L'église Saint-Jean-Baptiste est une église de rite catholique romain, de style gothique, située place de l'Église à Chaource, en France. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1840.
Localisation L'église est située sur la commune de Chaource, dans le département français de l'Aube.
Historique C'est l'abbaye Saint-Pierre de Montiéramey, propriétaire de la cité de Chaource depuis 880, qui finança la construction de cet édifice dès la fin du , sous le règne du comte Thibaut IV de Champagne. Comme le veut la coutume, elle finance le chœur qui sera achevé dès le , les paroissiens ayant la charge de construire les chapelles et les autres parties de l'édifice qui ne verront le jour qu'au , à la suite de l'épidémie de peste noire et de la guerre de Cent Ans.
Elle fut consacrée en 1304, par Bertrand de Goth, évêque de Langres, diocèse auquel elle était rattachée. Elle était à cette époque sous le vocable de sainte Marguerite et changea pour saint Jean-Baptiste lors de la consécration.
Description thumb|La nef de l'église. C'est une église gothique orientée, (entrée à l'ouest, abside à l'est) de plan à croix latine. Elle conserve une soixantaine de sculptures médiévales en faisant un véritable musée de la sculpture troyenne.
Les chapelles du collatéral Nord Description des chapelles en partant à gauche de l'entrée du portail occidental, sur le bas-côté Nord, en remontant vers le chœur.
Chapelle Sainte-Barbe Première chapelle à gauche lorsque l'on pénètre dans l'édifice par le portail occidental. On y remarque de suite près de l'entrée :
Vierge à l'Enfant , Statue en pierre polychrome du , (Dim ; H : x L : x P :). Elle a un air chagrin, mais l'enfant lui paraît plein de vie. Il est à remarquer une disproportion du corps.
Puis les deux statues en pierre polychrome du , de l'École de sculpture troyenne, représentant :
Sainte Barbe : Représentée debout, tenant dans la main gauche la palme des martyrs, dont le bras repose sur le seuil de la porte d'une tour, finement ouvragée. elle tient sous son bras droit deux livres dont l'un possède un fermoir. Elle est vêtue d'une robe rose, à plis verticaux qui se cassent à la base. Elle porte dessus une cape avec un plastron de couleur verte tombant sur le ventre, qu'elle relève avec grâce de sa main droite, laissant voir la doublure de couleur bleue. Représentée avec une longue chevelure blonde, recouverte d'une bande de tissu blanc enroulée sur le haut de la tête, et retombant sur les côtés et nouée sur la poitrine. Statue en pierre polychrome; (Dim; H: x L: x P:)
Sainte Marguerite : Représentant quelques similitudes avec la statue précédente, la sainte porte une logue robe rouge avec un galon doré au-dessus de la poitrine et une ceinture de tissu dorée, nouée sur le ventre. Elle est enveloppée d'un manteau cape de tissu bleu à la doublure rouge, qu'elle retient de sa main gauche à hauteur du ventre, tenant également un crucifix, le bras droit plié, la main refermée, apaisant le dragon de couleur verte, couché à ses pieds. Elle est coiffée d'une longue chevelure châtain retombant sur sa cape (Dim; H: x L: x P:)
La Trinité triptyque en bois peint daté du représentant La Trinité, Le Père et le Fils étant représenté assis et le Saint-Esprit au centre sous la forme d'une colombe. Sur les panneaux latéraux ouvrants : saint Pierre, saint Jacques le Majeur, saint Nicolas en habit épiscopal avec à ses pieds trois enfants nus dans un cuvieret saint Edme en évêque avec un enfant couché à ses pieds.
Un tableau de représentant saint François de Sales dont on ignore l'auteur (Dim; H: x L:) Apparition de la Vierge à saint Robert, huile sur toile du , de grandes dimensions (Dim; H: x L:), placé au-dessus de la porte d'entrée de la chapelle est attribué à Jacques de Létin (1597-1661), peintre troyen qui fut un élève de Edme Doué et subit à Rome l'influence de son ami Simon Vouet. Ce tableau est la propriété de la commune des Loges-Margueron qui en a fait dépôt à l'église de Chaource.
Chapelle Sainte-Catherine ou de l'Annonciation Chapelle datée de 1534.
sur un pilier, à l'entrée de la chapelle, statue en pierre avec des traces de polychromie de saint Robert, portant dans ses bras l'abbaye de Molesme et de Cîteaux sa robe de bure a des plis incurvés à l'horizontale, visage joufflu au regard volontaire. (Dim: ; H: x L: x P:) datée du .
Retable dit de L'Annonciation, daté de la première moitié du d'origine rhénane ou Lorrain selon certains spécialistes. On retrouve des sculptures similaires dans les églises de Morhange et de Vignory. Surmonté d'arcatures de style gothique flamboyant, ce bas-relief présente en sa partie centrale un immense phylactère aux nombreuses circonvolutions portant les salutations mariales. au sommet un vase de lys, tenu par un ange aux ailes déployées. Le Père Céleste envoie de son souffle le Saint-Esprit en direction de la Vierge qui lève sa main droite en sa direction. (Dim. H x L x P).
Au-dessus du retable se trouvent trois statues : Saint Mammès, tenant ses entrailles, un lion couché à ses pieds. Il est dans une tenue vestimentaire d'une époque différente de la sienne puisque représenté en tenue d'un bourgeois du , statue en pierre avec polychromie datée de , (Dim. H: x L: x P:) Sainte Catherine, statue en pierre avec traces de polychromie datée du , placée au milieu entre les deux autres. Elle tient ouvert dans sa main droite le Livre et la palme du martyr dans une main gauche qui est absente. Elle porte une robe ceint d'un tissu à la ceinture et une cape manteau et les cheveux recouvert d'un voile. (Dim. H: x L: x P:). Saint Étienne, statue en pierre avec polychromie. Le saint est vêtu d'une robe longue et recouvert d'un manteau vert tenant dans sa main droite un livre ouvert et dans l'autre la palme du martyre son visage est joufflu avec des yeux globuleux, une coiffure de moine. Cette œuvre anonyme date du .
Peinture de L'Adoration des Bergers, huile sur toile du sur le mur gauche, en entrant dans la chapelle à noter dans le tableau la représentation de deux poules dans un panier, entre des moutons et un chien à l'air assez féroce.
Portail Nord Au-dessus du portail une verrière en rosace avec huit compartiments figurant les 7 douleurs de la Vierge. Cette verrière fut offerte par Jean Carteron, curé de Lagesse.
Au-dessus, peu visible : saint Augustin, docteur de l'Église , HST, signée Jean-Barthélemy Parrocel (1631-1667) ; Dim. H: x L:. Ce tableau est sous l’appellation de Docteur de l'Église.
Statue de saint Julien en pierre avec polychromie, le long d'un pilier. Le saint est en armure et par-dessus une cape rouge, son écu de même avec le symbole d'une balance à fléau, la main gauche sur le pommeau de son épée et la main droite tenant un gros morceau de bois allant du sol à hauteur de sa poitrine.
Statuettes en pierre, avec polychromie, datées du : Sainte Agnès, et Saint Gondon en vêtement épiscopal. Nous arrivons à cette hauteur, dans ce qui est la partie ancienne de l'édifice datée du . Les ouvertures que l'on voit dans les piliers portent le nom de hagioscopes et servent à voir la célébration de l'office au maître-autel dans le chœur.
Transept Nord Chapelle du Paradis Cette chapelle de plan carré est retrayante de l'édifice, formant ainsi l'extrémité nord du transept. On accède à cette chapelle accolée au bas-côté nord, par une clôture en pierre blanche sculptée datant de 1538, dans un style Renaissance. Elle fut fondée par le seigneur des Bruyères : Sébastien David et son épouse Bertrande Le Tartrier. Cette chapelle renferme un grand nombre d'œuvres d'art : La clôture dont l'ossature est composée de quatre colonnes corinthiennes demi-cylindriques dont deux engagées sur les pilastres latéraux festonnés à l'intérieur et deux cannelées, encadrant l'entrée centrale à la porte de chêne. Le linteau au-dessus de la porte forme un rectangle avec bordure de doubles cotices potencées et contrepotencées, comportant des rinceaux. au-dessus, trois colonnettes dont deux extérieures qui supportent un atlante supportant un second entablement qui comporte deux cartouches renfermant avant la Révolution les armoiries des donateurs. Ces cartouches sont entourés d'une couronne de fleurs. Au-dessus de ce second entablement deux niches dans lesquelles sont les statuettes de saint Sébastien et David vers l’intérieur et en extérieur saint Bertrand et saint Vincent. Saints patrons des donateurs. Sur chacun des côtés de la porte, entre les colonnes et les pilastres on trouve cinq colonnes torsadées, cannelées et festonnées surmontées d'un entablement. Un second entablement à hauteur rejoint le premier au-dessus de la porte et court tout le long de la clôture. Entre les deux entablements, scène de la vie de saint Jean dans des carrés de chacun des deux côtés de la porte entourés eux-mêmes de deux arcatures en plein cintre de chaque côté d'un panneau. Des angelots sont distribués le long de ces entablements latéraux que surmontent un fronton triangulaire surmontée d'une colonne carrée. Dans la partie centrale de la chapelle, posée sur un meuble surmonté de vitres, se trouve une crèche de grande beauté comprenant 22 statuettes de bois peint et doré. Tous les personnages sont indépendants du support et peuvent être disposés au gré du responsable. L'auteur qui l'a réalisée au en reste inconnu. L'ensemble se compose en fait de deux crèches dont la Vierge et l'Enfant Jésus sont en double exemplaire.
Le meuble comporte des volets, formant polyptyque, peints en camaïeu sur la partie extérieure et en polychromie à l'intérieur avec semis de fleurs de lys sur fond bleu. Sur la partie gauche nous trouvons : La Présentation au Temple puis à droite Le Massacre des Innocents. Sur les panneaux extérieurs des scènes de la Vie de la Vierge, peintes en camaïeu, les donateurs, le sieur Cany représenté à genoux, en prière avec à ses côtés sa devise : de peu assez, et son épouse avec leur écu : « écartelé aux 1 et 4 : d'azur à la croix alésée, aux 2 et 3 : d'or à un nuage d'azur, le tout sous un chef de sable, chargé d'un lévrier courant d'or » Cet ensemble fut conçu au départ pour être logé dans la Chapelle Porte-croix dont la longueur correspond exactement à celle du mur et au coin gauche une concavité correspondant au pilier se trouvant à cet endroit. Ce meuble est daté de 1540.
Sur le mur après la crèche, le retable dit: Retable de la Passion, portant la date de 1532. Trois panneaux figurant : l'arrestation, la crucifixion, et la résurrection. Les personnages en pierre, sont en ronde-bosse ou demi-bosse. Le retable est couronné d'une Transfiguration statues du Christ entre celles d’Élie et de Moïse, statues en pierre. De chaque côté deux statues monumentales : La Vierge portant l'Enfant, le genou gauche avancé et saint Jean tenant un livre et portant une robe avec l'inscription : « Ommia per ipsum facta sunt » en français : « Et par lui, tout a été fait ».
D'autres statues ornent les murs ouest et nord : Sainte Anne ou L'Éducation de la Vierge grande statue en pierre polychrome du Saint Syre statuette d'art populaire du Sainte Reine, statuette du Saint Jacques le Majeur, statue du , de style rustique Pietà , statue en pierre du de l'école troyenne.
Les vitraux Ils furent très abîmés lors du bombardement de juin 1940 et furent restaurés depuis.
Verrière de l'ouest : Elle date de 1536 et présente la vie de saint Sébastien. La partie basse présentent les images des donateurs et leurs enfants.
Verrière Nord : Elle attire de suite le regard, par sa beauté. Grisaille avec jaune d'argent enchâssé entre les meneaux qui forment une fleur de lys. Dans la partie supérieure Dieu le Père, entouré d'anges annonçant le Jugement Dernier au son de la trompette. Dans la partie en dessous Le Paradis, avec les élus sortant de terre et louant Dieu et dans la partie inférieure L'Enfer avec les damnés souffrant les tourments liés à ces lieux.
Verrière est :