la RATP ainsi que Jean Poulit, directeur général d'EPA Marne, le premier des établissements publics d'aménagement de Marne-la-Vallée. La convention prévoit le développement sur trente ans d’une destination touristique d’envergure internationale, « Euro Disney Resort », aujourd’hui appelée Disneyland Paris, et définit le projet d’intérêt général pour l’aménagement du de Marne-la-Vallée, Val d'Europe.

Les premiers employés sont embauchés dès , soit cinq ans avant l'ouverture de la destination touristique..

1989-1992 : Euro Disney et l’ouverture d'Euro Disney Resort en 1992 1989 : Naissance d’Euro Disneyland SCA et constitution du capital L'entreprise Euro Disneyland SA (précédemment Midas SA) devient Euro Disneyland SCA, une société en commandite par actions le . La Walt Disney Company accorde par la même occasion à la société nouvellement créée, une licence d’utilisation des droits de propriété intellectuelle et industrielle de la marque Disney..

Quelques jours plus tard, le , le capital d’Euro Disneyland SCA est porté de à 1 million d’actions dont la valeur nominale s'élève à soit un total de 10 millions de FRF. À cette date, cinq entreprises se partagent l’actionnariat : EDL Holding Company (The Walt Disney Company), Indosuez, Banque nationale de Paris, SG Warburg and Co et la Caisse nationale du Crédit Agricole.

Le , Euro Disneyland SCA achète auprès d’EPA France le lot de terrains sur lesquels doit être édifié le royaume enchanté pour un montant de 522 millions de francs.

Une nouvelle augmentation de capital de l’entreprise a lieu le .. Le capital social est désormais composé de 170 millions d’actions pour une valeur de 1,7 milliard de Francs. Près de 43 millions d’actions sont alors offertes à la souscription en France. Le même volume a été offert à la souscription au Royaume-Uni, en Belgique et dans les autres pays de la Communauté économique européenne.

Un mois plus tard, le , ces actions offertes à la souscription au public sont émises sur les marchés boursiers au prix de .. Le reste des actions, soit 49 % du capital, sont détenus par la Walt Disney Company. La société compte alors actionnaires. Fin 1989, Euro Disneyland SCA et son gérant, Euro Disneyland SA comptent 400 employés, dont 365 Européens..

1992 : L'ouverture d'Euro Disney Resort Le , Euro Disney ouvre l’Espace Euro Disney à Serris. Il s’agit d’un centre d’informations destiné à présenter au grand public le futur complexe de loisirs. En moins d’un an, un million de personnes s’y sont rendues. Robert Fitzpatrick décide de renommer la société holding Euro Disneyland SCA en Euro Disney SCA en , son nom actuel.

Le , le Casting Center ouvre afin de former les futurs employés..

Le , le groupe Euro Disney fait son entrée au CAC 40.. Tout juste un mois plus tard, le , Euro Disney Resort est inauguré comme prévu. Une grande célébration a lieu la veille au soir, retransmise à la télévision dans plusieurs pays européens.

Les premiers résultats ne sont pas ceux escomptés par la direction. Pour la première année fiscale, Paribas Markets Group estime la fréquentation de la destination de 15 % inférieure à celle attendue et les dépenses 10 % inférieures. Si bien que l’entreprise estime les pertes du groupe Euro Disney à 300 millions de FRF sur la première année fiscale. Depuis l’ouverture, l’action a déjà perdu 31 % de sa valeur..

1993 - 2015 : 20 ans de développements et de restructurations 1993 : Une première année difficile Quelques jours après son premier anniversaire, Euro Disney reçoit son onze millionième visiteur, faisant du parc la première destination touristique de France. Cette année là, Robert Fitzpatrick quitte ses fonctions. Il est remplacé par le français Philippe Bourguignon, précédemment responsable du développement immobilier du groupe..

Le montage financier du groupe Euro Disney se révèle très vite des plus fragiles. En , le groupe annonce une perte de 500 millions de francs uniquement pour le troisième trimestre.. Une perte est également prévue pour le quatrième trimestre de l'année. En raison de la récession économique, le parc enregistre moins de visiteurs, une baisse de la dépense moyenne par visiteurs ainsi qu'un faible taux d'occupation des hôtels. Prévue à l'origine pour le , la signature de l'accord sur la création d'un second parc est repoussée à une date ultérieure.. Durant l'été, l'entreprise finalise plusieurs investissements majeurs effectués pour améliorer l'expérience proposée aux visiteurs. Les attractions Legends of the Wild West, les Pirouettes du Vieux Moulin ou encore Indiana Jones et le Temple du Péril ouvrent leurs portes.

Dans le même temps, le Sunday Times évoque dans un article la fermeture possible du complexe.. Cette rumeur sera éteinte le lendemain par un communiqué de la direction d'Euro Disney. L'année fiscale 1993 se termine de manière compliquée pour l'entreprise avec une perte de 1,7 milliard de francs et seulement 9,8 millions de visiteurs. La Walt Disney Company annonce toutefois le versement de 350 millions de dollars.

1994 : Première restructuration financière En raison d'un contexte financier délicat, la Walt Disney Company et le groupe Euro Disney présentent un plan de restructuration financière le . Celui-ci prévoit notamment une augmentation de capital de 5,95 milliards de francs, des abandons d'intérêts par les prêteurs ou encore l'abandon de redevance par la Walt Disney Company. Ce plan est soumis à l'approbation des actionnaires le .

Quelques jours plus tard, le , les dirigeants d'Euro Disney font une annonce importante : ils annoncent l'arrivée au capital du prince Al-Walid ben Talal Al Saoud, neveu du roi Fahd d’Arabie saoudite. Le , à l'occasion d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires, le feu vert est donné pour le plan de restructuration.. Le de la même année, la Walt Disney Company réduit sa participation au capital d'Euro Disney SCA à 39 % en vendant 10 % à Kingdom Holding Company, une holding du Prince Al-Waleed..

Le , Philippe Bourguignon annonce le changement de nom de la destination. Celle-ci devient Disneyland Paris. L'idée vient du Président du Club Med lors d'une réunion organisée à Aix-en-Provence. En effet, celui-ci ne comprend pas pourquoi les dirigeants du parc ne s'appuie pas sur la marque « Paris », en lieu et place du mot « Euro » qui s'accompagne d'une connotation financière.

Courant 1994, la gare de Marne-la-Vallée reliant le site aux principales villes d'Europe entre, comme prévu en exploitation ; ce document est une archive.

1995-1998 : L'investissement pour le développement de la destination Si le groupe sort dès du CAC 40, il annonce surtout pour la première fois dépasser les 10 millions de visiteurs annuels. L'année est principalement marquée par l'ouverture de Space Mountain. Il s'agit de la quarantième attraction de Disneyland Paris ; elle aura coûté 650 millions de francs et nécessité deux ans de travaux.. Au journal de 20 heures de France 2, Philippe Bourguignon déclare sur la situation de son entreprise :

Au mois de juillet, la direction annonce les premiers profits trimestriels avec 170 millions de francs de bénéfice net. La tendance se confirmera en fin d'année avec un résultat se clôturant avec 114 millions de francs de bénéfices pour un chiffre d'affaires de 4,6 milliards de francs, en progression de 10 %.

En , le groupe Euro Disney annonce la création de supplémentaires pour faire face à l'augmentation de l'activité. L'entreprise compte alors . Le , le groupe annonce une nouvelle fois réaliser des bénéfices avec un résultat de 202 millions de francs, soit une progression de 77 % par rapport au résultat précédent..

Le projet d'un centre commercial régional est également lancé avec la signature d'un accord entre Euro Disney et la Ségécé (groupe Klépierre). Ce centre vise à accueillir 14 millions de visiteurs annuels. Le centre commercial est inscrit dans la convention signée en 1987. Il s'inscrit dans le développement planifié du Val d'Europe et se trouve au cœur du centre urbain créé de toutes pièces à partir des années 2000 et dont il est la première construction..