Mardin (ܡܪܕܝܢ en syriaque, Mêrdîn en kurde, ماردين en arabe) est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom. Les ruelles de sa citadelle (), jalonnée d'interminables escaliers, s'élèvent devant les plaines de Mésopotamie. De nombreuses églises à l'exemple de Mar Behnam Kilesi sont présentes. Sont aussi présentes une dizaine de mosquées dont l'Ulu Camii au minaret sculpté (ancienne église Saint-Thomas) et la Latifiye Camii aux portes monumentales décorées. Mardin est une ville d’origine assyrienne, également peuplée par des Arméniens jusqu'au et plus récemment habitée par des populations Kurdes et Arabes. Mardin était la seule ville de Turquie dirigée par une maire de confession chrétienne jusqu'à fin 2016., Februniye Akyol...

Mardin, située au sommet d'une colline escarpée qui surplombe une grande vallée, ainsi que le Tigre, a été colonisée pour la première fois vers le Ce site stratégique explique la dénomination de la ville à l'époque romaine sous le nom de Marida, un nom assyrien signifiant « forteresse ».

Démographie

La population de la ville est de habitants en 2020.

Plusieurs religions cohabitent à Mardin, telles que le christianisme, l'islam, le judaïsme, le yézidisme, etcEngin Sarı, Mardin'de Kültürlerarasılık,İstanbul, İletişim, 2010. La ville est majoritairement habitée par des Assyriens, des Kurdes. et des Arabes.

Histoire

Mardin occupe une place importante dans l'histoire. Au , elle est habitée par des Assyriens syriaques chrétiens, jusqu'en 640, année où la ville et la région (Djezireh, Gzîrta, al-Jazîra) sont conquises par les Arabes.

vignette|gauche|Le minaret de la grande mosquée de Mardin s'élève devant les plaines de Mésopotamie.

Au , les Seldjoukides conquièrent le Caucase puis l'Est anatolien. Mardin tombe en 1104. En 1394, la ville est sous domination mongoleBerthet Ali, « Mardin, le fetwa d'Ibn Taymiyya. », SaphirNews.com, 26 avril 2005. En 1516, elle fait partie de l'Empire ottoman.

Au début du , la ville subit de nombreux dommages au cours de la répression des révoltes kurdes, puis de son occupation par les troupes arrivées d'Égypte en 1839. Dès lors, Mardin perd son statut de centre régional incontournable.

À la fin du , environ la moitié des habitants de Mardin sont chrétiens. (araméens-assyriens-chaldéens et arméniens). Durant la Première Guerre mondiale, dans le cadre du génocide de 1915 (appelé Seyfo par les assyriens de la ville) environ sont déportés ou massacrésRaymond H. Kevorkian, Paul B. Paboudjian, Les Arméniens dans l'Empire ottoman à la veille du génocide, Arhis, Paris, 1992 , 413. Rafael de Nogales, Four Years Beneath the Crescent, Taderon Press, 2003 , 135, 146. ainsi que les autres minorités chrétiennes comme les Arméniens de la ville par des tribus kurdesYves Ternon, « L'impossible sauvetage des Arméniens de Mardin » , dans Jacques Sémelin, Claire Andrieu, Sarah Gensburger (dir.), La Résistance aux génocides. De la pluralité des actes de sauvetage, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2008 , 403., avec l'appui du gouvernementYves Ternon, Mardin 1915 : Anatomie pathologique d’une destruction, Livre I, quatrième partie, « L'élimination des Chrétiens du Sandjak de Mardin », Chapitre II, « Massacres dans le Tur Abdin » .. D'autres sont enlevés ou victimes de conversion forcées à l'islam. On compte au total, avec les villages alentour (Midyat, Kerbûran, Kerjaous, Djézireh, Nisibe, etc.) environ victimes.. Parmi les victimes s'illustre la grande figure de Mgr Ignace Maloyan, archevêque arménien catholique, et P. Léonard Melki de Baabdath (Liban), missionnaire Capucin, tués ensemble dans une même caravane, le .

Grâce à son riche patrimoine la ville attire de plus en plus de touristes, et espère être classée au patrimoine mondial en 2012.

Églises Syriaque orthodoxe Monastère Saint-Ananias Église des Quarante martyrs de Sébaste (Kırklar Kilisesi) Église des Sept-Saints-Maccabées (Mor Shmoneh Kilisesi) Église de l'Archange-Saint-Michel

Syriaque catholique Église de Sainte-Marie (Maryamana kilisesi) Monastère de Saint Éphrem le Syrien.

Arménienne catholique

Église Saint-Georges des Arméniens catholiques

Chaldéenne catholique Église de Saints-Pierre-et-Paul

Personnalités nées à Mardin

Aziz (Sarafian) Setlakwe (1873-1933), homme d’affaires émigré à Disraeli au Québec en 1904, père de l’entrepreneur et sénateur Raymond Setlakwe Cigerxwîn (1903-1984), l'un des plus célèbres poètes et écrivains kurdes Musa Anter, surnommé « Apê Mûsa » (1920-1992), écrivain, poète et activiste intellectuel kurde, assassiné à Diyarbakır Ahmet Türk (1942-), homme politique, maire de Mardin (2014-2019 et 2024), figure centrale des partis de gauche pro-kurdes HEP, HADEP, DTP, BDP, HDP et DEM Ferhat Kurtay (1949-1982), membre fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan, s'immole par le feu, avec trois autres militants détenus, dans la prison de Diyarbakır dans la nuit du 17 au 18 mai 1982 Ekrem Dağ (1980-), footballeur Sultan Kösen (1982-), homme le plus grand du monde, selon le livre Guinness des records Aziz Sancar (1946-), lauréat du prix Nobel de biochimie en 2015 Wadi' Haddad, père de la chanteuse libanaise Faïrouz

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Rosie Ayliffe, et al., The Rough Guide to Turkey, Rough Guides, London, 2000. George Grigore, L'arabe parlé à Mardin. Monographie d'un parler arabe périphérique, Editura Universitatii din Bucuresti, Bucarest, 2007 . Otto Jastrow, « Arabische Textproben aus Mardin und Asex », dans Zeitschrift der Deutschen Morgenländischen Gesellschaft (ZDMG), 119 : 29-59 (1969). Otto Jastrow, « Lehrbuch der Turoyo-Sprache », dans Semitica Viva – Series Didactica, Otto Harrassowitz, Wiesbaden, 1992. Hugo Makas, Kurdische Texte im Kurmanji-Dialekte aus der Gegend von Mardin, Petersburg-Leningrad, 1926. V. Minorsky, « Mārdīn », dans The Encyclopaedia of Islam, E. J. Brill, Leiden, 1991 Carsten Niebuhr, Reisebeschreibung, Copenhagen, II:391-8, 1778. Jean-Baptiste Tavernier, Les six voyages, I:187, 1692. Yves Ternon, Mardin 1915. Anatomie pathologique d'une destruction, Geuthner, Paris, 2002 . Hans-Jürgen Sasse, Linguistische Analyse des Arabischen Dialekts der Mhallamīye in der Provinz Mardin (Südossttürkei), Berlin, 1971. Hasan Shumaysani, Madinat Mardin min al-fath al-'arabi ila sanat 1515, 'Ālam al-kutub, Beyrouth, 1987. Albert Socin, Der Arabische Dialekt von Mōsul und Märdīn, Leipzig, 1904. Pietro della Valle, Viaggi, Brighton, I:515, 1843. Michaela Wittich, Der arabische Dialekt von Azex, Harrassowitz, Wiesbaden, 2001.

Articles connexes

Mardin (province) Monastère Mor Hananyo

Liens externes

Site officiel de la préfecture de Mardin

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