L'église Saint-Pierre et Saint-Paul est située sur la commune de Vendeuvre-sur-Barse, dans le département de l'Aube, en France..

Localisation L'église Saint-Pierre et Saint-Paul est localisée au 27, Rue de l'Houzotte à Vendeuvre-sur-Barse.

Historique

Période médiévale : l'ancienne église disparue L’ancienne église, placée sous le vocable de la Trinité, est détruite lors des guerres du , dites de Cent Ans. Elle se situe alors presque à l’angle formé par les routes de Troyes et de Bar-sur-Seine..

La Renaissance : construction et aménagement de l'église actuelle

L’église actuelle, dédiée dès son origine à saint Pierre et saint Paul, est édifiée entre 1510 et 1530.vignette|335x335px|Sculpture au-dessus du portail Nord-Ouest - Eglise placée sous le vocable de Saint-Pierre (clefs) et de Saint-Paul (épée)|centré

Charles II d'Amboise, seigneur de Vendeuvre, offre le terrain appelé « Pré des bons enfants ». Il semble que le curé de Vendeuvre, Jean de Montlucin (ou Montluzen), décide en 1502 de la construction de la nouvelle église et en impose les plans.

Le financement provient en partie des seigneurs de Vendeuvre (Charles II, Georges III et Antoinette d'Amboise), mais repose principalement sur le prieur, grand décimateur, c’est-à-dire celui chargé de percevoir la dîme. Les paroissiens, pour leur part, ont du mal à rassembler leur part de contribution.

En vingt années seulement, les bâtisseurs élèvent la splendide église Saint-Pierre. Elle est alors la seule de la région dont l’ensemble du vaisseau résulte d’un plan d’origine unique et dont le cimetière qui l’entoure alors est ceint d’un mur d’enceinte percé de poternes et muni de meurtrières, à la manière d’une forteresse.

Le et la Révolution française Le , la foudre détruit la couverture et la charpente du clocher. Reconstruit, il prend sa forme actuelle et se voit doté, pour la première fois, d’un petit clocher secondaire.

La Révolution constitue une période difficile pour l’édifice, marqué notamment par la perte de ses cloches. En 1793 toutefois, l’église reçoit une nouvelle chaire provenant de l’abbaye de Clairvaux. De plus, son curé d'alors, Jean-Baptiste Blampoix, ancien prêtre assermenté de Vendeuvre, est élu évêque du département de l’Aube en vertu de la Constitution civile du clergé et consacré à Notre-Dame de Paris le .. Son statut d’« évêque schismatique », ainsi qualifié par le Saint-Siège, limite cependant son autorité, largement contestée. Refusant de s’installer à Troyes, il demeure à Vendeuvre-sur-Barse, où son église paroissiale devient le siège de sa liturgie épiscopale. Le , le Premier Consul Bonaparte, constatant l’absence d’autorité réelle de Blampoix, met officiellement fin à son ministère.

Les En 1861, quatre nouvelles cloches sont fondues à Robécourt (Vosges) et viennent garnir le clocher : la plus imposante, Célestine, pèse , suivie de Marie (), Angélique () et Constance ().

En , durant la Seconde Guerre mondiale, la région est le théâtre d’un combat entre chars et infanterie. Une citerne d’essence, abritée sous les platanes près du portail de l’église, est touchée par un obus et s’embrase, communiquant l’incendie à la toiture. L’hiver 1940-1941, particulièrement pluvieux puis marqué par de fortes gelées, provoque l’effondrement de la voûte du maître-autel, bientôt suivi par celui des autres voûtes, à l’exception de celles du transept.

La restauration de l’édifice est longue : il n’est rendu au culte que le , lors d’une célébration solennelle..

L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est classée monument historique depuis le .. Architecture L’édifice illustre une transition stylistique où le gothique finissant s’unit avec les premiers accents de la Renaissance.

Il présente un plan homogène. Il est en forme de croix latine. La longueur de la nef est de 53 m, sa largeur de 21 m et son transept de 34 m.

L’édifice est dominé par une tour à caractère défensif, coiffée d’une flèche élancée s’élevant à 55 mètres.

Le transept est à double travée. La nef est à deux collatéraux et 3 travées. L’abside est à 3 pans et précédée d’une travée de chœur.

Le portail à trumeau Nord-Est, est une œuvre de transition où l’on retrouve les lignes de la renaissance alliées aux décorations antérieures.

À l’extérieur, sur la droite de ce portail, est placée une remarquable Pietà en chêne polychrome et dorée du ., protégée par un petit édicule couvert d’essentes en châtaignier .

Une tour-clocher de type défensif, sur le bras nord du transept, est surmontée d’une flèche majestueuse dominant cet édifice de ses 55 mètres.

La nef de l’édifice est couverte d’une voûte d’ogives à nervures multiples qu’affectionnent le gothique flamboyant. Cette combinaison d’ogives, de liernes et de tiercerons caractérise les voûtes en étoiles.

Les arcs doubleaux, les arcs formerets, les ogives et les tiercerons de la voûte s’appuient directement sur les piliers, sans l’intermédiaire d’un chapiteau.

Certains piliers sont cylindriques avec une base polygonale au niveau du chœur, tandis que d’autres se composent de colonnes engagées les unes dans les autres, dessinant en coupe quatre demi-cercles reliés par des arcs tangents. Ces piliers, également dotés d’une base polygonale, confèrent une élégance particulière à l’ensemble.

Quant aux bas-côtés, ils sont couverts de voûtes d’ogives simples.

Mobilier et éléments remarquables Avant sa restauration, l’église comptait cinq autels : le maître-autel, l’autel de la Vierge, l’autel de Saint-Nicolas, l’autel de Saint-Jean-Baptiste ainsi que celui de Saint-Hubert, de Saint-Crespin et de Saint-Roch.

Aujourd’hui, il n’en reste plus que trois. Le maître-autel demeure à sa place d’origine. L’autel de la Vierge a pris la place de celui de Saint-Nicolas, tandis que le retable de Saint-Jean-Baptiste a été transféré à l’emplacement de l’ancien autel de Saint-Hubert.

Depuis la réforme liturgique qui a suivi concile Vatican II, un autel de concélébration, orienté vers l’assemblée, a également été installé : il est désormais l’autel liturgique en usage, alors que le maître-autel conserve avant tout une valeur patrimoniale.

Maître-autel vignette|Maître-autel. Le retable du maître-autel. d’une grande qualité artistique et s'intégrant parfaitement au chœur de l'édifice, est attribué par la tradition locale au sculpteur troyen François Girardon. considéré comme l'un des maîtres de la statuaire décorative et monumentale du règne de Louis XIV.

Au-dessus du tombeau se trouve le tableau central représentant le jugement de Saint-Pierre., signé par Claude Velut, peintre troyen. Il est encadré par deux colonnes en marbre noir et des pilastres en marbre veiné de blanc, rouge et gris. Une riche corniche d’ordre corinthien, semblable aux chapiteaux des colonnes et des pilastres qui la soutiennent, abrite un cartouche portant l’inscription suivante :

Cette inscription reprend un passage du Premier livre des Chroniques (chapitre 29, verset 14). Elle rappelle que le pain et le vin offerts à l’autel pour devenir Corps et Sang du Christ lors de la messe proviennent du blé et de la vigne, fruits de la terre, dont la croissance est rendue possible grâce à la bienveillance de Dieu envers les hommes.

Une tradition locale a interprété cette inscription comme signifiant : « Ce que la main de Dieu a fait restera ici », traduction erronée. D'après cette tradition, lorsque François Girardon eut achevé son œuvre, il en estima la valeur. Mais la somme demandée dépassant les moyens des habitants, l’artiste les déchargea de toute dette, se contentant de demander que l’inscription fût gravée au sommet de l’autel.

L’attique présente une peinture figurant le Père éternel au-dessus de laquelle s’élève un pot à feu, encadré par deux personnages assis. Juste en dessous, un petit cartouche indique la date de 1649.

Ce retable est flanqué de deux accotements richement sculptés qui, en se courbant vers l’avant, s’étendent de chaque côté. Dans ces accotements, deux baies permettent la communication avec l’arrière du maître-autel. Sur le fronton de chacune d’elles, un médaillon est orné:

à gauche, du monogramme du nom de Jésus, IHS

à droite, du monogramme du nom de Marie, MA

Au-dessus de ces baies s’élèvent les statues de Saint-Pierre et de Saint-Paul, s’intégrant parfaitement à l’architecture.

Des inscriptions en latin figurent sur les côtés du retable. À droite : "En l’an 1649, cet autel est achevé". À gauche : "Réalisé par N. Collignon en 1649."

Si l'attribution du retable à François Girardon est exacte, la signature de Collignon, marbrier du milieu du , signifie que ce dernier est l'auteur des éléments en marbre.

Tabernacle L’église renferme un tabernacle. en bois finement sculpté fin .

Il provient de l’ancien retable de l’autel dédié à saint Jean-Baptiste, antérieur à la restauration de l’église et à son installation dans l’emplacement actuel.vignette|Tabernacle.|centré|300x300px Autel de la Vierge vignette|Autel de la Vierge. Emplacement : transept nord-est

« Avant la restauration de l’église et son inauguration en 1963, l’autel de la Vierge était à l’origine dédié à saint Nicolas. L’ensemble se compose d’un retable daté de 1539, posé sur des gradins et un tabernacle, le tout installé sur un autel en pierre calcaire d’une belle teinte blanche. Ces derniers éléments constituent des ajouts du . »

Au , la confrérie de saint Nicolas décida d’élever un autel en l’honneur de son patron. Elle choisit pour sculpteur Nicolas Halins, dit le Flamand, auteur des quadrilobes du jubé de l’église de la Madeleine de Troyes, qu'il a réalisé en 1513.. Il créa ce retable, remarquable par l’élégance de son dessin et la qualité de son exécution.

Ce retable est orné de trois statues datant du : la Vierge à l’Enfant.et saint Nicolas, toutes deux en calcaire, ainsi que saint Pierre, représenté par un moulage en plâtre sur armature métallique. Au pied de chacune figure une inscription latine gravée.

Au centre, la Vierge à l’Enfant : DEI – MEMENTO MEI (« Souviens-toi de moi, Seigneur »).

À gauche, saint Nicolas : IN TE DNE SPERAVI (« En toi, Seigneur, j’espère »).

À droite, saint Pierre : DNE SAHNI ME FAC (« Maître Halins m’a fait »).

Enfin, sous la corniche sommitale, on peut lire : SPES MEA JESUS (« Jésus, mon espérance, est ressuscité »).

On retrouve des traces de polychromie sur ce retable.

Au , de nouveaux éléments furent ajoutés : l’autel, le tabernacle, les gradins et les deux élégantes volutes latérales qui relient l’ensemble au retable. Réalisés avec soin et ornés de délicates sculptures, ils s’harmonisent parfaitement avec le retable du , créant une belle unité visuelle.

Autel Saint Jean-Baptiste (fin ) Emplacement : transept sud-ouest vignette|200px|Autel Saint Jean-Baptiste Cet ensemble monumental en chêne taillé est caractéristique de l’art baroque, tant par sa composition architecturale que par ses deux colonnes torses corolitiques d'ordre corinthien.. Celles-ci sont ornées de feuilles de vigne et de grappes de raisin, reposant sur un piédestal carré.

À l’origine, la toile peinte de l’autel représentait le Baptême du Christ par Jean-Baptiste.; elle a depuis été remplacée par une scène du Martyre de Saint Blaise.. Dans l’attique, un panneau octogonal peint figure le Baptême du Christ..

Le tombeau d’autel présente, en position centrale, le tétragramme de Yahvé en lettres hébraïques, inscrit dans un delta lumineux.

Par la richesse de son décor sculpté, cet autel constitue un remarquable ouvrage de menuiserie, témoignant de l’exubérance baroque.

La chaire droite|200px|vignette|Chaire de 1703La remarquable chaire. de l’église de Vendeuvre, date de 1703 et provient de l’église abbatiale de Clairvaux.. Elle a été déplacée en 1791 pour échapper à la confiscation des biens du clergé après la Révolution..

La façade de la cuve porte l’inscription des dates de sa réalisation (1703) et de son installation dans l’église de Vendeuvre (1793).