Le siège de Homs.... est une série d’opérations militaires menées par l’armée syrienne dans la ville de Homs durant la guerre civile syrienne.
Homs est la troisième ville la plus peuplée de Syrie, située à 100 kilomètres de Damas. La ville est considérée comme le bastion du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad et est parfois appelée la « Capitale de la Révolution » par les opposants au régime. Les hostilités ont commencé à la suite d'une campagne de répression contre les manifestants antigouvernementaux. Certains de ces manifestants étaient armés et ont répliqué en tirant sur les policiers. Ces oppositions se sont peu à peu transformées en combats de rue prolongés entre les forces de sécurité et la nouvellement formée Armée syrienne libre qui gagna au fur et à mesure du terrain en prenant le contrôle de différents quartiers.
À la fin de , une mission d’observateurs de la Ligue arabe fut envoyée afin de maîtriser la situation. Cette mission avorta et l’Armée syrienne lança une offensive en sur le quartier de Baba Amr qui fut bombardé et coupé de toutes les routes de ravitaillement. Ces actions poussèrent les civils et les soldats de l'Armée syrienne libre à quitter le quartier début mars...
Début , après que le cessez-le-feu de l'ONU a été rompu, les combats de rues et les bombardements se firent plus sporadiques. Pendant ce temps, le gouvernement prit le contrôle de la plus grande partie de la ville. L'opposition maîtrisait moins d'un cinquième des quartiers de la ville et était encore en train de combattre pour la maîtrise d'une partie d'à peu près la même taille. Au début d’octobre, 75 % de la ville (14 quartiers) était sous le contrôle de l’armée..
Assiégé pendant deux ans, le Vieux Homs capitule le et repasse sous le contrôle du régime le , après l'évacuation des rebelles et des civils vers le nord de la Syrie. Al-Waer, le dernier quartier tenu par les rebelles à Homs, capitule à son tour le et son évacuation s'achève le . Homs repasse alors entièrement sous le contrôle du régime syrien.
Contexte Printemps arabe
vignette|left|Manifestations à Tunis le . Le printemps arabe est une série de mouvements populaires dans tout le monde arabe. La révolution syrienne prend part dans cette série d'événements.
Les manifestations commencent le en Tunisie, quand Mohamed Bouazizi s'immole publiquement à Sidi Bouzid, devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, pour protester contre la saisie de ses biens par la police tunisienne. Ce suicide public déclenche des soulèvements dans toute cette région, principalement pauvre et agricole. Cette vague de colère se propage dans toute la Tunisie, région par région, jusqu'à la capitale, Tunis. Le président Zine el-Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans lance une répression sanglante thumb|left|Tir tendu de grenade lacrymogène, Tunis le . Le peuple tunisien répond à cette répression par de nombreuses manifestations dans tout le pays durant lesquels des affrontements meurtriers ont lieu entre manifestants et policiers.. À la suite de ce soulèvement le président Ben Ali promet du changement et notamment la liberté d'expression, un libre accès à Internet et de ne pas se représenter en 2014.. Mais, malgré ces promesses, le peuple tunisien réclame toujours le départ du président, qui est obligé de fuir vers l'Arabie saoudite le .. Un mandat d'arrêt international est déposé contre Ben Ali et sa femme le .
Ce mouvement de contestation s'étend à tout le monde arabe, déclenchant des manifestations, et des mouvements de grande ampleur ont lieu dans des pays comme le Bahreïn, le Koweït ou le Maroc, et des révolutions ou des guerres civiles, notamment en Égypte, en Libye et en Syrie
Guerre civile syrienne Les hostilités à Homs commencent au début de la révolution syrienne. Cette révolution débute difficilement par des appels à manifester non-suivis sur Facebook.. Le , un commerçant est agressé par des policiers ce qui entraîne le soulèvement de tout un quartier de DamasGilles Paris, «La Syrie n'est pas épargnée par la contestation, Le Monde, 19 mars, . Le , 13 prisonniers politiques entament une grève de la faim en signe de protestation..
Le , un nouvel appel est lancé sur Facebook appelant tous les Syriens à manifester à partir du . À partir de ce jour, des manifestations quotidiennes ont lieu à Deraa.. Des bâtiments symboliques du pouvoir (tribunaux, siège du Parti Baas…) sont incendiés.
Des manifestations similaires ont lieu dans tout le pays. durant lesquels des intellectuels et des manifestants pacifiques sont battus violemment. Les policiers tirent à balles réelles sur les manifestants de Deraa.. Dans le reste du pays, la répression des manifestations fait des centaines de morts et des milliers de blessés..
Deux semaines plus tard, malgré la répression du gouvernement, le mouvement s'étend à toute la Syrie. Les hostilités éclatent dans les villes de Hama () et de Lattaquié (). Entre le et le , la Fédération internationale des droits de l'homme recense 123 personnes tuées en Syrie et 26 morts de plus le dans la ville de Deraa.
Des manifestations ont lieu à Alep, Homs et Damas du 13 au . Cinq cents personnes sont rassemblées à Alep, à Lattaquié et font un sit-in à Homs.
Cette situation de crise entraîne un changement de gouvernement et des démissions en chaîne, ainsi que l'état d'urgence.
C'est dans cette période de trouble qu'est créé le « comité de coordination pour le changement démocratique en SyrieSimplement pour preuve de son existence : Appel à la libération des prisonniers politiques en Syrie. »
Déroulement Manifestations d'avril-juillet 2011 Le , la première manifestation importante a lieu à Homs.
Le , les manifestants organisent un sit-in sur la place Sa'a, (la place de l'Horloge) en hommage aux 17 manifestants tués la veille. Peu après 2 heures du matin, les forces de sécurité syriennes et les unités de Maher el-Assad ouvrent le feu. Cet évènement est surnommé le « massacre de l'horloge »..
Le , après le succès de l'opération menée à Deraa face aux protestations, l'armée syrienne affronte les manifestants après la prière du vendredi à Homs. Durant cette journée, 16 manifestants sont tués selon l'opposition alors que le gouvernement déclare que 11 soldats et policiers ont été tués, dont cinq dans un poste de contrôle après avoir été attaqués par des hommes armés inconnus , Thestar, , consulté le .
Le , à la suite des affrontements meurtriers du , des chars de l'armée arabe syrienne sont entrés dans plusieurs quartiers de Homs et ont commencé une chasse à l'homme contre tous les militants et les partisans de l'opposition connus. Pendant la nuit, avant le début de l'opération, l'armée coupe l'électricité de la ville. Lors de l'assaut, l'armée est entrée dans les districts de Bab Baba et de Sebaa Amr. Durant la même journée, des hommes armés non identifiés ont attaqué un bus, transportant des travailleurs qui rentraient du travail du Liban à Homs, tuant 10 personnes et en blessant trois.
Le , un contrôle total est établi par l'armée dans la ville. Cependant, le lendemain matin, des coups de feu sont entendus dans le quartier de Bab Amr de Homs et de quelques villages voisins. Cinq à neuf personnes auraient été tuées dans les affrontements.
Le , il est signalé que les forces de sécurité ont arrêté un ancien militant des droits humains, Naji Tayara. Une source non identifiée, citée sur le site Syria Comment, a déclaré que la grande majorité de Homs a été contre les manifestations et que l'agitation était dirigée par deux ou trois tribus. Cela a été partiellement confirmé par le fait que les villages bédouins de la région ont également été ciblés par l'opération militaire.
Le , après une manifestation, 11 manifestants ont été tués par des tirs des forces de sécurité consulté le. Une semaine plus tard, le , une nouvelle manifestation a été réprimée par l'armée dans des affrontements qui ont fait 3 morts. Le , 7 manifestants et un soldat ont été tués dans des affrontements à Homs.
Le , les forces armées lancent une opération dans la ville tuant 30 personnes.
Premières opérations militaires contre les rebelles armés Durant les mois de septembre et d', des accrochages sont signalés dans le nord de la ville et dans la localité voisine de Dayr Alba. Des combats sporadiques étaient signalés à Bab Al-Sebaa, Baba Amr et d'autres endroits.
Dans la nuit du , de violents combats éclatent à Bab Al-Sebaa. Le jour suivant, les combats se propagent à Baba Amr et al-Qusur. Les combats de rue à Bab Al-Sebaa font 17 morts parmi les militaires consulté le, 20 militaires sont tués à Baba Amr et 53 blessés.
Le , des chars tirent sur le quartier de Baba Amr ou des soldats ont été tués quelques jours auparavant. Plus de 100 personnes, y compris des civils ont été tués. Plusieurs chars auraient été détruits à Homs.
Le , l'armée syrienne est entrée dans Baba Amr et en a repris le contrôle.
Le , 11 soldats déserteurs sont tués et 4 ont été blessés dans des heurts dans la partie occidentale de la ville, des raids contre des fermes sont aussi menés à l'ouest de la ville, 15 personnes mourront.
L'escalade des combats et la progression des rebelles Le , 6 pilotes, un officier technique et trois autres personnes sont tués dans une embuscade. En réponse, le gouvernement syrien annonce vouloir « couper les mauvaises mains des attaquants ». L'armée syrienne libre revendique cette attaque contre une base aérienne.
Début décembre, un correspondant de Sky News, Stuart Ramsay, est entré à Homs grâce à l'ASL, il rapporte qu'il s'y déroule quotidiennement de violents combats malgré les points de contrôle de l'armée. De plus, l'ASL contrôle certains points de la ville, ils disent aussi assurer la protection des civils. Une vidéo est postée, elle permet de confirmer le contrôle de Baba Amr par les rebelles. Selon ce journaliste, la ville serait devenue une véritable zone de guerre et a glissé dans la guerre civile.
Le , un violent accrochage a lieu entre un groupe insurgé et une patrouille de l'armée, 5 insurgés ont été tués et 1 blessé. Aux alentours du , 61 personnes sont déclarées mortes, 34 sunnites et 27 alaouites, l'OSDH dit qu'un activiste sur le terrain a vu les corps de 34 personnes sur une place d'Al-Zahra qui avaient été enlevés lundi par la milice chabbiha selon l'AFP. Ces personnes auraient été arrêtées à Baba Amr. L'OSDH rapporte que les chabbiha ont aussi détourné un bus, enlevant le conducteur et les 13 passagers. Les deux camps se sont accusés des meurtres, ces meurtres montrent le début de violences ethniques dans cette bataille.
thumb|right|Le RPG-7, l'arme la plus utilisé dans la bataille avec l'AK-47.
Le , un pipeline transportant du pétrole de l'est du pays vers Homs est saboté, un char de l'armée est, quant à lui, détruit dans la ville. Le lendemain, des craintes se font entendre sur la possibilité imminente d'un massacre à Homs, des renforts sont arrivés aux abords de la ville, accompagnés par 500 chars.
Le , se réunissent à Homs, c'est la plus importante manifestation de l'opposition à Homs, WAR & Peace, , consulté le .
Le , de violents combats éclatent à Al-Qusair, six soldats dont un officier sont tués, selon l'OSDH, trois véhicules blindés ont été détruits.
À la mi-décembre, Der Spiegel dont un journaliste est entré clandestinement à Homs déclare que Baba Amr est totalement sous contrôle insurgé et que des points de contrôle insurgés sont dressés aux abords du quartier.
Le , plusieurs milliers de soldats arrivent en renfort à Homs, 4000 encercleront le quartier de Baba Amr creusant des tranchées, l'armée lancera dans la nuit des bombardements sur le quartier rebelle. L'armée continuera de bombarder jusqu'au . seront tuées le troisième jour du bombardement.
Combats du mois de janvier