La campagne de Crimée, pendant la Seconde Guerre mondiale, est une campagne militaire qui eut lieu du au , date à laquelle la Crimée est entièrement conquise par les Allemands et leurs alliés. Ces derniers luttèrent, pour atteindre leurs objectifs, contre l'armée soviétique. S'inscrivant dans l'invasion de l'URSS, déclenchée par l'opération Barbarossa, la campagne de Crimée est relativement indépendante de celle-ci du fait de l'isolement géographique de la presqu'île. Les combats se découpent en trois grandes phases : de septembre à , l'offensive des germano-roumains leur permet de s'emparer de la totalité de la Crimée à l'exception notable du port fortifié de Sébastopol, considéré comme la forteresse la mieux défendue de toute l'URSS. Fin décembre et début janvier, la contre-offensive des Soviétiques avec de multiples débarquements repousse les Allemands de la péninsule de Kertch et desserre leur étreinte sur Sébastopol, mais n'aboutit qu'à des combats statiques au printemps 1942 sans parvenir à libérer la presqu'île de l'invasion. Finalement, les Allemands et les Roumains reprennent l'offensive en mai et , et chassent les Soviétiques de la péninsule de Kertch et de Sébastopol.
Allemands et Roumains éliminent ainsi la menace aérienne que faisait porter la Crimée sur les champs pétrolifères de Ploiești. Désormais les Allemands disposent par le détroit de Kertch d'une nouvelle voie d'accès vers le Caucase, dont la conquête est l'objectif de Fall Blau, la grande campagne d'été allemande démarrée quelques jours plus tôt.
Forces en présence thumb|left|Maquette du canon Dora.
L’armée allemande du général von Manstein est la allemande, plus de allemands dont roumains et 150 charsAxe & Alliés 39, page 62, l'Axe à l'assaut de la Crimée en . Le corps de montagne roumain appartenant à la Armée roumaine possédait un grand nombre de pièces d’artillerie de gros calibre. L’artillerie de l’armée allemande en Crimée était aussi très puissante comprenant entre autres les deux canons « Karl » de et le canon géant Dora de . Au cours de l’opération Störfang, von Richthofen aligna plus de 600 avions, et von Manstein plus de d’artillerie, de DCA et de canons antichar. L’Armée rouge du fort de Sébastopol est commandée par le major-général Petrov. Ses effectifs sont d’environ , 260 chars soviétiques partagés avec le Front de Crimée. Les Soviétiques alignent plus de 650 pièces d’artillerie, qui sera utilisée lors du siège de Sébastopol, mais disposent seulement d’une cinquantaine d’avions obsolètes. Les troupes soviétiques du Front de Crimée étaient commandées par le lieutenant-général Kozlov et alignaient 3 armées soviétiques : la au nord, au sud, la et la en réserve.
Le terrain L'accès à la Crimée par la terre est difficile; la péninsule n'est en effet reliée à l'Ukraine que par trois isthmes étroits, le plus large étant celui de Perekop, après lequel il faut traverser un autre isthme, celui d'Ichoun. Les deux autres bras de terre sont trop étroits et ne peuvent être franchis. Les Allemands sont cependant bien aidés par le fait que les Soviétiques n'ont érigés aucune défenses formidables. A l'isthme de Perekop, où les Allemands comptent traverser, les Soviétiques n'opposent que 14 casemates dont 2 inachevées. Si la majorité de la Crimée est sans relief, les abords de Sébastopol sont plus montagneux. En novembre, alors que le sort de Sébastopol semblait réglé, les Soviétiques, exploitant le terrain, parviendront à empêcher les Allemands de s'emparer de la ville par un coup de main.
Premier contact thumb|left|Le Front de l'Est thumb |gauche |300px|Carte du front sud en devant la Crimée.
La Armée du Heeresgruppe Sud attaqua la région en , mais les Allemands ne parvinrent pas à prendre la ville de Sébastopol, bien que toute la Crimée fut sous leur contrôle. Von Manstein avait l'intention de prendre la ville avant l'hiver, il préleva ainsi des unités de la presqu'île du Kertch, affaiblissant ainsi cette zone Sur les rives de la mer Noire - Journal Les Actualités Mondiales. Les Soviétiques profitèrent de cette situation pour lancer une contre-offensive en après que des renforts soviétiques soient arrivés au cours de ce mois par la mer d'Azov. Jusqu'en , les Allemands les continrent dans la presqu’île de Kertch. Von Manstein prépara une offensive visant à chasser les Russes de la Crimée, et ensuite s’emparer de Sébastopol. Sa date de début fut fixée au Axe & Alliés 39, page 60, la situation en Crimée début mai 1942.
L’offensive de la Armée thumb|left|Un Iliouchine Il-2 russe volant au-dessus des lignes allemandes près de Kertch, mai 1942. thumb|left|Panzer IV et fantassins allemands en Crimée, mai 1942. thumb|left|Von Manstein (à droite) et Hans Speidel (à gauche) au second semestre 1943 en Crimée.
L’opération Trappenjagd débute avec un bombardement d’artillerie le , une opération amphibie de la d’infanterie allemande, et des attaques de Stuka de la Luftflotte 4 de Wolfram von RichthofenAxe & Alliés 39, page 63. Les différents Korps de la foncent vers les positions soviétiques et les prennent à revers. Les armées soviétiques, surprises de plein fouet par l’attaque, se replient vers l’est. Le , les Soviétiques résistent héroïquement face au XXX Arméekorps, et la mauvaise météo ne permet pas l'envoi des Stukas. Mais les Allemands continuent à repousser, principalement la soviétique, toujours vers l’est. Néanmoins, la soviétique lance une contre-offensive et encercle huit divisions allemandes. Les Allemands prennent la presqu’île de Kertch le et poussent les Soviétiques jusqu’à la mer en s'emparant de leurs aérodromes. Ceux-ci tentent en vain une contre-offensive, puis essaient d’embarquer à bord de la flotte soviétique de la mer d'Azov : seuls réussiront à s’échapper de cette façon, car l’Armée rouge subira plusieurs attaques de la Luftwaffe. L’opération Trappenjagd se termine le par la victoire de von Manstein. soviétiques ont été tués, faits prisonniers et 258 chars détruits pour côté allemand.
Après la chute de Kertch, plusieurs milliers de soldats soviétiques, coupés de leurs unités, se réfugient dans les catacombes de la région.
Privés de ravitaillement et isolés, ces groupes tentent de survivre dans des conditions extrêmement difficiles. Des affrontements ponctuels ont lieu avec les forces allemandes lors d’opérations de ratissage, mais les survivants ne disposent ni de moyens logistiques ni de capacités leur permettant de mener une guérilla structurée.
La majorité d’entre eux meurt de faim, de maladie ou lors des opérations de nettoyage menées par les forces d’occupation. Les dernières poches sont éliminées à l’automne 1942, lorsque l’ensemble de la péninsule passe sous contrôle Allemand
L’encerclement de Sébastopol
vignette|Tourelle double de 12 pouces détruite, fort Maxim Gorky, Sébastopol, juin 1942. Les effectifs soviétiques doublèrent, passèrent de . Von Manstein aligna plus de allemands. L’attaque de Sébastopol, l'opération Störfang, débuta par des pilonnages massifs d’artillerie de toute la Armée et de toute la Luftflotte 4. Les bombardiers allemands déversèrent plus de de bombes sur la ville le . Le bombardement terminé, les différents corps de la Armée lancent leur offensive le . Le 17, les Allemands s’emparent de plusieurs forts soviétiques, le corps de montagne roumain remporte succès sur succès et progresse vers l’ouest. Le , les Allemands sont à bout de souffle mais les Soviétiques sont complètement désorganisés. Toutefois, l’Armée du Littoral résiste toujours plus face aux Allemands. Manstein procède alors à une opération audacieuse : infiltrer deux divisions allemandes dans le dos du dispositif soviétique. Son opération est un succès et les Allemands établissent de solides têtes de pont en moins de dix minutes. Le XXX Arméekorps perce la ligne du Sapoun le , la garnison soviétique n’a plus d’autre choix que d’évacuer la ville avec l'aide de la flotte de la mer Noire. Le , date de sa promotion, von Manstein ordonne l’assaut final, il est élevé à la dignité de generalfeldmarschall.
Réflexion sur la campagne
Bien que la campagne de Crimée soit un succès majeur pour les Allemands, la prise de Sébastopol est très tardive par rapport aux directives initiales de Barbarossa. Cette victoire est aussi passagère, car la défaite totale des armées allemandes lors de l’opération Bagration les obligea à évacuer l’Ukraine et la Crimée en 1944Axe & Alliés 39, page 69, conclusion de la campagne.
La allemande était très bien équipée, surtout en équipements de siège, dont le plus gros canon de la Wehrmacht, le canon Dora.
Décoration Une décoration militaire allemande fut attribuée par Hitler uniquement aux soldats allemands ayant participé à la campagne de Crimée : la Plaque de bras Crimée.
Libération de la Crimée thumb|gauche|Avancées soviétiques du au 31 décembre 1944
Prémices : l'Opération Kertch–Eltigen
En , après que les forces de l'Axe eurent été défaites sur la péninsule de Taman (tête de pont de Kouban), l'Armée rouge ( de la , de la , de la flotte de la mer Noire et de la flottille d'Azov appartenant au ukrainien) lance une opération amphibie et débarque sur la presque-île de Kertch dans le but de reprendre position dans le sud-est de l'Ukraine et de forcer les Allemands à se retirer de Crimée. Deux têtes de pont sont établies par les Soviétiques mais seule la tête de pont nord à Ieni-Kale a pu être un succès, tandis que la tête de pont du sud à Eltiguen s'est effondrée à la suite d'une contre-attaque allemande.
Par la suite, l'Armée rouge exploite la tête de pont de Ieni-Kale afin de lancer ses opérations ultérieures en Crimée en .Au , les Soviétiques avaient fait débarquer , 582 canons, 187 mortiers, 128 chars, 764 camions et plus de de munitions et d'équipement à Ieni-Kale pour consolider leurs positions et avancer en direction de Kertch.
Reprise de la Crimée
Elle sera libérée par le quatrième front ukrainien lors des contre-offensives soviétiques du au .
Notes et références
Articles connexes Opération Barbarossa Siège de Léningrad Opération Bagration Erich von Manstein Siège de Sébastopol (1941-1942) Bataille du Caucase Opération Bagration Luftwaffe Oberkommando des Heeres
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