thumb|La tour Saint-Jacques à Paris - 1509 – 1523- en pierre de Saint-Leu. Pierre de Saint-Leu ou pierre grasse, du nom de son principal lieu d'exploitation, Saint-Leu-d'EsserentÉtienne Hamon. Un chantier flamboyant et son rayonnement : Gisors et les églises du Vexin français. Presses univ. Franche-Comté, 2008. google books, est l'appellation traditionnelle d'un calcaire du Lutétien exploité dans plusieurs localités du bassin carrier de la vallée de l'Oise, dans le département de l'Oise en région Hauts-de-France. Ces carrières produisent essentiellement de la pierre de taille qui fut utilisée abondamment pour construire Paris, depuis la fin du Moyen Âge. Les carrières sont exploitées dès l'Antiquité gallo-romaine et demeurent ouvertes de nos jours pour les besoins de la restauration des monuments historiques. Elles fournissent diverses pierres, dont les « vergelets » du « banc royal » et la « pierre grasse » du « banc de Saint-Leu ».

Histoire

L'occupation romaine (49 - 275 ) voit un premier essor important des constructions en pierres massives. Vestiges en pierre, quai d'un port face à la commune de Saint-Leu, chantier de taille de pierre, nombreuses villas. La pierre est extraite à Saint-Leu (rive droite) et Trossy (rive gauche). Un hameau de tailleurs de pierre existe à Saint-Leu-d'Esserent entre le L'exploitation est anecdotique du .

thumb|Chœur de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois (Paris) (1340), en pierre de Saint-Leu. La pierre de Saint-Leu est d'abord exploitée pour les besoins de l'architecture religieuse dès le où elle fait ses preuves. Elle est ensuite abondamment utilisée à partir de la fin , notamment à Paris car les carrières de Paris ne suffisaient plus à la demande. Son utilisation est attestée vers 1460 à l'église Saint-Eustache et à l'hôpital des Quinze-Vingts. Cette pierre apparaît à Paris surtout avec le gothique flamboyant pour lequel elle est très adaptée (assez fine et tendre, elle se sculpte très facilement tout en étant assez résistante aux intempéries). Elle est utilisée dans toutes les villes desservies par les voies navigables du bassin de la Seine, pour la construction d'édifices civils, religieux, et pour la sculpture ; cette proximité des carrières donna leur spécificité aux églises du Vexin. On la retrouve aussi loin que pour la tour de Beurre de la cathédrale de Rouen ou le transept flamboyant de la cathédrale de SensGuide de la géologie en France, éditions Belin, 2008, , pages 245 pour Rouen et pages 163-164 pour Sens..

En 1607, s'ouvrent de nouvelles grandes carrières à Saint-Maximin. Il faut toutefois attendre la fin de la guerre de Trente Ans (1606-1636) et l'arrivée de Louis XIV et l'architecture classique (1650-1750), pour voir la quatrième vague d'utilisation de la pierre de Saint-Maximin et de Saint-Leu dans la construction des monuments de Paris : le Louvre, les Invalides, le palais-Bourbon, l'hôtel de Lassais, l'hôtel d'Évreux, l'École militaire, la place de la Concorde, etc.Guide de la géologie en France, éditions Belin, 2008, , pages 294-295.. Le calcaire lutétien dur à cérites (calcaire coquiller) des carrières de Paris est toujours utilisé pour les fondations et les soubassements des monuments, tandis que la Saint-Leu et la Saint-Maximin sont utilisées pour l'élévation (murs et parties sculptées).

Le château de Versailles est également construit essentiellement avec cette pierre. Les soubassements sont cependant en calcaire lutétien coquiller plus dur des carrières de Meudon, Sèvres et Saint-CloudGuide de la géologie en France, éditions Belin, 2008, , page 322..

En 1678, l'Inventaire-des-Carrières commandé par Colbert, constate que toutes les carrières de Trossy, Saint-Maximin et Saint-Leu sont souterraines. En 1744, réapparaissent les premières extractions à ciel ouvert sur les coteauxHISTOIRE DE LA PIERRE DE ST-MAXIMIN sur carrieresdegan.

La pierre de Saint-Leu et de Saint-Maximin reste la pierre de taille la plus abondamment utilisée à Paris pour les aménagements de Haussman (immeubles haussmanniens et de nombreux monuments), avec une continuation sous la Troisième République, bien que des calcaires lutétiens semblables d'autres provenances du Bassin parisien sont aussi beaucoup exploités pour répondre à la demande très élevée (bassins carriers des plateaux de l'Aisne par exemple), et que les importations de pierre se diversifient à Paris à cette époque pour construire les grands monuments, venant d'autres régions de France (comme les calcaires jurassiques de Lorraine et de Bourgogne, qui apparaissent à cette époque). L'extraction de la pierre connait alors une forte industrialisation, avec l'apparition des haveuses et des rails dans les carrières, la construction de chemins de fer pour le transport jusqu'à Paris, et la canalisation de l'Oise pour exporter la pierre sur des péniches. C'est seulement la généralisation de la construction en béton au qui va provoquer le déclin irrémédiable du bassin carrier de l'Oise.

Pétrographie Le Lutétien (de Lutetia, nom latin de Paris) est un étage de l'Éocène (Tertiaire) qui s'étend de 48,6 à , période riche en invertébrés marins : mollusques, coraux, oursins, foraminifères, benthiques dans un climat chaud et humide. Une mer peu profonde recouvre le Bassin parisien qui y dépose ses sédiments durant cinq millions d'années. Ces dépôts forment le calcaire lutétien (l'époque est le lutétien moyen), dont celui de Saint-Leu, de Saint-Maximin, on en trouve aussi à Paris Rive-Gauche.

Au lutétien moyen, les dépôts sont essentiellement carbonatés, la part siliceuse ne représentant que 4 à 5 %. Plusieurs bancs sont reconnaissables par leur texture et leur contenu faunique. De bas en haut on peut trouverFrançois Duchaussois. les fossiles de la Picardie et de ses abords exposition de la société laonnoise et axonaise de paléontologie. Sur le site pedagogie.ac-amiens.fr:

De bas en haut dans les carrières : Le banc à Mollusques, peu épais. Le banc à Ditrupa strangulata, ou banc de Saint-Leu, de grande épaisseur (plusieurs mètres), contenant des ditrupas, petits tubes d’un ver annélide, et Nummulites variolarius. C'est la « pierre grasse » de Saint-Leu, assez fine et tendre, à la texture pleine, qui a fait la réputation des carrières de l'Oise à partir de la fin du Moyen Âge. Le banc à Vérins, peu épais, intercalé entre le banc de Saint-Leu et le suivant. Il contient des fossiles du plus grand gastéropode connu de tous les temps, le moulage intérieur des coquilles, en forme de grandes vis pouvant atteindre 70 cm de long, que les carriers comparaient à des vérins. Le banc Royal, banc épais (plusieurs mètres) de calcaire tendre, au grain assez fin, riche en Milioles et Orbitolites avec quelques Mollusques. Ce niveau peut présenter une alternance de bancs plus durs et de bancs plus tendres. Le banc Royal a été massivement exploité depuis très longtemps comme pierre de construction (carrières de Saint-Leu, Saint-Vaast-les-Mellos, Saint-Maximin, dans l’Oise, Vassens dans l’Aisne…). Il produit surtout des « vergelés » et des « lambourdes », selon la qualité des pierres qu'on en sort.

Au , la pierre de Saint-Leu s'exploite dans les carrières de Trossy et de Saint-Leu-d'Esserent d'où elle a pris son nom. La pierre de Saint-Leu, d'une teinte jaunâtre est très tendre lors de l'extraction. On doit lui laisser jeter son eau de carrière après l'avoir travaillée ou sculptée, ce qui la fait durcir en surface, elle se conserve ainsi parfaitement en élévation. Mais si elle est exposée à l'humidité, elle gèle et se détruit rapidement, là où le vergelé (issu des mêmes carrières) aurait bien résistéAnnales des ponts et chaussées: Mémoires et documents relatif à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, Numéro 33,Partie 1,Volume 1. A. Dumas, 1863 (Livre numérique Google).

Les pierres du banc de Saint-Leu se distinguent des vergelés et lambourdesLes vergelés sont des pierres maigres, poreuses, plus ou moins fermes, résultant de l'agrégation d'un sable calcaire qui souvent paraît entièrement composé de iniliolithes. Ces pierres, qui s'exploitent en quantités immenses dans la vallée de l'Oise et sur les plateaux du Clermontois, sont d'une teinte grise, fréquemment rubanées de veines ocreuses et quelquefois mêlées de débris de moules coquilliers qui en rendent la texture grossière. Les lambourdes des environs de Paris proviennent des mêmes bancs que les vergelés, leur structure est pareille mais elles sont généralement plus tendres et souvent grasses ou marneuses, en sorte que le mot de lambourde s'emploie volontiers pour désigner un vergelé de qualité inférieure, tandis qu'une lambourde de bonne qualité peut avec raison être qualifiée de vergelé. Dans Annales des ponts et chaussées en ce que le sable calcaire qui en est l'élément principal est formé de débris de coquilles ou de moules brisés, pilés et tellement fondus dans la masse, qu'ils ne se distinguent pas du ciment également calcaire qui les agrège ; de là cette facilité de s'écraser sous le marteau et de s'attacher aux outils que les carriers expriment par le mot de pierre grasse.

Pathologie ancienne du bâtiment Viollet-le-Duc, dans son ouvrage "Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XI au siècle, décrit les pathologies observées au siècle sur les anciens bâtiments : V

thumb|Pierre sur corniche Soit, par exemple,

Extraction Au , la Saint-Leu comme le vergelé s'équarrissent à la layeLa laye est un outil des tailleurs de pierre proche du marteau taillant et se scient à la scie à dents avec tant de facilité qu'on ne les taille pas autrement, en se bornant à ragréer les parements en place. Au on utilise une longue tronçonneuse appelée haveuseLAUNET Edouard. Le trou d'où sort Paris: Depuis le Moyen Age, les carrières de Saint-Maximin, dans l'Oise, fournissent à la capitale la pierre de ses plus beaux monuments. On se l'arrache aujourd'hui jusqu'à Las Vegas. Grand Angle Le 12 septembre 2007 à 9h36. Sur liberation.fr.

La pierre de Saint-Maximin thumb|Pierre de Saint-Maximin. thumb|Pont Neuf - 1578 - 1607- Pierre de Saint-Leu.

La pierre de Saint-Leu est toujours exploitée dans les carrières de Saint-Maximin, Ouachée et Corpechot, près de Creil (Oise) pour les besoins de la restauration des vieux édifices mais aussi pour l'exportation. La société Rocamat exploite aussi cette pierre sur la même commune sous diverses appellations et la Saint-Leu, à Saint-Vaast-les-MelloSaint-Maximin Liais, Saint-Maximin construction,Saint-Maximin fine, Saint-Maximin franche construction, Saint-Maximin franche fine et Saint-Leu sur le site rocamat.fr.

Quelques exemples de monuments en pierre de Saint-Leu et assimilées À Paris : l'église Saint-Eustache l'église Saint-Germain-l'Auxerrois l'église Saint-Étienne-du-Mont le palais du Louvre l'hôtel des Invalides la place des Vosges et la place Vendôme le palais Bourbon le palais de l’Élysée de nombreux hôtels particuliers l'École militaire la place de la Concorde Le château de Versailles et le Grand Trianon les grandes gares de Paris, les hôpitaux, le siège du Crédit lyonnais, les grands magasins, etc. Ailleurs : la tour de Beurre de la cathédrale Notre-Dame de Rouen le transept flamboyant de la cathédrale Saint-Étienne de Sens

Galerie

Notes et références

Voir aussi Calcaire lutétien Carrières de Saint-Maximin Pierre naturelle Liste des carrières de pierre en France Carrières souterraines de Paris

Liens externes documents divers sur le site urban-exploration.com Plans des carrières de Saint-Leu d'Esserent sur le site urban-exploration.com Exploration virtuelle de la carrière de Saint-Leu d'Esserent sur le site urban-exploration.com Site de la municipalité de Saint-Maximin Photos

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