thumb|Une reine (Apis mellifera carnica) entourée au-dessus d'alvéoles d'abeilles.

La reine des abeilles, ou plus simplement reine dans le contexte, désigne une femelle adulte accouplée qui vit dans une ruche. Elle est le seul individu femelle pleinement fertile de la colonie (il arrive que des ouvrières pondent mais n'étant pas fécondées, elles ne pondent que des mâles, ce qui donne une ruche bourdonneuse appelée à disparaître). Il y a normalement une seule reine adulte fécondée par ruche. Elle est la mère de la totalité des abeilles de la ruche si on exclut les ouvrières présentes dans la ruche mais venant d'une autre ruche (ce qui peut constituer jusqu'à 30 % des effectifs d'une colonie).

Description thumb|upright|Cellule royale ouverte La reine se distingue des autres abeilles par sa plus grande taille (1,8 cm en moyenne une fois fécondée contre 1,2 cm pour une ouvrière). Son abdomen et ses organes génitaux sont plus développés. Son abdomen possède moins de poils et sa taille permet une ponte plus aisée dans chaque alvéole.

Contrairement aux ouvrières, le dard de la reine ne possède pas de crochet et ne reste pas pris dans la peau d'un animal lors d'une piqûre (dard rétractile), ce qui lui évite de mourir.

Il est rare de pouvoir observer une reine à l’extérieur, alors qu’il est relativement facile de la remarquer à l’intérieur d’une ruche : elle est entourée de nombreuses ouvrières qui la protègent et la nourrissent.

Développement d'une reine Métamorphose d'une reine des abeillesOeuf éclot le 3e jourLarve (plusieurs mues)Jour 3 à jour Cellule royale operculée~ Jour Pupe~ Jour 8 jusqu'à l'émergenceÉmergence~Jour – Jour 17Vol nuptial ~Jour 20 – 24Commencement de la ponte~Jour 23 et plus Pour faire une reine, il faut 16 jours de l’œuf à la naissance mais si on fait naître une reine après un orphelinage, 13 jours peuvent suffire car l’élevage royal débute généralement sur un oeuf de 1 à 3 jours. La reine est, à l'origine, une larve choisie par les abeilles ouvrières. Elle provient d’un œuf fécondé, identique à celui d'une ouvrière, mais pondu dans une cellule spéciale verticale, la cellule royale, plus vaste et de forme ronde, non hexagonale, contrairement à celle des ouvrières. La cellule royale mature ressemble à une cacahuète dans sa coque.

Remérage Les reines sont élevées généralement au printemps et jusqu'à l'automne en fonction des régions.

Cet élevage a lieu en différentes circonstances : lors d'un essaimage, qui n’aura lieu que si la colonie est prospère et le climat favorable ; pour remplacer une reine vieillissante ou malade. On parle alors de supercédure (de l'anglais superseding, remplacement) pour un remplacement de reine sans essaimage. Il semble que la baisse de transmission des phéromones de la reine, qui les répand avec son odeur, ses antennes et sa bouche, en permanence dans la ruche, soit le facteur déterminant pour son remplacement et la construction de cellules royales ; lorsqu'une colonie perd sa reine, elle doit se remérer (c'est-à-dire faire naître une nouvelle reine-mère pour la ruche). La colonie amorce alors le périlleux processus de nourrir plusieurs nymphes de gelée royale, périlleux car la survie de la colonie en dépend.

La première reine éclose part à la chasse des autres cocons pour tuer les nymphes concurrentes.

Il y a des inconvénients avec les reines produites dans la colonie. Aucun nouveau couvain ne naîtra pendant 41 jours au minimum, donc pendant plus longtemps que l'espérance de vie moyenne des ouvrières. Cela retarde sérieusement le développement de la colonie et réduira la récolte de miel. Des reines de qualité inférieure (plus petites et moins prolifiques) sont souvent produites. Aussi, la plupart des apiculteurs obtiennent d'un éleveur des reines sélectionnées pour leurs performances ou ils élèveront eux-mêmes des reines en utilisant leurs meilleures souches puis les introduiront dans leurs ruches (en éliminant la reine en place) dès qu'elles seront prêtes à pondre.

Le remplacement peut être forcé par un apiculteur, par exemple en coupant l'une des pattes médiane ou postérieure de la reine. Cela la rend incapable de placer correctement ses œufs au bas de la cellule de couvée; les ouvrières le détectent puis élèvent des reines de remplacement. Quand une nouvelle reine devient disponible, les ouvrières tuent la reine régnante en se regroupant étroitement autour d'elle pour élever la température de son corps, ce qui la fait surchauffer et mourir. Le phénomène est souvent un problème pour les apiculteurs qui tentent d'introduire une reine de remplacement.

Types de cellules royales

thumb|Cellules royales de sauveté Il existe 3 types de cellules royales. C'est souvent le nombre et la position des cellules royales sur un cadre qui permet d'identifier leur nature.

Dans un premier temps, des "amusettes", cupules non pondues sont construites sur les cadres. Ce ne sont pas encore des cellules royales. Elles sont à moitié construites et juste préparées pour être rapidement disponibles le jour où la colonie en aura besoin. Dès que la reine décide de préparer un essaimage, elle pond dans plusieurs de ces cupules, leur construction est alors complétée et les cellules seront operculées entre 7 et 8 jours après la ponte. La vieille reine pourra alors quitter sa ruche d'origine avec une partie de la colonie mais en laissant ses provisions pour les jeunes reines prêtes à éclore.

Cellules d'essaimage : les cellules royales créées avant un essaimage sont généralement nombreuses (une dizaine) et toutes suspendues au bas ou sur les côtés d'un cadre. Lorsqu'on voit des cellules royales pondues et operculées, c'est le signe que l'essaimage est proche (si la météo le permet). Si on souhaite diviser sa colonie, l'utilisation d'un cadre porteur d'une cellule d'essaimage est une très bonne solution car les reines créées lors d'essaimage sont de bonne qualité. Cellules de supercédure : les cellules de supercédure sont moins nombreuses (2 à 5) et généralement disposées verticalement au milieu d'un cadre mais décollées du cadre. Elles sont créées par la colonie lorsqu'une reine est présente dans la colonie mais fait mal son travail (baisse de la ponte, baisse de la diffusion de phéromones royales). Cellules de sauveté ou d'urgence : les cellules dédiées aux reines d'urgence sont très nombreuses. Elles sont créées lors d'une disparition inopinée de la reine. Les reines d'urgence sont généralement élevées dans des cellules d'ouvrières rapidement agrandies. Elles sont donc disposées comme des alvéoles normales mais sont plus grosses et plus longues, ce qui les fait dépasser du cadre un peu plus qu'une cellule de mâle.

Tout au long de son développement, la larve royale sera nourrie exclusivement de gelée royale (sauf parfois pour les cellules d'urgence qui peuvent avoir reçu du pollen si aucune larve fraîche n'est disponible au moment où l'urgence survient). On a longtemps pensé que la composition de la gelée royale était ce qui permettait à certaines larves de devenir des reines mais c'est en fait l'absence d'alimentation en pollen qui permet le développement supérieur des organes génitaux.

Attention, les cellules royales ne doivent pas être secouées après l’operculation car c'est le moment où la larve devient nymphe. Elle est alors suspendue verticalement la tête en bas dans sa cellule et simplement maintenue par un fil fragile. Si on doit déplacer ces cellules, elles doivent toujours être transportées verticalement.

Reine vierge Une reine vierge est une reine des abeilles qui ne s'est pas encore accouplée à un faux-bourdon. Les vierges sont de taille intermédiaire entre les ouvrières et les reines fécondées et sont beaucoup plus actives que ces dernières. Elles sont difficiles à repérer lors de l'inspection d'un cadre, car elles franchissent les rayons, escaladent les abeilles ouvrières si nécessaire et peuvent même prendre la fuite si elles sont suffisamment perturbées. On peut souvent trouver des reines vierges accrochées aux parois ou aux coins d'une ruche lors des inspections.

Les reines vierges ont une faible phéromone de reine et ne sont souvent pas considérées comme des reines par les ouvrières. Une reine vierge fraîchement éclose peut être placée à l’entrée d'une ruche orpheline et son acceptation sera généralement très bonne, alors qu’une reine fécondée est généralement considérée comme une étrangère et court un risque élevé de se faire tuer par les ouvrières.

Lorsqu'une jeune reine vierge émerge d'une cellule de reine, elle va généralement chercher des rivales vierges et tenter de les tuer (en piquant), ainsi que toute reine non émergée. Les cellules de la reine qui sont ouvertes sur le côté indiquent qu'une reine vierge a probablement été tuée par une reine vierge rivale. Après l'essaimage d'un essaim primaire, les ouvrières peuvent empêcher les reines vierges naissantes de se battre et une ou plusieurs vierges peuvent alors accompagner un essaim secondaire ou tertiaire. Quand un jeune essaim s'installe dans une nouvelle ruche, les vierges reprendront alors un comportement normal et se battront à mort jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une. Si l'essaim principal a une reine vierge et l'ancienne reine, cette dernière aura généralement le droit de vivre. La vieille reine continue de pondre. Quelques semaines plus tard, elle mourra de mort naturelle et l'ancienne vierge, maintenant accouplée, prendra sa place.

Malgré son surnom de « reine », une reine des abeilles ne « dirige » pas la ruche. Sa seule fonction est de servir de reproducteur. Elle est continuellement entourée d'abeilles ouvrières qui répondent à tous ses besoins, lui donnent à manger et se débarrassent de ses déchets. Les ouvrières auxiliaires collectent et distribuent ensuite la phéromone mandibulaire royale, une phéromone qui empêche les ouvrières de démarrer des cellules royales.

La reine des abeilles est capable de contrôler le sexe des œufs qu'elle pond. La reine dépose un œuf fécondé (femelle) ou non fécondé (mâle) en fonction de la largeur de la cellule. Les faux bourdons sont élevés dans des cellules considérablement plus grandes que celles utilisées pour les ouvrières. La reine féconde l'ovule en libérant sélectivement le sperme de sa spermathèque lorsque l'ovule passe dans son oviducte.

Le chant de la reine Le chant de la reine est un son vibratoire produit par des abeilles reines vierges et reproduit pendant certaines périodes du développement des reines vierges.

Le chant est le plus souvent un signal de la première reine vierge naissante pour annoncer sa présence à la colonie. S'il y a d'autres cellules royales prêtes à éclore dans la ruche, les autres reines vierges peuvent y répondre avant même de sortir de leur cellule. Si ces réponses sont nombreuses et que la colonie est assez forte, la première reine vierge décidera de former un essaim secondaire pour quitter la ruche et éviter une série de combats dangereux. Si les réponses sont peu nombreuses, la reine essaiera d'aller tuer ces concurrentes dans leur cellule ou les combattra si elles sont déjà écloses.

Les reines fécondées peuvent chanter brièvement après avoir été relâchées dans une ruche.

Le son du chant est un sol ♯ (alias la ♭). La reine adulte lance une impulsion de deux secondes suivie d'une série de toots de quart de seconde. Les reines des abeilles africanisées produisent des chants plus vigoureux et plus fréquents.

Il faut noter que des ouvrières sont parfois aussi capables de chanter, notamment lors des essaimages pour guider l'essaim vers le site d'installation choisi par les éclaireuses.

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