La Hongrie (~ en 2020, hors diasporas) est traditionnellement un pays catholique romain avec une minorité protestante. Avant la Seconde Guerre mondiale, environ 5 % de la population () était de religion juive - Recensement du 31/01/1941..

Histoire

Pannonie pré-magyare Les habitants les plus anciennement identifiés de la grande région sont les Pannoniens, peuple indo-européen apparenté aux Illyriens et aux Vénètes, auxquels se joignent des Celtes et des Boïens au avant notre ère.

La Pax Romana de l'Empire romain, expansionniste et impérialiste, rencontre des résistances, supposées légitimes, dans ses marges ou marches, particulièrement dans cette région à limes incertain.

Tout paraît recommencer, dans le domaine religieux, en province romaine de Pannonie, avec une évangélisation, première ou seconde, menée plus tardivement par Martin de Tours (316-397), natif de Pannonie.

La Pannonie, considérée dans son ensemble, conserve son importance dans les luttes de pouvoir pour l’Empire romain, grâce à la puissance de l’armée d’Illyrie : Pannonie supérieure et Pannonie inférieure en 103, et Pannonie-Valeria à partir de 296. Les limes danubien, et précisent les zones d'influence.

Vraisemblablement, l'évangélisation en milieu commerçant cosmopolite, dans l'armée romaine (et les troupes auxiliaires), et dans l'administration romaine, a pu avoir lieu, peut-être dès l'âge apostolique, dans le contexte religieux officiel de la religion de la Rome antique, dont il convient de respecter les formes.

L'archéologie des pierres tombales permet de confirmer l'existence d'un christianisme au . Vers 309, Quirin de Siscia, évêque de Siscia, est le seul martyr connu des grandes persécutions.

Au milieu du , la Pannonie inférieure est également impliquée dans le conflit religieux entre orthodoxes et ariens : les évêques Photin à Sirmium, Valens à Mursa et son voisin Ursace à Singidunum en Mésie sont ariens, quatre conciles se tiennent à Sirmium en 351 et 357-359, à l’initiative de l’empereur Constance II, et en 376, l’évêque Ambroise de Milan impose un évêque orthodoxe à Sirmium, actuelle Sremska Mitrovica (Serbie actuelle). Antoine de Lérins (v.468 - v.520), également connu comme Antoine l'Ermite naît en Pannonie hunnique et finit sa vie comme moine à Lérins (près de Cannes).

Mais, dès 380, l'Empire romain d'Occident ne maîtrise presque plus rien dans la région. Les mouvements migratoires des populations germaniques, hunniques et autres (s) provoquent la fin de l'antiquité tardive.

Après la mort du roi des Huns Attila, en 453, la Pannonie est gouvernée successivement par les Ostrogoths, les Gépides puis les Lombards au début des années 500. Ils s’agglomèrent avec les débris de divers peuples (Sarmates, Hérules, Ruges, Suèves). Leur roi Waccho (vers 510-540) entretient de bons rapports avec l’Empire romain d'Orient, déjà Empire byzantin, qui a repris la Dalmatie et bataille pour la reconquête de l’Italie. En 568, les Lombards et leurs alliés quittent la Pannonie pour l’Italie tandis que les premiers Slaves commencent à arriver. La romanisation de la Pannonie est alors déjà effacée sauf dans quelques massifs montagneux limitrophes de la Dalmatie, comme le Romanija Planina ou le Stari Vlah.

Le pays est ensuite gouverné par les Avars, qui occupent le bassin du Danube et s’emparent de Sirmium en 582. Leur présence coupe durablement la route commerciale entre la mer Adriatique et mer Baltique. Leur royaume est plus solide et plus durable que celui des Huns, jusqu'à menacer l'empire d’Orient, puis il se heurte à l’expansion vers l’est des Francs au milieu du . Ce qu'il reste de la , une installation avare près du lac Balaton, permet de supposer un reliquat de romanisation, un christianisme avec pour langue un roman de Pannonie, et un artisanat de qualité. En 811, les Avars sont soumis par Charlemagne à l’ouest du Danube (, et par les Bulgares à l'est.

Les Slaves méridionaux de Ljudevit Posavski expulsent les Francs au , tandis que les Hongrois s’installent en Pannonie en 901. L'histoire de la Pannonie s’achève et celles de la Hongrie et des pays slaves voisins commencent.

Les premières installations dans le bassin des Carpates se font en Pannonie et le long du Danube et de la rivière Tisza, terres fertiles mais faiblement peuplées où avaient auparavant vécu des Slaves, des Avars, des Gépides et des Iazyges. Deux puissances qui contrôlaient jusque-là la région : la Grande-Moravie au nord-ouest et la Bulgarie au sud-est, sont alors évincées, et les canesats et voïvodats locaux, slaves, slavo-valaques ou valaques (la question est disputée) passent progressivement sous suzeraineté hongroise, ce qui est évoqué, de manière romancée, dans la chronique appelée Gesta Hungarorum (la « Geste des Hongrois ») du chroniqueur anonyme du roi Géza. Les alliés des Magyars s'installent dans le pays : les Kabars, les Khazars du khân Kursan dans le comitat actuel de Hajdú-Bihar, les Iasses dans l'actuelle région de Jász (Ïassie), les Coumans celle de Kunság (Coumanie). Sous l'influence de toutes ces populations assimilées, auxquelles s'ajoutent toutes les familles raflées en Allemagne, France, Espagne, Italie, Balkans… les Magyars se sédentarisent, abandonnent progressivement leur mode de vie pastoral, mettent le pays en culture et intègrent techniques agricoles et vocabulaire slave, germanique et latin. L'église participe activement à ce processus et les monastères fleurissent.

De nombreux Magyars restent cependant au nord des Carpates même après 895-896, comme l'indiquent de nombreux vestiges archéologiques près de Przemyśl. Ils semblent pourtant avoir rejoint les autres Magyars à partir de l'an 900. Les Magyars restés dans l'Etelköz s'installent enfin, sous la pression des Second Empire bulgare et des Petchénègues, en Transylvanie orientale où l'on pense qu'une partie de la minorité magyarophone actuelle n'est pas descendante des tribus d'Árpád mais, comme les Csángó de Moldavie, de ces Magyars restés en Etelköz : ce sont les Sicules, qui constituent environ 40 % de la population magyarophone de Roumanie, mais dont l'origine exacte est encore matière à débat. Certains avancent même que les Sicules s'étaient en fait installés en Transylvanie avant même que les tribus magyares ne quittent l'Etelköz. Sites archéologiques en Hongrie, Monuments romains en Hongrie Ulcisia Castra (Szentendre), Aquincum (forteresse légionnaire de Budapest) Nécropole paléochrétienne de Pécs , Limes du Danube, Liste des noms latins des villes de Hongrie Liste du patrimoine mondial en Hongrie

Installation magyare au L'« occupation de la patrie » (Honfoglalás) ou « conquête hongroise » date des s. Le passé magyar c'est la Magna Hungaria, la Levédia, une partie de la steppe pontique où les tribus magyares ont leurs sept chefs magyars, l'Etelköz, dans une partie de la Grande Ukraine, dans les années 830-895.

Les empires nomades des peuples cavaliers s'accommodent de l'âge pastoral de la plaine de Pannonie (ou bassin du Moyen-Danube)), de la Grande-Moravie (833-925 ?).

est réputé, selon les historiens byzantins, être le moine orthodoxe nommé évêque de Hongrie (Turkia), envoyé en mission en 952 (après d'autres tentatives mal connues) par le patriarche de Constantinople Théophylacte de Constantinople (en fonction de 933 à 956), auprès du chef hongrois , qu'il accompagne ensuite après l'avoir converti et baptisé à Constantinople.

Le roman national recouvre des réalités : des relations au moins diplomatiques, religieuses, commerciales et guerrières sont maintenues. Ainsi, le prêtre errant saxon Gottschalk d'Orbais (805-869) visite Dalmatie, Pannonie et Norique au début de 848. Zalavár (Blatnohrad en slovaque, Blatnograd en croate, Moosburg en allemand, Urbs Paludarum), capitale de la principauté slave du Balaton, fondée par Pribina, accueille Cyrille et Méthode en 867. Une trentaine d'églises auraient existé alors en Pannonie.

Une basilique Saint-Adrien, construite vers 855 à Zalavar, est détruite, puis reconstruite vers 890 par Arnulf de Carinthie (850-899), roi de Francie orientale puis empereur d'Occident, sur décision du pape Jean VIII.

La est complexe. Les informations de Ibn Rustah et évoquent une période d'appartenance au khanat khazar. La langue serait d'origine proto-ouralienne. La mythologie magyare ou religion proto-magyare et les renvoient à une forme de tengrisme.

L'origine des Sicules de Transylvanie est comparable. Le regain d'intérêt pour les traditions proto-magyares remonte à 1900. Les principales traces servant à leur reconstitution se trouvent notamment dans des textes du Moyen Âge, la langue et le folklore hongrois, mais également dans des éléments syncrétiques perpétués par le christianisme.

Les Magyars ont été en contact avec des juifs, des chrétiens, des musulmans, et des tenants d'autres confessions lors de leur histoire. La christianisation relative de leurs dirigeants est récente. Sous le principat du Grand-prince Géza, la fondation de l'abbaye de Pannonhalma en 996 marque l'adoption officielle du christianisme (latin).

Christianisme À la mort de Géza de Hongrie, son fils Étienne, né Vajk vers 975, lui succède en tant que grand-prince de Hongrie en 997 (Grande-principauté de Hongrie). Il fonde le royaume de Hongrie dont il devient le roi en 1000 ou en 1001, jusqu'à sa mort en 1038. Canonisé en 1083 pour l'évangélisation de son pays, et l'intégration de son pays dans l'Occident chrétien, ou Saint Étienne (en , en , en ou Štefan Veľký), Étienne Ier de Hongrie est encore aujourd'hui considéré comme le saint patron de la Hongrie.

Dès ses origines le royaume de Hongrie a presque toujours été multiethnique, accueillant régulièrement des détachements d'autres peuples, les uns originaires d'Asie centrale et turcophones : Onoğurs, Proto-Bulgares, Khazars, Petchénègues (besenyők), Coumans (kunok), les autres iranophones tels les Iasses (jászok), d'autres des Balkans et du Bas-Danube (oláhok : valaques), d'autres encore d'origines française ou italique (olászok) mais plus encore slave (szlávok) et germanique (szászok : Saxons). Pour améliorer leur condition, ces populations que domine la noblesse hongroise passent progressivement à la langue hongroise et au catholicismeDans sa Chronique des Slaves (en latin : Chronica Slavorum), Livre I (« Sur la différence entre les Slaves ») le chroniqueur saxon Helmold de Bosau dira à propos du royaume de Hongrie : « quelques-uns ajoutent encore la Hongrie au pays des Slaves, parce que les Hongrois n'en diffèrent, ni par les habitudes, ni par la langue, car l'étendue de la langue slave les surpasse… » ; malgré cette assimilation progressive durant près de mille ans, en 1918, les habitants de la Grande Hongrie magyarophones et catholiques ou protestants ne forment pas encore tout à fait la moitié de la population selon le recensement austro-hongrois de 1910, mais ils ont un statut privilégié : au Parlement de Budapest, sur , (voir Jean Bérenger, L'Autriche-Hongrie : 1815-1918, Armand Colin 1998, et 2200217439)..

Ainsi, au-delà du récit national mentionnant la filiation entre les groupes magyars et les Hongrois actuels, la Hongrie s'est caractérisée au cours de son histoire comme un territoire largement ouvert aux influences extérieures et au brassage de populations. Outre les différentes tribus mentionnées plus haut qui se mélangent plus ou moins aux Proto-magyars puis aux Magyars au long de leur pérégrination, d'autres groupes plus ou moins identifiés contribuent à l'édification de la culture et de la langue hongroise actuelles : les Petchénègues, Coumans ou Allemands au Moyen Âge, les Turcs pendant leur occupation de la Hongrie de 1541 à 1700, les Autrichiens, Slovaques et Serbes invités à repeupler les territoires abandonnés par les Turcs après 1700, ainsi que bien d'autres populations (Slovènes, Croates, Valaques, Roms, Juifs…) jusqu'à la période contemporaine.

De l'an mille à 1526