Le secteur de l'énergie au Venezuela est dominé par le pétrole qui fournit 68 % de la production d'énergie primaire et 33 % de la consommation d'énergie primaire du pays en 2021, et le gaz naturel : 21 % de la production et 42 % de la consommation ; l'hydroélectricité couvre 24 % de la consommation.
Le Venezuela dispose de vastes réserves de pétrole, les plus importantes au monde : 18,7 % des réserves mondiales, mais elles sont constituées à 88 % de sables bitumineux, d'exploitation difficile et coûteuse ; le pays était en 2023 le mondial de pétrole.
La part de l'électricité dans la consommation d'énergie finale du Venezuela était de 39 % en 2021. Les centrales hydroélectriques produisaient 79,5 % de l'électricité du pays en 2021 ; leur production se classait en 2023 au mondial. Le gaz naturel produisait 14 % de l'électricité du pays en 2021 et le pétrole 6 %.
La consommation d'énergie primaire du Venezuela en 2023 est supérieure de 14 % à la moyenne mondiale et de 37 % à celle du Brésil, mais inférieure de 34 % à celle de la France.
Ses émissions de dues à la combustion par habitant étaient en 2022 inférieures de 48 % à la moyenne mondiale et de 46 % à celle de la France.
Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie au Venezuela Population Consom.énergieprimaire Production Exportationnette Consom.élect.* ÉmissionsGHG**tab.GHG-FC Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 19,86 48,64 94,8 2000 24,43 64,54 122,8 2010 28,72 90,42 157,6 2015 30,53 81,46 142,5 2016 30,74 73,35 130,5 2017 30,56 70,49 124,9 2018 29,83 67,75 111,3 2019 28,97 57,84 91,5 2020 28,49 54,36 50,8 2021 28,20 56,66 49,4 variation1990-2021 +42 % -23 % -59 % -73 % +16 % -48 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre par combustion.
Production d'énergie primaire Le Venezuela a produit d'énergies primaires en 2021, soit 192 % de ses besoins ; 54 % de la production est exportée. Cette production se décompose en 90 % de combustibles fossiles (pétrole : 68,3 %, gaz naturel : 21,3 %, charbon : 0,3 %) et 10 % d'énergies renouvelables (hydroélectricité : 9,6 %, biomasse et déchets : 0,5 %, éolien et solaire : 0,01 %). De 1990 à 2021, la production a reculé de 59 %, en particulier celle du pétrole : -67 %, mais celle de l'hydraulique a progressé de 78 %.
Pétrole Le Venezuela est un membre fondateur de l'OPEP.
La caractéristique principale du pétrole vénézuélien est d'être un pétrole lourd dont l'extraction et le raffinage engendrent des coûts plus élevés que le pétrole léger présent notamment au Moyen-Orient.
Le Venezuela a nationalisé son industrie pétrolière et gazière en 1976, créant Petroleos de Venezuela S.A. (PDVSA), entreprise publique entièrement contrôlée par l'État. PDVSA est le plus gros employeur du pays et contribue largement à son PIB et à ses exportations. Pendant les années 1990, le gouvernement avait commencé à libéraliser le secteur, mais depuis l'élection de Hugo Chávez en 1999, l'intervention de l'État dans le secteur a au contraire été accrue : la Constitution de 1999 établit que l'entreprise ne pourra être privatisée et gardera le monopole des hydrocarbures se trouvant dans le sous-sol vénézuélien ; les taxes et royalties ont été accrues. En 2002, près de la moitié des employés de PDVSA se mirent en grève pour protester contre la politique du Président Chavez ; PDVSA licencia 18000 travailleurs et remania son organisation interne pour renforcer le contrôle gouvernemental. En 2006, Chavez acheva la mise en œuvre de la nationalisation en exigeant la renégociation d'une part minimale de 60 % pour PDVSA dans tous les projets. Seize firmes, dont Chevron, ExxonMobil et Shell, se conformèrent à cette nouvelle règle, tandis que Total et ENI furent reprises par la contrainte. Après le décès de Chavez, le président Nicolás Maduro poursuivit la politique de Chavez. Le Venezuela sollicite l'investissement de compagnies étrangères dans des coentreprises afin de compenser le déclin de la production2-3.
En août 2026, l'Office of Strategic Capital (OSC) du Pentagone prend une participation de 35 % dans le deuxième groupe pétrolier privé vénézuélien, North American Blue Energy Partners (Nabep). Le montage annoncé par le gouvernement américain attribue à Nabep le droit d'exploiter quatorze champs pétroliers au Venezuela, en plus des trois qu'il possède déjà, soit 65 milliards de barils de réserves. Les États-Unis recevront 20 % de la production, à prix coûtant, plus un droit de préemption sur les 80 % restants. Cinq de ces champs sont actuellement opérés par des entreprises chinoises (China Concord Resources, Sinopec, China National Petroleum Corp) et une par une entreprise russe. Trois autres avaient été confiés à des alliés du président déchu Nicolas Maduro. Le gouvernement américain a obtenu un droit de veto sur les administrateurs de Nabep, qui devront être en majorité des Américains. Nabep fera appel aux capitaux privés américains pour investir jusqu'à 100 milliards de dollars dans le développement de ses puits. Le brut sera raffiné aux États-Unis. Par ailleurs, le Venezuela a signé le 2 septembre 2026 des accords avec les compagnies pétrolières américaine Chevron et italienne Eni pour étendre leurs opérations dans le pays, ainsi qu'avec GE Vernova pour redresser l'industrie électriqueSolveig Godeluck, Comment Trump compte faire main basse sur le pétrole vénézuélien, Les Échos, 2 septembre 2026..
Réserves de pétrole
Les réserves prouvées de pétrole du Venezuela étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (milliards de tonnes) fin 2022, soit 18,7 % des réserves mondiales, au mondial, devant l'Arabie saoudite (15,3 %), l'Iran (11,2 %) et le Canada (10,2 %). Elles se décomposent en de pétrole conventionnel (11,6 %) et de schistes bitumineux (88,4 %), dont l'exploitation est malaisée et très polluante80. Elles représentaient 1270 années de production au rythme de 2022 : 77. Elles ont été réévaluées en hausse de 49 % depuis 2010, mais les réserves conventionnelles ont été revues en baisse de 48 % Kurzstudie Reserven, Ressourcen und Verfügbarkeit von Energierohstoffen 2011 (pages 43 et 53), Agence fédérale pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR), 8 décembre 2011.. BGR estime les ressources potentielles supplémentaires à , au mondial, dont de pétrole conventionnel, de pétrole de schiste et de pétrole ultra-lourd79.
Une étude du cabinet d'analyses indépendant Rystad Energy estime en 2024 les réserves réellement exploitables du Venezuela à 30 milliards de barils, soit dix fois moins que les 303 milliards de barils officiels ; cela place le Venezuela à la 11e ou 12e place mondiale. Le pétrole vénézuélien est un pétrole bitumineux, extrêmement dense et chargé en soufre et autres métaux ; son extraction soulève beaucoup d'interrogations car elle est très coûteuse. Rystad Energy estime qu'il faudrait 53 milliards de dollars d'investissements pour maintenir la production vénézuélienne à son niveau actuel sur 15 ans, puis entre 100 et 150 milliards pour la faire monter au niveau voulu. Cependant, les raffineries américaines ont besoin d'un pétrole lourd pour le mélanger au pétrole de schiste qui est très légerHayat Gazzane, Nicolas Rauline, Venezuela : quel est le véritable potentiel des réserves pétrolières convoitées par Trump ?, Les Échos, 7 janvier 2026..
Selon l'EIA, le Venezuela avait de réserves prouvées en 2014, au mondial ; la majeure partie de ces réserves sont du pétrole ultra-lourd du bassin de l'Orénoque : .
D'après une étude publiée en 2009 par le U.S. Geological Survey, l'estimation moyenne des ressources pétrolières récupérables de la Ceinture de l'Orénoque est de 513 milliards de barils de brut. La région de l'Orénoque est divisée en quatre zones d'exploration : Boyaca, Junin, Ayachucho et Carabobo, subdivisées en 36 blocs ; les firmes étrangères peuvent investir, mais en laissant au moins 60 % du capital à PDVSA ; les principaux partenaires sont BP, Chevron, China National Petroleum Corporation, ENI, Petrobras, Statoil et Total4.
Production de pétrole En 2023, le Venezuela a produit (milliers de barils par jour) de pétrole21, soit (millions de tonnes), en hausse de 16,6 % en 2023, mais en recul de 68 % depuis 2013. Il se classe au mondial avec 1,0 % de la production mondiale22.
Selon les estimations de l'EIA, le Venezuela produisait 2,63 millions de barils par jour en 2014, alors que sa production avait culminé à 3,5 millions de barils par jour en 1997 ; ce déclin est surtout dû à la perte d'expertise technique à la suite des licenciements qui ont suivi le grève de 2002-03, ainsi qu'au détournement des recettes vers des programmes sociaux plutôt que vers leur réinvestissement dans la production. Malgré ce déclin, le Venezuela restait en 2014 au mondial des producteurs de pétrole et au en Amérique. Les estimations de sa production varient selon les sources, en partie du fait de différences méthodologiques : certains analystes comptent directement l'huile extra-lourde extraite du bassin de l'Orénoque comme une partie de la production de brut, alors que d'autres (dont l'EIA) la comptent comme du brut de synthèse amélioré, dont le volume est inférieur d'environ 10 % à celui de la matière première extra-lourde. Le brut vénézuélien conventionnel lui-même est lourd et acide au regard de la norme internationale ; de ce fait, la majeure partie de la production doit être traitée par des raffineries spécialisées, au Venezuela ou à l'étranger. La zone pétrolière la plus productive du pays est le bassin de Maracaibo, qui recèle un peu moins de la moitié de la production nationale ; la plupart des champs pétroliers du Venezuela sont matures et nécessitent des investissements lourds pour maintenir leur capacité3.
Bien que le Venezuela ait attiré de nombreux investissements étrangers dans l'exploitation de la Ceinture de l'Orénoque, la production de cette région a ralenti du fait du manque de réinvestissement dans les infrastructures nécessaires pour maintenir l'exploitation. Les bruts extra-lourds et bitumes de l'Orénoque requièrent soit leur mélange avec des bruts plus légers, soit l'utilisation d'usines de conversion pour adapter le produit au marché. PDVSA prévoit de développer et améliorer ces usines, mais manque d'autofinancement et est à la recherche de financements de 23 milliards de dollars de partenaires étrangers.
Gaz naturel
Réserves de gaz naturel Les réserves prouvées de gaz naturel du Venezuela étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (milliards de m³) fin 2022, soit 2,6 % du total mondial au mondial, loin derrière la Russie (22,7 %), l'Iran (16,1 %) et le Qatar (11,3 %)90. Elles ont été réévaluées en hausse de 9 % depuis 2010. Elles représentent 342 années de production au rythme de 2022 : 88. BGR estime les ressources potentielles supplémentaires à ( mondial), dont de pétrole conventionnel et de gaz de schiste89.
Production de gaz naturel En 2023, le Venezuela a produit (milliards de m³) de gaz naturel37, soit (exajoules), en recul de 23 % par rapport au pic de 2017. Il représente 0,7 % de la production mondiale38.