La classe Lion est une classe de deux croiseurs de bataille construits peu avant la Première Guerre mondiale pour la Royal Navy : les et . On y rattache souvent les et qui en sont des versions améliorées, avec la même artillerie principale, un blindage de même épaisseur mais une machinerie plus puissante. Ils ont constitué la de croiseurs de bataille, présente aux batailles de Heligoland, de Dogger Bank et du Jutland.
Conception La classe Lion est basée sur la classe de cuirassés Orion ; ses unités disposent en effet de tourelles de calibre alignées dans l'axe du navire. Sa conversion en classe de croiseurs de bataille nécessite cependant plusieurs changements. Une tourelle est ainsi retirée, et contrairement aux habitudes qui veulent que ce soit celle du milieu, c'est une des tourelles arrière qui est retirée. Les machines sont plus de deux fois plus puissantes, et développent , emmenant le navire à une vitesse maximale de ; celui-ci est ainsi gratifié d'une cheminée supplémentaire. Néanmoins, la cheminée avant doit supporter plus de trafic : ce sont 14 chaudières qui y sont redirigées, au lieu des 6 de la classe Orion, ce qui amène des problèmes de fumée excessive. Le blindage quant à lui est allégé ; prévu pour protéger le navire des obus de calibre , il ne le protège en rien des obus de des canons des cuirassés allemands de l'époque.
L'Amirauté tente de masquer ces défauts en organisant une campagne de , qui suggèrent que le navire est en fait un . Mais le problème de la fumée reste entier : durant les essais, le mât tripode jouxtant la cheminée s'échauffe à un point tel que les opérateurs de la plateforme de conduite de tir ne peuvent descendre sur le pont. Churchill, nouvellement nommé First Lord décide alors d'allouer un budget de aux travaux de correction du problème. D'autres exagèrent la vitesse des navires de la classe, créditant le d'un bon de vitesse maximale, et le d'une vitesse de . En réalité, ils atteignent à peine les en forçant les machines.
Armement et blindage Les deux navires de la classe Lion emportent ainsi 8 canons de BL Mk V chacun, répartis en 4 tourelles doubles. L'armement secondaire est constitué de 16 canons de BL Mk VII, de 2 canons de et de 2 tubes lance-torpilles de . Les armements secondaires et antiaérien changent souvent au fil du temps, au gré des réparations et des refontes. Ainsi, en 1915, le Lion se voit retirer ses canons de , remplacés par deux canons de QF 20 cwt. La même année, le Princess Royal reçoit un seul de ces canons de , et seuls 2 canons de sont retirés. Les deux navires sont munis de canons de salut de en 1919.
Côté blindage, la ceinture principale est épaisse de des machines arrières jusqu'au château. À partir de celui-ci, vers l'avant, elle diminue progressivement, passant de au début des barbettes à à la fin de celles-ci, puis au niveau de la proue. Des machines arrières à la poupe, elle passe de à au niveau des barbettes à à l'extrémité du navire. Au niveau du pont, le blindage varie de , la partie la plus épaisse se situant au niveau du château et des machines. Les bulbes anti-torpilles sont quant à eux épais de . Enfin, les tourelles de la batterie principale ont une protection frontale et latérale de ; l'arrière est protégé par pouces de blindage. Celui du toit varie entre et , et sera plus tard renforcé d'.
Navires de la classe Nom Chantier Quille Lancement Mise en service Destin
Devonport Dockyard
mai 1912 Vendu pour démolition en janvier 1924
Vickers
novembre 1912 Vendu pour démolition en décembre 1922
Histoire HMS Lion
La construction du Lion commence le au Devonport Dockyard. Le croiseur de bataille est lancé le et armé en . En juin il rejoint la , avant d'être nommé en navire amiral du contre-amiral Beatty, commandant la de croiseurs de bataille. Il rejoint la Grand Fleet en et participe à la bataille de Heligoland. L'année suivante, à la bataille de Dogger Bank, le Lion tire , dont un touche le , un autre le et deux le . Le croiseur de bataille, en tête de la ligne britannique, est quant à lui durement touché, encaissant 16 obus allemands en tout. Deux obus simultanés du Seydlitz et du Derfflinger perforent notamment la coque au niveau de la ligne de flottaison, entraînant une gîte importante du navire, une avarie dans les machines et la coupure de plusieurs circuits électriques. Le Lion est mis hors de combat et doit être remorqué au port par l'.
Après réparations à Rosyth, il rejoint la , renommée entretemps . Lors de la bataille du Jutland, le Lion est encore plus gravement endommagé. Malgré ses coups au but sur le , un obus de celui-ci perfore l'une des tourelles et explose à l'intérieur de celle-ci, tuant près d'une centaine de personnes ; le navire doit au courage de Francis Harvey le fait de ne pas exploser entièrement : celui-ci, dans un dernier effort, demande l'inondation du magasin à munitions. Après de nouvelles réparations à Rosyth, le Lion retourne dans la flotte de croiseurs de bataille, en devenant le navire amiral après la fin de la guerre jusqu'à son retrait du service actif en 1923 et sa revente en 1924 à la suite du traité naval de Washington.
HMS Princess Royal
La construction du Princess Royal commence le aux chantiers Vickers. Le croiseur de bataille est lancé le et entre en service dans la de croiseurs en . Il rejoint la de croiseurs de bataille en , puis la Grand Fleet en , et participe ainsi à la bataille de Heligoland. Après la défaite de la flotte britannique par von Spee à la bataille de Coronel, le croiseur de bataille est envoyé dans les Caraïbes afin d'intercepter un éventuel passage de la flotte allemande. Après la destruction de celle-ci à la bataille des Falklands, le Princess Royal réintègre la de croiseurs de bataille en tant que navire amiral. Il participe à la bataille de Dogger Bank et s'en sort indemne, réussissant à toucher le SMS Derfflinger.
L'année suivante, à la bataille du Jutland, le croiseur de bataille touche plusieurs navires allemands, et encaisse 9 obus de , tuant 22 marins et immobilisant l'une de ses tourelles. Après un passage par Plymouth pour réparations, le navire retourne à Rosyth le . Il continue son service dans la de croiseurs de bataille jusqu'en 1922 avant d'être vendu pour démolition en décembre, en application du traité naval de Washington.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi
Articles connexes Liste des croiseurs de la Royal Navy Bataille du Jutland
Liens externes