Le pont des États de Languedoc est un pont en pierre du franchissant l'Orbieu, situé à Ornaisons, dans le département français de l'Aude. Il est protégé au titre des Monuments historiques.

Description La hauteur et la longueur du pont, au regard du faible débit d'étiage de l'Orbieu, se justifient par les crues subites et importantes de cette rivière.

Long de , Le pont comporte cinq arches en plein cintre. L'arche centrale s'élève à et d'ouverture contre seulement et pour les arches latérales, d'où une pente assez forte de la chaussée et un ouvrage avec un dos d'âne prononcé. De chaque côté, les levées permettant l'accès au pont sont longues respectivement de 103 et . Elles sont chacune séparées des culées par une arche de décharge de d'ouverture. Les piles ne font que d'épaisseur et se terminent respectivement en aval et en amont d'un avant-bec et d'un arrière-bec triangulaires, couronnés par un bandeau de d'épaisseur qui est surmonté d'un chaperon pyramidal à 6 gradins.

Le pont est construit en pierre d'appareil, à joints fins excepté les murs latéraux au dessus des petites arches et des levées qui sont en moellon. La plinthe est constituée d'un boudin épais de . Les clés de voute aval et amont de l'arche centrale sont ornées d'un cartouche portant les armes des États du Languedoc, surmontées d'une couronne comtale.

La déclivité de la chaussée, plus de , avec sa haute arche centrale et une ornementation minimale lui donne un aspect des ponts du Moyen Âge, comme par exemple celui de Saint-Affrique dans l'Aveyron.

Localisation Le pont est situé entre les villages de Cruscades et Ornaisons, sur le territoire communal de ce dernier, dans le département français de l'Aude, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Narbonne.

Le pont porte la route départementale D24 qui relie Lézignan-Corbières à Ornaisons.

Historique Plusieurs pont successifs ont existé précédemment, permettant de relier Narbonne à Lézignan. Mais les crues subites et violentes de l'Orbieu les ont détruits. Il fut donc décidé de bâtir un pont suffisamment haut et long pour y résister. Mais les localités et le diocèse de Narbonne n'avaient pas l'argent nécessaire, le pont fut donc financé par les États de Languedoc. En 1745, un premier projet de pont est soumis, avec une traversée à Villedaigne, plus en aval que le pont actuel. Mais il n'est pas accepté car il allonge trop le trajet entre Narbonne et Lézignan. En ou 1745, un nouveau projet d'un pont de pierre à deux arches de plein cintre , conçu par l'ingénieur de Carney, directeur des travaux publics de la sénéchaussée de Carcassonne. est approuvé. Le chantier démarre dans l'année, l'entrepreneur chargé de la construction est un dénommé Projet.. Mais le projet initial doit être modifié peu après le début des travaux car on constate que la pile centrale sur laquelle devaient s'appuyer les deux arches, s'affaisse à cause d'un enfoncement brutal des pieux de fondation, la roche du lit de la rivière étant moins solide que prévu. Il fut donc décidé de construire trois arches portées par deux piles. En , l'effondrement d'un cintre, aux causes mal déterminées, provoque la mort de 3 ouvriers. En 1752, Carney meurt et est remplacé par François Garipuy. Le pont est vérifié et la réception a lieu le . Il a couté .

L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1951.

En , il bénéficie d'un éclairage pour le mettre en valeur la nuit.

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Annexes

Articles connexes Liste des monuments historiques de l'Aude

Références

Bibliographie Serge Montens, Les plus beaux ponts de France, éd Bonneton, 2001 Marcel Prade, Les ponts monuments historiques, éd. Brissaud, 1966

États de Languedoc États de Languedoc Catégorie:Monument historique inscrit en 1951