Des élections législatives se tiennent en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2012, en principe sur deux semaines du au "PNG Electoral Commission insists General Election will go ahead as planned", Radio New Zealand International, 28 février 2012. "PM O’Neill promises to rule until 2012 elections and beyond", Islands Business, 11 janvier 2012. "Papua New Guinea's toppled PM reinstated", Al Jazeera, 14 décembre 2011. "2012 national election timetable", Commission électorale de Papouasie-Nouvelle-Guinée., mais dans plusieurs provinces le scrutin a été retardé ou rallongé, jusqu'au dans les Hautes-Terres orientales "GG extends polling deadline", The National, 9 juillet 2012..

Les résultats finaux devaient être connus pour le , la formation du prochain gouvernement étant attendue peu après "O’Neill to head caretaker govt", The National, 15 mai 2012.. Ces élections ont deux enjeux particuliers : la résolution de la crise constitutionnelle qui a vu deux hommes prétendre chacun être le premier ministre légitime ; et le choix par les électeurs du gouvernement qui aura à gérer les revenus importants attendus d'un projet d'exploitation de gaz naturel à partir de 2014, qui pourrait « mettre fin à la dépendance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée vis-à-vis de l'aide internationale, et potentiellement doubler son PIB ». Il y a environ 4,6 millions d'électeurs inscrits "Voting starts in troubled PNG", AFP, 23 juin 2012..

Le , alors que les résultats ne sont pas encore connus dans trois circonscriptions, le Parlement s'assemble et les députés confirment Peter O'Neill au poste de Premier ministre, avec . Dans un retournement de situation, son rival Sir Michael Somare lui avait apporté son soutien fin juillet, les deux hommes annonçant la formation prochaine d'un gouvernement de coalition. Dans le même temps, les députés élisent Theodore Zurenuoc président du Parlement ; son prédécesseur, Jeffrey Nape, avait perdu son siège de député "Peter O’Neill elected as PNG Prime Minister", Radio New Zealand International, 3 août 2012.. Belden Namah devient chef de l'Opposition officielle "PNG Opposition Leader says parliamentary adjournment a bad precedent", Radio New Zealand International, 6 septembre 2012..

Système électoral article détaillé : Élections en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Il s'agit de renouveler les cent-onze membres du Parlement (monocaméral). Chaque député est élu représentant de l'une des 89 circonscriptions uninominales, ou de l'une des 22 provinces (un élu par province), via un système de vote alternatif : les électeurs classent leurs trois candidats préférés par ordre de préférence, les préférences après la première étant tenues en compte si aucun candidat n'obtient une majorité absolue des suffrages dans la circonscription. Le vote n'est pas obligatoire. Chaque législature a un mandat de cinq ans, à moins d'une dissolution anticipéePapouasie-Nouvelle-Guinée : système électoral, Union inter-parlementaire. "Voting", Commission électorale de Papouasie-Nouvelle-Guinée.. Au niveau des provinces, l'élection est couplée à celle du gouverneur de la province, au suffrage universel. Ainsi, c'est le gouverneur de chaque province qui siège ex officio au Parlement, aux côtés des 89 élus de circonscriptions.

À la suite de l'élection, les nouveaux députés renouvelleront leurs confiance dans le Premier ministre sortant, Peter O'Neill, ou bien choisiront un nouveau Premier ministre, en accord avec le système de Westminster.

Il y avait cent-neuf sièges lors de la législature précédente. Les deux nouveaux sièges sont dus à la création de deux nouvelles provinces : Jiwaka et Hela "Number of candidates in PNG elections far fewer than 4000, says Trawen", Radio New Zealand International, 21 mai 2012..

En raison du très faible nombre de femmes députées (une seule, Dame Carol Kidu, élue en 2007), le Parlement en adopta un projet de loi visant la création de vingt-deux sièges réservés aux femmes - un pour chacune des vingt-deux provinces du pays, y compris deux provinces dont la création future venait d'être décidée "Vote hailed as milestone for women in PNG", Sydney Morning Herald, 24 novembre 2011.. Cette mesure nécessitait toutefois une législation supplémentaire afin de devenir opérante, et le second vote en décembre fut un échec ; le projet de loi fut soutenu par cinquante-huit députés contre quatre, mais en raison d'une crise politique que traversait alors le pays, trop de députés étaient absents "PNG political crisis has first victim: women", Canberra Times, 19 décembre 2011.. En , le projet de loi de mise en application fut à nouveau adopté par cinquante-huit députés, mais il n'y avait que cinquante-neuf présents et le président du Parlement n'entérina donc pas l'adoption "PNG women contend reserved seats legislation got required backing", Radio New Zealand International, 24 février 2012.. Le projet fut alors définitivement abandonné, renvoyé à la législature suivante "Reserved seats for women bill in PNG shelved", The National, 23 février 2012.. En réponse, le Conseil national des femmes, avec le soutien de l'ONU, prend en charge la promotion médiatique des candidates, de tous bords, visant à accroître leurs chances d'être élues "Vote women now!", Post Courier, juin 2012..

Logistique et sécurité La tenue d'élections est toujours compliquée en Papouasie-Nouvelle-Guinée ; de nombreux citoyens résident dans des régions montagneuses ou densément boisées très isolées, avec peu ou pas de routes. (Ceci est notamment dans le cas dans le Sepik occidental, dans les Hautes-Terres, dans la province de la Baie Milne et dans la large Province ouest "Commonwealth observers, 8; PNG candidates, 3,435", Radio Australia, 19 juin 2012..) Les urnes électorales y sont acheminées par voie aérienne. En outre, des violences entre partisans de différents candidats dans ces mêmes régions reculées nécessitent le déploiement de moyens de sécurité importants "Papua New Guinea sees chance for order", The Guardian, 15 mai 2012.. L'armée (Papua New Guinea Defence Force) sera ainsi déployée dans les Hautes-Terres, en renfort de la police, pour assurer la sécurité des électeurs et du personnel des bureaux de vote "H’landers told to control their own", Post Courier, juin 2012..

L'Australie apporte un soutien logistique sans précédent, sous la forme d'avions et d'hélicoptères pour le transport du personnel et des matériels, ainsi que la mise en place d'un réseau de communication national pour la police papou-néo-guinéenne "Australia helps PNG prepare for election", Australian Broadcasting Corporation, 13 juin 2012.. La Nouvelle-Zélande, dans une moindre mesure, apporte une aide similaire. Le support aérien fourni par ces deux pays sert également à transporter des électeurs vers les bureaux de vote dans les régions où les moyens de transport sont inexistants "Shots fired as delays hamper PNG voting", Radio Australia, 24 juin 2012..

En outre, le Commonwealth des Nations a envoyé une équipe de huit observateurs électoraux, sous la direction d'Edward Natapei, ancien Premier ministre du Vanuatu. Il leur a été promis un accès aux « points chauds potentiels ».

Le , la police parvint à libérer Jeffrey Dia Wialu, candidat sans étiquette dans la circonscription de Wapenamanda (dans la province d'Enga, dans les Hautes-Terres), qui avait été enlevé par des hommes en armes. Wialu affirma qu'il avait été conduit auprès du député sortant Miki Kaeok (parti RPTR), qui l'avait soumis à un interrogatoire avant d'ordonner aux ravisseurs de l'emmener dans une vallée proche, où la police put intervenir "Wabag cops’ quick action saves candidate", Post Courier, 4 juin 2012..

Le , la police arrêta un candidat, Simon Sanangke, dans la circonscription de Mount Hagen, pour possession illégale d'armes à feu et de munitions. Le lendemain, un autre candidat, MacJameson Papa Ugl de la circonscription voisine de Dei, était également arrêté, accusé d'avoir endommagé la voiture de sa concurrente Margaret Tini Parua et d'avoir proféré à son encontre des propos « indécents ». À cette occasion, la police rappela publiquement l'égalité des femmes et des hommes inscrite dans la Constitution, et le droit des femmes de se porter candidates aux élections "Candidate locked up", Post Courier, 13 juin 2012. "Candidates arrested", The National, 15 juin 2012..

Quelques jours avant l'élection, dans la province de Simbu (dans les Hautes-Terres), un candidat, Simon Gandi, est arrêté « après un échange de tirs avec des soldats » "Polling marred", The National, 25 juin 2012. "Soldiers arrest armed candidate", The National, 25 juin 2012..

Dans la ville de Tari, dans les Hautes-Terres méridionales, des dispositions particulières sont prises, puisque deux clans, les Humari et les Yowindaliin sont « en guerre », un conflit qui a fait cinq morts lors des jours précédant l'élection. Un cordon est mis en place pour les séparer au bureau de vote et, en présence de soldats armés, le scrutin se déroule dans une atmosphère tendue, mais sans violence "Warring clans come together to cast votes", The National, 25 juin 2012..

Des violences ont néanmoins lieu pendant et après le déroulement du scrutin dans d'autres circonscriptions, faisant au moins huit morts au total. (Voir la section Tenue de l'élection.)

Contexte particulier : une crise constitutionnelle article détaillé : Crise constitutionnelle papou-néo-guinéenne de 2011-2012

En , le Premier ministre Sir Michael Somare fut hospitalisé à Singapour pour problèmes cardiaques. Le , le Parlement déclara son poste vacant, destitua le Premier ministre par intérim Sam Abal, et choisit Peter O'Neill pour lui succéder. Le , à la suite du retour de Somare dans le pays, la Cour suprême annula la déclaration parlementaire de vacance du poste de Premier ministre, et ordonna la restauration de Sir Michael Somare dans ses fonctions. O'Neill refusa de s'y plier, faisant valoir la majorité parlementaire dont il bénéficiait "PNG court reinstates Somare as PM", Sydney Morning Herald, 13 décembre 2011. "Papua New Guinea moves to end 'two PMs' crisis", BBC, 14 décembre 2011.. S'ensuivirent plusieurs jours de crise, avant qu'il n'apparaisse qu'O'Neill bénéficiait du soutien des hauts fonctionnaires, des forces de police et de l'armée ; le Gouverneur général Sir Michael Ogio reconnut formellement Peter O'Neill comme Premier ministre le . Somare maintint néanmoins qu'il était le Premier ministre légitime "Papua New Guinea political crisis ends as Governor-General changes mind", The Telegraph, 20 décembre 2011. "Political Impasse in Papua New Guinea Appears to End", New York Times, 20 décembre 2011. "G-G recognises O’Neill as PM", Post Courier, 20 décembre 2011..

Le eut lieu une brève mutinerie dans les forces armées, de la part de quelques soldats fidèles à Somare. À leur tête, Yaura Sasa, colonel retraité, prit en otage pendant quelques heures le chef des armées, le général de brigade Francis Agwi, et exigea que Somare soit reconnu comme Premier ministre. Au lendemain de cet incident, qui s'acheva sans violence, Peter O'Neill annonça qu'il envisageait des élections anticipées, « le plus rapidement possible pour mettre fin à cette impasse politique » "PM for early election", The National, 27 janvier 2012.. Cette éventualité fut bientôt écartée.