Albert CoreyUn temps connu comme Albert Coray (-ay) dans la base de données du mouvement olympique mais son nom est bien orthographié (-ey), il est enregistré comme Albert Louis Corey à l’état civil français et son nom est maintenant corrigé sur la base de données., né le à MeursaultArchives de la Côte d'Or, commune de Meursault, acte de naissance , année 1878 (vue 92/375) et mort le dans le de Paris Archives de Paris , acte de décès , année 1926 (vue 12/31)]Archives de Paris, registre matricule , classe 1898, bureau de Paris (avec mention de sa désertion avant son départ pour l'Amérique et sa réinsertion en novembre 1914), est un athlète français qui a participé aux Jeux olympiques de 1904 de Saint-Louis où il s'est classé deuxième du marathon. Il vivait à ce moment-là aux États-Unis, et les historiens ne se sont jamais vraiment accordés quant à savoir si sa médaille revenait à la France ou aux États-Unis.
Biographie Albert Corey est le fils d'un propriétaire viticole de Meursault. Il connait quelques succès en course à pied en 1895 et 1896, puis intègre l’armée à dans le de chasseurs à pied. Il y reste quatre ans de 1898 à 1902 ; il est alors considéré comme un excellent sportif. Mais très vite, il déserte l’armée pour aller refaire sa vie aux États-Unis.
Dès son arrivée sur le sol américain en , Corey commença sa nouvelle vie pour subsister en étant payé comme briseur de grève, à Saint-LouisHistoires de Jeux olympiques, Sud Ouest - dossiers du Quotidien, juillet 1988, p.72..
Aux Jeux olympiques de 1904 à Saint-Louis, ce Français résidant aux États-Unis depuis l’année précédente fut inscrit comme Américain pour une question de papiers, bien qu'en 1904, il fallait prouver d'au moins cinq années consécutives de résidence sur le territoire .
Corey remporte la médaille d'argent de l'épreuve du marathon en , devancé par l'Américain Thomas Hicks (). Ce dernier, en difficulté lors des onze derniers kilomètres, reçut plusieurs injections de strychnine et absorba des œufs battus dans du brandy. Ce cocktail ingurgité provoqua un incident rare, les officiels de la course n'arrivant pas à arrêter Hicks après qu'il eut franchi la ligne d'arrivée.
Corey gagne également la médaille d'argent de l'épreuve par équipes du , avec ses quatre partenaires tous américains du Chicago Athletic Association. Curieusement, alors qu’il reste toujours comme simple ressortissant français, sa médaille individuelle est comptabilisée au bénéfice des États-Unis par le mouvement olympique alors que la deuxième médaille, celle en équipe, est attribuée à une équipe mixteSt Louis 1904 en raison de la composition franco-américaine du collectif.
En 2021, son identité est rétablie par le Centre d'études olympiques, une division du CIO..
Au-delà de la question de sa nationalité sportive, la médaille d'argent d'Albert Corey fait l'objet, depuis les , d'une relecture historique portée par Clément Genty. Dès 1912, à l'occasion des Jeux olympiques de Stockholm, le journal sportif L'Aéro évoquait déjà Corey comme le « glorieux second [de 1904], malgré de multiples désavantages »« Les Jeux Olympiques de Stockholm – Le Marathon », dans L'Aéro, vol. 4, n° 528, 14 juillet 1912, p. 1.. S'appuyant sur cette source ainsi que sur les deux rapports officiels de l'épreuve — celui de l'officiel Charles J. P. Lucas et celui de James Edward Sullivan pour le Spalding's Athletic Almanac de 1905 — Genty établit que le vainqueur Thomas Hicks a bénéficié d'un accompagnement en automobile ainsi que d'un soutien physique direct par deux officiels sur une large partie du parcours final, en plus d'injections de strychnine mêlée à du blanc d'œuf et de brandy, alors même que toute assistance avait été explicitement interdite avant la course par les organisateurs, comme le rapportent à l'époque le Boston Globe et le St. Louis Republic. Genty retrouve par ailleurs, auprès de la Missouri Historical Society, une photographie d'époque confirmant la présence du véhicule accompagnateur aux côtés de Hicks. Établissant un parallèle avec la disqualification de Frederick Lorz, sanctionné pour une aide de nature comparable, il plaide pour que la médaille d'or du marathon soit rétroactivement attribuée à Albert Corey. Sur la base de ces éléments, Genty saisit en 2023 le Comité international olympique (CIO) afin de demander une révision du classement ; sa directrice des affaires juridiques, Mariam Mahdavi, répond le que le n'est ni compétent pour revoir une décision prise sur l'aire de compétition, ni habilité à réviser le classement d'une épreuve disputée près de auparavant. Genty évoque depuis la possibilité d'une saisine du Tribunal arbitral du sport ou d'une démarche diplomatique auprès du Comité national olympique et sportif français. À ce jour (), le classement officiel de l'épreuve n'a pas été révisé.
La Société internationale des historiens olympiques (ISOH) qui publie l’avancée de ses travaux sur les pages concernant les Jeux olympiques sur le site Sports Reference, comptabilise la médaille d'argent individuelle au bénéfice de la France et non des États-Unis.
Corey rentre en France avant , il participe au premier conflit mondial en tant que sergent fourrier au sein du de chasseurs à pied et est décoré de la Croix de guerre. Comptable de profession, il se marie avec Marie Sassard en à Paris et meurt dans cette même ville en 1926 à l'hôpital Boucicaut.
Palmarès Jeux olympiques d'été de 1904 (Saint-Louis) : Médaille d'argent à l'épreuve du marathon () ; Médaille d'argent à l'épreuve du 4 miles (Chicago Athletic Association, Cross par équipes).
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . Clément Genty, Le Marathon des Jeux Olympiques de Saint-Louis (1904): des prémices aux supplices, Editions l'Harmattan, 2022, 118 p. . Liens externes
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