La Transverbération de sainte Thérèse est un événement mystique, relaté par Thérèse d'Avila dans son ouvrage autobiographique : le Livre de la vie. D'après ses biographes, cet événement se serait passé en , dans le palais de Doria. À la suite de la publication de la biographie thérésienne, cette transverbération a eu un large impact dans les arts et a donné lieu à de nombreuses représentations artistiques, tant en peinture qu'en sculpture.
La réforme de l'ordre du Carmel, lancée par Thérèse, a entraîné quelques décennies plus tard la création de la branche de l'ordre des Carmes déchaux. Les autorités de cette branche réformée ont estimé que cet événement était un tournant important dans l'œuvre thérésienne. C'est pourquoi ils ont demandé et obtenu que cette transverbération soit célébrée chaque année (dans l'ordre du Carmel) le .
Historique Récit de l'événement
Thérèse d'Avila, dans son premier livre : le Livre de la vie, raconte une expérience mystiqueChapitre 29 du Livre de la vie, sur le site du Carmel.. Cette expérience se déroule lors d'une extaseLa date de l'événement a été estimée à avril 1560, elle a alors 45 ans., alors qu'elle se trouve dans le palais de Doña Guiomar.. La carmélite décrit son expérience ainsi :
Elle ajoute même que cette lui causa une souffrance : .
Cette expérience mystique se situe au début de son action de réformatrice de l'ordre du CarmelVoir le chapitre La réforme thérèsienne du Carmel.. Thérèse va vivre une seconde expérience mystique en : . C'est après ces deux événements qu'elle décide de fonder un couvent réformé, fondation qui ne sera réalisée que deux années plus tard le . Ce qui amène les autorités du Carmel à estimer que chez Thérèse, ..
Postérité vignette|upright|droite|alt=Photographie en noir et blanc du reliquaire contenant le cœur de Thérèse.|Reliquaire contenant le cœur de sainte Thérèse à Alba de Tormes. Les paroles de Thérèse concernant cette transverbération, si elles peuvent surprendre le lecteur, furent en 1622 par le pape Grégoire XV, apportant ainsi une (par l’Église catholique du ) de son récit..
Les peintres et les sculpteurs s'emparent de la scène décrite par la sainte, et rapidement après la publication de l’œuvre (le Livre de la vie), des tableaux et sculptures sont réalisés.
Après la mort de la carmélite, son cœur est extrait du corps et placé dans un reliquaire spécial exposé dans le couvent des Carmélites d'Alba de Tormes. Au milieu du (soit plus de 50 ans après son décès), quatre évêques espagnols sont missionnés par le pape pour examiner cette relique. Après examen, ils rédigent un procès-verbal déclarant que le cœur in-corrompu, contenait . Ils ajoutaient que ces plaies .. Ces déclarations appuieront la mise en place d'une fête religieuse célébrant l'événement mystique.
Spiritualité Particularités du récit
Le récit thérésien de cette transverbération est particulier à plusieurs points : la description visuelle et physique de la scène ; l’aveu d'une expérience personnelle. Ainsi, lorsque Jean de la Croix (un autre grand mystique carmélitain, compagnon de Thérèse dans la réforme du Carmel), rédige son ouvrage sur La Vive Flamme d'amour, il évoque à plusieurs reprises le phénomène de transverbérationDans le commentaire du verset 2 de la : , puis du verset 2 de la : ., en se limitant à une description du phénomène, et sans jamais indiquer qu'il l'aurait lui-même vécu. De même, le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, dans son ouvrage Je veux voir Dieu, évoque la . Dans son commentaire du texte johannique, il parle de faite par Dieu dans . S'il ajoute que ., il ne donne aucune représentation visuelle (comme le fait Thérèse), et il n'indique pas non plus l'avoir vécu.
À noter que Thérèse, dans ses autres ouvrages mystiques (comme le Chemin de perfection ou le Château intérieur), n'évoquera plus cette expérience.
Fête religieuse
Au commencement du , les carmes déchaux d’Espagne et d’Italie demandent au Saint-Siège l’institution d’une fête particulière pour honorer . Le pape Benoît XIII accède à leur demande, et accorde le , aux religieux (et religieuses) du Carmel, un office propre pour la fête de la Transverbération du cœur de sainte Thérèse.
Quelque temps plus tard, le pape Benoît XIII, autorise de composer une messe et un office complets pour cette fête, remplaçant l'office mis en place initialement. Les grands carmes s'associent à leurs confrères réformés et récitent également cet office. En 1744, dans son bref Dominici gregis du , le pape Benoît XIV accorde à perpétuité une indulgence plénière à tous les fidèles qui visiteraient les églises du Carmel depuis les premières vêpres de la Transverbération jusqu’au coucher du soleil du jour de la fête, qui se célèbre (à cette époque) le ....
Cet événement fait aujourd'hui l'objet, dans l'ordre du Carmel, d'une mémoire facultativeC'est-à-dire qu'un office religieux spécifique est célébré ce jour-là., mais cette mémoire est obligatoire pour les carmélites. Cette mémoire a été déplacée plusieurs fois dans le calendrier (initialement le , puis le 27 du mois en 1842.), elle est aujourd'hui célébrée le ...
Dans les arts En peinture
En sculpture La sculpture du Bernin thumb|L'Extase de sainte Thérèse, par le Bernin (1647-1652).
Cette sculpture est située dans la chapelle Cornaro de l'église Santa Maria Della Vittoria de Rome à Rome. L’Extase de sainte Thérèse d’Avila est une sculpture en marbre de Gian Lorenzo Bernini (1598-1680) dit . Ayant l'appui du pape Innocent X il travaille de 1647 à 1652 à la décoration de l’église du couvent des Carmélites déchaussés. Dans cette chapelle, son œuvre majeure est l’Extase de sainte Thérèse d’Avila (Thérèse avait été canonisée quelques années plus tôt, en 1622). Ces travaux, et la réalisation de cette sculpture, sont le résultat d'une commande faite par le Cardinal Federico Baldissera Bartolomeo Corner. En effet, celui-ci avait choisi cette église pour y ériger sa propre chapelle funéraire, c'est pourquoi il y faisait réaliser des travaux..
Autres sculptures
Références
Voir aussi Articles liés
Thérèse d'Avila Transverbération L'Extase de sainte Thérèse
Liens externes Le Livre de la vie, traduction française sur le site du Carmel. La Vive Flamme d'amour, le livre de Jean de la Croix traduit par le père Jean Maillard, jésuite, en 1695.
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